HENRI VIII ET SES FEMMES, 1ÈRE PARTIE.


Henri VIII (28 juin 1491 – 28 janvier 1547) est roi d’Angleterre de 1509 à 1547.

La controverse juridique et théologique relative à la validité de son premier mariage et surtout celle, interminable, autour de son annulation entraîneront des conséquences religieuses, politiques et diplomatiques considérables. D’abord privée, la question prit une importance européenne majeure à la fin des années 1520 et fit basculer l’Angleterre dans l’anglicanisme, suite à la rupture avec Rome et le catholicisme romain.

Les difficultés économiques du règne sont venues déterminer et aggraver le conflit, qui déboucha régulièrement sur une violence politique sanglante souvent arbitraire. Celle-ci toucha indistinctement jusqu’aux plus hauts échelons de l’État et de la société : la condamnation à mort était la sanction courante de la défaveur royale.

Les préoccupations dynastiques d’Henri VIII, deuxième monarque de la jeune Maison Tudor qui venait de mettre un terme à la guerre des Deux Roses, l’amenèrent à contracter six mariages, dont deux se terminèrent par la mise à mort de l’épouse rejetée. Pourtant, chacun de ses trois enfants légitimes lui succèderont sur le trône d’Angleterre.

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Biographie

Jeunesse

Henri VIII naît au Palais de Placentia à Greenwich (ci-dessous) le 28 Juin 1491. Il est le troisième enfant d’Henri VII et d’Élisabeth d’York et deuxième sur la liste de succession au trône, derrière son frère aîné Arthur.

Palais de Placentia au 17e siècle.

Greenwich Park aujourd’hui.

Ce domaine de 81 hectares à l’origine, propriété de l’Abbaye Saint-Pierre de Gandet, revint à la couronne en 1427 et servait au colportage. Le roi Henri VI le donna à son oncle Humphrey de Lancastre, Duc de Gloucester.  Celui-ci construisit sur la rivière une maison (Belle Court) et un château sur la colline dominant le site (Duke Humphrey’s Tower).  Après la disgrâce d’Humphrey, Bella Court sera remaniée pour devenir le Palais de Placentia.

Durant le XVIe siècle, Henri VIII y introduira des cerfs pour la chasse.

Le palais est resté résidence royal durant deux siècles. Il a été le lieu de naissance du roi Henri VIII en 1491, et a été un lieu important dans sa vie. Après son mariage avec Catherine d’Aragon, le palais de Placentia a été le lieu de naissance de Marie Tudor (plus tard la reine Marie Ire) en février 1516. Après son mariage avec Anne Boleyn, sa fille, la future reine Élisabeth I, est née à Placentia en 1533, et il y a épousé Anne de Clèves en 1540. Un arbre dans le parc de Greenwich est connu comme Chêne de la Reine Élisabeth, dans lequel elle est sensée avoir joué étant enfant.

Au XVIIe siècle, tandis que le Palais de Placentia est détruit pour laisser la place à la Queen’s House (Résidence des Reines) et au Greenwich Hospital (Hôpital de Greenwich), Jacques 1er fera clôturer le domaine par un mur de brique de 4 mètres de haut et de 3 km de longueur, pour un coût de 2 000 £, construction qui constitue encore aujourd’hui la limite du parc.

L’observatoire royal sera installé sur le site par le roi Charles II en 1675. Durant la même période, le parc est aménagé selon les plans élaborés par André Le Nôtre.

Au siècle suivant, Greenwich Park (Parc de Greenwich) est ouvert au public, l’homme de lettre Samuel Johnson, le visita en 1763 et laissa ce commentaire : « N’est-il pas beau ? ».

Henri VII (28 janvier 1457 – 21 avril 1509) et Élisabeth d’York (11 février 1466 – 11 février 1503) les parent d’Henri. Leurs gisants mortuaires.

Henri VIII jeune.

Le 14 novembre 1501, Henri VII, qui souhaite une alliance avec la puissante Espagne, marie Arthur (âgé de 15 ans) à Catherine d’Aragon (âgée de 16 ans). Ils partent pour le château de Ludlow (résidence traditionnelle du prince de Galles), où Arthur tombe malade (suette, diabète ou tuberculose) et meurt le 2 Avril 1502.  Le futur Henri VIII, déjà duc d’York, ne devient duc de Cornouailles et huitième prince de Galles, qu’une fois certain que Catherine ne porte pas d’enfant d’Arthur.

Catherine, veuve de son premier mari vers 1502.  Arthur, frère aîné d’Henri (20 septembre 1486 – 2 avril 1502) mort à 15 ans.  Il est inhumé dans la cathédrale de Worcester.

L’Angleterre et l’Espagne trouvant toujours intérêt à une alliance entre les familles royales, on songe à marier Catherine et Henri. Pour que cela soit possible, il faut que la non-consommation du premier mariage soit vérifiée, sauf accord papale valant dispense. Catherine affirme que le mariage n’a pas été consommé, ce que confirme son chaperon, Doña Elvira Manuel. Néanmoins, les deux familles estiment qu’une dispense papale permettrait d’ôter tous les doutes concernant la légitimité du mariage. Sous la pression de la mère de Catherine, Isabelle de Castille, le pape, mis en place par les Habsbourg, accorde en urgence la dispense de constat de virginité de Catherine, quatorze mois après la mort de son mari et premier époux de celui à qui on veut la marier. Le père de celle-ci, le roi Ferdinand II d’Aragon désirant contrôler l’Angleterre, appuya le remariage de sa fille avec le nouveau roi d’Angleterre. Henri (17 ans) épousa donc Catherine (23 ans) le 11 Juin 1509, neuf semaines après son accession au trône, en dépit des inquiétudes du pape Jules II et de William Warham, l’archevêque de Canterbury. Tous deux doutaient de la validité de cette union. Ils furent couronnés à l’Abbaye de Westminster le 24 Juin de la même année. Il semble alors que le jeune roi fût amoureux de son épouse.

Ferdinand II (10 mai 1452 – 25 janvier 1516) et Isabelle de Castille (21 avril 1451 – 26 novembre 1504), les parent de Catherine d’Aragon.

Le pape Jules II (5 décembre 1443 – 21 février 1513).

William Warham, archevêque de Canterbury (1450 – 22 août 1532).

La première grossesse de la reine en 1510, fut interrompue par une fausse couche. Puis le 1er Janvier 1511, la reine donna naissance à un garçon qui ne vécut que jusqu’au 22 Février de cette même année.  Elle aura six grossesses au cours de son mariage avec Henri.

Règne

Début de règne

Henri VIII devient roi le 22 avril 1509. Quelques jours plus tard, il fait enfermer à la tour de Londres, Richard Empson et Edmund Dudley, les deux ministres les plus impopulaires de son père, qui avaient imposé de lourdes taxes à la noblesse. Il les accusera de haute trahison et les fera décapiter en 1510.

