MARIE-ANTOINETTE D’AUTRICHE, REINE DE FRANCE


Maria Antonia Anna Josepha Joanna de Habsbourg-Lorraine, plus connue sous le nom de Marie-Antoinette d’Autriche ou Marie-Antoinette de France (Vienne, 2 novembre 1755 – morte guillotiné à Paris, le 16 octobre 1793), était archiduchesse d’Autriche, princesse impériale, princesse royale de Hongrie et de Bohême, dauphine de France, reine de France et de Navarre (1774-1792), épouse de Louis XVI, roi de France.  Elle était la sœur de Joseph II d’Autriche et de Léopold II d’Autriche. Elle fut surnommée « l’Autrichienne » dès son arrivée à la cour de France puis « Madame Déficit » et, plus tard, « Madame Véto ».

Jeunesse à Vienne

Marie-Antoinette à 7 ans en 1762.

Marie-Antoinette est la quinzième et avant-dernière enfant de l’empereur germanique François 1er de Lorraine et de l’archiduchesse d’Autriche, reine de Hongrie et de Bohême, Marie-Thérèse dite « la Grande », au milieu de leurs cinq fils (Joseph l’héritier du trône, Léopold, Charles, Ferdinand et Maximilien) et de leurs huit filles (Marie-Anne, Marie-Christine, Marie-Élisabeth, Marie-Amélie, Marie-Jeanne, Jeanne-Gabrielle, Marie-Josèphe et Marie-Caroline).

Marie-Thérèse 1re, Archiduchesse d’Autriche (1717 – 1780) et François 1er du Saint-Empire (8 décembre 1708 – 18 août 1765).  Les parents de Marie-Antoinette.  Ils eurent seize enfants, 11 filles et 5 garçons.

 

L’impératrice Marie-Thérèse et son mari François de Lorraine occupent un sarcophage double, œuvre de Balthasar Moll, couronné par les bustes des défunts placés symboliquement en vis-à-vis, et par un ange, prêt à jouer de la trompette le jour du Jugement dernier. Ils sont inhumés dans la crypte des Capucins à Vienne en Autriche.

Palais de la Hofburg à Vienne ou Marie-Antoinette a vécue étant jeune.

Elle naît le 2 novembre 1755, au palais de la Hofburg, à Vienne.  Ses parrain et marraine sont le roi Joseph 1er du Portugal et son épouse la reine Marie-Anne d’Espagne. On apprend quelques jours plus tard qu’un tremblement de terre a ravagé Lisbonne la veille de la naissance de l’archiduchesse, jour de la Toussaint.  D’aucuns y verront — surtout après coup — un mauvais présage.

Pastel de Marie Antoinette réalisé par Joseph Ducreux en 1769, à l’intention du Dauphin afin qu’il puisse faire connaissance de sa future épouse.

L’archiduchesse est baptisée sous les prénoms de Maria Antonia Anna Josepha Joanna. Elle est aussitôt confiée aux «avas», les gouvernantes de la famille royale comme Mme de Brandeis et partage son enfance entre le palais de la Hofburg à Vienne et le château de Schönbrunn.  La légende voudrait que la jeune Marie-Antoinette ait rencontré le tout jeune enfant prodige Mozart à la cour de son père, et qu’il l’aurait alors demandée en mariage.

Le château de Schönbrunn à Vienne ou Marie-Antoinette a vécue étant jeune.

Marie-Antoinette reçoit une éducation où le maintien, la danse, la musique et le paraître occupent l’essentiel de son temps et ne bénéficie d’aucune instruction politique. Cependant, à l’âge de dix ans, elle a encore du mal à lire ainsi qu’à écrire en allemand, parle peu et difficilement le français, et très peu l’italien – trois langues qui étaient alors parlées couramment dans la famille impériale, sans compter son apprentissage des rudiments de latin. Mme de Brandeis, rendue responsable par l’impératrice du retard de la jeune princesse, est congédiée et est remplacée par Mme de Lerchenfeld, plus sévère.

À cette époque, la cour d’Autriche possède une étiquette beaucoup moins stricte que celle de Versailles : les danses y sont moins complexes, le luxe y est moindre et la foule moins nombreuse. La jeune Maria Antonia Josepha est très proche de sa plus jeune sœur, Marie-Caroline, qui deviendra Reine de Naples en épousant Ferdinand 1er des Deux-Siciles.

Sa mère Marie-Thérèse, comme tous les souverains de l’époque, met le mariage de ses enfants au service de sa politique diplomatique qui vise à réconcilier, après des décennies de guerres fratricides, les Habsbourg et les Bourbons, et faire ainsi face aux ambitions de la Prusse et de l’Angleterre. Ainsi, parmi les sœurs aînées de Marie-Antoinette, seule Marie-Christine, l’enfant préféré de l’impératrice, peut épouser en 1766 l’homme qu’elle aime, Albert de Saxe, créé Duc de Teschen par Marie-Thérèse, et elle sera nommée avec lui Régente des Pays-Bas en 1780. En revanche, Marie-Amélie épouse contre son gré, en 1769, Ferdinand 1er, Duc de Parme, et Marie-Caroline épouse en 1768, Ferdinand IV, le Roi de Naples et des Deux-Siciles, après que deux sœurs successivement promises au jeune monarque sont mortes prématurément.

 

Marie-Antoinette 1771.

Désormais veuve depuis le décès de François Ier, extrêmement douloureux pour Marie-Antoinette, Marie-Thérèse prend en mains la vie de ses filles et le mariage entre le dauphin – futur Louis XVI – et Marie-Antoinette qui doit concrétiser la réconciliation des deux Maisons les plus prestigieuses d’Europe semble poindre. Louis XV ne voit pas d’inconvénient au mariage de la princesse avec son petit-fils, à condition que celle-ci soit capable de parler convenablement français. Cela semble perdu d’avance. C’est pourquoi Mathieu-Jacques de Vermond est envoyé à la Cour pour s’occuper de la future dauphine. Celle-ci semble bien progresser. Elle est alors prise en charge par de grands professionnels français afin d’améliorer entre autres sa dentition, alors très mauvaise, et sa coiffure.

Le 7 février 1770 au soir, Marie-Antoinette est réglée, prête à être donnée en mariage. Cela ne tarde pas, le 17 avril 1770, Marie-Antoinette renonce officiellement à ses droits sur les couronnes dépendant de la Maison d’Autriche. Le 19 avril 1770, on célèbre son mariage par procuration, à cinq heures du soir, dans l’église des Augustins.  Seul le mariage de Louis XIV avec l’infante d’Espagne un siècle auparavant avait eu un semblable retentissement. Par ailleurs, on n’avait pas vu une archiduchesse d’Autriche sur le trône de France depuis Élisabeth d’Autriche, épouse de l’éphémère Charles IX en 1570.

Deux jours plus tard, au petit matin, elle quitte Vienne pour ne jamais y revenir. Elle a quatorze ans. Sa mère lui laisse alors un grand nombre de recommandations. De douloureux pressentiments entourent alors son départ de Vienne. Weber dira, dans ses mémoires : « On a peine à se défendre de la superstition des pressentiments quand on a vu les adieux de Marie-Antoinette à sa famille, à ses serviteurs et à son pays, en 1770. Hommes et femmes se livrèrent aux mêmes expressions de la douleur. Les avenues, comme les rues de Vienne en retentirent. On ne rentrait chez soi qu’après avoir perdu de vue le dernier courrier qui la suivait, et l’on y rentrait que pour gémir en famille d’une perte commune. ». L’impératrice sa mère semble aussi touchée par le phénomène. Une anecdote raconte que Joseph Gassner, ecclésiastique venu chercher l’asile à Vienne, se croyant inspiré par Dieu, à une question de Marie-Thérèse lui demandant comment allait sa fille, ne répondit pas, pâlit, et finit par articuler : « Madame, il est des croix pour toutes les épaules. ».

En chemin pour la France, Marie-Antoinette croise le cortège de sa tante paternelle Anne Charlotte de Lorraine, qui, comme toute sa famille, est résolument opposée à l’alliance avec la France qui a dépossédé ses ancêtres des duchés sur lesquels ils avaient régné près de sept-cents ans.

L’arrivée en France

Après près de trois semaines de voyage, le 7 mai 1770, la jeune Marie-Antoinette arrive à Kehl où elle doit participer au rite de « remise de l’épouse », tradition de l’Ancien Régime.  Au moment de quitter le Saint-Empire, tous les biens venant de son pays d’origine, même ses vêtements, lui sont retirés dans un bâtiment construit à cet effet sur l’Ile aux Épis, au milieu du Rhin, entre les villes de Kehl et de Strasbourg, formant ainsi une sorte de « rite de passage » de sa vie de jeune fille à sa vie de femme. Les deux entrées de ce bâtiment sont disposées de telle manière qu’elle y entre du côté autrichien et en ressort en France. C’est alors qu’elle fait la connaissance de sa première femme d’honneur, Mme de Noailles qui lui présente alors la Duchesse de Villars, sa femme d’atour ainsi que les Comtesses de Mailly, de Tavannes, la Duchesse de Picquigny et la Marquise de Duras, ses secondes femmes d’honneur.

