LISTE DES MAITRESSES ET AMANTS DES ROIS ET REINES DE FRANCE – 2ÈME PARTIE


De la fin du Moyen Âge à la Révolution,  il ne fut pas rare que les rois de France, liés par des mariages, entretiennent une ou plusieurs maitresses royales. Beaucoup d’entre elles, comme Madame de Pompadour, eurent une grande influence à la cour, ou sur le roi comme Agnès Sorel sur Charles VII, Diane de Poitiers sur Henri II et Gabrielle d’Estrées sur Henri IV.  Louis XIV alla jusqu’à épouser secrètement l’une d’elles, Madame de Maintenon.

Henri IV, Louis XIV et Louis XV, sont les rois de France qui se distinguèrent particulièrement quant au nombre et à l’influence de leurs maîtresses.

La liste proposée ici est davantage une liste des aventures royales qu’une liste des maîtresses des rois de France. Les femmes sur lesquelles les rois ont porté leur passion n’ont pas été nommées systématiquement « maîtresses royales ». C’est un titre réservé à de rares occasions. Certaines de ces amourettes sont contestées par les historiens contemporains car seulement référencées par des mémorialistes à la plume acerbe, tel le duc de Saint-Simon ou dans des biographies plus ou moins romancées. Dans la mesure du possible, il en est fait mention dans le texte.

PHILIPPE 1ER DE FRANCE (1052-1108) a régné du (4 août 1060 au

30 juillet 1108).  Il épouse en première noce Berthe de Hollande

(1058-1093) (5 enfants).

La famille de Berthe semble avoir eu un ascendant sur la vie politique du royaume. En 1090, lassé de sa femme et de la tutelle larvée née de sa défaite et de son mariage, Philippe la fait enfermer au château de Montreuil, qui constitue l’essentiel de sa dot, puis, comme il prévoit de se remarier, la répudie en 1092 au motif d’une consanguinité. Il envoie une ambassade au comte Roger 1er de Sicile, envisageant d’épouser sa fille Emma.

C’est en 1092 que Bertrade de Montfort, femme de Foulque le Réchin, comte d’Anjou, et Philippe se rencontrent. Il l’enlève, vit avec elle et l’épouse, au grand scandale de la chrétienté.  Guillaume de Malmesbury, chroniqueur anglo-normand, donc alors favorable aux Plantagenêts contre la maison de France, suggère dans une version tardive que Philippe Ier était homme de plaisir, et Berthe de Frise (ou de Hollande) trop grasse. Lieu commun classique des religieux, Bertrade, nouvelle Ève corruptrice, épouse infidèle et ambitieuse, le séduit. Et pour le poète, l’amor, ce désir masculin, submerge le roi et provoque sa déchéance.

La réalité est plus triviale. À partir du moment où Philippe Ier avait répudié sa première épouse après vingt ans de vie commune, cet homme mûr était un homme libre. Il a donc cherché une nouvelle compagne, avec une plus grande prudence politique qu’on ne le croit.

Berthe s’éteint à Montreuil le 30 juillet 1093, probablement de chagrin. Des mauvaises langues suggèrent qu’elle fut empoisonnée, mais on se demande quel intérêt il y avait à tuer une recluse à vie sans droit, vivant sur le douaire qui lui était ainsi rendu.

  • Bertrade de Montfort (vers 1070-vers 1116) : union non reconnue par l’église. 3 enfants.

    Ayant obtenu des garanties de plusieurs évêques, il envisage d’épouser Emma, fille du comte Roger 1er de Sicile. Il consulte aussi ses principaux vassaux, personnages politiques bien plus puissants que lui, tant par la guerre que la richesse. Foulque Réchin est aussi consulté et lui présente des partis possibles. Des historiens ont prétendu que Bertrade fait parvenir au roi un message lui disant que son mariage avec Foulque était nul, puisque la précédente épouse était encore vivante, et qu’elle est disposée à épouser Philippe. Ce dernier, séduit par sa beauté, accepte et envoie un détachement d’officiers dévoués pour l’amener à Paris. En tous cas, la chronique de 1092 mentionne laconique « l’an où Philippe a pris femme Bertrade, femme de Foulque comte d’Anjou ».

    Yves, évêque de Chartres, est le premier à s’opposer au projet de mariage. Il proteste vigoureusement contre ce double adultère, engage les évêques de France à ne pas assister aux noces et en réfère au pape Urbain II. Trois prélats que les chroniqueurs traitent de flatteurs, l’archevêque de Senlis, les évêques de Troyes et de Meaux ne voient aucun inconvénient à ce mariage, et l’archevêque de Reims y assiste. Invité, Yves de Chartres se dérobe à la cérémonie et poursuit, croît-il au péril de sa vie, le combat de la bonne morale. La population d’Île de France ne trouve pas l’union contraire aux bonnes mœurs. Elle connaît les protagonistes et semble accorder au couple formé un droit de s’unir légalement.

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LOUIS VI DE FRANCE dit Le Gros ou le Batailleur (1081-1137) a régné du (30 juillet 1108 au 1er août 1137).

En 1104, Louis VI est fiancé à Lucienne de Rochefort.  Henri d’Arbois de Jubainville, célèbre archiviste paléographe, dit dans son livre que le mariage n’était pas encore consommé et qu’il fut cassé par le pape lors du concile de Troyes le 23 mai 1107. La femme « délaissée » se remaria d’ailleurs aussitôt avec Guichard III de Beaujeu.

Il épouse Adélaïde de Savoie (1100-1154).  C’est une femme réputée laide mais attentive et pieuse. Ils eurent sept fils et deux filles.

  • Marie de Breuillet :  Maitresse du roi Louis VI de France. Elle eut une fille.

    • Isabelle (vers 1101/1104 – † après 1175), dame de Liancourt-Saint-Pierre, épouse Guillaume Ier de Chaumont (en Vexin), fils de Osmond Ier de Chaumont, seigneur de Chaumont-Quitry.

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PHILIPPE VI DE FRANCE (1293-1350) a régné du (1er février 1328 au 22 août 1350).  On lui doit la phrase : Qui m’aime me suive.

Il a épousé Jeanne de Bourgogne (1293-1349) et eurent neuf enfants et ensuite étant veuf, il a épousé Blanche de Navarre (1333-1398).  Philippe avait 40 ans de plus qu’elle.  Mais leur union fut de courte durée puisque le roi mourut un an après son mariage, d’épuisement amoureux selon certains. Enceinte, Blanche accoucha d’une fille, Jeanne dite Blanche (mai 1351 – 16 septembre 1371).  Après sa mort débuta la guerre de cent ans.

  • BÉATRICE (BÉATRIX) DE LA BERRUÈRE (1294-1348) :  Elle fut maitresse du roi et lui donna un enfant, Thomas de la Marche (1318-1361), capitaine. C’est un aventurier que l’on retrouve en Orient, en Sicile, en Angleterre (Édouard III le nomme Thomas le Bâtard de France), en Bohème, et en divers endroits en France. Il recevra la châtellenie de Loudun en 1356, puis les châtellenies de Nonette et d’Auzon (1358). Certains auteurs le donnent fils naturel de Charles de la Marche, alors qu’il était comte de la Marche. Il a un fils, Jean de la Marche, chevalier et postérité.

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CHARLES V LE SAGE (1338-1380) a régné du (8 avril 1364 au 16 septembre 1380).

Il épouse Jeanne de Bourbon (1338-1378).  Ils eurent neuf enfants.  Elle mourut en accouchant de sa dernière fille Catherine de France (1377-1388).

  • BIETTE DE CASINEL (née vers 1340 – décédée vers 1380) :  Maitresse du roi et mère de Jean de Montagu alias Montaigu (v. 1350-1409), il est grand maître de l’Hôtel de Charles VI. La filiation est incertaine. Son parrain est le roi Jean II de France, alors que celui-ci était encore duc de Normandie.

  • INCONNUE, mère d’Oudard d’Attainville, bailli de Rouen. On perd sa trace après 1415.

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CHARLES VI LE FOU OU CHARLES LE BIEN-AIMÉ (1368-1422) a régné du (16 septembre 1380 au 21 octobre 1422).

Il épouse Élisabeth de Wittelsbach-Ingolstadt, dite Isabelle de Bavière, ou Isabeau de Bavière (1371 – 24 septembre 1435) 12 enfants.

LÉGENDE

Conçue au XIXe siècle, une thèse sans fondement historique prétend que le 12e enfant d’Isabeau de Bavière serait illégitime et qu’il s’agirait en fait de Jeanne d’Arc, fille d’Isabeau de Bavière et de Louis 1er, duc d’Orléans. Cette thèse a été régulièrement démentie par tous les historiens spécialistes de Jeanne d’Arc depuis deux siècles.

  • ODETTE DE CHAMPDIVERS (NÉE VERS 1384-1424) :  Elle fut la maitresse du roi de 1407 à 1422.

Bien que sa famille était bourguignonne (c.-à-dire partisans du duc de Bourgogne) en 1407 à dix-sept ans,  Odette est devenue la maîtresse du roi Charles VI, après la mort de son frère Louis 1er, duc d’Orléans, son rival de Bourgogne.

La reine Isabeau, victime de coups, de mauvais traitements et de la violence, de son schizophrène de mari, a permis à Odette de se substituer à elle sans difficulté. Isabeau craint et déteste le roi. Selon certaines sources, elle s’est arrangé pour qu’Odette prenne sa place dans le lit du roi mentalement malade. Pour d’autres, ils croient que le duc Jean sans Peur a offert la jeune Odette au roi, afin d’assurer l’influence du parti bourguignon.  Odette et Charles VI n’eurent qu’une fille ensemble, appelé Marguerite de Valois (la demoiselle de Belleville ou Marguerite bâtarde du roi), qui est née à la fin de (1407-1458).

Appelée La Petite Reine – par la Cour de Charles, Odette a été décrit comme une animée, une belle jeune femme avec un caractère doux. Apparemment, elle l’aime et elle tient à son malheureux souverain avec la plus grande patience et de dévouement. Elle est créditée pour l’introduction des cartes à jouer en France, «pour l’amusement de [Charles VI] pendant ses paroxysmes de folie ».

Selon certains auteurs, Odette portait les vêtements de la reine dans le lit royal, chaque nuit, et Charles n’a pas remarqué la substitution.  Honoré de Balzac se réfère à son abnégation dans un de ses premiers romans, La Dernière fée:

«Alors Abel était comme le roi Charles VI, que la petite reine Odette de Champdivers le consola en lui et la reine Isabeau a dansé avec le duc d’Orléans dans le palais où son mari était atteint».

Au cours des quinze années de leur relation, le Roi a donné des dons à la riche Odette comme récompense pour son dévouement envers lui, elle a également reçu deux manoirs Créteil et Bagnolet (celui-ci se trouve probablement dans Malassis), et la succession de Belleville, en Poitou.

Odette était à côté du roi sur son lit de mort le 21 octobre 1422, il est dit que les derniers mots de Charles VI était son nom: «Odette, Odette ». La reine Isabeau était absente à l’enterrement de son mari.

Marguerite a été légitimée en janvier 1428 par Charles VII de France , son demi-frère. Il lui donna une très ample dot et fit de son époux le seigneur de Belleville et de Montaigu. Le mariage a eu lieu le 3 mai de la même année dans le Poitou. Son mari était le seigneur Jean III de Harpedenne (ou Harpedanne, Harpedane, Harpedène, etc), fils de Jean II Harpedenne et de son épouse Jeanne de Mussidan. Certaines sources affirment qu’elle a été mariée sous le nom de Falots de Marguerite.