Richard Empson et Edmund Dudley ministres d’Édouard VII.

Pendant deux ans, William Warham et Richard Fox, Évêque de Winchester et Lord du sceau privé, gardent la mainmise effective sur les affaires du royaume.

Henri VIII vers 1525.

L’ascension de Thomas Wolsey

Mais en 1511, le pouvoir passe à l’ecclésiastique Thomas Wolsey.  La même année, Henri rejoint la sainte ligue, une coalition dirigée contre le roi de France Louis XII, en Italie.  La ligue regroupait le pape Jules II, Maximilien 1er, souverain du Saint-Empire, et son beau-père, Ferdinand II, avec lequel Henri signa aussi le traité de Westminster en 1511. Il rejoignit ensuite l’armée anglaise pour traverser la Manche et prendre part à la guerre en France.

Thomas Wolsey qui devint plus tard cardinal (1473 – 29 novembre 1530) .  Il est mort d’épuisement à l’Abbaye de Leicester.

Louis XII de France (27 juin 1462 – 1er janvier 1515) et la reine Marie d’Angleterre (1496 – 1533). Le 9 octobre 1514, il épouse Marie Tudor, princesse d’Angleterre, fille du roi Henri VII et d’Élisabeth Plantagenêt d’York. En 1515, elle épouse en secondes noces (sans l’autorisation du roi Henri VIII son frère) Charles Brandon, duc de Suffolk, dont elle eut trois enfants : Henri, Frances et Eléanor.

Maximilien 1er (1459 – 1519).

Cependant en 1514, Henri quitta l’alliance, ce qui entraîna la paix avec Louis XII. La brouille avec l’Espagne l’amena à envisager le divorce d’avec Catherine d’Aragon. Mais en 1515, après l’accession de François 1er au trône de France, la France et l’Angleterre redevinrent adversaires. Henri VIII et Ferdinand II se réconcilièrent. En 1516, Catherine donna naissance à une fille, Marie (Marie 1ère Tudor), ce qui encouragea le roi dans son espoir d’avoir un héritier mâle malgré les échecs précédents (un mort-né, une fausse couche et deux enfants morts en bas âge).  Catherine après avoir accouché de Marie en est rendu à sa dernière grossesse à 42 ans.

François 1er, Roi de France (1494 – 31 mars 1547).  François Ier meurt d’une septicémie le 31 mars 1547, au château de Rambouillet et est enterré le 23 mai au côté de sa première épouse Claude de France, à la basilique Saint-Denis. Son deuxième fils Henri II lui succèdera.

Marie Tudor la fille de Catherine d’Aragon.

Ferdinand mourut en 1516, et c’est son petit-fils Charles Quint, neveu de Catherine, qui lui succéda. En octobre 1518, Wolsey fit en sorte que le traité de Londres, œuvre de la papauté, apparût comme un triomphe diplomatique de l’Angleterre, pays au centre d’une nouvelle alliance européenne, dans le but ostensible de repousser l’influence espagnole, ce qui était le dessein originel du pape. En 1519, à la mort de l’Empereur Maximilien, Wolsey, devenu entretemps Cardinal, proposa secrètement Henri comme candidat au trône impérial, tout en soutenant publiquement le Roi de France. Mais son neveu Charles, également petit-fils de l’empereur défunt, fut choisi par les princes-électeurs. La longue rivalité qui opposa par la suite Charles Quint et François Ier, plaça Henri en position d’arbitre. De fait, chacun des deux souverains recherchait sa faveur, comme le montra de façon éclatante et spectaculaire la rencontre au Camp du Drap d’Or qui eut lieu entre le 7 et le 24 Juin 1520, et plus tard celle plus solennelle dans le Kent. Cependant, après 1521, l’influence anglaise en Europe commença à décliner. Henri s’allia avec Charles Quint par le traité de Bruges et François fut défait par les armées impériales à la bataille de Pavie, en février 1525. La confiance de Charles envers Henri subsista, de même que l’influence de l’Angleterre en Europe, ce qui conduisit au second traité de Westminster en 1527.

Camp du Drap d’Or gravure de 1774.

Charles Quint (Charles de Habsbourg) neveu de Catherine d’Aragon (24 février 1500 – 21 septembre 1558).

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La beauté et la forme physique du roi.

L’adolescent effacé se transforme subitement en un prince paré de toutes les vertus.  Sa beauté est la plus évidente.  Henri VIII a tout d’un jeune premier, bien loin du roi obèse qu’il deviendra à l’âge adulte, celui auquel nous pensons tout d’abord, car c’est ainsi que l’immortalisera pour la postérité son portraitiste allemand, le peintre Hans Holbein le Jeune.  À dix-huit ans, son visage est encore délicat, sa peau joliment rosée ; et le jeune roi est de grande taille, large d’épaules, bien bâti.  Il faut dire qu’il est, depuis l’enfance grand amateur de sport.  Même après son accession au trône, il continue chaque jour d’entretenir son corps d’athlète en s’illustrant dans de nombreuses disciplines.  Habile joueur de paume, robuste lanceur de poutre, chasseur infatigable, Henri VIII est aussi un archer émérite, qui bat à chaque fois les archers de sa garde lors des concours de tir à l’arc.  Mais rien ne lui plaît tant que la joute équestre, héritée des tournois chevaleresques du Moyen Âge : le jeune souverain Tudor remporte tous les tournois auxquels il participe.

Ce corps vigoureux qui fait l’admiration de tous les courtisans, Henri sait le mettre en valeur.  En une seule année, au début de son règne, il commande deux cent soixante-dix-sept tenues et cent vingt paires de souliers.  Sa garde-robe est un festival de soies, de velours, de satins, de cols de fourrure, de chemises brodées de fils d’or, de pourpoints ruisselant de diamants et de rubis.  Et comme si cela ne suffisait pas, le roi se couvre de bijoux, de riches colliers d’or et d’énormes bagues serties de pierres précieuses : il en porte bien souvent trois ou quatre à chaque main !

Pour parachever ce portrait, il ne faudrait pas omettre de souligner qu’en vrai prince de la Renaissance, Henri est aussi un intellectuel raffiné, qui correspond notamment avec Érasme, le prince des humanistes, et se fait le mécène de nombreux artistes.  Son éducation l’avait surtout initié à la théologie ; devenu roi, il se passionne de mathématiques, d’astronomie, et surtout de musique, faisant venir à prix d’or les plus belles voix d’Europe pour chanter dans le choeur de sa chapelle.  Lui-même chante joliment, s’accompagnant au luth.