Une fois le rituel achevé, elle sort du bâtiment par la porte côté français, sous une pluie battante. Arrivée à Strasbourg, le temps redevenu clément, elle est complimentée de toutes parts et à M. d’Autigny, Maire de la ville, qui s’adresse à elle en allemand, elle répond : « Non ! Ne parlez point allemand, s’il-vous-plaît. À dater d’aujourd’hui je n’entends plus d’autre langue que le français. ». Parvenue à l’évêché, elle fait la connaissance du vieux cardinal de Rohan qui l’attend et reçoit trente-six jeunes femmes de la noblesse d’Alsace. Puis elle se rend le soir-même à la comédie où l’on donne alors Dupuis et Desronnais ainsi que la Servante maîtresse. Le lendemain, remerciant M. d’Autigny du bel accueil qui lui avait été réservé, elle quitte Strasbourg pour cinq jours de voyage, au bout duquel elle rencontrera enfin le dauphin à qui elle est promise.

À Saverne, sa première escale, elle voit pour la première fois une résidence princière française, le château des princes évêques de Strasbourg, alors récemment embelli. Le 9 mai 1770, elle s’arrête à Nancy, ex-capitale du Duché de Lorraine devenu française depuis seulement quatre années. Elle se recueille en l’église des cordeliers, devant les tombeaux de ses ancêtres paternels, les Ducs de Lorraine et de Bar.  Le 10, elle passe à Bar-le-Duc, le 11 à Châlons où elle assiste à la représentation de La Partie de chasse de Henri IV, le 12 à Soissons où elle séjourne quarante-huit heures. Weber écrit aussi, à propos de ce voyage : « Sur la route, tous les habitants des campagnes abandonnent leurs travaux pour venir la saluer. Les chemins sont jonchés de fleurs ; les jeunes filles, dans leurs plus belles parures, présentent leurs bouquets à la dauphine, qui sourit à la naïveté des unes, daigne répondre aux compliments des autres, et les accueille toutes avec bonté. À vingt lieues de Strasbourg, les habitants des villages voisins se sont rassemblés. On entendait de toutes parts retentir les cris de : « Vive la dauphine ! Vive le dauphin ! » Le chemin était obstrué par la foule. Les stores de sa voiture étaient levés et tous les spectateurs pouvaient contempler à loisir sa beauté, son sourire enchanteur, sa douce physionomie. De jeunes paysans se disaient l’un à l’autre : « Qu’elle est jolie, notre dauphine! » ». Le 14 mai enfin, à deux pas de Compiègne, la jeune dauphine rencontre le premier ministre, le Duc de Choiseul, venu au devant d’elle.

Le premier ministre Étienne-François de Choiseul, Comte de Stainville et Duc de Choiseul (28 juin 1719 – 8 mai 1785).

La jeune princesse va ensuite attendre la cérémonie de son mariage près de Paris au château de la Muette, dont le dauphin avait pris possession en 1764.

Château de la Muette au XVIIIe siècle à St-Germain en Laye.

Le nouveau château de la Muette construit par Henri de Rothschild.

Louis XV fait reconstruire entièrement le château entre 1741 et 1743. En 1764 le futur dauphin Louis XVI en prend possession, c’est là que Marie-Antoinette à son arrivée en France ira attendre la cérémonie de son mariage, elle y séjournera à plusieurs reprises.

Pour faire des économies le château est vendu en 1788 mais aucun acheteur ne se présente, le château est abandonné. En 1790 le domaine est divisé et vendu par lots. Le corps de bâtiment central est démoli en 1793, les deux ailes sont transformées en guinguettes et une filature est installée dans les communs.  En 1816, la Muette revient à la Couronne mais, devant l’importance des réparations nécessaires, le château est rayé de la liste civile. L’une des deux ailes est donnée en jouissance au ministre des finances Louis Emmanuel Corvetto.

L’autre aile et les jardins sont rachetés par le faiseur de pianos Sébastien Érard qui entreprend de restaurer le domaine. Il fait construire une longue galerie et surélever le bâtiment de deux étages et y abrite sa riche collection de tableaux. A la mort de Sébastien Érard, en 1831, le domaine passe à son neveu Pierre Érard, qui vend les tableaux et loue la Muette au docteur Guérin, qui transforme le pavillon en hôpital orthopédique. Mais après son mariage, en 1838, Pierre Érard s’installe à la Muette et commence à reconstituer le domaine : en 1853, il rachète la petite Muette ainsi qu’une partie des jardins ; sa veuve poursuit cette entreprise à partir de 1865.

En 1870, pendant le siège de Paris, la Muette sert de quartier général au vice-amiral Fleuriot de Langle et, sous la Commune, aux généraux Clinchant, Douay et Ladmiraut. La propriété passe au neveu de Pierre Érard, puis à sa nièce, la Comtesse de Franqueville qui, à partir de 1889, restaure le château selon les plans originaux, en faisant reconstruire le corps de bâtiment central et en supprimant les deux étages ajoutés par Sébastien Érard. L’ensemble se situait entre le numéro 17 de l’actuelle rue du Conseiller Collignon et le boulevard Émile Augier. La famille de Franqueville entreprend de lotir le parc.  

Entre 1912 et 1919, la famille de Franqueville entreprend de lotir le parc. Deux vastes parcelles sont notamment cédées à Henri de Rothschild, qui y fait construire entre 1921 et 1922 par l’architecte Lucien Hesse un grand château dans le style du XVIIIe siècle. À la mort du Comte de Franqueville en 1919, ce qui reste de l’ancien château de la Muette est démoli ; les derniers vestiges disparaissent en 1926.

En 1940, sous l’Occupation allemande, la Muette devient le quartier général du commandement de la marine allemande puis en 1945, à la Libération, le commandement de la marine américaine.

En 1948, les héritiers d’Henri de Rothschild vendent le domaine à l’Organisation européenne de coopération économique (OECE) qui installe son siège dans le château.  Aujourd’hui, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), qui a succédé à l’OECE, a son siège au château et ses bureaux de travail dans les bâtiments environnants.

Dauphine

Marie Antoinette en 1773.

Le 16 mai 1770, Marie-Antoinette épouse le dauphin à Versailles.

Louis XVI, Roi de France et de Navarre.

Le jour même des noces, un scandale d’étiquette a lieu : tout comme l’avaient fait leurs ancêtres en 1698 lors du mariage d’Élisabeth Charlotte d’Orléans, nièce de Louis XIV avec le Duc Léopold 1er de Lorraine (grand-père de Marie-Antoinette), les princesses de Lorraine, arguant de leur (lointaine) parenté avec la nouvelle dauphine, ont obtenu de danser avant les duchesses, au grand dam du reste de la noblesse qui, suivant l’exemple des filles de Louis XV, murmure déjà contre « l’Autrichienne ».

Profil en médaillon de la dauphine Marie-Antoinette en 1770, allégorie de son mariage.

Le soir du 30 mai 1770, où l’on fête place Louis XV à Paris le mariage princier, est tiré un magnifique feu d’artifice dont une fusée tombe sur les pièces d’artifice destinés au bouquet final, créant un incendie, puis une véritable panique, conduisant à la mort de plusieurs centaines de victimes (131 selon les chiffres officiels, mais en réalité vraisemblablement autour de 400). Bouleversés, le dauphin et la dauphine – qui n’ont que 15 ans – financeront sur leur cassette personnelle une importante aide aux victimes et leurs familles.

La jeune fille, au physique agréable, est assez petite et ne possède pas encore la « gorge » si appréciée en France. Elle est blonde, d’un blond assez soutenu tirant sur le roux, qui, sous la poudre, prend des reflets rosés. Ses yeux bleu pâle sont un peu trop saillants. Son visage, au vaste front bombé, offre un ovale trop allongé. Le nez, qui promet d’être légèrement aquilin, offre peu de finesse. La jeune dauphine a néanmoins beaucoup de grâce et une légèreté presque dansante dans sa façon de se mouvoir. Archiduchesse d’Autriche, arrière-petite nièce de Louis XIV, par sa grand-mère paternelle Élisabeth Charlotte d’Orléans Duchesse de Lorraine et de Bar, objet vivant du « renversement des alliances » du roi Louis XV, elle attire dès son arrivée l’inimitié d’une partie de la cour. De plus, la jeune dauphine a du mal à s’habituer à sa nouvelle vie, son esprit se plie mal à la complexité et à la rouerie de la « vieille cour », au libertinage du roi Louis XV et de sa maîtresse la comtesse du Barry. Son mari l’aime mais l’évite, partant très tôt chasser ; elle peine à s’habituer au cérémonial français, au manque d’intimité et subit péniblement « l’étiquette », rigide mode d’emploi de la cour.

Louis XV et sa favorite Madame Du Barry.