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CHARLES VII (1403-1461).  A régné du 21 octobre 1422 au 22 juillet

1461. Il épouse Marie d’Anjou (1404-1463). Ils eurent 14 enfants.

Jeanne d’Arc a contribué à le faire sacré roi à Reims.

  • AGNÈS SOREL (NÉE VERS 1422-1450) : Maitresse du roi de 1444 à 1449.  Agnès eut quatre enfants avec le roi.

    • Marie de France (1444-1473), qui épouse Olivier de Coëtivy, sénéchal de Guyenne ;
    • Charlotte de Valois (ca. 1446-1477), qui épouse Jacques de Brézé, sénéchal de Normandie, dont le fils Louis de Brézé épousa Diane de Poitiers, elle mourut assassinée par son époux qui la transperça d’un coup d’épée après l’avoir découverte dans les bras de l’un de ses écuyers ;
    • Jeanne de Valois (1448-après 1467), qui épousa Antoine de Bueil, chancelier du roi.
    • Une fille née le 3 février 1450 au manoir du Mesnil près de l’abbaye de Jumièges en Normandie et morte à l’âge de six mois.

    Sa mort est si rapide qu’on croit tout d’abord à un empoisonnement. On accuse même Jacques Coeur, qui fut sans doute plus qu’un ami et qu’elle avait désigné comme exécuteur testamentaire, de l’avoir fait assassiner, mais il fut lavé de ce chef d’inculpation. Les soupçons se portèrent alors jusqu’au XXIème siècle sur le dauphin, le futur Louis XI, ennemi du parti qu’elle soutenait.

    Une autopsie de son cadavre, effectuée à l’occasion de l’ultime déplacement de son tombeau dans la collégiale Saint-Ours de Loches en juin 2004 programmé par le conseil général d’Indre-et-Loire, a révélé une ascaridiose (tube digestif infesté d’œufs d’ascaris (ver blanc et rond parasite), et qu’elle avait absorbé des sels de mercure, purge associée à de la fougère mâle, comme dernier recours pour s’en débarrasser. C’est l’ingestion de ce métal lourd qui a entraîné une mort très rapide. Cependant, les doses de mercure observées par l’analyse d’un poil de l’aisselle sont telles (dix mille à cent mille fois la dose thérapeutique) qu’il est difficile de croire à une erreur médicale. Le suicide ou l’empoisonnement (à cette époque le mercure était donné avec de la mie de pain agglomérée avec le métal liquide pour éviter qu’il ne brûle l’estomac) de cette jeune mère vulnérable qui relève de couches ne sont donc pas à écarter. Parmi les proches coupables idéaux restent sa cousine germaine, Antoinette de Maignelais, qui trois mois après la mort d’Agnès Sorel prenait sa place dans le lit du roi, et son médecin, Robert Poitevin, qui toucha une partie de l’héritage.

  • ANTOINETTE DE MAIGNELAIS (NÉE VERS 1420 – MORTE VERS 1474) : Cousine germaine d’Agnès S0rel.  Elle est la nourrice des enfants qu’Agnès a eu avec le roi.

    En 1450, à la mort d’Agnès Sorel, elle lui succède en tant que favorite du roi. Elle épouse André de Villequier. Pour elle, le roi fait reconstruire le château de la Guerche.  Elle entretient un escadron volant afin de distraire le roi, escadron composé entre autres de ses belles-sœurs Marguerite de Monteil et Antoinette de Vauvert dite « Toinine ». En 1460 elle achète la chatellenie de Cholet.  

    À la mort du roi en 1461, elle quitte la cour et devient la favorite du duc de Bretagne, François II avec qui elle a trois enfants : François d’Avaugour, Antoine et Antoinette. Lors de la guerre de la ligue du bien public elle vend jusqu’à sa vaisselle et ses bijoux pour aider financièrement François II. Suite à la Bataille de Montlhéry en juillet 1465, qui provoque un affaiblissement temporaire du nouveau roi, Louis XI, elle fait illuminer les rues de Cholet et son château pour manifester sa joie.

    À Cholet elle favorise l’artisanat, le commerce et la culture du lin. Le château devient le lieu de fêtes, de banquet et de tournois à l’occasion des séjours de François II. Progressivement délaissée par le duc, elle meurt probablement en 1474, malgré la mention de 1470 sur sa pierre tombale. Elle fut enterrée selon son désir dans la chapelle des frères des Cordeliers située dans le couvent, détruite en 1563 pendant les guerres de religion. La pierre tombale fut alors enfouie, et préservée ainsi jusqu’à sa découverte lors de travaux de restauration au environs de 1880. Celle-ci est actuellement visible au musée d’Art et d’Histoire de Cholet.

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LOUIS XI (1423-1483). A régné du 22 juillet 1461 au 30 août 1483).

Il épouse Marguerite d’Écosse (1424-1445).  Pas d’enfant.  Il épouse Charlotte de Savoie (1441-1483). 8 enfants.

  • FÉLIZE OU PHÉLISE RÉGNARD (VERS 1425-1475) : Maitresse du roi.  Deux enfants.

    • Guyette de Valois ;
    • Jeanne de Valois (1447-1519) (légitimée le 25 février 1466, n.s.), épouse en 1465, Louis de Bourbon, comte de Roussillon, amiral de France, à qui elle donne un fils, Charles de Bourbon, comte de Roussillon, mort sans postérité, et deux filles (avec une postérité dans les familles Chabannes et Arpajon).
  • MARGUERITE DE SASSENAGE (NÉE VERS 1424-1471) : Maitresse du roi.

    • Guyette de Valois (décédée en 1502), légitimée, fille de Marguerite de Sassenage ? ;
    • Marie de Valois (1450-1470), légitimée, épouse en 1467, Aymar de Poitiers, sire de Saint-Vallier, à qui elle donne un fils mort sans postérité : Jean de Poitiers, baron de Sérignan. Veuf, son époux se remarie avec Jeanne de la Tour d’Auvergne (grand-tante de Catherine de Médicis), qui lui donne, entre autres, un fils, Jean de Poitiers, père de Diane de Poitiers, favorite d’Henri II ;
    • Isabeau (Isabelle), épouse Louis de Saint-Priest.

GUYETTE DE VALOIS, LE NOM DE LA MÈRE N’EST PAS SUR.

  • 3 AUTRES ENFANTS DE DIVERSES MAITRESSES DONT LES PRÉNOMS SONT INCONNUS.

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FRANÇOIS 1ER (1494-1547).  A régné du 1er janvier 1515 au 31

mars 1547. Il a épousé Claude de France (1499-1524). 7 enfants. Il a

épousé Éléonore de Habsbourg (1498-1558).

  • MARIE GAUDIN, dame de La Bourdaisière :

    Marie est l’épouse de Philibert Babou, grand argentier du roi François 1er.  Philibert est élu maire de Tours en 1520.  Marie devient la maîtresse de François 1er et a trois filles et un fils :

    Son fils, Jean Babou de la Bourdaisière qui épouse Françoise Robertet, ils ont quatre garçons et six filles, une des filles, mariée à Antoine d’Estrées, met au monde en 1545, une fille, Gabrielle d’Estrées, future maîtresse de Henri IV.

Ces dernières (Claude, Marie et Antoinette ses filles) furent respectivement les maitresses de François Ier. Réputée être la plus belle femme de son temps, Marie Gaudin devient très vite première maîtresse du roi François 1er, qualité qui vaut à son mari Philibert de multiples charges et honneurs tels que chevalier, trésorier surintendant des finances, maître d’hôtel du roi. Cela lui permettra de réaliser vers 1520 un ravissant château en pierres blanches et dès lors, la Bourdaisière devient lieu de villégiature pour François 1er lors de ses passages en Touraine. Le couple aura d’excellentes relations avec les Médicis. Quelques dames de la cour avaient eu la permission de venir à Bologne pendant l’entrevue des deux souverains François 1er et le Pape Léon X, et entre autres il y avait une des maîtresses du Roi, et c’était Marie Gaudin, qui était d’une beauté remarquable. Il paraitrait que cette dame avait fixé l’attention de sa Sainteté, et que par un accord entre François 1er et Léon X, elle avait répondu à la passion du Pape, qui lui donna, comme souvenir, une bague de grand prix, qui fut précieusement gardée dans la maison de Sourdis, avec la dénomination de « diamant Gaudin ».

Parmi les enfants que Marie Gaudin eut de Philibert Babou, deux restent les plus célèbres : Jean, né en 1511, seigneur de la Bourdaisière et de Thuisseau, baron de Sagonne et de Voilhon, chevalier de l’Ordre du Roi, échanson du roi et de la reine de Navarre, gouverneur et bailli de Gien en 1529, maître de la garde-robe de François le Dauphin, fils aîné du roi François 1er et ensuite du roi Henri II et de son fils François II,… qui mourut le 11 Octobre 1769, et Philibert, né en 1513, évêque d’Angoulême, et d’Auxerre, depuis cardinal, ambassadeur de France à Rome où il est mort subitement le 17 janvier 1570.

Le tombeau de Philibert Babou, aujourd’hui transféré dans l’église Saint-Florentin d’Amboise, est un sarcophage en terre cuite ouvert sur le devant. La figure du divin Sauveur est, modelée sur celle de Philibert Babou, est couchée, nue sur le linceul dans lequel Joseph d’Arimathie, Nicodème et Saint-Jean sont occupés à l’ensevelir. Ces trois saints personnages offrent, dit-on, les portraits de François 1er et des deux fils Babou, l’un évêque d’Angoulême et l’autre doyen de Saint-Martin de Tours. Dans le fond, la Sainte Vierge, sous les traits de Marie Gaudin, femme du seigneur de la Bourdaisière, contemple d’un œil en pleurs ces funèbres préparatifs, entourée de trois saintes femmes qui ne sont autres que ses trois filles (…) La présence de l’effigie de François 1er s’exprime autrement que par la reconnaissance : Marie Gaudin et ses trois filles avaient successivement partagé les bonnes grâces de ce prince.

  • FRANÇOISE DE FOIX, comtesse de Châteaubriant (1495-1537) :

Lorsque François Ier revint de sa captivité en Espagne, on lui présenta une jeune fille blonde et jolie (Anne d’Heilly de Pisseleu) et il se laissa tenter. La lutte des favorites dura deux ans et Françoise dut finalement céder la place.

Brantôme donne des détails curieux sur cette rupture. Le roi ayant fait demander à madame de Chateaubriant les joyaux qu’il lui avait donnés, et sur lesquels on avait gravé des devises amoureuses composées par la Reine de Navarre, la comtesse eut le temps de les faire fondre, et, s’adressant ensuite au gentilhomme chargé des ordres de François Ier, elle lui dit :

« Portez cela au roi, et dites-lui que, puisqu’il lui a plu de me révoquer ce qu’il m’avait donné si libéralement, je le lui rends et je le lui renvoie en lingots d’or. Quant aux devises, je les ai si bien empreintes et colloquées en ma pensée, et les y tiens si chères, que je n’ai pu souffrir que personne en disposât, en jouît, et en eût du plaisir que moi-même. »

Le roi, qui ne voulait que les devises, lui renvoya les lingots. La comtesse lutta quelque temps contre la nouvelle favorite, et se servit de sa faveur mourante pour avancer et soutenir ses frères, dont l’un était le fameux maréchal de Lautrec, et l’autre Thomas, fut également maréchal de France.