Pour sa part, le jeune Henri se consacre surtout à faire de sa vie une fête ininterrompue.  De 1509, date de son avènement, à 1513, la moindre fête religieuse ou civile, Nouvel An, Épiphanie ou Mardi gras, sert de prétexte à des banquets et à des tournois interminables.  Ces quatre années lui suffisent à dilapider intégralement le trésor de 1 300 000 livres que son père avait patiemment amassé tout au long de son règne.

Henri, qui atteint la cinquantaine, est devenu franchement répugnant : à force d’engloutir des repas pantagruéliques.  Il approche les cent cinquante kilos (330 livres) ; ses jambes sont par ailleurs couvertes d’ulcères purulents.  Mais il est toujours épris de jeunesse et de beauté, qualités qu’il retrouve en la personne de Catherine Howard.

En 1544, le vieux roi obèse, doit être hissé par plusieurs valets pour pouvoir monter à cheval.

Pourtant, lorsque Henri, presque incapable de se mouvoir, atteint de la goutte, finit par s’éteindre, le 28 Janvier 1547, le destin de l’Angleterre moderne est déjà en marche : les excès de cet homme violent, polygame et malade d’orgueil ne doivent pas occulter le bilan de son règne.  Son pouvoir sans limite a paradoxalement contribué à renforcer l’État, tandis que sa rupture avec Rome a permis l’affirmation de l’identité nationale anglaise.  Sur les traces de son père, le roi Tudor a enfin encouragé le développement militaire et commercial de la marine anglaise.  Le Barbe-Bleue anglais fut donc également le refondateur majeur d’une Angleterre déjà sûre de sa puissance future.

Sur Anne Boleyn,

D’ Anne Boleyn, certains des ses contemporains évoquent un visage bizarrement allongé, un teint jaune, une dent de travers, ou encore un kyste sous le menton.  Grande charmeuse elle fera attendre le roi pendant sept ans avant de se donner à lui.

Extrait du livre : SECRETS D’HISTOIRE, TOME 1,  STÉPHANE BERN, Henri VIII, Un amour de tyran, Éditions Albin Michel 2010, page 138-151

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Défenseur de la foi

Henri ne cache pas ses sentiments hostiles à la réforme protestante que l’ancien moine allemand Martin Luther commence à prêcher et il n’hésite pas à l’invectiver. En juillet 1521, il envoit même au pape son traité Assertio septum sacramentorum, rédigée avec l’aide de Thomas More. Cela lui vaut le titre de « Défenseur de la foi » (Defensor Fidei) décerné par Léon X, le soutien d’Érasme et des injures de Martin Luther. Dès lors, le roi d’Angleterre prend le titre d’illustrissimus, c’est-à-dire de « très illustre », titre conservé même après sa rupture avec Rome et jusqu’à aujourd’hui.

Pape Léon X (11 décembre 1475 – 1er décembre 1521).

Martin Luther (10 novembre 1483 – 18 février 1546).

Mais si Henri VIII est peu enclin aux idées réformatrices allemandes, il n’en est pas moins inquiet de l’influence de Rome et aimerait se substituer au pape dans la direction des affaires de l’Église d’Angleterre.  Thomas Wolsey partage sa volonté de s’émanciper de la tutelle romaine. Sans heurt, l’Angleterre s’habitue à la suprématie du gouvernement royal tant sur le plan spirituel que temporel. Henri VIII et Wolsey restent cependant fidèles à l’orthodoxie romaine.

Tout bascule en 1527. Ses alliances espagnoles se dégradent, car Charles Quint n’a pas voulu épouser sa fille Marie. De plus, sa femme, Catherine d’Aragon n’a donné naissance à aucun enfant vivant, hormis la petite Marie, et son âge (42 ans) et son état de santé ne permettent plus d’espérer qu’elle en ait d’autres. Le roi, qui désire ardemment un fils, tombe éperdument amoureux de la jeune dame d’honneur de la reine, Anne Boleyn.  Henri VIII souhaite l’épouser pour avoir un héritier légitime, tout en se débarrassant de Catherine d’Aragon. Wolsey est chargé d’entamer les négociations avec la curie romaine.  Le pape n’étant pas décidé à accorder le divorce (il voulait notamment ménager Charles Quint, neveu de Catherine d’Aragon), l’affaire traîne pendant deux ans jusqu’à l’automne 1529.  Poussé par les partisans d’Anne, Henri VIII perd son estime pour Wolsey et le fait démettre de ses fonctions de Lord-Chancelier.

Le schisme

Henri VIII par Hans Holbein (1536-1537).

La chute de Wolsey amène Thomas More à reprendre le titre de Chancelier. Fervent partisan de Rome, More ne peut empêcher l’influence du Secrétaire du roi, Thomas Cromwell.  Ce dernier trouve des arguments pour accélérer la procédure de divorce. Pour lui, le refus papal est intolérable. Professeur à l’Université de Cambridge, Thomas Cranmer est lui aussi partisan de la dissolution du mariage royal et précipite également la rupture avec Rome.

Thomas More (7 février 1478 – 6 juillet 1535).  Il a été exécuté à la Tour de Londres.

Thomas Cromwell (1485 – 28 juillet 1540). Il sera finalement décapité en secret à la Tour de Londres le 28 juillet 1540. Le bourreau aurait été volontairement choisi sans expérience pour rendre l’exécution plus cruelle : il s’y prit en tout cas à trois fois pour trancher la tête de Cromwell, tête qui fut bouillie et exhibée sur une pique sur le pont de Londres.

Thomas Cranmer (2 juillet 1489 – 21 mars 1556). Thomas Cranmer mourut sur le bûcher le 21 mars 1556. Il tint fermement sa main droite (celle avec qui il avait signé sa rétractation) vers le feu qui la consuma la première, avant qu’il n’atteingne le reste du corps.

Cependant, en septembre 1530, Clément VII, qui fut Précepteur de Charles Quint, oppose un refus définitif à l’annulation du mariage royal. Cette décision fait de Marie, cousine de Charles Quint, l’unique héritière de la couronne d’Angleterre.

Le 11 Février 1531, l’Archevêque de Canterbury, William Warham, proclame : « Nous reconnaissons que Sa Majesté est le Protecteur particulier, le seul et suprême seigneur et, autant que la loi du Christ le permet, le Chef suprême de l’Église et du clergé d’Angleterre ». Le premier pas vers une séparation de l’église d’Angleterre de celle de Rome est franchi. Cet évènement est à l’origine de l’anglicisme.  Le 25 Janvier 1533, la favorite Anne Boleyn annonce qu’elle est enceinte.

Élisabeth Tudor la fille d’Anne Boleyn.

À ce moment, Henri décide que l’enfant naîtra dans la légitimité et précipite les évènements. Il épouse Anne dans l’intimité et nomme Cranmer Archevêque de Canterbury. Ce dernier valide l’union le 23 Mai 1533.  Le 11 Juillet suivant, Clément VII excommunie Henri, Anne et Thomas Cranmer. La rupture avec Rome est consommée.