Elle est manipulée par «Mesdames Tantes », les filles du roi Louis XV, qui lui enseignent l’aversion pour la Comtesse du Barry, ce qui agace Louis XV. Par ailleurs, Marie-Antoinette s’en fera bientôt une ennemie : pendant les premiers temps, elle refuse de lui parler mais, forcée par Louis XV, et poussée par Marie-Thérèse sa mère, et Mercy-Argenteau, elle finit par adresser la parole à la comtesse avec ces quelques mots « il y a bien du monde à Versailles aujourd’hui ». Marie-Antoinette ressortira humiliée de cet incident, surtout que Mesdames tantes verront en son acte une haute trahison. En outre, Vienne tente de la manipuler par le biais de la volumineuse correspondance qu’entretient sa mère avec le Comte de Mercy-Argenteau, Ambassadeur d’Autriche à Paris. Ce dernier est le seul sur lequel elle peut compter, car le Duc de Choiseul, celui qui avait permis le rapprochement de la France avec l’Autriche, est tombé en disgrâce moins d’un an après le mariage, victime d’une cabale montée par Mme du Barry. Cette fameuse correspondance secrète de Mercy-Argenteau est une large source d’information sur les détails de la vie de Marie-Antoinette depuis son mariage en 1770,  jusqu’au décès de Marie Thérèse Ire en 1780. Selon l’auteur du livre regroupant cette correspondance : « Ces documents originaux ne se contentent pas de nous introduire dans son intimité, ils nous révèlent aussi comment Marie-Antoinette, dépourvue d’expérience et dénuée de culture politique, fut manipulée par sa famille autrichienne à laquelle elle demeura toujours attachée ».

Marie-Antoinette à cheval en amazone.

Reine de France

La reine en 1775 à 20 ans.
Monogramme de la Reine de France.

Louis XV meurt le 10 mai 1774 et Marie-Antoinette devient Reine de France et de Navarre à 18 ans. Toujours sans héritier à offrir à la France et toujours considérée comme une étrangère, la reine devient, dès l’été 1777, la cible de premières chansons hostiles qui circulent de Paris jusqu’à Versailles. S’entourant d’une petite cour d’amis vite qualifiés de favoris (la Princesse de Lamballe, le Duc de Lauzun, le Baron de Besenval, le Duc de Coigny puis la Comtesse de Polignac), elle suscite les jalousies des autres courtisans. Ses toilettes et les fêtes coûteuses qu’elle organise profitent au rayonnement de la France, notamment pour la mode et le commerce du textile, mais sont critiquées, bien qu’elles soient une « goutte d’eau » dans les dépenses générales de la cour, des administrations, ou comparées au niveau de vie de certains princes de sang ou seigneurs menant grand train. Au total, les dépenses de la cour ne représentent que 7 % du budget du royaume, soit guère plus que les règnes précédents.

Pour retrouver à Versailles ce qu’elle a connu à Vienne – une vie plus détendue en famille avec ses amis –, elle va souvent avec quelques privilégiés au Petit-Trianon (construit par Louis XV sous l’impulsion de sa maîtresse, Madame de Pompadour, qui décèdera avant que celui-ci ne soit terminé, puis que Louis XVI l’offrit à Marie-Antoinette). Elle fait construire un village modèle, le Hameau de la Reine, où elle installe des fermiers. Dans son petit théâtre, elle joue notamment Le Barbier de Séville de Beaumarchais et tient souvent des rôles de servante devant un Louis XVI amusé. Par son désir de plaisirs simples et d’amitiés exclusives, Marie-Antoinette va vite se faire de plus en plus d’ennemis, même à la cour de Versailles.

Vie à la cour

Marie-Antoinette en 1775, en robe du couronnement, par Jean-Baptiste Gautier Dagoty.

Elle tente d’influencer la politique du roi, de faire et défaire les ministres, toujours sur les conseils intéressés de ses amis. Mais, contrairement à la rumeur, son rôle politique s’avère extrêmement limité. Le Baron Pichler, secrétaire de Marie-Thérèse 1re, résume poliment l’opinion générale en écrivant : « Elle ne veut être ni gouvernée ni dirigée, ni même guidée par qui que ce soit. C’est le point sur lequel toutes ses réflexions paraissent jusqu’à présent s’être concentrées. Hors de là, elle ne réfléchit encore guère, et l’usage qu’elle a fait jusqu’ici de son indépendance le prouve assez, puisqu’il n’a porté que sur des objets d’amusement et de frivolité. »

Une véritable coterie se monte contre elle dès son accession au trône, des pamphlets circulent. Ses déboires conjugaux étant publics, on l’accuse d’avoir des amants (le Comte d’Artoisson son beau-frère, le Comte suédois Hans Axel de Fersen) ou même des maîtresses (la Duchesse de Polignac), de dilapider l’argent public en frivolités ou pour ses favoris, de faire le jeu de l’Autriche, désormais dirigée par son frère Joseph II. Le château de Versailles se dépeuple, fui par des courtisans aigris ou préférant les plaisirs de Paris.

Hans Axel von Fersen ou Axel de Fersen (1755 – 1810).  En 1810, Christian-Auguste, Duc d’Augustenburg, est élu prince héritier de Suède, mais il meurt peu après. La rumeur accuse Fersen de l’avoir empoisonné. Le 20 juin 1810, en vertu de ses fonctions de riksmarskalk, Fersen est chargé d’escorter le corps du prince dans Stockholm. Une émeute se forme et Fersen meurt lapidé et piétiné par la foule, en présence de nombreuses troupes qui n’interviennent pas.

Yolande Martine Gabrielle de Polastron, Comtesse puis Duchesse de Polignac, Marquise de Mancini (1749-1793).  Elle était l’amie et la confidente de Marie-Antoinette.   Quand la Révolution française éclate, pensant que Mme de Polignac, violemment insultée depuis des années, pouvait courir un danger, les souverains lui demandent avec insistance de prendre la route de l’exil. Le 16 juillet, après la prise de la Bastille, dans un désordre indescriptible, la famille de Polignac quitte Versailles, avec une bourse de 500 louis, donnée par la Reine. Comme il n’y avait que peu de place dans la berline, on n’emmena pas de bagages et chaque voyageur n’avait que quelques chemises et mouchoirs. Elle partira donc avec les siens, rongée de chagrin. « Adieu la plus tendre des amies ; le mot est affreux, mais il le faut ; je n’ai que la force de vous embrasser. » écrit Marie-Antoinette à Mme de Polignac.

La famille de Polignac commença une vie errante, allant de pays en pays, en Suisse, en Italie, à Turin, à Rome et, à chaque fois, Mme de Polignac écrivait à la Reine et recevait des missives de la Reine ou du Roi montrant leur attachement. En mars 1790, la famille partit pour Venise, et Yolande maria son fils Armand. En juillet 1791, ils se réfugièrent à Vienne. Mme de Polignac était tellement éprouvée qu’elle n’avait le goût à rien et ne cessait de pleurer. Elle dépérissait. Le dernier coup lui fut porté lorsqu’elle apprit en 1793, que la Reine était morte le 16 octobre. Alors commença l’agonie de la duchesse.

Dévorée de douleur et de chagrin, rongée par le cancer, elle décèdera dans la nuit du 4 au 5 décembre 1793. On l’enterra à Vienne, et on grava sur la pierre tombale son nom suivi de la mention « Morte de douleur ». Elle n’avait que 44 ans.

Mousseline et chou d’amour.

Marie-Antoinette en 1787, par Élisabeth Vigée-Le Brun.

Après sept ans d’un mariage stérile, peu avant Noël 1778, Marie-Antoinette accouche de son premier enfant.  Trois autres suivront :

  • MARIE-THÉRÈSE CHARLOTTE DE FRANCE, née le 19 décembre 1778 et décédée le 19 octobre 1851 à Froshdorf en Autriche (72 ans), dite « Madame Royale ».  Elle est inhumée dans un monastère franciscain à Kostanjevica (Nova Gorica, Slovénie), où reposent également son mari le Duc d’Angoulême.  Le 10 juin 1799 au château de Mittau en Russie, elle épouse Louis-Antoine d’Artois, Duc d’Angoulême devenu Louis-Antoine de France (Louis XIX).  Il régna en tant que Louis XIX pendant vingt minutes entre l’abdication de son père Charles X et la signature de son acte de renoncement au trône.  Son neveu Henri d’Artois devint roi à sa mort le 3 juin 1844, sous le nom d’Henri V.

  • Louis Joseph Xavier François, Dauphin, (22 octobre 1781 au 4 juin 1789).

Vers avril 1784, le dauphin est pris de fortes fièvres. Il est transporté à La Muette, où il guérit vite.

En mars 1785, variolisation du dauphin à la Muette. Les suites sont sans gravité, mais sa santé en reste altérée.