Ces derniers firent, dans la campagne d’Italie, plusieurs fautes que madame de Châteaubriant sut faire pardonner. Elle mourut le 16 octobre 1537. Son mari, qui fut soupçonné d’avoir contribué à sa mort, lui fit néanmoins élever dans l’église des Mathurins de Châteaubriant un tombeau décoré de sa statue et d’une épitaphe qu’on trouve dans le recueil des poésies de Marot, dont le comte était protecteur zélé. Il semble qu’ils aient vécu longtemps côte à côte, malgré les rumeurs de mésentente entre eux.

Postérité

On a cru devoir présenter sous la forme du doute la liaison de madame de Chateaubriant avec François 1er, parce que plusieurs auteurs l’ont niée. Varillas, Bayle, Moréri, Hévin ont beaucoup discuté ce point d’histoire, sans l’éclaircir.

Elle laissa une image de femme amoureuse et désintéressée ce qui ne fut pas le cas de sa remplaçante dans le lit du roi. On raconte sur elle des aventures fort romanesques. Cependant quelques-uns contestent même sa liaison avec François 1er, et attribuent à Louise de Crèvecoeur, épouse de Bonnivet, toute l’histoire qu’on raconte d’elle.

  • MARY BOLEYN (vers 1499-1543) : Sœur aînée d’Anne Boleyn et de George Boleyn,plus tard maîtresse d’Henri VIII d’Angleterre.

Mary a été rejointe à Paris par son père et sa sœur Anne, qui étudiait aux Pays-Bas lors de l’année précédente. Lors de son séjour comme dame d’honneur en France, Mary est probablement devenue la maîtresse de François 1er de France, qui l’a décrite plus tard dans sa vie comme « une grande putain, la plus infâme (ou tristement célèbre) de toutes ». Après sa relation avec le roi, elle a probablement eu plusieurs aventures qui ont provoqué son renvoi de la cour et son retour en Angleterre. Certains historiens ont mis en doute la question de la liberté de mœurs de Mary, disant qu’elle avait grandement été exagérée, mais il est généralement admis qu’elle est partiellement vraie.

Mortifiée par son comportement, sa famille est soulagée lorsqu’elle peut renvoyer Mary en Angleterre en 1519. Elle prend le rôle de dame de compagnie auprès de la reine d’Angleterre Catherine d’Aragon durant les dix dernières années du mariage de celle-ci à Henri VIII, dont elle deviendra la maitresse.

  • ANNE DE PISSELEU, duchesse d’Étampes (1508-1575) :  Maitresse du roi jusqu’à sa mort.  Quand le roi est mort elle a été contrainte de quitter la Cour.

Elle fut la favorite en titre de François Ier, qui lui fit construire un château à Angervilliers. Elle sut le rester jusqu’à la mort du roi, le 31 mars 1547. Elle tomba alors en disgrâce, et fut poursuivie impitoyablement par la jalousie de Diane de Poitiers, qui avait subi ses années de pouvoir. Le coup de Jarnac fut une des conséquences de cette jalousie. Anne de Pisseleu dut restituer les bijoux que François Ier lui avait offerts et subir un procès en haute trahison pour ses relations avec Charles Quint avant d’être bannie de la cour.  Elle se retira sur ses terres et embrassa le protestantisme, oubliée de tous, à un point tel qu’on ignore la date exacte de sa mort.

  • LA BELLE FERRONNIÈRE,

Fille de l’avocat Jean Féron, elle fut l’une des dernières maitresse du roi de France.  La Belle Ferronnière, une des maîtresses supposées de François 1er, était, au dire de Guyon, une bourgeoise de Paris et reçut son nom soit de la profession de son mari, qui aurait été ferronnier ou marchand de fer, soit simplement du nom de ce mari, qui se serait appelé Ferron. Cet homme feignit, dit-on, d’autoriser les désordres de sa femme, et imagina un odieux moyen de se défaire à la fois d’elle et de son amant. En effet, la belle Ferronnière en mourut bientôt et, ajoute la légende, François Ier ne guérit jamais (en vérité le roi est mort de la syphilis). Cette femme a donné son nom à une parure consistant en une bandelette qui entoure la tête et qui ferme sur le front avec un camée ou une pierre précieuse.

Elle était fine, onduleuse, élégante, avait de beaux cheveux noirs, des yeux bleus foncés, les plus jolies jambes du monde et portait au milieu du front un bijou retenu par un fin lacet de soie, détail curieux qui ajoutait encore à sa séduction. Cette mode qu’elle lança a d’ailleurs une histoire :

« Cette histoire se rapporte à la première entrevue qu’elle eut avec le roi, le roi voulut l’entrainer un peu trop rapidement vers le lit, elle en conçut une telle indignation qu’une de ses veines du front se rompit. Le lendemain, elle masquait ingénieusement le petit épanchement sanguin qu’elle avait au front au moyen du  fameux bijou maintenu par un bandeau ».

  • CLAUDE DE ROHAN-GYÉ, comtesse de Thoury : Pour laquelle Chambord aurait été agrandit à partir de 1540.

François Ier la fera comtesse de Thoury qui est le nom d’une chatellenie de son premier mari épousé en 1537 : Claude de Beauvillier, sire de Thoury par son père et comte de Saint-Aignan par sa mère née Husson. Mais il ferait surtout construire les extensions du très célèbre château de Chambord en 1540, afin de se rapprocher peut-être de la comtesse qui épousera en secondes noces Julien de Clermont (Clermont-Tonnerre), frère d’Antoine de Clermont, le bâtisseur du château d’Ancy-le-Franc en 1541 par Serlio, que le roi a appelé en France pour reconstruire Le Louvre, frère également de Louise de Clermont, épouse de François du Bellay qui obtiennent de Serlio des plans pentagonaux pour leur château de Maulnes, au même moment ; Ancy-le-Franc et Maulnes situés sur le comté de Tonnerre, en Champagne, maintenant dans l’Yonne.

Ce clan Rohan – Husson – Beauvillier – Clermont – Poitiers, avec Claude de Rohan jeune maîtresse de François I, Antoine favori d’Henri II, parce que beau-frère de Diane de Poitiers, et enfin Louise amie intime de la reine Catherine de Médicis et ancienne gouvernante du futur Charles IX… ce clan va monopoliser une grande partie de la faveur royale pendant 4 règnes, de 1537 à 1574, la mort de Charles IX, et tous ses membres ont été très actifs dans le domaine de l’architecture.

Alors que François Ier agglomère les terres (bois et marais) de Thoury au domaine royal de Chambord, après échange avec René de Beauvillier – Thoury qui succède à son frère Claude mort fin 1539, Claude de Rohan-Gié, et son second époux Julien de Clermont, baron de Thoury seront propriétaires du château de Muides-sur-Loire, limitrophe du domaine de Chambord. Ils sont réputés avoir fait démolir par « leurs gens » un pan du mur de Chambord, parce que François Ier avait compris dans l’enceinte du parc du château une portion de leur domaine.

  • LA CHÂTELAINE DE MONTFRAULT (AUCUN RENSEIGNEMENTS).

  • JACQUETTE ANDRON, DAME DE LANSSAC (1490-1532) :  Maitresse de François avant qu’il ne soit roi et dame d’honneur de la reine-mère : elle fut la mère de : Louis de Saint-Gelais. (1513-1589) qui épousa en 1ères noces Jeanne de la Roche-Landry + 1563 puis en 2e noces le 08/10/1565 Gabrielle de Rochechouart.  Sa postérité s’éteignit avec les mâles à la troisième génération en 1636.

Certains historiens la soupçonnent d’avoir été la maitresse de François 1er (alors qu’il n’était que François de Valois Angoulème).

Fille unique de Thomas Lansac, chevalier, riche bourgeois et marchand de la ville de Bordeaux, elle épouse en premières noces, vers 1512, Alexandre de St Gelais, seigneur de Cornefou et de Bries au Loup, conseiller et chambellan de Jean d’Albret roi de Navarre en 1506, puis du roi François 1er . Elle apporte en dot la seigneurie de St Savin et les terres de Lansac à la famille de St Gelais. Son mari sert souvent d’ambassadeur à François 1er.  A la mort de son premier mari, elle réside à Libourne.

En 1521, elle fonde le couvent de l’Annonciade (rue Mingin à Bordeaux et à Blanquefort dans la paroisse Ste Eulalie).  Le 21 juillet 1531, elle reçoit  1 000 livres sur le grenier à sel de Libourne.  Elle devient vers 1525 la seconde épouse d’un huguenot, Jacques de Pons marquis de Mirambeau, et lui donne cinq fils dont : François de Pons marquis de Mirambeau, Gabriel de Pons, chevalier de l’ordre de St Jean de Jérusalem et Pontus seigneur de la Case.

La traduction française d’un roman évoquant les amours de Leriano et de Lauréole intitulé « la prison d’amour » écrit en espagnol et traduit de l’italien au français par François d’Acy fut dédiée à Jacquette de Lansac avec ses armes au bas de la miniature de la dédicace et les devises : « en bon lieu et sola in patria ».

  • FRANÇOIS Ier eut également d’une dame inconnue un fils qui ne fut pas légitimé par la suite : Nicolas d’Estouteville, seigneur de Villecouvin.

Nicolas de Valois-Estouteville, seigneur de Villecouvin (ou Villeconin), (1545 – Constantinople 1567) était le fils naturel reconnu du roi de France François 1er, et d’une grande dame inconnue, avec une grande probabilité d’être issue de la famille d’Estouteville qu’il anoblira et élèvera en duché d’Estouteville et Comte de Saint-Pôl.

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HENRI II (1519-1559). A régné du 31 mars 1547 au 10 juillet 1559.

Il a épousé Catherine de Médicis (1519-1589). 10 enfants.

  • JANE STUART (née vers 1520 – décédée vers  1553) : Gouvernante de Mary Stuart et brièvement maitresse d’Henri II.

Jane Stuart était une gouvernante de Mary Stuart. Elle devient brièvement la maîtresse d’Henri II. Elle est éloignée de la Cour par Diane de Poitiers, favorite du roi, qui s’est alliée avec Catherine de Médicis. Elle laisse en France un fils, Henri d’Angoulême, ou Henri de Valois, dit Le Chevalier d’Angoulême (1551 Aix-en-Provence – 2 juin 1586) au cours d’un duel) qui sera reconnu et deviendra abbé de la Chaise-Dieu, duc d’Angoulême (1574-1582), Grand Prieur de France et gouverneur de Provence.

  • FILIPPA DUCI, dame de Couy (née vers 1520 – 1586) : C’était une courtisane piémontaise.  Maitresse du dauphin Henri.

Lors des guerres d’Italie, le Dauphin Henri passe quelques nuits durant l’année  1537 chez un écuyer, frère de Filippa. Dès leur première rencontre, le roi la séduit. Elle lui donne une fille, Diane de France (1538-1619), qui naît à Paris en 1538 et épouse François de Montmorency, puis duchesse d’Angoulême.

Cette naissance est capitale pour le dauphin (futur Henri II), car elle prouve que le roi n’est pas stérile, alors même que marié depuis cinq ans avec Catherine de Médicis, son mariage n’a pas donné d’héritier au trône.  François 1er accorde à la jeune Italienne la somme de 400 livres par an sur l’Ordinaire de Touraine en 1541, à vie.

Elle épouse peu après un gentilhomme italien, Jean Bernardin de Saint-Séverin, gentilhomme de la chambre du roi. Lors de la légitimation de sa fille, on la dit dame de Bléré en Touraine.  En 1582, elle est dame d’honneur de la reine Catherine de Médicis.

Sa fille, Diane de France, est élevée par Diane de Poitiers qui lui donne une éducation très pointue : elle parle l’espagnol, l’italien, le latin et joue de plusieurs instruments de musique.  Filippa Ducci meurt avant octobre 1586 près de Tours.