Or, Anne Boleyn donne naissance à une fille. Le roi finit par se lasser d’elle parce qu’elle n’est pas capable de lui donner un fils vivant (le 29 Janvier 1536, Anne fait une seconde fausse couche et perd un autre fils après celui né en 1534), et la fait décapiter à l’épée (privilège et ordre du roi pour adoucir sa mort au lieu de la hache) pour adultère, complot contre l’État et inceste (elle aurait eu une liaison avec son frère George). Seul son mariage avec Jeanne Seymour voit la naissance d’un héritier mâle, le futur Édouard VI, qui lui succédera brièvement.

Le schisme entraîne des répercussions sur la politique intérieure du pays :

  • 1534 : Révolte des Fitzgerald en Irlande ;
  • 1536-1537 : Pèlerinage de Grâce (Pilgrimage of Grace).

Fin de règne (1536 – 1547)

Après l’exécution d’Anne Boleyn, Henri VIII devient plus autoritaire. Suite à une blessure à la jambe reçue lors d’une joute équestre, il ne peut plus exercer d’activité physique, ni monter à cheval. Il devient alors irritable, obèse (il pèsera jusqu’à 150 kg (330 livres) et aura un tour de taille de 137 cm (54 pouces), ce qui lui causera de sévères problèmes de mobilité) et il était probablement impuissant.

En 1538, il fait exécuter son cousin Henry Pôle, 1er Baron Montagu et frère du Cardinal Réginald Pôle, l’Archevêque de Canterbury.  En 1541, il fait de même avec la mère de ces derniers, Marguerite de Salisbury, la fille de Georges, Duc de Clarence après avoir fait exécuter le 9 Janvier 1539 un autre cousin, Henry Courtenay, Marquis d’Exéter, fils de Catherine d’York, sœur cadette de sa mère. Ces exécutions éliminent les derniers prétendants au trône, issus de la Maison d’York.

Cette même année, la trentième de son règne, il ordonne la construction d’une nouvelle résidence dans le Surrey : le Palais de Sans-Pareil.

En 1540, Henri se marie pour la quatrième fois, avec Anne de Clèves, fille de l’un des chefs du protestantisme allemand, Jean III, Duc de Clèves.  L’union n’ayant jamais été consommée, il la répudie après six mois de mariage. En 1542, sa cinquième épouse, Catherine Howard, est décapitée pour adultère.  Il se remarie une sixième et dernière fois en 1543, avec Catherine Parr qui lui survit un an.

En 1544, allié de Charles Quint, il attaque la France du Roi François 1er et s’empare de Boulogne (la ville sera reconquise par les Français en octobre 1547 par les troupes du nouveau Roi de France Henri II). En 1545, les Français essaient d’envahir l’Angleterre. En 1546, par le traité d’Ardres, Henri fait la paix avec François 1er.

Il meurt le 28 Janvier 1547, au Palais de Whitehall, peut-être des conséquences d’un diabète de type 2.

En 2009, le Royaume-Unis a célébré le 500ème anniversaire de son accession au trône d’Angleterre.

Henri VIII vieillissant.

Épouses et maîtresses.

LES SIX ÉPOUSES D’HENRI VIII

  1. CATHERINE D’ARAGON, INFANTE DE CASTILLE ET D’ARAGON (16 décembre 1485 – 7 janvier 1536) : veuve du frère aîné d’Henri VIII, le prince de Galles Arthur Tudor.  Henri VIII peut l’épouser le 11 Juin 1509, après avoir fait reconnaître la non-consommation de son précédent mariage avec son frère. Plus tard, Henri VIII demanda l’annulation de son propre mariage avec Catherine en 1523, car elle ne lui avait pas donné d’héritier mâle vivant. Cette annulation (« empêchement de dirimant » selon le droit canonique) lui est d’abord refusée par l’Église. Henri VIII la fait prononcer en 1533, par Thomas Cranmer, consacrant le schisme avec Rome.  Elle est inhumée à la Cathédrale de Peterborough dans le Cambridgeshire.

Marie 1re Tudor.

2-  ANNE BOLEYN, MARQUISE DE PEMBROKE (1501 ou 1507 – 19 mai 1536) : Henri VIII l’épouse secrètement fin 1532, puis officiellement le 25 Janvier 1533 et la fait couronner. Anne Boleyn ne lui ayant donné qu’une seule fille (la future Reine Élisabeth 1re) et non le fils héritier tant convoité, il la fait exécuter par décapitation (à l’épée) pour adultère, inceste et haute trahison le 19 Mai 1536.  Elle est inhumée sous le choeur de la chapelle St-Pierre aux Liens (St Peter-ad-Vincula) à la Tour de Londres.

Élisabeth Tudor.

3-  JEANNE SEYMOUR (1508 – 24 octobre 1537) : le roi l’épouse le 30 Mai 1536. Elle est déclarée Reine le 4 Juin 1536. Son premier fils, Édouard VI, vient au monde en 1537 et succède à Henri VIII en 1547. Selon les rumeurs, elle serait décédée des suites d’une césarienne ordonnée par Henri pour éviter un nouvel enfant mort-né ; elle mourut probablement d’une fièvre puerpérale, le 24 Octobre 1537, suite à cet accouchement.  Jeanne Seymour et Henri VIII son inhumés dans la crypte sous la chapelle Saint-Georges au château de Windsor.

Édouard VI à l’âge de neuf ans qui succédera à Henri VIII.

4-  ANNE DE CLÈVES, PRINCESSE DE CLÈVES (22 septembre 1515 – 16 juillet 1557) : le roi l’épouse le 6 Janvier 1540, dans le cadre d’une alliance avec les protestants allemands. Henri VIII la répudie six mois plus tard en juillet 1540, se refusant à consommer le mariage et ayant rompu l’alliance avec les protestants.  En 1540 pour la remercier d’accepter d’annuler leur mariage, Henri VIII lui offrit le château de Hever qui est revenu à la couronne après la mort de Thomas Boleyn en 1539.  Elle est inhumée à l’abbaye de Westminster.

5-  CATHERINE HOWARD (1520 – 13 février 1542) : le roi l’épouse le 28 Juillet 1540. Elle était la cousine d’Anne Boleyn. Henri la surnomme « la rose sans épine ». Après l’avoir accusée d’adultère et de trahison, il la fait exécuter par décapitation le 13 Février 1542.  Elle est inhumée à la chapelle Saint-Pierre aux Liens (St Peter-ad-Vincula) à la Tour de Londres.