En avril 1786les fortes fièvres recommencent. Le dauphin est secoué de mouvements fébriles, qui n’inquiètent que très peu son entourage. Ce sont pourtant les premiers symptômes de la tuberculose. On constate que son épine dorsale commence à se courber. En octobre 1786, le dauphin passe aux hommes (c’est-à-dire lorsque l’enfant atteint environ l’âge de 7 ans et qu’il quitte le monde des femmes pour celui des hommes). Lors du cérémonial, on constate qu’il a du mal à marcher et que son corps porte des traces de vésicatoire. Durant les années 1786 et 1787, on veut redresser l’épine dorsale du dauphin au moyen de corsets en fer.

Dès janvier 1788, il est consumé par une fièvre lente. La maladie progresse rapidement. Le Dr Petit diagnostique une carie vertébrale. Le dauphin a des vertèbres gangrenées et ne peut survivre longtemps. Selon le Marquis de Bombelles, on a beaucoup trop attendu et le dauphin est perdu. « Si mon fils était celui d’un particulier, il se porterait bien », déclare la reine.

Le 4 mai 1789, il assiste au défilé des députés des États-Généraux depuis un balcon allongé sur un fauteuil.

Louis meurt le 4 juin 1789au château de Meudon à l’âge de 7 ans et demi. Sa maladie l’avait rendu difforme au point qu’on lui imposa de porter un corset qui, pensait-on, allait remettre en état sa colonne vertébrale.

  • LOUIS-CHARLES, DUC DE NORMANDIE (1785) puis Dauphin (1789) puis Prince Royal (1790-1792) puis Roi (1793-1795) (27 mars 1785 au 8 juin 1795).

Fils cadet de Louis XVI et Marie-Antoinette, il devient Dauphin (héritier du trône) à la mort de son aîné en juin 1789. L’arrestation de ses parents le conduit avec sa mère et sa sœur à la prison du Temple.

Après l’exécution de son père le 21 janvier 1793, il est reconnu par les royalistes comme Roi de France sous le nom de Louis XVII. Après la mort de sa mère, il reste prisonnier au Temple, confié à un couple de cordonniers qui le maltraite. On tente d’en faire un citoyen révolutionnaire et de lui faire oublier sa condition royale et haïr sa famille. En 1795, malade de la tuberculose et souffrant des mauvais traitements de ses geôliers, il meurt à la prison du Temple à l’âge de 10 ans.

Cependant, sa mort reste est entourée d’un mystère, certains ayant cru à un empoisonnement. Les doutes sur le cadavre découvert dans la prison alimentent les rumeurs sur une substitution et le XIX° siècle voit fleurir de nombreux prétendus Louis XVII dont le Comte allemand Naundorff. De récents tests ADN tendent cependant à prouver qu’il est bien mort au Temple en 1795 et son cœur a été enterré à la basilique de Saint-Denis, tombeau des Rois de France en 2004.

Selon l’historien Georges Bordonove, dans son Louis XVII et l’énigme du Temple, Louis XVII est mort non pas en 1795 mais plutôt entre le 1er et le 3 janvier 1794. Sa mort aurait entraîné la révocation de Simon et le remplacement de Louis XVII par un enfant qui lui, serait mort en 1795. Cette hypothèse, partagée par Louis Hastier, est aujourd’hui infirmée et dépassée par les analyses ADN positives effectuées en 2000 sur le cœur du supposé enfant mort au Temple en 1795.

Une autopsie est pratiquée en prison sur le corps du jeune prince et son cœur a été conservé par le chirurgien Philippe-Jean Pelletan. Le corps est alors inhumé au cimetière Sainte-Marguerite, puis recouvert de chaux vive. Les ossements n’ont jamais été retrouvés et ceux dégagés au XIXe siècle au cimetière Sainte-Marguerite, proviennent de plusieurs squelettes, dont un crâne d’un jeune adulte d’au moins dix-huit ans.

Le cœur de Louis-Charles de France changea plusieurs fois de main avant d’être placé, en 1975, dans la crypte royale de la basilique Saint-Denis, lieu où ont été enterrés ses parents et une grande partie des rois de France.

Des analyses génétiques par comparaison d’ADN mitochondrial, pratiquées par le professeur Jean-Jacques Cassiman de la KU Leuven (Université Catholique de Louvain) en Belgique, et par le docteur Bernd Brinkmann de l’Université allemande de Muenster, sur le cœur du présumé Louis XVII, et des cheveux de Marie-Antoinette, ont démontré en 2000qu’il appartient bien à un enfant apparenté à cette dernière, en ligne féminine. Cependant, Louis XVII a eu un frère aîné décédé en juin 1789et dont le cœur a lui aussi été conservé. Mais ce cœur a subi, comme les autres cœurs princiers, un traitement d’embaumement (ouverture, utilisation d’aromates, bandelettes, double boîte de vermeil et de plomb) très différent de celui auquel fut soumis le cœur de Louis XVII, « soustrait » par Pelletan, simplement conservé dans l’alcool, comme une vulgaire curiosité anatomique. Donc, les deux cœurs, s’ils étaient venus à être rassemblés (ce qu’aucun document historique ne prouve), n’auraient pu être ni confondus ni échangés.

Une enquête historique conduite par l’historien Philippe Delorme a confirmé que ce cœur est bien celui que le docteur Philippe-Jean Pelletan a « soustrait » sur le cadavre de l’enfant mort au Temple le 8 juin 1795. Cette conclusion réhabilite du même coup les témoignages de contemporains recueillis par l’historien Alcide de Beauchesne. Cette plausible authenticité étayée, l’urne funéraire contenant le cœur a été placée, le 8 juin 2004, dans la chapelle des Bourbons de la Basilique Saint-Denis, lors d’une cérémonie rassemblant des membres de différentes branches de la famille de Bourbon et diverses personnalités.

Malgré cela, il demeure quelques partisans de la survivance du prince. Pour le professeur Jean Tulard, membre de l’Académie des Sciences Morales et Politiques, appelé par le ministre de la Culture à donner son avis sur le dépôt du cœur de Louis « XVII », le 8 juin 2004, l’analyse de l’ADN du cœur, conjuguée avec l’enquête menée sur son origine et les péripéties de son histoire, est suffisante pour attester de la mort du prince au Temple.

L’emplacement du coeur de Louis XVII dans la crypte royale à la Basilique Saint-Denis à Paris.

  • SOPHIE-BÉATRICE (1786-1787) morte à 11 mois.  Malheureusement, de santé fragile, victime de la tuberculose ou d’une autre infection, l’enfant mourut le 19 juin 1787.  Marie-Antoinette se verra inconsolable par la perte de sa « petite Sophie » et Louis XVI profondément attristé.

Mais cela ne sert pas forcément Marie-Antoinette, car les libelles n’attendent pas pour affirmer que ses enfants, notamment ses fils, ne sont pas de Louis XVI ou qu’elle entretient une relation homosexuelle avec la princesse de Lamballe (libelle de Pierre-Antoine-Auguste Goupil, inspecteur de la Librairie à Paris, qui obtient de la reine de ne pas le diffuser contre 100 000 livres).

La reine développe cependant une profonde affection pour ses enfants qui sont sa seule consolation face à ses ennemis de plus en plus nombreux. Après le scandale de l’affaire du collier, elle se tourne davantage vers sa famille et ne veut montrer d’elle que l’image de la mère de famille mais en vain. Alors qu’enceinte, elle se fait peindre par Madame Vigée-Lebrun entourée de ses enfants, elle perd son enfant au berceau en 1787.

Elle vivra très douloureusement cette perte et sur le tableau, à l’origine se trouvait peint, dans le berceau, Madame Sophie, dernier enfant du couple royal, décédée à l’âge de 11 mois. La Reine a voulu laisser le berceau vide comme un symbole de deuil et de douleur. Constante source de chagrin pour la reine qui ne pouvait retenir ses larmes chaque fois qu’elle passait devant l’œuvre, le tableau partira pour Vienne, Louis XVI finissant par l’offrir à son beau-frère Joseph II du Saint-Empire.

Maison de la Reine.

Maison ecclésiastique.

Grand Aumônier de la Reine :
  • 1774- Monseigneur François de Fontanges, Archevêque de Toulouse;
  • 1774-1780 – Le Cardinal, André Hercule de Fleury, Évêque de Chartres;
  • 1780-1789 – Monseigneur Louis Hector Honoré Maxime de Sabran, Évêque de Laon.
Premier Aumônier de la Reine :
  • 1774-1780  – Mgr de Sabran;
  • 1780-14789  – Mgr Camille de Polignac, Évêque de Meaux.
Aumônier ordinaire :
  • Roch-Étienne de Vichy, Vicaire général d’Évreux;
  • Aumôniers de quartier;
  • Chapelain ordinaire;
  • Chapelains de quartier;
  • Clerc ordinaire;
  • Clerc de quartier;
  • Sommiers.
Confesseurs de la Reine :
  • 1770-1789 – l’Abbé Mathieu-Jacque de Vermond, professeur de Français, lecteur et confident, secrétaire de cabinet;
  • 1792, Abbé Poupart;
  • 1793, l’abbé Magnin et l’abbé Cholet, prêtre vendéen, qui lui donna les sacrements la veille de sa comparution devant le Tribunal Révolutionnaire.