  • NICOLE DE SAVIGNY, baronne de Fontette et demoiselle de Saint-Rémy  (1535-1590) : Maitresse d’Henri II roi de France.

Jeune veuve de 17 ans quand son mari décède en 1552, elle se rend à la Cour et devient en 1556 la maîtresse d’Henri II, profitant d’une période où le roi délaisse sa favorite bien-aimée, Diane de Poitiers.

Elle a de lui un fils, Henri de Saint-Rémi, né en 1557 à Paris. Sa courte faveur auprès du roi se termine peu après la naissance de son fils, lorsque Diane de Poitiers reprend son ascendant sur Henri II. Elle se retire alors à Fontette, sur ses terres, avant de contracter avec Claude de La Baume-Montrevel, archevêque titulaire de Besançon, un mariage secret que le tribunal de la Rote annulera.

Nicole de Savigny mentionne, dans son testament rédigé le 12 janvier 1590, que le roi lui a fait don pour leur fils, Henri de Valois de Saint-Remi, de la somme de 30 000 couronnes, qu’Henri III lui a réglée le 23 février 1577, et dont elle a donné reçu le 26 février 1577, bien que ce fils ne fût pas reconnu par le roi.

  • DIANE DE POITIERS (1499-1566) :  (Née le 3 septembre 1499 ou le 9 janvier 1500 (lieu de naissance incertain : Saint-Vallier-sur-Rhône ou Étoiler dans la Drôme), morte le 26 avril 1566 à Anet, comtesse de Saint-Vallier, duchesse de Valentinois, fut la favorite du roi de France, Henri II, pendant plus de 20 ans.

Dotée d’un sens aigu du pouvoir et de ses intérêts financiers, elle exerça une grande influence sur le roi, qui l’aima sincèrement, bien qu’elle fût de 20 ans plus âgée que lui. Sous le règne d’Henri II (1547-1559), elle bénéficia d’un grand nombre de dons et d’honneurs.

On estime généralement, d’après leur correspondance, que ce serait en 1538 que Diane deviendrait la maîtresse d’Henri, promu dauphin deux ans auparavant par la mort de son frère.

Intelligente, passionnée, de haute noblesse, consciente de son prestige et de son influence, elle est, comme on le sait, beaucoup plus âgée que son amant. Leur relation amoureuse, parfois évoquée complaisamment par des écrivains comme Pierre de Bourdeille dit Brantôme, est notoire, affichée. Sur les bâtiments (monogrammes sculptés, peints, évoqués), par les faveurs (titres, dotations, bijoux, œuvres d’art), par le protocole, par les témoignages… L’emprise que Diane exerce sur Henri est complexe : plus cultivée que lui et l’ayant en partie éduqué, elle est autant sa marraine, puis objet d’amour platonique et conseillère, que sa maîtresse. Henri II eut peu d’incartades notoires, toutes d’assez courte durée. Les mieux connues sont Filippa Ducci, Jane Stuart et Nicole de Savigny. De la première, rencontrée lors d’une campagne au Piémont, il aura une fille, la future Diane de France (née en 1538). Cette paternité fait taire les rumeurs concernant sa possible stérilité. Envoyée en France, elle sera instruite et formée à la Cour par Diane de Poitiers, nommée après elle. La liaison avec la deuxième, gouvernante de Marie Stuart, semble avoir été encouragée par le connétable Anne de Montmorency qui cherchait à écarter la sénéchale de Normandie trop favorable aux Guise. Absente momentanément de la cour pour raison de santé, elle revint en catastrophe avertie par les Guise et fit, en accord avec Catherine de Médicis, renvoyer Jane Stuart en Écosse après la naissance d’un fils (Henri d’Angoulême, 1551-1586). Le fils qu’Henri II eut avec Nicole de Savigny, Henri de Saint-Rémi (avant 1558-1621), fut titré mais non reconnu car le roi conservait des doutes sur sa paternité.

Du temps de François Ier, la sénéchale de Normandie partage tout d’abord l’influence à la cour avec la duchesse d’Étampes, maîtresse royale : chacune d’elles a son parti, et leur rivalité occasionne plusieurs scènes scandaleuses. À la mort du roi en 1547, tenace dans ses haines, Diane fait exiler la duchesse et devient vraiment toute-puissante : Catherine de Médicis, dont la position s’est consolidée depuis qu’elle a mis au monde un héritier (1544), doit pourtant concéder son ascendant à la favorite, qui est faite en 1548 duchesse de Valentinois, titre habituellement décerné aux princes du sang ou étrangers, puis duchesse d’Étampes en 1553. Elle s’entoure d’une cour brillante mais néanmoins plus austère que celle de François Ier. Henri lui fait cadeau de bijoux de la couronne et de la propriété royale de Chenonceau sur laquelle elle charge Philibert Delorme, son architecte, de bâtir un des plus beaux ouvrages de l’époque. Lors du sacre de Catherine en 1549, elle préside la cérémonie vêtue de la livrée des princesses du sang. De nombreux commentaires ont été fait sur l’ambiguïté du monogramme du roi Henri II, un H majuscule entouré de deux demi-cercles qui peuvent aussi bien s’interpréter comme deux C ou deux D. On a fait remarquer que sur le monogramme du cabinet de Catherine de Médicis à Blois, le C est marqué sans ambiguïté. Jusqu’à la mort du roi, Diane exerce une grande influence sur lui qu’elle veille à préserver. Elle favorise tour à tour Anne de Montmorency et le parti des Guise. Catholique convaincue, elle pousse le roi à réprimer les protestants.

Le château de Chenonceau que le roi lui a offert en cadeau ainsi que les bijoux de la couronne.

Fin de vie

Lorsque le roi est mortellement blessé en 1559, Catherine de Médicis interdit toute visite de Diane à son chevet. À sa mort, elle n’est pas admise aux funérailles et la régente l’oblige à échanger le château de Chenonceau contre celui de Chaumont. Diane restitue également les bijoux de la couronne assortis d’un inventaire.

Château de Chaumont qu’elle du échanger contre Chenonceau sur ordre de la régente Catherine de Médicis.

Elle se retire à Anet où elle meurt à l’âge de 66 ans.  Louise de Brézé, seconde fille de Diane de Poitiers, fait ériger un monument avec sa statue dans l’église du village, qui sera transféré dans la chapelle sépulcrale du château en 1576.

En 1795 lors de la Révolution, son tombeau est profané. Ses restes, ainsi que ceux de deux de ses petites-filles, sont déplacés dans une tombe à côté de l’église, à l’exception de sa chevelure que les membres du comité révolutionnaire se partagent en souvenir. Son sarcophage est converti en auge, et le socle en plomb utilisé par les révolutionnaires pour fabriquer des « balles patriotes ».

De 1959 à 1967, la chapelle est entièrement rétablie dans son état d’origine et le tombeau remis en place.

Une équipe de scientifiques (dont Philippe Charlier) étudient en 2008 les restes de Diane de Poitiers et découvrent que ceux-ci ont une concentration en or beaucoup plus élevée que la normale. Ils l’expliquent par le fait que Diane, obsédée par le désir de l’éternelle jeunesse et l’éclat d’une beauté surnaturelle, aurait bu chaque jour comme élixir de longue vie une solution « d’or potable » qui lui aurait donné son teint extrêmement pâle.

La dépouille de Diane de Poitiers retrouve son tombeau

http://videos.tf1.fr/jt-we/la-depouille-de-diane-de-poitiers-retrouve-son-tombeau-5865707.html

Le 29 mai 2010, les restes de Diane de Poitiers sont de retour dans son tombeau après 213 ans au cimetière communal au cours d’une cérémonie célébrée par une grande fête de style Renaissance.

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CHARLES IX (1550-1574). A régné du 5 décembre 1560 au 30 mai

1574.  Il a épousé Élisabeth d’Autriche (1554-1592) fille de

Maximilien II.  Ils auront une fille Marie-Élisabeth de France

(1572-1578).

  • MARIE TOUCHET, dame de Belleville et comtesse d’Entragues (née vers 1549-1638) : Favorite controversée du roi Henri IV. Dans les années 1600, elle fut compromise par les complots fomentés contre le roi par ses enfants.

    Elle lui donna un fils Charles de Valois ou Charles d’Angoulême (1573-1650), titré comte d’Auvergne (1589-1619) puis duc d’Angoulême en 1619.

    Maîtresse royale

    Longtemps, le roi cherche à garder secrète cette liaison, pour ne pas déplaire à la reine-mère Catherine de Médicis. Dans un premier temps, les amants se retrouvent dans un repaire de chasse où le roi se rend de nuit et sans escorte1. Mais Marie Touchet ne tarde pas à tomber enceinte. Informée par ses « espions » de cette liaison, Catherine de Médicis, ordonne à son fils d’éloigner cette maîtresse. Charles IX envoie alors sa bien-aimée sur les terres du duché de Savoie. C’est là qu’elle donne naissance à un fils qui ne survit que quelques jours. Mais trois ans d’éloignement n’ont pas raison de cet amour.

    Poète, Charles IX lui compose des vers :

    Toucher, aimer, c’est ma devise,
    De celles-là que plus je prise,
    Bien qu’un regard d’elle à mon cœur,
    Darde plus de traits et de flamme,
    Que tous l’Achérot vainqueur,
    N’en feroit donc appointer dans mon âme

    Lorsqu’elle apprit les projets de mariage entre le Roi et l’archiduchesse Élisabeth d’Autriche en 1570, Marie Touchet demande à se faire apporter le portrait de la future reine, avant de déclarer pleine assurance : « L’Allemande ne me fait pas peur ». « Inférant par là », ajoute Brantôme, « qu’elle présumait tant de soi et de sa beauté, que le roi ne saurait s’en passer. »

    La suite lui donnera raison et Charles IX conserva la liaison qu’il avait tissée avec Marie Touchet.

    Marie Touchet, dont Michelet dit qu’elle était aussi gracieuse et instruite que spirituelle et bonne, va accoucher d’un fils de son amant royal au château du Favet, près de Barraux, le 28 avril 1573. Cette maison forte du XIIe siècle avait été acquise, en 1543 par Arthaud de Maniquet. Elle reste dans cette famille jusqu’au XVIIIe siècle.

    C’est le fils d’Arthaud, Hector de Maniquet, maître d’hôtel de Marguerite de Navarre et confident du jeune roi qui se proposa de cacher alors la grossesse de la jeune maîtresse du souverain, état qui aurait scandalisé la Cour où cette dernière était reçue et où elle avait de nombreux ennemis. L’enfant qui naît ce jour-là à Barraux est baptisé Charles. Il est plus tard comte d’Auvergne et duc d’Angoulême et fait souche princière (Charles de Valois-Auvergne, duc d’Angoulème).

    Le roi meurt en 1574.

    Mariage et descendance

    Marie Touchet épouse, en 1578, François de Balzac d’Entragues, gouverneur d’Orléans, de qui elle a deux filles, Catherine Henriette de Balzac d’Entragues et Marie-Charlotte de Balzac d’Entragues. Toutes deux seront maîtresses d’Henri IV (qui s’engagera même à épouser la première).

    Marie Touchet habite dans un hôtel, place des Vosges à Paris. Elle meurt le 28 mars 1638.

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HENRI III (1551-1589).  A régné du 30 mai 1574 au 2 août 1589.  Il

a épousé Louise de Lorraine-Vaudémont (1553-1601).  Pas d’enfant.

Dernier souverain de la dynastie des Valois.