6-  CATHERINE PARR (1512 – 5 septembre 1548) : le roi l’épouse en 1543. Elle décède en couches le 5 septembre 1548, un an après le roi, et après une quatrième union avec Thomas Seymour, 1er Baron Seymour de Sudeley.  En 1782, un gentilhomme du nom de John Locust, découvrit le cercueil de la reine Catherine dans les ruines de la chapelle du château de Sudeley. Il l’ouvrit et observa que le corps, après 234 ans, était dans un état surprenant. La chair d’un des bras était restée blanche et moite. Après avoir recueilli quelques-uns de ses cheveux, il referma le cercueil et le remit dans sa tombe. Le cercueil fut ouvert plusieurs fois dans la décennie suivante, et en 1792, des ivrognes le réenterrère grossièrement et sens dessus dessous. Quand le cercueil fut officiellement réouvert en 1817, il ne restait rien de plus qu’un squelette. Ses restes furent alors déplacés jusqu’à la tombe de Lord Chandos, dont la famille possédait le château. Plusieurs années après, la chapelle fut reconstruite par Sir John Scott et un tombeau fut érigé pour la Reine Catherine.  Elle est inhumée à la chapelle Sainte-Marie (St Mary’s) au château Sudeley dans le Gloucestershire et son deuxième mari est inhumé dans la chapelle Saint-Pierre aux Liens (St Peter-ad-Vincula) à la Tour de Londres, car il a été exécuté en 1549, pour avoir intrigué et comploté avec son frère qui dirigeait le Conseil de Régence pour son neveu Édouard VI.

Thomas Seymour, 1er Baron Seymour de Sudeley son deuxième mari.  Il était Lord de l’Amirauté et frère d’Édouard Seymour.

Thomas Seymour

Édouard Seymour, Duc de Somerset doit faire face à l’opposition difficilement contrôlable de son frère cadet, Thomas Seymour, qui est décrit comme un « ver dans le fruit ». Oncle du roi, Thomas Seymour demande à être nommé gouverneur du souverain et prétend à une plus grande part du pouvoir. Somerset tente d’acheter son frère en lui offrant une baronnie, le poste de Lord de l’Amirautéet un siège au Conseil privé mais Thomas continue à comploter pour prendre le pouvoir. Il commence par offrir de l’argent de poche au jeune roi à l’insu de tous et lui explique que son frère tient les cordons de la bourse trop serrés, faisant ainsi de lui un « roi mendiant ». Il invite également le souverain à se débarrasser de son Protecteur dans un délai de deux ans et à « exercer le pouvoir comme les autres rois le font », mais Édouard, habitué à s’en remettre au Conseil, ne coopère pas. Cependant, en avril, en utilisant l’appui d’Édouard pour contourner l’opposition de son frère, Thomas épouse secrètement Catherine Parr, la veuve d’Henri VIII, qui est notamment la tutrice de Jeanne Grey, âgée de 11 ans à l’époque, et de la princesse Élisabeth, 13 ans.

Au cours de l’été 1548, Catherine Parr, enceinte, découvre Thomas embrassant la princesse Élisabeth. Par la suite, Élisabeth est retirée de chez elle et transférée chez Sir Anthony Denny. En septembre, Catherine Parr meurt en couches et Thomas Seymour reprend rapidement sa cour auprès d’Élisabeth, lui écrivant, lui proposant de l’épouser. Élisabeth répond positivement à ses avances mais se heurte au refus d’Édouard, qui n’est pas prêt à accepter une telle union, sauf autorisation du Conseil. En janvier 1549, le Conseil fait arrêter Thomas Seymour pour des motifs divers, comme des détournements de fondsà la Monnaie Royale de Bristol. Le jeune roi Édouard, que Seymour est accusé d’avoir voulu marier à Jeanne Grey, témoigne au sujet de l’argent de poche. L’absence de preuves claires de trahison excluant toute possibilité de procès, Seymour est condamné à mort par une loi votée par le Parlement (Bill of attainder) que le roi doit signer et est décapité le 20 mars 1549.

LES MAÎTRESSES D’HENRI VIII

Les historiens n’ont la certitude du nom que de deux de ses maîtresses :

  • ÉLISABETH (BESSIE) BLOUNT, (1502 – 6 février 1539). Sa relation avec Henri VIII fut de longue durée, comparée à ses autres aventures, généralement courtes et discrètes. Le 15 Juin 1519, Blount mis au monde un fils illégitime du roi, qui fut nommé Henri Fitzroy et qui devint plus tard Duc de Richmond et de Somerset. En 1533, il a épousé Lady Marie Howard de la famille Howard de Norfolk. Henry est mort trois ans plus tard sans héritier.  C’est le seul fils illégitime d’Henri que le roi reconnut. Peu après la naissance de son fils, le roi tomba amoureux de Marie Boleyn, ce qui fut en partie la cause de la disgrâce de Blount. Comme elle, Boleyn ne fut jamais reconnue comme maîtresse officielle. Henri offrit seulement cette position à Anne Boleyn, qui refusa cette proposition.

Élisabeth Blount a épousée en 1ère noce, Gilbert Tailboys, 1er Baron Tailboys de Kyme.  Ils eurent 3 enfants.  Et en seconde noces elle épousa Édouard Finnes de Clinton, 1er Comte de Lincoln (1512 – 1585), ils eurent 3 enfants.

Mariages

Élisabeth conclut un mariage arrangé en 1522 avec Gilbert Tailboys, premier Baron Tailboys de Kyme. Après son mariage, Blount n’apparut plus dans les chroniques de la monarchie Tudor. Un rapide commentaire fut fait sur elle en 1529, quand un chapelain du palais nota qu’elle était (ou avait été) plus jolie que la fiancée d’alors d’Henri, Anne Boleyn, qui était néanmoins très belle d’après lui. Le 18 Juin 1536, son fils Henri FitzRoy mourut, probablement de tuberculose (consomption) . Son mari, Gilbert, Lord Tailboys la précéda également dans la mort en 1530, la laissant veuve à la tête d’une fortune confortable. De son mariage avec Gilbert, elle eut trois enfants, deux fils, George et Robert, et une fille, Élisabeth. À la mort des Tailboys, Élisabeth Blount épousa un homme plus jeune dont les terres côtoyaient les siennes, Édouard Fiennes de Clinton, 1er Comte de Lincoln (ci-dessous). Il se marièrent entre 1533 et 1535. Cette union donna le jour à trois filles. Elle fut pendant un bref moment dame d’honneur de la quatrième épouse d’Henri, Anne de Clèves, mais elle quitta le service de la Reine, invoquant des problèmes de santé, quand le mariage d’Henri et d’Anne fut dissous. Elle ne servit donc pas la successeure d’Anne, Catherine Howard. Blount retourna sur les terres de son époux, où elle mourut peu après. On pense qu’elle est morte de consomption.