L’affaire du Collier.

Le « COLLIER DE LA REINE » exposé à Breteuil, 1ère photo.

Reconstitution en cristal et émail pour le Cabinet des Trésors du château de Breteuil. Exposé au château. BRETEUIL 91. FRANCE
Un considérable parement de robe refusé par Marie Antoinette, volé par la Comtesse de la Motte, ce sera un scandale qui éclaboussera la royauté et écrira le premier chapitre de la Révolution Française. (expositions : Tokyo 1996 et 1998, Boston 2002, Versailles 2007).

En juillet 1785, éclate l’« Affaire du Collier » : les joailliers Charles Auguste Boehmer (mort en 1794 à Stuttgart) et Paul Bassange réclament à la reine 1,6 million de livres pour l’achat d’un collier de diamants dont le cardinal de Rohan a mené les tractations, au nom de la reine. La reine ignore tout de cette histoire et, quand le scandale éclate, le roi exige que le nom de sa femme soit lavé de l’affront. Le cardinal est arrêté en pleine journée dans la Galerie des Glaces, sous les yeux des nombreux courtisans. Le roi confie l’affaire au Parlement, l’affaire est jugée par Étienne François d’Aligre, qui conclut à la culpabilité du couple d’aventuriers à l’origine de l’affaire, les prétendus « Comte et Comtesse de la Motte » et disculpe le Cardinal de Rohan et le Comte de Cagliostro, abusés mais innocents.

JEANNE DE VALOIS-SAINT-RÉMY, Comtesse de La Motte ou Comtesse de La Motte-Valois (1756-1791).   Nicolas de La Motte (1755-1831) son mari.

Le roi Louis XVI l’envoya très vite en exil. La comtesse fut déclarée coupable et condamnée à être fustigée, marquée au fer rouge d’un V qui veut dire Voleuse, cependant, lors de la flétrissure, la comtesse fut tellement échevelée que son bourreau lui appliqua le fer sur sa poitrine au lieu de l’épaule, provoquant ainsi la compassion du public. Elle fut condamnée à la prison à perpétuité à La Salpêtrière.

Elle s’échappa rapidement et partit à Londres, où elle publia ses mémoires, racontant ses fausses relations intimes avec la reine.  L’affaire du collier de la Reine fut un des nombreux scandales qui mena à la Révolution française et détruisit la monarchie.

Nicolas de La Motte, mouche de la police, retourna à Paris le 18 août 1789 et ne fut pas inquiété par la police (probablement protégé par le lieutenant général de police Jean-Charles-Pierre Lenoir) alors qu’il avait vendu une partie des joyaux du collier à Londres. La Comtesse décéda à Londres en 1791 (certains historiens prétendent qu’elle a survécu jusqu’en 1844) après s’être défenestrée de la chambre de son hôtel. Certaines personnes croient qu’elle fut assassinée par des royalistes mais elle tentait probablement d’échapper à des créanciers.

Le cardinal de Rohan, aussi innocent que la reine dans cette affaire, s’est laissé manipuler par Madame de La Motte, mais ceci ne serait pas arrivé si Marie-Antoinette avait accordé au Cardinal les faveurs qu’il recherchait depuis son entrée à la Cour. En effet, le Cardinal, frivole et volubile, est ignoré par la reine depuis qu’il a mécontenté sa mère, Marie-Thérèse, pendant l’occupation de son poste d’Ambassadeur de France à la Cour d’Autriche, des années plus tôt. Lorsque « Madame de la Motte », qui se dit amie et cousine de Marie-Antoinette, lui confie les tractations avec le bijoutier, le Cardinal demande des preuves et on va jusqu’à lui présenter une fausse Marie-Antoinette (en réalité une comédienne nommée Rosalie qui ressemblait à s’y méprendre à la reine) un soir dans le parc de Versailles et inventer une fausse correspondance ; le naïf mais néanmoins ambitieux Cardinal accepte donc sa mission avec zèle, clamant à qui voulait l’entendre qu’il était enfin devenu « intime » de Sa Majesté.

LOUIS RENÉ ÉDOUARD DE ROHAN, Cardinal de Rohan (1734-1803).  En exil, son caractère s’est améliorée et il a passé ce qui lui restait de richesse dans la fourniture pour le clergé de son pauvre diocèse quant il avait été obligé de quitter la France. Le 29 novembre 1801, il démissionne de son siège nominale comme évêque de Strasbourg, et retourna à Ettenheim, où il mourut le 17 février 1803.

La reine, bien qu’innocente, sort de l’affaire du collier déconsidérée auprès du peuple. Non seulement l’affront ne fut pas lavé, mais il généra une réelle campagne de désinformation étendue à tout le royaume. C’est à la même époque qu’est diffusée une littérature diffamante à propos des amours de la reine et du roi. Parmi ces représentations, l’une fut très populaire : Les Amours de Charlot et Toinette, caricatures du couple royal (1789), un succès de librairie.

Marie-Antoinette se rend enfin compte de son impopularité et tente de réduire ses dépenses, notamment en réformant sa maison, ce qui déclenche plutôt de nouveaux éclats quand ses favoris se voient privés de leurs charges. Rien n’y fait, les critiques continuent, la reine gagne le surnom de « Madame Déficit » et on l’accuse de tous les maux, notamment d’être à l’origine de la politique anti-parlementaire de Louis XVI.

La Révolution

1789

Portrait de Marie-Antoinette par Élisabeth Vigée Le Brun (1788).

Le 5 mai 1789 s’ouvrent les États généraux. Lors de la messe d’ouverture, Mgr de La Fare, qui est à la chaire, attaque Marie-Antoinette à mots à peine couverts, dénonçant le luxe effréné de la cour et ceux qui, blasés par ce luxe, cherchent le plaisir dans « une imitation puérile de la nature » (rapporté par Adrien Duquesnoy, Journal sur l’Assemblée constituante), allusion évidente au Petit Trianon.

Le 9 juin, le petit dauphin meurt. Pour éviter la dépense, on sacrifie le cérémonial de Saint-Denis. L’actualité politique ne permet pas à la famille royale de faire son deuil convenablement. Bouleversée par cet événement et désorientée par le tour que prennent les États généraux, Marie-Antoinette se laisse convaincre par l’idée d’une contre-révolution. En juillet, Necker démissionne. Le peuple interprète cette démission comme un renvoi de la part du roi. La reine brûle ses papiers et rassemble ses diamants, elle veut convaincre le roi de quitter Versailles pour une place-forte sûre, loin de Paris. Il faut dire que, depuis le 14 juillet, un livre de proscription circule dans Paris. Les favoris de la reine y sont en bonne place et la tête de la reine elle-même est mise à prix. On l’accuse de vouloir faire sauter l’Assemblée avec une mine et de vouloir faire donner la troupe sur Paris, ce qui est faux. Il est néanmoins vrai que la reine prônera l’autorité et restera toujours ancrée dans la conviction de la légitimité du pouvoir royal.

Le 1er octobre, un nouveau scandale éclate : lors d’un banquet donné par les gardes du corps de la Maison militaire, au régiment de Flandre qui vient d’arriver à Paris, la reine est acclamée, des cocardes blanches sont arborées, et selon la presse révolutionnaire des cocardes tricolores auraient été foulées. Paris est outré par ces manifestations contre-révolutionnaires, et par la tenue d’un banquet alors que le pain manque à Paris. Il en résulte les journées révolutionnaires d’octobre, dont l’historiographie (telle le récit romancé de Jules Michelet) a retenue « la marche des femmes sur Versailles, disant aller chercher « le boulanger » (le roi), « la boulangère » (la reine) et le « petit mitron » (le dauphin) ».

Bien des gens attribuent faussement à Marie-Antoinette une boutade cynique : « S’ils n’ont pas de pain, qu’ils mangent de la brioche!». On lui a attribué cette phrase en 1789 alors qu’elle figure dans le Livre VI des Confessions de Jean-Jacques Rousseau publiées en 1782. Aucune personne n’attribua la boutade à Marie-Antoinette à l’époque, les partisans de la Révolution compris.

La monarchie constitutionnelle.

Marie-Antoinette vers 1792 ; pastel de Kucharski.

Louis XVI et Marie-Antoinette auraient pu se résoudre à demander de l’aide aux souverains étrangers, le roi d’Espagne Charles IV et Joseph II, frère de la reine. Mais le roi d’Espagne répond évasivement et, le 20 février 1790, Joseph II meurt. Des doutes et des controverses entre historiens subsistent sur ce possible appel à l’étranger.  La Fayette suggère froidement à la reine le divorce. D’autres parlent à mots à peine couverts d’un procès en adultère, et de prendre la reine en flagrant délit avec le Comte de Fersen.