La reine aimait sincèrement son mari et lui également.  Malgré qu’elle souffrit beaucoup de ses infidélités, la véritable souffrance de la reine lui venait de sa stérilité.  Elle fit de nombreuses fausses couches – il semble que Louise de Lorraine ait été enceinte au début de son mariage, mais la fausse couche qu’elle fit en mai 1575 fut lourde de conséquence – et malgré de nombreux pèlerinages, n’eut jamais d’enfants. Elle n’eut plus, par la suite, que de faux espoirs. Pourtant, le couple royal ne renonça que très tardivement à l’idée d’avoir des enfants. De 1579 à  1586, ils multiplièrent les pèlerinages, en particulier à Chartres, et les cures thermales dans l’espoir d’avoir un héritier.

Après son mariage avec Louise de Lorraine, les aventures d’Henri III se firent plus discrètes. Par respect pour son épouse qu’il aimait, il organisait ses rendez-vous avec les dames galantes, à l’écart du palais, dans des hôtels particuliers parisiens. Fait exceptionnel, Henri III avait choisi Louise de Lorraine pour sa beauté et son esprit et non pas pour des raisons politiques, comme c’était le cas pour la plupart des mariages royaux. Louise de Lorraine tenait une place très importante dans la vie sentimentale et spirituelle du roi. Un jour que Catherine de Médicis entra dans ses appartements sans se faire annoncer, elle la surprend en intimité sur les genoux de son mari. Cette intimité quasi-exceptionnelle du couple royal n’empêche toutefois pas le roi de poursuivre ses aventures furtives avec une multitude de jeunes filles belles et enjouées (mesdemoiselles d’Assy, de La Mirandole, de Pont, de Stavay, ou encore une des sœurs de Gabrielle d’Estrées). Louise de Lorraine et Catherine de Médicis, toutes les deux fort pointilleuses sur la moralité à la cour, avaient alors suffisamment d’influence sur le roi pour faire chasser ces maîtresses d’un jour.

Il y eut également des rumeurs selon lesquelles il était homosexuel mais cela n’a jamais été prouvé.

  • LOUISE DE LA BÉRAUDIÈRE DE L’ILE ROUHET (1530-1586) : De plus de vingt ans son aînée.  Parfois surnommée « La belle Rouhet » (nom qu’elle tenait d’une seigneurie de son père, Louis de La Béraudière), fut une dame d’honneur de Catherine de Médicis. On lui prête des aventures avec des rois de France.

D’une grande beauté, Louise de La Béraudière séduisit le roi de Navarre Antoine de Bourbon dont elle devint la maîtresse. On prétend qu’elle fut encouragée par Catherine de Médicis qui espérait ainsi faire passer ses exigences auprès d’Antoine de Bourbon par son intermédiaire. C’est ainsi qu’Antoine délaissa peu à peu l’affection de Jeanne d’Albret, sa femme, et finit par se convertir à la religion catholique. Jean Calvin, affolé de cette conversion écrivit même :

« Il est tout à Vénus, […] la matrone, qui est expérimentée en cet art, a extrait de son harem ce qui pouvait attraper l’âme de notre homme en ses filets. »

La rumeur et la propagande protestante puritaine prétend que Louise de La Béraudière aurait servi à déniaiser Charles IX, mais l’historien Simonin rappelle que le retard sexuel de l’enfant roi rend impossible leur relation.

  • RENÉE DE RIEUX dite la belle DE CHÂTEAUNEUF (1550-1586) :

Elle devient la maîtresse d’Henri duc d’Anjou (futur roi de France Henri III de 1569 à 1571. Ils avaient le même âge.  Fille d’honneur de Catherine de Médicis de 1567 à 1578, elle inspira une vive passion au duc d’Anjou (devenu ensuite Henri III), qui lui adressa nombre de sonnets galants. Sa faveur baissa lorsque le duc d’Anjou s’éprit de la jeune Marie de Clèves. Il continua de lui écrire des sonnets même lorsqu’il fut envoyé en Pologne.

Dans un de ses sonnets, Desportes décrit la belle Chateauneuf (c’était une blonde aux yeux bleus) ainsi :

beaux nœuds crénés et blonds, nonchalamment épars,
dont le vainqueur des Dieux s’emprisonne et se lie,
front de marbre vivant, table claire et polie,
les petits amours vont éguiser leurs dards

Desportes, qui était poète reçut 30 000 livres de rente d’Henri III.  Lorsque Henri III épousa en 1575, Louise de Lorraine, Renée de Rieux ne craignit pas de braver la nouvelle reine (elle parut à un bal de la cour habillée exactement comme Louise de Lorraine).  Henri III essaya de la marier à François de Luxembourg, de la maison de Brienne (amoureux malheureux de Louise de Vaudémont), mais celui-ci refusa froidement. Antoine du Prat refusa aussi d’épouser la « belle Chateauneuf » (pour se venger de cet affront, Brantome raconte « qu’elle le foulât aux pieds de son cheval lors d’un défilé »).

  • VÉRONICA FRANCO (1546-1591) :  Courtisane vénitienne (liaison non confirmée par les historiens).  Elle fut même la maitresse du roi Henri III de France.

  • MARIE DE CLÈVES (1553-1574) :  princesse de Condé (liaison non confirmée par les historiens).  Elle fut une princesse de la maison de Clèves ayant vécu à la cour de Charles IX et connue pour avoir suscité la passion du duc d’Anjou (futur Henri III) et la jalousie de son mari le prince de Condé.

Marie était courtisée par le duc d’Anjou, frère et héritier du roi.  Lorsque le prince de Condé s’enfuit de la cour pour revenir à la religion protestante, il laissa derrière lui Marie de Clèves qui ne souhaita pas le rejoindre. Le roi Charles IX étant mourant, elle espérait que le duc d’Anjou en devenant roi la prenne pour reine. Ses espérances n’étaient pas vaines, car c’était bien l’intention d’Henri devenu roi, de l’épouser.

Peu de temps après qu’Henri III soit revenu de Pologne, Marie meurt en couches le 30 octobre 1574 en donnant naissance à une fille prénommée Catherine. Elle n’a que 21 ans.  Sa mort plonge le roi dans une véritable détresse dont il a du mal à se remettre. Il manifeste à cette occasion les premiers signes d’une piété extériorisée en participant aux dévotions de la confrérie des pénitents d’Avignon où il se trouve alors.

Il épouse quelques mois plus tard contre le sentiment de la reine-mère Catherine de Médicis, une princesse issue d’une branche cadette de la Maison de Lorraine, Louise de Lorraine. Ce mariage n’apporte aucun avantage à la couronne de France et risque même d’augmenter le pouvoir des Guise mais la nouvelle reine, au demeurant belle, digne et à la conduite exemplaire, ressemble étrangement à la défunte princesse de Condé.  Malheureusement elle est stérile.

  • FRANÇOISE BABOU DE LA BOURDAISIÈRE, marquise de Coeuvres (1540-1593) : Mère de Gabrielle d’Estrées.  Même si elle était mariée, elle a eu beaucoup d’amants.  Elle meurt assassinée (poignardée et son cadavre jeté par la fenêtre) à Issoire le 9 juin 1593, dans une émeute (créer par son mari fou de jalousie) pendant la guerre de la Ligue.

Le 9 juin 1593, une troupe d’émeutiers pénètrent, la nuit, dans la maison du gouverneur pour « tuer le chien et la chienne ». Yves d’Allègre (son jeune amant de 23 ans ) meurt égorgé par un boucher, tandis que la marquise de Coeuvres (qui avait dépassé la quarantaine) est trainée dans la chambre, malgré ses hurlements, où elle est tuée d’un coup de poignard en plein coeur. Les conjurés jettent ensuite les cadavres par la fenêtre. La foule hystérique dépouilla les cadavres qui furent exposés sur la place publique. Seules, les deux fillettes furent épargnées du fait de leur jeune âge. Brantôme relate dans ses Mémoires la découverte que l’on fit sur le cadavre de Françoise Babou « …elle avait fait des tresses, ornées de rubans de couleur, à une certaine partie de son corps pour plaire à son amant…ces pratiques ayant été suivies à la Cour par certaines Dames de haute naissance… » La rumeur veut que les cadavres d’Yves d’Allègre et Françoise Babou aient été enfermés dans des tonneaux de vin, et enterrés dans un cellier du château de Meilhaud. Six mois plus tard, les assassins furent retrouvés et pendus.

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HENRI IV (1553-1610).  A régné du 2 août 1589 au 14 mai 1610).  Il

épouse Marguerite de Valois (de France) (1553-1615) surnommée

la Reine Margot, et en seconde noce Marie de Médicis (1575-1642).

6 enfants.

Alors qu’il préparait une guerre contre l’Espagne, il fut assassiné le 14 mai 1610 par un fanatique charentais, François Ravaillac, rue de la Ferronnerie à Paris.

ON A RETROUVÉ ET AUTHENTIFIÉ LA TÊTE D’HENRI IV.

Henri IV eut également au moins 12 enfants illégitimes :

LISTE REGROUPANT LES LIAISONS RECONNUES HISTORIQUEMENT ET CELLES ATTRIBUÉES PAR LA LÉGENDE POPULAIRE :

  • FLEURETTE DE NÉRAC, (? – 1592) (Maitresse du roi vers 1571-1572) :  Fille d’un jardinier de Nérac.

Elle connut le futur roi Henri IV (qui avait 15 ans en 1566) et eut une aventure amoureuse avec celui-ci dans les années 1571-1572. Fleurette (qui avait 14 ans) était follement éprise d’Henri de Navarre. La légende raconte que celui-ci, lui ayant donné rendez-vous un soir et Fleurette, l’ayant vainement attendu toute la nuit, elle se jeta, folle de désespoir, dans les eaux de la Baïse. C’est de cette légende que vient la célèbre expression « conter Fleurette ». Cette expression est passée en anglais et devenue flirt, puis de nouveau francisée en flirter.  En réalité, Fleurette vécut pendant 16 ans après cette aventure et mourut le 25 août 1592.

  • CHARLOTTE DE BEAUNE-SEMBLANÇAY, baronne de Sauve et marquise de Noirmoutier (1551-1617) :  Dame d’honneur de la reine Catherine de Médicis.

Charlotte devient la maîtresse du roi de Navarre (le futur Henri IV) en 1572 et reste sa maîtresse jusqu’en 1577. Elle aurait eu également pour amants François d’Alençon en 1575, (frère du roi Henri III), qu’elle opposa à Navarre dans une furieuse rivalité. Marguerite, reine de Navarre, l’accuse dans ses mémoires d’avoir favorisé la rupture sentimentale avec son époux. Elle devint aussi la maîtresse d’Henri 1er de Guise, avec qui elle passa la nuit entre le 22 et le 23 décembre 1588, date à laquelle Henri fut assassiné par le roi Henri III. Elle eut de nombreux autres favoris, tels le duc d’Épernon et le seigneur d’Avrilly. En 1583, elle fut chassée de la Cour pour « inconduite éffrénée » jusqu’à son nouveau mariage.  À la mort d’Henri III en 1589, Charlotte et son époux s’exilèrent à Doué en attendant la reconstitution de la Cour. Elle meurt en 1617.

  • BRETINE DE DURAS,  (Maitresse du roi vers 1573-1574) : Bretine de Duras est la dernière fille d’un meunier. Henri IV, qui n’est encore que le roi de Navarre, la remarque et en fait sa maîtresse.

    LOUISE DE LA BÉRAUDIÈRE de l’isle ROUHET, dite « La belle Rouet » (1530-1586) : Dame d’honneur de Catherine de Médicis.  On lui prête des aventures avec des rois de France dont Henri III et son fils Henri IV.