Comparée aux deux premières femmes d’Henri, Catherine d’Aragon et Anne Boleyn, l’importance historique de Blount est négligeable. Cependant, elle a eu plus de poids que les autres relations extra-conjugales qu’Henri eut pendant son premier mariage. Blount fut la mère du seul enfant illégitime reconnu par Henri, et dans les années 1520, on pensa que son fils pourrait être nommé héritier légitime du roi. Bien que ces plans n’aient pas abouti, et que Blount ait eu peu à voir avec l’élévation de son fils, le fait qu’elle fut la mère d’un enfant aussi important fit d’elle un objet d’intérêt pour beaucoup de ses contemporains.

Édouard Finnes de Clinton, 1er Comte de Lincoln, son second mari.

Henri Fitzroy, Duc de Richmond et Somerset et Comte de Nottingham (15 juin 1519 – 23 juillet 1536), le fils d’Élisabeth Blount et de Henri VIII.  Sa femme Lady Marie Howard, Duchesse de Richmond.  Il est inhumé dans l’église St Michael, Framlingham, Suffolk.

Le Duc épouse Lady Marie Howard, fille unique du 3e Duc de Norfolk, le 28 novembre 1533. Il entretient d’excellentes relations avec son beau-frère, le poète Lord Surrey. Bien que la tradition veuille qu’Anne Boleyn fut hostile à cette relation, il semble maintenant que c’est elle qui ait organisé la rencontre de sa jeune cousine Marie avec le fils illégitime du roi. Par conséquent, la famille Howard était encore plus proche des faveurs royales.

Décès

La carrière du Duc prit brutalement fin en 1536. Selon le chroniqueur Charles Wriothesley, Richmond est tombé malade peu de temps avant sa mort. Il était malade de la suette, généralement identifiée comme étant la tuberculose, mais pouvant être aussi une infection des poumons. Le 23 Juillet 1536, il décède à l’âge de 17 ans au Palais de Saint-James. Avant sa mort, le vote d’une loi déshéritant la fille d’Henri, Élisabeth, permit au roi de désigner son successeur, qu’il soit légitime ou non. Il n’existe aucune preuve qu’Henri voulait que Richmond lui succède, mais en théorie, la loi lui aurait permis de le faire s’il le souhaitait.

Son père lui a survécu un peu plus d’une décennie, et a été remplacé par son fils légitime, le prince Édouard (qui est devenu Édouard VI), né peu de temps après la mort de Richmond. La plupart des historiens affirment qu’Édouard VI, comme Henri Fitzroy, sont décédés de la tuberculose.

  • MARIE BOLEYN (1499 – 19 juillet 1543) sœur d’Anne Boleyn.

Rochford Hall, Rochford, Essex (1216),  la demeure familiale des Boleyn, qu’elle reçu après sont mariage avec William Stafford.

Un an après son retour en Angleterre, Marie s’est mariée à Sir William Carey le 4 février 1520, un riche courtisan favorisé par le roi, qui était un invité au mariage. Peu de temps après, la liaison royale commence. Celle-ci reste obscure et sa durée exacte est inconnue. De plus, l’affaire n’a jamais été rendue publique et Marie n’a jamais joui ni de la popularité, ni du pouvoir, ni de la richesse d’une telle position. Par la suite, certains soupçonnaient que l’un ou les deux enfants de Marie soient du roi lui-même.

Sir William Carey (1500 – 22 juin 1528), son 1er mari.

Selon John Hales, Vicaire d’Isleworth, qui avait rencontré « le jeune maître Carey » âgé de dix ans, le fils de Marie avait des ressemblances avec Henri VIII. Certains moines croyaient que c’était l’enfant bâtard du roi. Il n’existe aucune preuve contemporaine qu’Henri Carey était l’enfant biologique du roi et une lecture attentive des Lettres et Papiers relate la naissance de l’enfant en mars 1526, date à laquelle la liaison semble avoir pris fin.

La première femme d’Henri VIII, Catherine d’Aragon avait été l’épouse de feu Arthur Tudor, frère aîné d’Henri VIII. Ce dernier (ou Thomas Cranmer) aurait d’ailleurs utilisé cette relation par la suite, dans la demande d’annulation de son mariage, se fondant sur le fait que le mariage avec Arthur avait créé un « lien d’affinité » entre Henri et Catherine. Puisque Marie Boleyn avait été la maîtresse (pas la femme !) d’Henri, la même affinité aurait également existé entre Henri et Anne Boleyn, la sœur de Marie. Selon le droit canon, un mariage avec la sœur d’une ancienne maîtresse aurait été illégal.

Un an plus tard (1528), lors d’une épidémie de suette, l’époux de Marie décède ; Marie confie la garde de son fils, Henri Carey, à sa sœur Anne. Il était en effet de coutume dans l’aristocratie anglaise de placer les enfants aux bons soins des membres plus aisés de la famille, ce qui était plus que nécessaire dans le cas de Marie, car le décès de son époux la laisse couverte de dettes, et son père ne montre aucune intention de l’aider. Anne prend des dispositions pour que l’enfant soit éduqué dans un monastère renommé et intercède en faveur de Marie pour lui assurer une pension annuelle de cent livres. Celle-ci est arrêtée et réassignée selon le bon vouloir d’Anne.

Second mariage

Lors de la visite d’Anne et d’Henri VIII à Calais en 1532, Marie est l’une de dames de compagnie. Anne est couronnée Reine le 1er juin 1533 ; à l’automne, Anne donne naissance à son premier enfant, une fille, la future Élisabeth 1re d’Angleterre. En 1534, Marie épouse secrètement William Stafford, un roturier sans aucun rang et d’un revenu modeste. Les historiens pensent qu’il s’agit d’un mariage d’amour, car il n’y a aucune autre raison pour contracter un mariage aussi peu avantageux. Lorsque cela est découvert, sa famille la désavoue, car elle s’est mariée en dessous de sa condition, et le couple est bannis de la cour par la Reine Anne.

William Stafford (1500 – 5 Mai 1556).

La situation financière du couple se détériore tellement que Marie est contrainte de demander au conseiller du roi, Thomas Cromwell d’intercéder en leur faveur ; cependant le roi est insensible à sa demande. Marie demanda alors à Cromwell de parler à son père, son oncle, son frère, mais tous ses appels demeurent sans réponse. À la surprise générale, c’est Anne qui répond. Elle envoie à Marie une magnifique coupe d’or ainsi qu’un peu d’argent, mais elle continue de lui refuser l’accès à la cour. Les deux sœurs ne devinrent jamais plus proches que lors de cette réconciliation partielle, car elles ne se rencontrèrent plus entre 1534 et la mort d’Anne en 1536.