Breteuil propose alors, fin 1790, un plan d’évasion. L’idée est de quitter les Tuileries et de gagner la place-forte de Montmédy, proche de la frontière. La reine est de plus en plus seule, surtout depuis qu’en octobre 1790, Mercy-Argenteau a quitté la France pour sa nouvelle ambassade aux Pays-Bas et que Léopold II, le nouvel empereur, un autre de ses frères, élude ses demandes d’aide, car, monarque philosophe, il pousse au contraire sa sœur à jouer le jeu de la nouvelle Constitution. Le  7 mars, une lettre de Mercy-Argenteau à la reine est interceptée et portée devant la Commune. C’est le scandale, une preuve, pense-t-on, du « comité autrichien », des tractations de la reine pour vendre la patrie à l’Autriche.

Le 20 juin 1791 débute la tentative d’évasion, stoppée le lendemain par l’arrestation à Varennes-en-Argonne.

Après Varennes

Marie-Antoinette en 1793 ; huile sur toile de Kucharski.

Interrogé à Paris par une délégation de l’Assemblée constituante, Louis XVI répond évasivement. Ces réponses, rendues publiques, suscitent le scandale, et certains révolutionnaires réclament la déchéance du roi. Marie-Antoinette, elle, correspond secrètement avec Barnave, Duport et Lameth qui veulent convaincre le roi d’accepter son rôle de monarque constitutionnel. Mais elle joue là un double jeu car elle espère seulement « les endormir et leur donner confiance pour les mieux déjouer après » (lettre de la reine à Mercy). Elle écrit même à Fersen ces mots : « Quel bonheur si je puis un jour redevenir assez puissante pour prouver à tous ces gueux que je n’étais pas leur dupe ». Le 13 septembre, Louis XVI accepte la Constitution. Le 30, l’Assemblée constituante se dissout et est remplacée par l’Assemblée législative, cependant que des bruits de guerre avec les monarchies alentour, au premier rang desquelles l’Autriche, se font plus pressants. Le peuple est alors monté contre Marie-Antoinette, toujours appelée « l’Autrichienne ». Les pamphlets et journaux révolutionnaires la traitent de « monstre femelle » ou encore de « Madame Véto », et on l’accuse de vouloir faire baigner la capitale dans le sang. En avril 1792, la France déclare la guerre à la Prusse et elle subit dans un premier temps de sérieux revers. Le 3 août 1792, le manifeste de Brunswick, largement inspiré par Fersen, achève d’enflammer une partie de la population.

Le 10 août, c’est l’insurrection. Les Tuileries sont prises d’assaut, les gardes massacrés, le roi et sa famille doivent se réfugier à l’Assemblée, qui vote sa suspension provisoire et leur internement au couvent des Feuillants. Le lendemain, la famille royale est finalement transférée à la prison du Temple. Pendant les massacres de septembre, la princesse de Lamballe, proche amie de la reine et victime symbolique, est sauvagement assassinée, démembrée, et sa tête est brandie au bout d’une pique devant les fenêtres de Marie-Antoinette pendant que divers morceaux de son corps sont brandis en trophée dans Paris. Peu après, la Convention déclare la famille royale otage. Début décembre, a lieu la découverte officielle de l’«armoire de fer» dans laquelle Louis XVI cachait ses papiers secrets et dont l’existence est aujourd’hui sujette à débats. Le procès est désormais inévitable.

Marie Thérèse Louise de Savoie-Carignan, « princesse de Lamballe (1789-1792).  

Le 10 août 1792, la foule envahit le palais et la princesse suit la famille royale qui se réfugia à l’Assemblée législative. C’est alors qu’est prononcée la déchéance du roi et décidée son incarcération au Temple. La princesse fait partie du convoi, mais dix jours plus tard, on vient chercher tous ceux qui n’appartiennent pas à la famille royale stricto sensu. Les deux amies doivent se dire adieu. La princesse fut conduite à la prison de la Force.

Les 2 et 3 septembre 1792, une foule armée de barres de fer, de piques et de bûches encercla les prisons de Paris. La princesse, tirée de sa cellule au matin du 3, fut, d’après la reconstitution des procès-verbaux de la section des Quinze-vingts, introduite devant une commission improvisée en hâte par les membres du comité de surveillance de la Commune du 10 août, et sommée de « nommer ceux qu’elle avait reçus à sa table ». On lui demanda surtout de témoigner sur la réalité de connivences de Louis XVI et Marie-Antoinette avec les puissances de la Coalition. Elle s’y refusa et c’est pour cette raison qu’on l’aurait mise à mort. Il est possible qu’on ait voulu éviter un procès équitable au cours duquel elle aurait pu mettre en cause un certain nombre de pêcheurs en eaux troubles soudoyés par la Cour, comme par exemple Dossonville, Stanislas Marie Maillard ou le général Antoine Joseph Santerre, partie prenante dans les massacres de septembre avec son beau-frère Étienne-Jean Panis. Dans les minutes qui suivirent ce semblant d’interrogatoire, elle fut « élargie ».  Talleyrand, qui était encore à Paris à ce moment et qui devait embarquer pour Londres le surlendemain du crime, a indiqué à Lord Grenville, secrétaire du Foreigh Office, que Madame de Lamballe avait été tuée à la suite d’une atroce méprise. En sortant dans la cour de la prison, elle aurait eu, selon lui, un malaise, et les tueurs aux aguets, armés de bûches et de piques, croyant qu’elle avait reçu un premier coup, l’avaient frappé à leur tour. Cette version fut prise suffisamment au sérieux pour faire l’objet, le 24 septembre 1792, d’un mémorandum du ministère anglais.

Maximilien Marie Isidore de Robespierre, ou Maximilien Robespierre (6 mai 1758 au 28 juillet 1794.  Il est mort guillotiné Place de la Révolution.

Élisabeth Philippine Marie Hélène de France, dite Madame Élisabeth, soeur de Louis XVI, née à Versailles, le mai 1764 et guillotiné à Paris le 10 mai 1794.

Le 26 décembre, la Convention vote la mort avec une majorité étroite.  Louis XVI est exécuté le 21 janvier 1793. Le 27 mars, Robespierre évoque le sort de la reine pour la première fois devant la Convention. Le 13 juillet, le dauphin est enlevé à sa mère et confié au savetier Simon. Le 2 août, c’est Marie-Antoinette qui est séparée des princesses (sa fille Madame Royale et sa belle-sœur madame Élisabeth) et est conduite à la Conciergerie. Durant son séjour dans sa prison, Marie-Antoinette aurait développé un cancer de l’utérus. Lors du transfert, alors qu’elle s’est violemment cogné la tête, elle répond à ses geôliers qui s’en inquiètent son fameux « Rien à présent ne peut plus me faire de mal ». Son interrogatoire commence le lendemain.

Le 21 janvier 1793, exécution de Louis XVI sur la Place de la Révolution (Place de la Concorde).

Louis XVI fut mis à mort sur la place de la Révolution — Concorde — le 21 janvier 1793, à 10 h. 20, et déposé dans le cimetière voisin de la Madeleine. Le 16 octobre, Marie-Antoinette, décapitée sur la même place, fut déposée à peu de distance de son mari. Quelque temps après, M. Desclozeau ayant acheté ce terrain y fit planter des saules pleureurs. C’est là, à l’endroit même où s’éleva la chapelle expiatoire, que l’on retrouva les deux corps, et qu’on les transporta à Saint-Denis, le 21 janvier 1815. Ils furent déposés dans le caveau royal, au côté de l’épître, où vinrent les rejoindre les autres princes.

La Place de la Concorde en 1919 et aujourd’hui ainsi que sa fontaine, anciennement Place de la Révolution ou Louis XVI et Marie-Antoinette ont été exécutés.

Le procès

Marie-Antoinette au Tribunal révolutionnaire.  Gravure d’Alphonse François d’après Paul Delaroche.

Le 3 octobre 1793, Marie-Antoinette comparaît devant le Tribunal révolutionnaire, mené par l’accusateur public Fouquier-Tinville. Si le procès de Louis XVI avait conservé quelques formes de procès équitable, ce n’est pas le cas de celui de la reine. Le dossier est monté très rapidement, il est incomplet, Fouquier-Tinville n’ayant pas réussi à retrouver toutes les pièces de celui de Louis XVI. Pour charger l’accusation, il parle de faire témoigner le dauphin contre sa mère qui est alors accusée d’inceste par Jacques-René Hébert.  Il déclare que la reine et Mme Élisabeth ont eu des attouchements sur le jeune Louis XVII. Marie-Antoinette ne répond rien et un juré en fait la remarque. Marie-Antoinette se lève et répond « Si je n’ai pas répondu c’est que la nature elle-même refuse de répondre à une telle accusation faite à une mère. J’en appelle à toutes celles qui peuvent se trouver ici ! ». Pour la dernière fois, la foule (et surtout les femmes) applaudit la reine. Une fois la séance terminée, celle-ci demande à son avocat « N’ai je pas mis trop de dignité dans ma réponse ? ». Selon Gaspard Louis Lafont d’Aussonne dans ses mémoires publiées en 1824, des personnes dans la foule dirent le matin du jugement « Marie-Antoinette s’en retirera : elle a répondu comme un ange, on ne fera que la déporter »

Antoine Quentin Fouquier de Tinville, dit Fouquier-Tinville, né à Herouël (Aisne), le 10 juin 1746, mort guillotiné à Paris le 7 mai 1795, est un homme de loi et un révolutionnaire français, accusateur public du Tribunal révolutionnaire.