  • LOUISE BORRÉ, (1555-1632) : Fille d’un notaire royal.

Elle est la maîtresse du futur roi de France Henri IV dans les années 1575-1576 et lui donne un fils, Hervé Borré (dit aussi Henri) (1576 à Mésanger, 10 septembre 1643). Il épousera en 1603 Perrine Lebreton, de cette union naissent cinq enfants :

  • Jean Borré dit Bourbon (1612-1688)
  • Françoise Borré dite Bourbon (1614-1643)
  • Simone Borré dite Bourbon (1617-1660)
  • Jeanne Borré dite Bourbon (1620-1660)
  • Luc Borré dit Bourbon (1626-)
  • JEANNE DU MONCEAU DE TIGNONVILLE, baronne de Penjas, (de 1577-1578) :

Gouvernante de Catherine de Bourbon, sœur cadette d’Henri IV, Jeanne de Tignonville naît dans les années 1550. Elle fût l’une des premières et nombreuses conquêtes du roi de France, Henri IV. Elle est l’amie d’enfance d’Henri de Navarre et ainsi que celle de sa sœur, Catherine de Bourbon. Elle devient la maîtresse du roi de Navarre vers les années 1577-1578. Elle sera aussi la maîtresse de Brantôme, mais leur relation n’est que de courte durée. En 1582, elle est mariée par le roi, à François-Jean Charles de Pardaillan, baron de Pardaillan et de Panjas.  En 1598, Jeanne se retrouve veuve de son époux. Donc la petite Jeanne, naîtra, posthume. Jeanne de Tignonville mourra quelques années plus tard.

  • VICTOIRE D’ALAYA, (en 1578) : Dame d’honneur de Catherine de Médicis.  Qu’on appelle la Dayelle fait partie de  » l’escadron volant  » de la reine mère Catherine. Elle est jolie et espagnole.

    En 1578. Victoire d’Alaya est une jolie fille qui vient de l’Espagne. Elle est la dame d’honneur de la reine-mère, Catherine de
    Médicis et  fait partie de l’escadron volant (composé des jeunes et plus jolies filles de la cour) de cette dernière. Or, Catherine
    de Médicis est la belle-mère du roi de Navarre (sa fille, Marguerite de Valois connue sous la reine Margot est la femme
    de ce dernier). Lorsqu’il la remarque, Henri IV fait bien sûr de Victoire, sa maîtresse mais comme d’habitude pour une courte durée.

  • MLLE REBOURS, (en 1579) : Dame d’honneur de la reine Marguerite.  A Pau, Henri remarque une dame d’honneur de la reine Margot, c’est une fille très malicieuse.  En 1579, Henri IV, qui n’est encore que roi de Navarre, la remarque et en fait sa maîtresse mais pour une courte durée.

  • MME D’ALLOUS, En 1579 :  L’une des nombreuses petites et peu connues maîtresses d’Henri IV le Vert-Galant. Elle est remarquée par Henri de Navarre, en 1579, qui en fait aussitôt sa maîtresse.

  • AIMÉE LE GRAND, (en 1579) :

  • ANNE DE CHAMBEFORT, (en 1579) : Elle se suicida en se jetant par une fenêtre après le départ d’Henri IV.

  • FRANÇOISE DE MONTMORENCY-FOSSEUX, (15666 décembre 1641) : (maitresse de 1579 à 1581) : Dame d’honneur de la reine Marguerite. Elle eut une fille mort-née du roi en 1581.

À l’âge de 13 ans, elle devient dame d’honneur de la reine Margot. Jeune fille timide et rougissante, et encore toute bonne. Le roi soupira devant cette jeune enfant. Et pour la séduire, il la cajola, il lui offrait des friandises, des massepains, confitures de rose. Il l’appelait « ma fille ». Elle finit par céder aux avances du roi pendant un voyage à Montauban. Des ambitions lui vinrent alors. Elle devint arrogante face à la reine Margot. Elle ne cessait de monter Henri contre elle, dans l’espoir de peut-être se faire épouser. Elle finit par tomber enceinte, et s’enorgueillit de pouvoir donner un enfant à Henri, et se voyait déjà reine. Mais Françoise avait peur des commérages, et elle entraina le roi aux Eaux-Chaudes du 7 au 25 juin 1581, pour fuir la Cour de Nérac. Henri voulait que la reine Margot leur serve de Chaperon, mais elle les attendit à Bagnères de Bigorre. La reine Margot proposa de l’éloigner de la Cour mais la belle fosseuse hurla qu’elle refusait de partir. Finalement, elle eut une fille mort-née en 1581. Le roi fut prévenu par le médecin et Margot fit en sorte que l’accouchement se passe le plus discrètement possible. La reine servit de sage femme. Margot fut invitée par sa mère Catherine de Médicis à venir à Paris, avec ses dames d’honneur y compris Françoise. Et la reine mère donna le conseil à sa fille de renvoyer Françoise à ses parents. Margot suivit le conseil, et chassa la belle fosseuse de la Cour en 1582. Henri le prit comme une injure personnelle, mais ne fit rien pour la récupérer, puis il tomba sous le charme de la «belle Corisande».  Françoise épousa le 11 mars 1596, François de Broc, baron de Cinq-Mars. À sa mort elle fut ensevelie à l’église de Broc.

  • DIANE D’ANDOINS, dite « la belle Corisande » (Gascogne 1554 – château d’Hagetmau en février 1620) (maitresse du roi entre 1581 et 1587) :

Femme réputée d’une grande beauté et d’une culture non moins étendue, elle s’éprend de romans de chevalerie et c’est dans Amadis de Gaule qu’elle trouve l’héroïne à qui elle peut s’identifier, au point qu’elle adopte son nom : Corisande.

Henri IV, alors qu’il n’est que roi de Navarre, en devient éperdument amoureux. La comtesse le paie de retour et lui reste dévouée toute sa vie : pendant les guerres de Ligue, elle vend pour lui ses diamants, engage ses biens, et va jusqu’à lui envoyer des levées de Gascons, qu’elle enrôle à ses frais. Henri lui écrit avec son sang la promesse de l’épouser, mais il ne tient pas parole. Certains généalogistes indiquent un fils, Antonin, né de cette liaison.  Malgré toutes ses promesses, il ne tint évidemment pas parole et elle mourut dans l’oubli en 1620 dans son château d’Hagetmau.

  • ESTHER IMBERT (ou Ysambert) dite la belle rochelaise (1570-1593) (maitresse de 1586 à 1588) : Elle meurt dans la misère à Saint-Denis en 1592. Elle eut deux fils d’Henri IV.

Cette jeune rochelaise, fille de Jacques Imbert de Boisambert et de Catherine Rousseau, commence sa relation amoureuse avec Henri en 1587. Elle prendra fin l’année suivante. Elle lui donne un fils :

  • Gédéon né le 7 août 1587, mort en novembre 1588.

D’après Agrippa d’Aubigné, dans son pamphlet, Confessions catholiques du sieur de Sancy, Esther Imbert vécut après cette aventure dans la misère. En 1592, elle entre à Saint-Denis, pensant pouvoir retrouver l’amour du roi, mais Henri la néglige et refuse toute reprise de contact, ayant jeté son dévolu sur la belle Gabrielle d’Estrées.  Elle meurt dans la misère et est jetée dans une fosse commune.

On fit alors cette épitaphe:

Ci-gît une Esther qui fut de La Rochelle
Qui voulut hasarder sa réputation
Pour plaire à un grand roi de notre nation
En laissant jouir de sa beauté charnelle
Elle lui demeura concubine fidèle

On sait aujourd’hui, grâce aux documents de la chambre du roi, qu’Esther Imbert se faisait verser annuellement une pension de 600 écus, auxquels viennent s’ajouter des versements plus irréguliers.

  • ANTOINETTE DE PONS-RIBÉRAC, (en 1590) : Souveraine du Canada, comtesse de La Roche-Guyon et marquise de Guercheville (vers 1560 – Paris 16 janvier 1632) fut dame d’honneur de Marie de Médicis. Elle sera première dame d’honneur de la reine.  Elle résista peut-être au roi.

Fille d’Antoine de Pons-Ribérac, elle épouse en premières noces Henri de Silly, comte de la Rocheguyon. D’un second mariage en 1594 avec Charles du Plessis-Liancourt, comte de Beaumont et Gouverneur de Paris, elle a Roger du Plessis-Liancourt, duc de la Rocheguyon, pair de France. Elle rencontre Henri IV après la bataille d’Ivry.

Antoinette est restée dans les mémoires comme pieuse et vertueuse, et d’une grande beauté. Elle portait une grande attention aux jésuites des colonies françaises d’Amérique du Nord et contribua notamment au financement et à la fondation de la mission de Saint-Sauveur sur l’Ile-des Monts Déserts, dans le Maine actuel. Cette colonie fut néanmoins détruite par les Anglais, prétextant un non-respect des limites territoriales françaises. En outre, sa dévotion pour l’état et pour le roi contribuèrent à lui donner le titre de souveraine du Canada. Elle protégea aussi Bernard Palissy.

Elle usera de son influence auprès de la Reine, comme l’avait fait auparavant le père Coton auprès d’Henri IV, pour que Jean de Poutrincourt avec la compagnie de Jésus puisse continuer à fonder des missions en Amérique. Poutrincourt, qui fut pendant 15 ans le premier gouverneur de l’Acadie, était déjà parti dans son 3e voyage en 1610, « à la grande colère de ses associés huguenots », avec deux pères jésuites sur ordre du Roi. Il voulait effectivement évangéliser la colonie, mais il semblerait qu’il ait eu de la répugnance vis-à-vis de la compagnie de Jésus, trop matérialiste à son goût. Antoinette recueillit les fonds nécessaires aux expéditions de Poutrincourt, afin de compenser les désistements d’autres bailleurs de fonds, et continua à aider Poutrincourt dans ses recherches de fonds, lui-même étant incapable de trouver des associés. Les jésuites, représentant notamment Mme de Guercheville, et intervenant continuellement dans les affaires temporelles de la colonie, créeront un climat problématique en Acadie et contribueront au discrédit de Poutrincourt.

  • CATHERINE DE VERDUN, maîtresse imaginaire dont parlent seulement les nouveaux mémoires de Bassompierre publiés en 1802 (à ne pas confondre avec les mémoires publiés en 1655 et le récits de ses ambassades publiés en 1688). Les Nouveaux mémoires publiés 150 ans plus tard, sont d’authenticité douteuse, citées dans des publications de ton léger.  Elle aurait été supérieure à 22 ans de l’abbaye de Longchamp, en 1590 et aurait reçu le prieuré de Saint-Louis de Vernon.

  • GABRIELLE D’ESTRÉES, marquise de Montceaux, duchesse de Beaufort (1570-1573 – 1599), maitresse d’Henri de 1591 à 1599.

Henri IV conçoit pour elle une vive passion. Gabrielle lui résiste plus de six mois, mais finit par lui céder le 20 janvier 1591 au siège de Chartres. Il la marie par souci des conventions (à Nicolas d’Amerval de Liancourt), baron de Benais, puis demande à ce que le couple divorce pour la rendre libre, l’appelle à la Cour, crée pour elle le duché de Beaufort et comble d’honneurs tous ses parents. Elle reçoit de Henri IV les titres de marquise de Montceaux, puis de duchesse de Beaufort.  Au château de Montceaux, à Montceaux-les-Meaux (Seine-et-Marne), elle construit de nouveaux bâtiments, notamment les quatre pavillons d’angle.