Entre 1534 et l’exécution de sa sœur le 19 Mai 1536, la vie de Marie est difficile à retracer. Elle n’a rendu visite ni à sa mère, ni à sa sœur Anne, même lorsque cette dernière est emprisonnée à la Tour de Londres, pas plus qu’à son frère George condamné pour trahison. Il n’existe par ailleurs aucune preuve qu’elle leur ait écrit. Elle a probablement cru, à l’instar de son oncle Thomas Howard, 3e Duc de Norfolk, qu’il était sage d’éviter toute association avec les membres de sa famille en disgrâce.

Marie et son mari demeurèrent isolés et restèrent sur leurs terres à Rochford dans le comté d’Essex. À la suite de l’exécution d’Anne, leur mère se retire de la Cour royale et meurt en réclusion un an plus tard. Sir Thomas décède l’année suivante en 1539.  Après la mort de ses parents, Marie hérite de plusieurs propriétés dans l’Essex. Il semble qu’elle ait vécu le reste de sa vie dans l’anonymat et un confort relatif avec son second époux. Elle est morte dans la quarantaine le 19 juillet 1543.

Enfants

  • De son mariage avec Sir William Carey (22 juin1495 – 1529) sont nés deux enfants :
    • Catherine Carey (1524 – 15  janvier 1568) Dame d’honneur d’Anne de Clèves et de Catherine Howard. Elle s’est mariée au puritain Sir Francis Knollys, Chevalier de la jarretière.  Elle est ensuite Dame de compagnie de sa cousine Élisabeth 1re d’Angleterre. Une de ses filles, Lettice Knollys, devint la deuxième épouse de Robert Dudley1er Comte de Leicester, le favori d’Élisabeth Ire.
    • Henri Carey (4 mars 1526 – 23 juillet 1596). Il est anobli par la Reine Élisabeth Ire, juste après son couronnement et est ensuite nommé Chevalier de la jarretière. Sur son lit de mort, Henri se voit offrir le titre de la famille Boleyn, Comte d’Ormonde, qu’il convoite depuis longtemps, mais il refuse l’honneur.

De son mariage avec Sir William Stafford (décédé le 5 mai 1556)

    • Anne Stafford (1534-?) probablement appelée ainsi en l’honneur de la Reine Anne ;
    • Édouard Stafford (1535 – 1545).

Descendance

Marie Boleyn est une ancêtre éloignée de plusieurs personnalités dont : Winston Churchill, Pelham Grenville Wodehouse, Élisabeth Bowes-Lyon, Diana, Princesse de Galles, et Sarah, Duchesse d’York.

Le roi aurait eu d’autres maîtresses :

  • JEANNE POPINCOURT (1510), une française à la cour était la maîtresse du Duc de Longueville qui aurait été enlevé.

Elle était demoiselle d’honneur française à la Cour royale de Louis XII et plus tard de François 1er . Pendant environ douze ans, elle eut une position à la Cour anglaise, d’abord sous le règne d’Henri VII , en tant que tuteur désigné engagé pour enseigner le français aux princesses Margaret et Marie, et plus tard en 1509, sur l’adhésion de Henri VIII, elle a été nommée demoiselle d’honneur de sa femme, Catherine d’Aragon. En 1514, il y eu des rumeurs que Jeanne était devenue la maîtresse du roi.

Durant la Bataille des Éperons, en 1513, les troupes du roi ont capturé un certain nombre de nobles français, notamment Louis d’Orléans, Duc de Longueville. On ignore si le Duc avait rencontré Jeanne à la Cour française, mais comme son compatriote, ils semblent avoir été introduit à son arrivée à la Cour d’Angleterre et ensuite ils ont commencé une liaison. Bien qu’il était techniquement un otage, il a été utilisé comme un Ambassadeur supplémentaire en organisant le mariage de Marie Tudor et Louis XII, et a été traité avec respect en tant que tel. Cette atteinte à la réputation de Jeanne, qui était probablement alors vers la fin de la vingtaine, âge auquel une femme aurait pu s’attendre à se marier. Quand le Duc revient en France en 1514, Jeanne est restée à la Cour d’Angleterre et semble avoir débuté une brève liaison avec Henri VIII. Toutefois, elle semble avoir voulu rentrer chez elle. Il a également été supposé qu’elle n’était plus la bienvenue à la Cour anglaise. Elle a été répertorié comme étant une dame d’honneur de la sœur d’Henri, la princesse Marie, qui allait devenir Reine de France. Quand Louis XII voyait son nom, il est dit qu’il aurait préféré qu’elle soit incinérée, et ne permettrait pas à une telle femme immorale d’assister sa nouvelle épouse.

Jeanne est restée en Angleterre jusqu’en 1516, ensuite elle revint en France. Elle dit avoir relancé sa liaison avec le Duc et a reçu un cadeau d’adieu de 100 £ d’Henri.

  • ANNE STAFFORD (1483 – 1544).

Anne Hastings (née Stafford) (1483 – 1544) était la fille cadette de Henri Stafford, 2ème Duc de Buckingham et son épouse Catherine Woodville. En 1510, sa liaison avec le roi Henri VIII a fait l’objet d’un scandale à la Cour.

Anne Stafford est née autour de 1483 à Ashby, Leicestershire, Angleterre. L’année de sa naissance, son père a été exécuté pour trahison, sur ordre de Richard III.  Sa mère, Catherine, sœur cadette d’Élisabeth Woodville, Reine consort du roi Édouard IV, s’est occupé d’Anne jusqu’à son mariage en 1503.

Les frères et sœurs d’Anne étaient: Édouard Stafford, 3ème Duc de Buckingham ; Henri Stafford, 1er Comte de Wiltshire et Élisabeth Stafford, Comtesse de Sussex.

Ses cousins ​​germains inclus (entre autres) John Tuchet, 8ème Baron Audley, Thomas Grey, 1er Marquis de Dorset, Richard Grey, Élisabeth d’York, Marie de York, Cécily de York, Édouard V d’Angleterre, Marguerite d’York, Richard de Shrewsbury, 1er Duc de York, Anne d’York, George Plantagenêt, Duc de Bedford, Catherine de York, Brigitte de York et Élisabeth Herbert, 3ème Baronne Herbert.

Anne s’est mariée deux fois, d’abord en 1503 à Sir Walter Herbert, le fils de William Herbert, 1er Comte de Pembroke et Anne Devereux. Le mariage n’eut pas d’enfant. Son mari est décédé le 16 Septembre 1507.