On l’accuse également d’entente avec les puissances étrangères. Comme la reine nie, Herman, président du Tribunal, l’accuse d’être « l’instigatrice principale de la trahison de Louis Capet » : c’est donc bien un procès pour haute trahison. Le préambule de l’acte d’accusation déclare également : « Examen fait de toutes les pièces transmises par l’accusateur public, il en résulte qu’à l’instar des Messalines, Frédégonde et Médicis, que l’on qualifiait autrefois de Reines de France et dont les noms à jamais odieux ne s’effaceront pas des fastes de l’histoire, Marie-Antoinette, veuve de Louis Capet, a été, depuis son séjour en France, le fléau et la sangsue des Français. » Il ajoute « la cause des troubles qui agitent depuis quatre ans la nation et ont fait tant de malheureuses victimes. »

Les dépositions des témoins à charge s’avèrent bien peu convaincantes. Marie-Antoinette répond qu’elle n’était « que la femme de Louis XVI, et qu’il fallait bien qu’elle se conforma à ses volontés ». Fouquier-Tinville réclame la mort et fait de l’accusée « l’ennemie déclarée de la nation française ». Les deux avocats de Marie-Antoinette, Tronçon-Ducoudray et Chauveau-Lagarde, jeunes, inexpérimentés et n’ayant pas eu connaissance du dossier, ne peuvent que lire à haute voix les quelques notes qu’ils ont eu le temps de prendre.

Guillaume-Alexandre Tronson Ducoudray, né à Reims le 18 novembre 1750, mort à Sinnamary (Guyane) en déportation le 27 mai 1798, était un avocat qui défendit Marie-Antoinette. Il s’offrit à la Convention pour la défense de Louis XVI ce qui lui fut refusé. En revanche, on lui confia la défense de la reine Marie-Antoinette.  Emprisonné sous la Terreur, libéré, il fut élu député au Conseil des Anciens en 1795, il en devint secrétaire et œuvra pour le respect de la Justice et de la Constitution. Arrêté après le Coup d’État du 18 fructidor an V pour soupçon de sympathie royaliste, il est envoyé en Guyane, la guillotine sèche où il meurt après un an de déportation.

Claude François Chauveau-Lagarde (né à Chartres en 1765 – mort à Paris en 1841) est un avocat et homme politique français.  Il prit la défense de Marie-Antoinette, avec une chaleur qui attira les soupçons du Comité de sûreté générale ; dès que la sentence eut été prononcée contre la reine, il fut convoqué devant le comité, accusé de l’avoir trop bien défendue, mais il réussit à se justifier.  Il prit la défense de Madame Élisabeth, sœur du roi, sans être autorisé à voir sa cliente.  Il est enterré au cimetière de Montparnasse, à Paris.

Quatre questions sont posées au jury :

Marie-Antoinette devant le Tribunal révolutionnaire.

« 1. Est-il constant qu’il ait existé des manœuvres et des intelligences avec les puissances étrangères et autres ennemis extérieurs de la République, lesdites manœuvres et des intelligences tendant à leur fournir des secours en argent, à leur donner l’entrée du territoire français et à leur faciliter le progrès de leurs armes ?

2. Marie-Antoinette d’Autriche est-elle convaincue d’avoir coopéré à ces manœuvres et d’avoir entretenu ces intelligences ?

3. Est-il constant qu’il ait existé un complot et une conspiration tendant à allumer la guerre civile à l’intérieur de la République ?

4. Marie-Antoinette est-elle convaincue d’avoir participé à ce complot et à cette conspiration ? »

Aux quatre questions, le jury répond « oui ». Lorsque le jury rend son verdict, il n’existe aucune preuve de l’accusation de haute trahison que l’on impute à la reine. Le dossier est vide de toute pièce.

Techniquement, au vu des pièces du procès, la condamnation n’est pas basée sur des faits avérés. On l’apprit plus tard, Marie-Antoinette communiqua des directives militaires confidentielles à l’Autriche dans le but de sauver sa famille, mais aussi « pour qu’enfin on se venge de tous les outrages qu’on reçoit dans ce pays-ci » (lettre de la reine à Mercy). Mais la preuve n’en sera découverte que bien plus tard.

En réalité, il fallait condamner la « veuve Capet ». Robespierre a donc intégré au jury le médecin qui soignait la reine à la Conciergerie, lequel a indiqué aux autres jurés que de toute façon Marie-Antoinette était médicalement condamnée à brève échéance car elle avait de forts épanchements sanguins.

Exécution

Marie-Antoinette conduite à l’échafaud, croquis attribué à Jacques-Louis David.

Exécution de Marie-Antoinette à la Place de la Révolution, le 16 octobre 1793. (Anonyme. Musée Carnavalet).

La condamnation à mort, pour haute trahison, est prononcée le 16 octobre 1793 vers 4 heures du matin et Marie-Antoinette est exécutée le même jour vers midi. À l’annonce de la sentence, Marie-Antoinette rédige son testament, à l’attention de Madame Élisabeth, sœur de feu le roi Louis XVI : « Je viens d’être condamnée, non pas à une mort honteuse, elle ne l’est que pour les criminels, mais à aller rejoindre votre frère  ». Elle termine son testament par ces mots :

« Mon dieu ayez pitié de moi ! Mes yeux n’ont plus de larmes pour pleurer pour vous mes pauvres enfants. Adieu, Adieu ! »

Madame Élisabeth ne lira jamais ce testament.

Le matin du 16 octobre, Marie-Antoinette est menée mains liées sur une charrette – Louis XVI avait eu droit à un carrosse – de la Conciergerie jusqu’à la place de la Révolution (ancienne place Louis-XV, actuelle Place de la Concorde). D’après ses historiens, elle subit avec dignité les sarcasmes et les insultes lancés par la foule massée sur son passage (elle mettra une heure pour traverser la place et monter à l’échafaud). Le peintre et révolutionnaire Jacques-Louis David, observant le cortège depuis la rue Saint-Honoré, en dessine un croquis resté légendaire. Selon ces mêmes historiens, c’est avec courage qu’elle monte à l’échafaud. En marchant sur le pied du bourreau Charles-Henri Sanson, elle lui aurait demandé pardon. Ce seront ses dernières paroles.

Charles-Henri Sanson, né le 15 février 1739 et mort le 4 juillet 1806, était un bourreau français, officiellement exécuteur des hautes œuvres de Paris, pour la cour du roi Louis XVI et pour la Première République française. Il est surtout connu pour avoir décapité le roi Louis XVI et la reine Marie-Antoinette, ainsi que différents révolutionnaires comme Danton ou Robespierre. Issu d’une famille de bourreaux, il a administré la peine capitale durant plus de quarante années et a exécuté de sa propre main près de 3 000 personnes.  Charles Henri Sanson mourut le 4 juillet 1806, et fut enterré au Cimetière de Montmartre à Paris.

Le jour de son exécution, la reine aurait perdu un escarpin, récupéré par un fidèle et conservé actuellement au musée des Beaux-Arts de Caen. Cette chaussure a fait l’objet d’une exposition en 1989.

Inhumation.

Monument de Louis XVI et de Marie-Antoinette d’Autriche à la Basilique de Saint-Denis, à Paris.

La chapelle expiatoire est une chapelle du 8e arrondissement de Paris, située au 29 rue Pasquier, construite dans le square Louis XVI, à l’emplacement de l’ancien cimetière de la Madeleine où avaient été inhumés les corps de Louis XVI et de Marie-Antoinette avant leur transfert à la Basilique Saint-Denis le 21 janvier 1815.  Certains gardes suisses tués lors de la prise du Palais des Tuileries, le 10 août 1792 y sont aussi inhumés.  L’autel de la crypte, en marbre noir et blanc, marque l’endroit exact de l’inhumation de Louis XVI.

Cette chapelle fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 22 juillet 1914.

Le cadavre de Louis XVI est immédiatement transporté après son exécution à l’ancienne église de la Madeleine. La Convention a en effet refusé que les restes de Louis XVI soient inhumés auprès de son père, Louis de France, le Dauphin, à Sens. Ce sont deux vicaires assermentés, fidèles à la Révolution, qui officient pour le court service funèbre célébré à l’église de la Madeleine. Le vicaire Damoureau témoigne : « Arrivé au cimetière, je fis faire le plus grand silence. Un détachement de gendarmes nous fit voir le corps. Il était vêtu d’un gilet blanc, d’une culotte de soie grise, les bas pareils. Nous psalmodiâmes les vêpres, les prières du service des morts. Le corps mis à découvert dans la bière, fut d’après les ordres du pouvoir exécutif, jeté au fond de la fosse, sur un lit de chaux, puis d’un lit de terre, le tout fortement battu et à plusieurs reprises. La tête de Louis XVI fut mise à ses pieds ».