Le projet de mariage qu’entretient Gabrielle d’Estrées avec Henri IV, est empêché par le Pape Clément VIII plutôt hostile à la répudiation de Marguerite de Valois, épouse du roi depuis 1572. Cette dernière s’y oppose également, même si elle est séparée du roi de longue date. Sachant que cette décision entraînerait le mariage d’Henri IV avec la belle Gabrielle, au passé sulfureux, et dont la liaison adultère a déjà produit trois enfants, le Saint-Siège s’inquiète des possibles problèmes de succession qui pourraient se présenter entre la descendance adultérine, que le Pape aurait dû légitimer sans trop savoir comment, et celle issue du futur mariage du roi. La morale de l’Église se voit aussi sérieusement mise à mal dans cette affaire, d’autant plus que le 23 février 1599 lors d’une fête au Louvre, il annonce son intention d’épouser Gabrielle en lui offrant l’anneau de son sacre. « La presque reine » est détestée aussi bien par le peuple que par l’aristocratie à cause de ses nombreuses dépenses (robes, bijoux, hôtel de Schomberg en face du Louvre). Elle est l’objet de nombreux pamphlets qui lui valurent le surnom de « duchesse d’ordure » et de « putain ».

La mort surprenante de la favorite du roi met un terme au problème. Enceinte de quatre mois du quatrième enfant d’Henri IV, elle est prise de terribles convulsions dans la nuit du 9 au 10 avril 1599, après avoir copieusement dîné chez le financier Sébastien Zamet (il est parfois fait allusion à une citronnade bue par Gabrielle). On soupçonne qu’elle a été empoisonnée. Mais l’hypothèse la plus probable est qu’elle aurait été victime d’apoplexie foudroyante ou d’éclampsie puerpérale. Contre toute vraisemblance, certains affirment qu’elle a été étranglée par le Diable tant son agonie est terrible et son apparence physique épouvantable. Les témoins racontent que son visage révulsé noircit pour la rendre totalement méconnaissable. Son aspect est tel que l’on arrête le roi à Villejuif alors qu’il accourt pour la voir de Fontainebleau, où il séjourne, afin de lui éviter un spectacle si horrible. Ses obsèques sont célébrées dans l’Église Saint-Germain-l’Auxerrois avec les honneurs liés à son rang. Elle est enterrée dans le chœur de l’église de l’abbaye de Maubuisson, dirigée par sa sœur Angélique d’Estrées.

Après sa mort, Henri IV rachète le domaine à ses héritiers et l’offre à Marie de Médicis à l’occasion de la naissance du futur Louis XIII.  Au lendemain de sa mort, Henri IV écrit : « Mon affliction est aussi incomparable que l’était le sujet qui me la donne. Les regrets et les plaintes m’accompagneront jusqu’au tombeau. La racine de mon cœur est morte et ne rejettera plus… »

La belle Gabrielle a droit à des funérailles royales. Le roi porte le deuil en s’habillant tout de noir, ce qui n’était pas permis aux rois de France.

Descendance

Henri IV et Gabrielle d’Estrées auront :

César (7 juin 1594 à Coucy – 1665), duc de Vendôme, marié en 1609 à Françoise de Lorraine-Mercoeur ;

Catherine Henriette (11 novembre 1596 à Rouen – 1663), dite « Mademoiselle de Vendôme », mariée à Charles II de Lorraine, duc d’Elbeuf et comte d’Harcourt ;

Alexandre (19 avril 1598 à Nantes – 1629), dit le « Chevalier de Vendôme ».

  • MME QUELIN, épouse d’un conseiller au Parlement, en 1598. Appelée par Agrippa d’Aubigné « La Clin » (Aventures du Baron de Faeneste, L IV chap 16).  Elle devient la maîtresse du roi de France, Henri IV, en 1598. En ce moment, Henri IV a une maîtresse en titre Gabrielle d’Estrées (il lui fait donc une infidélité).

  • ISABELLE POTIER : Isabelle Potier est la femme du président de Boinville. Elle rencontre vers 1598, le roi de France, Henri IV, qui en fait aussitôt sa maîtresse. Elle l’est pour quelques mois (de 1598 à 1599). C’est l’une de plusieurs infidélités qu’il fit à sa maîtresse, Gabrielle d’Estrées, alors enceinte du quatrième et dernier enfant d’Henri IV.

  • MLLE CLEIN, (en 1599) :  C’est une maitresse passagère d’Henri IV en 1599.

  •  » LA GLANDÉE  », fille de joie, (en 1599) :  Elle est surnommée ainsi. Cela nous laisse voir que c’est une prostituée. Elle devient aussi la maîtresse passagère d’Henri IV en 1599.

  • CATHERINE HENRIETTE DE BALZAC D’ENTRAGUES (Orléans, 1579 – 9 février 1633), marquise de Verneuil, de 1599 à 1609 :

Henriette d’Entragues aura deux enfants avec Henri IV, Gaston-Henri (1601-1682) et Gabrielle-Angélique (21 janvier1603-1627).

Ces deux enfants seront légitimés dès 1603. Gaston-Henri entrera – sans vocation – dans les ordres et obtiendra le siège épiscopal, prestigieux et politiquement stratégique de Metz (Metz étant sous protectorat français depuis 1552). Il sera également nommé gouverneur du Languedoc et titré duc de Verneuil. Gabrielle-Angélique se mariera avec Bernard de Nogaret de La Valette, duc d’Épernon avec qui elle aura un fils, Louis-Charles de Nogaret (1627-1658).

Quelques mois après la mort tragique de sa favorite, Gabrielle d’Estrées, duchesse de Beaufort, Henri IV fait la connaissance d’Henriette de Balzac d’Entragues le 8 mai 1599, rencontre préparée par ses favoris pour le tirer du chagrin et qui l’ont entraîné à la chasse aux environs du Château de Malesherbes où vit Henriette. Les parents d’Henriette négocient pour que le roi, très amoureux de leur fille, lui verse 100 000 écus contre sa vertu, négociation qui soulève les protestations de son ministre Sully. N’obtenant toujours pas la vertu de cette jeune femme de 20 ans, il va jusqu’à lui promettre le mariage dans une lettre.

Le roi montre cette promesse de mariage à Sully qui la déchire, déjà outré d’avoir dû prélever la « rançon de l’amour » dans les caisses déjà vides du royaume. Le roi en rédige une nouvelle le 1er octobre 1599 à condition qu’Henriette accouche dans l’année d’un enfant mâle.

Rédigée et signée de la main même d’Henri IV, après une promenade coquine dans la  Vallée des 7 moulins proche du château des parents, la promesse de mariage faite à Henriette d’Entragues était ainsi libellée : « Nous, Henri Quatrième, par la grâce de Dieu, roi de France et de Navarre, promettons et jurons devant Dieu, en foi et parole de roi, à messire François de Balzac, sieur d’Entragues, chevalier de nos ordres, que nous donnant pour compagne demoiselle Catherine Henriette de Balzac, sa fille, au cas que dans six mois à commencer du premier jour du présent, elle devienne grosse et qu’elle accouche d’un fils, alors et à l’instant nous la prendrons pour femme et légitime épouse, dont nous solenniserons le mariage publiquement et en face de notre Sainte Église, selon les solennités en tel cas requises et accoutumées (…). Aussitôt après que nous aurons obtenu de notre Saint Père le pape la dissolution du mariage entre nous et Madame Marguerite de France, avec permission de nous marier où bon nous semblera ».

Apprenant que les ambassabeurs négocient le mariage d’Henri IV avec Marie de Médicis, Henriette voit sa colère calmée par le roi qui lui offre le marquisat de Verneuil. À la mi-octobre, Henriette est enceinte mais par une nuit d’orage, la foudre s’abat sur sa chambre dans le château de Fontainebleau, ce qui la fait accoucher prématurément : l’enfant mort-né rend la promesse de mariage caduque. Le Vert-Galant épouse finalement Marie de Médicis en octobre 1600. Le roi lui fera cependant ses deux enfants en 1601 et 1603. Henriette qui est restée sa maîtresse développera envers le roi une attitude arrogante qui éteindra sa passion. En 1604, elle participera avec son demi-frère, Charles de Valois, comte d’Auvergne et fils bâtard de Charles IX à un complot pour faire reconnaître le petit Gaston-Henri comme le dauphin au détriment du futur Louis XIII. Henriette d’Entragues parviendra à sauver sa vie « sur l’oreiller » disent les mauvaises langues, ainsi que celle de son frère et de son père, sa peine de prison étant commuée en assignation à résidence. En 1607, le roi la fait revenir à la Cour avec ses enfants mais, de dépit, rompra sa relation avec elle en 1609 quelque temps avant son assassinat en 1610.

Lettre d’Henri IV à Henriette de Balzac d’Entragues (août 1599)

Le cœur blessé, les yeux en larmes.
Ce cœur ne songe qu’à vos charmes ;
Vous êtes mon unique amour.
Jour et nuit, pour vous je soupire :
Si vous m’aimez à votre tour,
J’aurai tout ce que je désire.
Je vous offre sceptre et couronne ;
Mon sincère amour vous les donne.
A qui puis-je mieux les donner ?
Roi trop heureux sous votre empire,
Je croirai doublement régner,
Si j’obtiens ce que je désire.
  • MARIE-FRANÇOISE DE LA BOURDAISIÈRE, sœur de Gabrielle d’Estrées, en 1599.

Née vers 1588, Marie-Françoise de La Bourdaisière est la fille illégitime ou bâtarde d’Yves (v.1560-1592), marquis d’Allègre et seigneur de Meilhaud et de sa concubine, Françoise Babou de La Bourdaisière (1542-1592). Le couple d’Allègre et Babou de La Bourdaisière vit ensemble, non marié, depuis 1583, après que Françoise ait quitté son domicile conjugal. Donc Marie-Françoise est par conséquent la demi-sœur de Gabrielle d’Estrées, célèbre favorite d’Henri IV. Bien que n’étant pas la fille d’Antoine d’Estrées, elle portera le nom d’Estrées. On lui attribue aussi le prénom de « Charlotte ». Elle sera épargnée du massacre qui eut lieu dans une émeute pendant les guerres de Ligue, du fait de son jeune âge ainsi que sa sœur, Julienne-Hyppolite. Ce massacre coûta la vie de ses parents : Yves et Françoise (ils ont été tués de façon atroce : Françoise a été poignardée puis jetée par la fenêtre avec son amant). Après le drame survenu à Issoire, elle fut confiée à Angélique d’Estrées, une autre de ses grandes soeurs, abbesse de Maubuisson. Elle devient peu d’années après, la dame d’honneur de l’ancienne reine de France, Louise de Lorraine-Vaudémont, veuve du roi Henri III.

Elle devient la maîtresse d’Henri IV peu de mois après la mort de sa chère Gabrielle mais ne le fût pas longtemps parce que le roi avait enfin trouvé une autre jeune fille qu’il fit sa favorite, Catherine-Henriette de Balzac d’Entragues, marquise de Verneuil. En 1600, juste quelques mois après sa liaison avec le roi, elle se marie avec Charles, comte de Sanzay (v.1572-1669). Voici deux extraits de son mariage : le premier tiré du livre « Gabrielle d’Estrées par Adrien Desclozeaux paru en 1889 : . »Françoise épouse Charles de Sanzay, baron de Tupigny d’une famille de Bretagne grandement apparentée, qui s’était établie dans les environs de Pontoise. Ce fut Angélique d’Estrées, devenue abbesse de Maubuisson qui arrangea ce mariage… » et le deuxième fut tiré du « Dictionnaire historique et archéologique de la Picardie » de 1912 : « Charles comte de Sanzay s’allia vers 1600 à Françoise d’Estrées, sœur de la belle Gabrielle, et donne le dénombrement de la seigneurie de Brocourt le 22 juin 1596 (qu’il revendra le 21 février 1612)…. ». Dix enfants naitront de cette union, mais l’histoire en retiendra deux : Alexandre de Sanzay (†ap.1671) qui sera Chevalier de Saint-Michel et Gabrielle de Sanzay (†ap.1639), qui épousera  Toussaint de Rosmadec, seigneur de Montafilan qui la laissera veuve en 1636. Marie-Françoise d’Estrées mourut après l’an 1621.