Son deuxième mari était George Hastings, qu’elle a épousée en décembre 1509. Il est devenu Comte de Huntingdon, le 8 Décembre 1529. Ils ont eu huit enfants:

  • Francis Hastings, 2ème Comte de Huntingdon (1514 – 25 janvier 1569). Il eut deux enfants : Henri Hastings, 3ème Comte de Huntingdon et George Hastings, 4ème Comte de Huntingdon.
  • William Hastings.
  • Catherine Hastings.
  • Sir Thomas Hastings, marié à Winifred Pôle, fille de Henri Pôle, 1er Baron Montague et Jeanne Neville. Jeanne était la fille de George Neville, 4ème Baron Bergavenny et de Margaret Fenne.
  • Édouard Hastings, Baron de Loughborough.
  • Henri Hastings.
  • Marie Hastings mariée à Thomas Berkeley, 6ème Baron Berkeley.
  • Dorothy Hastings mariée à Sir Richard Devereux, le fils de Walter Devereux, 1er Vicomte Hereford.  Ils étaient les parents de Walter Devereux, 1er Comte d’Essex qui a épousé Lettice Knollys dont il eut cinq enfants.

Anne a conclu une affaire avec le roi Henri VIII vers 1510, un an seulement après qu’Henri eut épousé Catherine d’Aragon, et un an après Anne épousa Lord Hastings. Leur liaison adultère est devenu un scandale quand elle fut rendue publique. Son frère, le Duc de Buckingham, était très en colère. Son mari, Lord George Hastings, l’a envoyé dans un couvent. Il y eu des rumeurs cependant, que sa relation avec le roi continua jusqu’en 1513.

Ensuite, Anne s’est associée à l’homme qui l’avait présenté et introduite au roi, durant sa relation avec celui-ci, Sir William Compton. Il l’a inclus dans son testament en 1522, lui laissant ses nombreuses terres. Il est mort en 1528, de la suette.

  • MARGARET SHELTON (1534-1535), cousine d’Anne et Marie Boleyn.

Margaret (Madge) Shelton et Marie Shelton (1510 x 15 – 1570/71) étaient deux soeurs dans l’Angleterre des Tudor, dont l’une peut avoir été la maîtresse du roi Henri VIII.

Les deux soeurs, Margaret et Marie étaient les filles de Sir John Shelton et de son épouse Anne, la sœur de Thomas Boleyn, 1er Comte de Wiltshire, le père de la seconde reine du roi Henri VIII, Anne Boleyn.  Margaret et Marie étaient donc cousines ​​germaines de la reine.

Marie Shelton (1510×15-1570/71) était la plus jeune des filles de Sir John Shelton. Elle était une des dames d’honneur de sa cousine, la Reine Anne Boleyn, qui dit-on l’avait réprimandé pour avoir écrit des poésies dans son livre de prières.

Marie faisait partie d’un groupe social qui comprenait les poètes, Sir Thomas Clere (décédé le 14 Avril 1545), Henri Howard, Comte de Surrey et Thomas Wyatt, avec l’ensemble de qui, elle avait des relation amoureuses.  Dans une épitaphe qu’il composa à la mort de Sir Thomas Clere dans le Surrey, il identifie Marie comme la  "bien-aimé» de Clere.   Marie était l’amie la plus proche de Lady Margaret Douglas, une nièce du roi Henri VIII, et Lady Marie Howard, Duchesse de Richmond, la femme du fils illégitime du roi, Henri Fitzroy, Duc de Richmond.  Shelton était la principale éditrice du célèbre Devonshire MS, où les membres de leur cercle écrivaient des poèmes dont ils se vantaient de les avoir composés.

Une des soeurs Shelton est censée avoir été la maîtresse du roi Henri pour une période de six mois en février 1535, selon les déclarations faites par l’Ambassadeur impérial Eustace Chapuys.  Selon Fraser, ce fut Margaret. Cependant, des recherches récentes ont suggéré que c’était Marie qui était la maîtresse d’Henri, et qui aurait été la favorite pour devenir sa quatrième épouse.   Soi-disant, cette confusion est née de l’écriture du surnom de "Marg Shelton", dans lequel le "y" ressemblait à un «g», une confusion tout à fait courante au XVIe siècle. Certains historiens affirment que Margaret et Marie étaient la même personne, et non pas deux personnes distinctes. Selon Heale, «La rumeur dit que Marie était amoureuse d’Henri VIII».

En 1546, Marie avait épousée son cousin Sir Anthony Heveningham (1507 – 1557). dont elle eut cinq enfants, dont Arthur Heveningham, et sa plus jeune fille, Abigaïl (épouse de Sir George Digby Coleshill, Warwickshire), qui était présent sur ​​le Reine Élisabeth en 1588.

En 1546, il y eu soupçon de conspiration entre Marie et Surrey, ce qui a d’ailleurs été noté pour enquête par le Conseil privé.

En 1558, Marie a épousée Philippe Appleyard (né en 1528).

Marie a été enterrée dans l’église d’Heveningham, Suffolk, le 8 Janvier 1571.  Un portrait probable de Marie par Hans Holbein fait partie de la collection du château de Windsor.

Marie Shelton est l’un des principaux sujets des maîtresses d’Henri VIII par Kelly Hart, Repenser l’ère Henri VIII: Essais sur les premiers textes Tudor et contextes par Paul G. Remley.

Il existe également des allusions à une dame qu’il aurait logée dans un manoir (année inconnue), « et à une autre dame inconnue » en 1534, ainsi qu’à une dame de Tournai, durant ses excursions en France en 1513.

Origines familiales

Également Roi d’Irlande et prétendant au trône de France, Henri VIII se rattachait aux Capétiens par son arrière-grand-mère Catherine de France, et descendait des Plantagenêt par sa mère Élisabeth d’York, dernière descendante de la maison d’York, et qui avait mis un terme à la guerre des Deux Roses en épousant Henri Tudor, vainqueur de Richard III d’Angleterre.

FILMS ET SÉRIES

  • LA VIE PRIVÉE D’HENRI VIII (The Private Life of Henry VIII), film d’Alexander Korda (1933), avec Charles Laughton dans le rôle d’Henri VIII.
  • ANNE DES MILLE JOURS (Anne of the Thousand Days) film de Charles Jarrott (1969), avec Richard Burton dans le rôle d’Henri VIII.

  • LES TUDORS (The Tudors), série télévisée de Michael Hirst (2007), avec Jonathan Rhys-Meyers dans le rôle d’Henri VIII.

  • DEUX SOEURS POUR UN ROI (The Other Boleyn Girl), film de Justin Chadwick (2008), avec Éric Bana dans le rôle d’Henri VIII.

  • LES SIMPSON (THE SIMPSONS), saison 15, épisode 11, En Marge de l’histoire (Margical History Tour) : parodie de la vie d’Henri VIII, évoquant notamment ses difficultés à obtenir un héritier, ainsi que son divorce.

VOUS POUVEZ LIRE LA SUITE DE CETTE CHRONIQUE DANS : HENRI VIII ET SES FEMMES, 2ÈME PARTIE.

RÉFÉRENCES:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_VIII_d%27Angleterre

http://fr.wikipedia.org/wiki/Arthur_Tudor

http://fr.wikipedia.org/wiki/Mary_Boleyn

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