Le 21 janvier 1815, les restes de Louis XVI furent inhumés à la basilique Saint-Denis. En 1816, son frère le roi Louis XVIII fit élever un monument funéraire réalisé par Edme Gaulle.

Tout comme pour Louis XVI, il a été ordonné que les bières des membres de la monarchie soient recouverts de chaux. Marie-Antoinette est inhumée avec la tête entre les jambes dans la fosse commune de la Madeleine, rue d’Anjou-Saint-Honoré (Louis XVIII fera élever à cet endroit la chapelle expiatoire située de nos jours sur le square Louis-XVI, seul endroit de Paris portant le nom du roi). Ses restes et ceux de Louis XVI furent exhumés le 18 janvier 1815 et transportés le 21 à Saint-Denis.

« Le premier crime de la Révolution fut la mort du roi, mais le plus affreux fut la mort de la reine » dit Châteaubriand.

Et Napoléon a dit de son côté : « La mort de la reine fut un crime pire que le régicide ».

Acte de décès de Marie Antoinette dans l’état-civil de Paris.

L’acte de décès de Marie Antoinette est rédigé le 24 octobre 1793. L’original de l’acte a disparu lors de la destruction des archives de Paris en 1871 mais il avait été recopié par des archivistes et des historiens. Voici ce que dit le texte, on remarquera que de nombreuses informations n’avaient alors pas été indiquées par les officiers publics de l’état civil :

« Du trois du second mois de l’an Second de la République française (24 octobre 1793).
Acte de décès de Marie Antoinette Lorraine d’Autriche du vingt-cinq du mois dernier (16 octobre 1793), âgée de trente-huit ans, native de…, domiciliée à…, veuve de Louis Capet.
Sur la déclaration faite à la commune par…, âgé de… ans, profession…, domicilié à…, ledit déclarant a dit être…, et par…, âgé de…, profession…, domicilié à…, ledit déclarant a dit être…
Vu l’extrait du jugement du tribunal criminel révolutionnaire et du procès-verbal d’exécution, en date du 25 du mois dernier.
Signé : Wolff, commis-greffier ;
Vu le certificat d… ;
Claude-Antoine Deltroit, officier public.
Signé : Deltroit »

Acte de décès de Louis XVI dans l’état civil de Paris

L’acte de décès de Louis XVI est rédigé le 18 mars 1793. L’original de l’acte a disparu lors de la destruction des archives de Paris en 1871mais il avait été recopié par des archivistes. Voici ce que dit le texte :

 » Du lundi 18 mars 1793, l’an Second de la République française.

Acte de décès de Louis CAPET, du 21 janvier dernier, dix heures vingt-deux minutes du matin ; profession, dernier Roy des Français, âgé de trente-neuf ans, natif de Versailles, paroisse Notre-Dame, domicilié à Paris, tour du Temple ; marié à Marie-Antoinette d’Autriche, ledit Louis Capet exécuté sur la Place de la Révolution en vertu des décrets de la Convention nationale des quinze, seize et dix-neuf dudit mois de janvier, en présence 1° de Jean-Antoine Lefèvre, suppléant du procureur général sindic du département de Paris, et d’Antoine Momoro, tous deux membres du directoire dudit département et commissaires en cette partie du conseil général du même département ; 2° de François-Pierre Salais et de François-Germain Isabeau, commissaires nommés par le conseil exécutif provisoire, à l’effet d’assister à ladite exécution et d’en dresser procès-verbal, ce qu’ils ont fait ; et 3° de Jacques-Claude Bernard et de Jacques Roux, tous deux commissaires de la municipalité de Paris, nommés par elle pour assister à cette exécution ; vu le procès-verbal de ladite exécution dudit jour 21 janvier dernier, signé Grouville, secrétaire du conseil exécutif provisoire, envoyé aux officiers publics de la municipalité de Paris cejourd’huy, sur la demande qu’ils en avaient précédemment faite au ministère de la justice, ledit procès-verbal déposé aux Archives de l’état civil ;
Pierre-Jacques Legrand, officier public (signé) Le Grand.
« 

Le mythe

Marie-Antoinette est une femme célèbre et controversée de l’histoire de France. Après sa mort sur l’échafaud, les royalistes ont composé la légende de la reine martyre. Alors que de son vivant, la reine eut à subir des paroles ou des écrits malveillants, bien des souvenirs furent oubliés plus ou moins volontairement et camouflés après sa mort. L’un des principaux doutes qui subsistèrent concerne la nature de sa liaison avec Hans Axel De Fersen. Ce roman d’amour a tourmenté plusieurs générations de fidèles inconditionnels, qui considéraient que la soupçonner de quelque faiblesse amoureuse revenait tout simplement à commettre un crime contre la monarchie même. Pour les républicains, la dernière reine de l’Ancien Régime ne figure plus parmi les grandes criminelles de l’Histoire mais apparaît plutôt comme une princesse sotte, égoïste, et inconséquente, dont on minimise le rôle politique. Cependant, Marie-Antoinette suscite généralement intérêt et compassion jusqu’à nos jours.  Madonna lui a ainsi rendu hommage dans de nombreux concerts.

Marie-Antoinette est la dernière souveraine à avoir porté le titre de reine de France.  Marie-Amélie de Bourbon-Siciles (1782-1866), épouse de Louis-Philippe 1er, régna de 1830 à 1848 sous le titre de reine des Français.

Tous les 16 octobre, jour de sa mort, de nombreuses personnes viennent en pèlerinage au château de Versailles et déposer des fleurs dans ses jardins.

Les statues funéraires de Louis XVI et Marie-Antoinette de France à la Basilique St-Denis, vu de dos.

Chapelle de Louis XVI et Marie-Antoinette ainsi que Louis, 1er Dauphin de France et Louis XVII.

Tombeau de Louis XVI et Marie-Antoinette dans la crypte de la Basilique St-Denis à Paris.

SALLE DE BAIN DE MARIE-ANTOINETTE À VERSAILLES.

ALBUM PHOTOS

VÊTEMENTS ET BIJOUX LUI AYANT APPARTENU.

Une paire de soulier de Marie-Antoinette et un bonnet de sa fille à côté.

Chemise de Marie-Antoinette quant elle était en prison.

Le British Museum contient nombre de trésors. Aujourd’hui, je vous laisse découvrir ce joli médaillon en forme de cœur. Ce sous-verre, peut-être en cristal de roche et  monté dans un châssis d’or, contient une mèche blonde de cheveux de Marie-Antoinette. Sur le verre une mention rapporte que ce cadeau a été fait à Lady Abercorn.

Quand, à quelle occasion ? Je n’ai pas trouvé…. Une chose est sûre, ce présent a été fait avant la fuite de Varennes. En effet, on sait qu’au retour de cette folle escapade, la chevelure de la Reine était subitement devenue blanche en une nuit.

Chambre de Marie-Antoinette à Fontainebleau.

Chambre de la reine à Versailles.

LIVRE ÉCRIT SUR MARIE-ANTOINETTE.

UN TÉLÉFILM SUR MARIE-ANTOINETTE EN 2007 AVEC LES COMÉDIENS KARINE VANASSE ET OLIVIER AUBIN FAIT AU QUÉBEC.

MARIE-ANTOINETTE VU PAR SOFIA COPPOLA


Le 24 mai 2006 est sorti le film de Sofia Coppola, fille du réalisateur Francis Ford Coppola, avec Kirsten Dunst en vedette dans le rôle de Marie-Antoinette et de Jason Schwartzman dans le rôle de Louis XVI. Elle a d’ailleurs tenue un, ou des rôles au cinéma, dont un dans Le Parrain, elle était la fille dans le film, du personnage joué par Al Pacino.  Le 28 mai 2006, au Palais des Festivals, le Prix de l’Éducation nationale, visant à récompenser un film aux qualités artistiques, culturelles et éducatives, a été remis à Marie-Antoinette de la réalisatrice américaine Sofia Coppola. Le jury, chargé de remettre ce prix, était présidé par l’écrivain et réalisateur Frédéric Mitterrand et composé de six enseignants, deux spécialistes du cinéma et deux élèves en option cinéma.

Promotion pour le film Marie-Antoinette de Sofia Coppola, avec Kirsten Dunst sur la couverture du magasine Vogue.

Références :

http://www.evene.fr/celebre/biographie/marie-antoinette-13092.php

http://www.histoire-en-ligne.com/spip.php?article239

http://www.festival-cannes.fr/films/fiche_film.php?langue=6001&id_film=4352266

http://images.google.ca/imgres?imgurl=http://bilder.filmstarts.de/thumbs/film/filme/m/marie.antoinette

http://fr.wikipedia.org/wiki/Marie-Antoinette_d%27Autriche

3 réflexions sur “MARIE-ANTOINETTE D’AUTRICHE, REINE DE FRANCE

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