  • JACQUELINE DE BUEIL-COURCILLON, comtesse de Moret (1588-1651) (maitresse du roi vers 1580 – 1651) :

Jacqueline de Bueil-Courcillon fut l’une des maîtresses officielles dHenri IV. Très jeune et sans fortune, elle exige du roi qu’il la marie à un gentilhomme de bonne famille. Le roi lui choisit un époux, Philippe de Harlay de Champvallon, comte de Césy, qu’elle épouse le 5 octobre 1604, à six heures du matin, à Saint-Maur-des-Fossée.  Malgré ses frasques nocturnes dans Paris en compagnie le plus souvent de Bellegarde et Roquelaure, et suivi des pages de la chambre de service arborant leur flambeau (et notamment par le jeune Racan), le roi lui est suffisamment attaché pour lui offrir, le jour de l’an 1605, le titre de comtesse de Moret, ainsi qu’une bourse de neuf mille livres. De sa relation avec Henri IV naquit, le 9 mai 1607, un enfant prénommé Antoine de Bourbon-Bueil.  Le petit comte de Moret sera légitimé en mars 1608.

Jacqueline devient également la maîtresse de Claude de Chevreuse, prince de Joinville. Henri IV, informé par son ministre Sully, se fâche. La comtesse de Moret le rassure : Joinville ne lui fait pas la cour, il veut l’épouser. Voulant en avoir le cœur net, le souverain ordonne au prince d’acheter des alliances : toujours amoureux de Jacqueline, mais ne désirant en aucune manière s’opposer au roi, celui-ci rejoint immédiatement sa Lorraine natale. Alors qu’Henri IV fait mine de croire aux arguments de sa maîtresse, celle-ci se console vite avec un autre gentilhomme. Mais, cette fois, le roi « trompé » se fâche et rompt aussitôt.

  • CHARLOTTE DES ESSARTS, (vers 158-1651), (maitresse du roi de 1607 à 1609) :

Elle eut deux filles avec le Roi, Jeanne Baptiste (1608-1670), qui devint abbesse de Fontevraud, et Marie Henriette (1609-1629), qui devint abbesse de Chelles. Ces deux filles furent légitimées par le Roi.  Henri IV lui verse une pension de deux à trois mille livres et ordonne que l’on « meuble princièrement son logement ».  En 1611 elle épousa Louis de Lorraine, cardinal de Guise, et, après la mort de ce prélat, épousa, en 1630, le maréchal de l’Hôpital, seigneur du Hallier. Elle mourut en 1651.

  • MARIE-CHARLOTTE DE BALZAC D’ENTRAGUES, dame de Breux (1588-1664) (maitresse du roi entre 1605 et 1609) :  Fille de Marie Touchet et de François de Balzac d’Entragues, sœur de Catherine-Henriette de Balzac d’Entragues, est une maîtresse du roi Henri IV de France, avec lequel elle eut une liaison entre 1605 et 1609.

  • CHARLOTTE-MARGUERITE DE MONTMORENCY, (1594-1650) (maitresse du roi de  1609-1610) : Princesse de Condé par son mariage avec Henri II de Bourbon-Condé (liaison non reconnue par les historiens).

En 1609, elle entre au service de la reine Marie de Médicis, épouse d’Henri IV. C’est en répétant un ballet qu’elle séduit le vieux roi. Henri IV fait rompre les fiançailles de Charlotte avec le marquis de Bassompierre pour la marier avec un prince du sang, Henri II de Bourbon-Condé. Henri IV escompte la complaisance de son cousin, réputé préférer les hommes.

Le vieux roi amoureux

Le roi de France se met à courtiser la jeune princesse de Condé, qui rit de bon cœur de ces empressements. Mais son mari, jaloux, quitte la Cour avec elle, l’emmenant en province. Henri IV les suit, et sous de multiples déguisements, tente d’approcher sa belle. Condé, fou de rage, emmène alors sa femme à Bruxelles, la plaçant sous la protection de l’Espagne, grande ennemie de la France ! Est-ce pour Charlotte qu’Henri IV déclare la guerre à l’Empereur en 1610 ? Toujours est-il que Charlotte, enfermée, surveillée, tente de s’évader, en appelle au roi de France, à sa famille, cependant que son époux s’est enfui à Milan, combattant pour le compte de l’Espagne.  Le 14 mai 1610, Henri IV est assassiné, sa veuve proclamée régente. Charlotte peut alors regagner Paris.

  • CATHERINE DE LUC, (en 1579) : Fille d’un médecin d’Agen. Elle se laissa mourir de faim lorsqu’Henri IV la délaissa, lui ayant fait un enfant.

  • ANGÉLIQUE PAULET, 1610 : C’est en se rendant chez elle avec le Duc de Vendôme que le Roi s’est fait poignarder par Ravaillac. Il devait ensuite rendre visite à Sully malade.

  • ARNAUDINE (1579) :  Garce du Veneur de la Brosse.  Servante de Catherine de Luc, la fille du médecin d’Agen. Lorsque le roi a pris pour maîtresse, sa maîtresse, elle en profite aussi et gagne les faveurs du roi de Navarre, Henri III, futur Henri IV, qui devient son amant mais pour une courte durée.  Servante de Catherine de Luc.  Elle lui donna paraît-il des morpions.  (Il y a aussi une Arnaudine de Lareu d’Asson qui était une nourrice d’Henri avant qu’il ne soit roi).

  • ANNE DE BALZAC DE MONTAIGU (vers 1579) : Elle devient la maîtresse passagère du roi Henri de Navarre en 1579.  Elle épouse François de l’Isle.  Elle épouse Louis-Séguier de Brisson.

  • ANNE DE PÉTONVILLE (vers 1580) : L’une des nombreuses, petites, passagères, inconnues maîtresses d’Henri IV. Elle le devient vers 1580.

  • LES SOEURS JUMELLES DE L’EPSÉE (vers 1580) :  Elles sont sœurs jumelles. Elles partagent toutes les deux les faveurs du roi de Navarre et deviennent ses maîtresses vers 1580.

  • MME DE SPONDE (en 1580) :  Elle est apothicaire. Elle gagne les faveurs d’Henri de Navarre et devient sa maîtresse en 1580.

  • MLLE MAROQUIN (en 1580) :

  • XAINTE (vers 1580) :  Elle est soubrette de la reine Margot. Elle est remarquée par l’époux de celle-ci, Henri de Navarre, qui en fait aussitôt sa maîtresse, en 1580.

  • MARTINE (en 1587) : C’est une rochelaise qui devient la maîtresse passagère d’Henri IV vers 1587. De cette union sans lendemain, naît un enfant.

  • HENRIETTE DE FOULEBON (en 1589) :  Dame d’honneur de la reine.  Le prince en devint amoureux et elle ne le fit pas attendre longtemps.  C’est une châtelaine qui devient maîtresse d’Henri IV en 1589.  Il l’abandonna pour la princesse de Condé.

  • MARIE-CATHERINE DE BEAUVILLIERS (en 1590) : Fille de Claude de Beauvilliers, comte de Saint-Aignan et de Marie Babou de la Bourdaisière, fut à 24 ans abesse de Montmartre et maîtresse du roi de France Henri IV.

    En 1590, alors que le roi assiège Paris, il met en batterie sur la butte Montmartre deux pièces d’artilleries et se loge à l’abbaye. C’est là qu’il rencontre Catherine de Beauvilliers. Leur liaison fut imitée par les soldats et les nonnes, et lorsque la population parisienne fut mise au courant de ces aventures, elle nomma l’abbaye de Montmartre le « magasin des putains de l’armée ».

  • LOUISE DE BUDOS, duchesse de Montmorency (vers 1595-1596) :

Fille de Jacques ou Jean de Budos et de Louise de Porcellet, Louise de Budos naît le 13 août 1575. En 1593, alors qu’elle n’a tout juste que dix-huit ans et dans tout l’éclat de sa beauté, elle est mariée par son père, à Henri Ier, connétable de Montmorency de quarante et un ans son aîné, et qui en a 59. Celui-ci pourrait être son propre père puisqu’ayant même des enfants du même âge ou bien plus âgées que Louise. Elle est la deuxième épouse du duc de Montmorency, veuf d’Antoinette de La Marck, morte en 1591. Elle donne deux enfants au connétable de Montmorency : Charlotte-Marguerite et Henri, futur Henri II, décapité plus tard en 1632, pour avoir comploté contre le cardinal de Richelieu. D’une grande beauté, elle séduit le roi de France, Henri IV, qui en fait aussitôt sa maîtresse mais elle n’est que passagère (le roi, ayant pour favorite en titre, Gabrielle d’Estrées). Ainsi Henri IV fait une infidélité (parmi tant d’autres), à sa maîtresse officielle, Gabrielle d’Estrées. Mais très amoureux de cette dernière, sa liaison avec la duchesse de Montmorency n’est que de très courte durée. Louise de Budos s’éteint en 1598, alors qu’elle n’a tout juste que 23 ans, peu-être d’un assassinat.

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LOUIS XIII dit Le Juste (1601-1643). A régné du 14 mai 1610 au 14

mai 1643.  Il épouse Anne d’Autriche (1601-1666) morte d’un

cancer du sein.  1 enfant après 23 ans de mariage Louis (futur Louis

XIV).

Une sexualité ambiguë

De nombreux témoignages historiques ont conduit les historiens Pierre Chevalier et Jean-Christian Petitfils à s’interroger sur la sexualité de Louis XIII.

Une misogynie avouée

Son rejet des vanités entraine chez lui une grande méfiance des courtisans en général et, surtout, des femmes qu’il considère comme frivoles et vicieuses. Il vise ainsi une réputation d’austérité.

Anne d’Autriche, son épouse, est délaissée dès la nuit de ses noces, le jeune Louis XIII a « de la honte et une haute crainte » selon les mots d’Héroard à aller voir la reine, contrairement à beaucoup de ses prédécesseurs. Il la néglige ensuite assez souvent. Toutefois, la plupart des historiens et des romanciers qui soutiennent la thèse d’une non consommation du mariage de Louis XIII et d’Anne d’Autriche avant la naissance de Louis XIV oublient que la reine fit trois fausses couches, dont l’une consécutive à une chute accidentelle dans un escalier.

Sa santé fragile et sa religiosité peuvent expliquer pour une part cette distance vis-à-vis d’une épouse imposée par sa mère. Sa méfiance politique (justifiée) joue un rôle au moins aussi important. Autre raison ; le souvenir de la mésentente politique et conjugale entre ses parents : outre sa position anti espagnole, Marie de Medicis reprochait à Henri IV ses infidélités ouvertes (Louis avait été élevé avec ses demi-frères).

Toutefois, on connaît du roi deux liaisons féminines, toutes deux platoniques il est vrai : l’une avec Marie de Hautefort, future duchesse d’Halluin, l’autre avec Louise de La Fayette, avec laquelle il voulut se retirer à Versailles.

La place de ses favoris

L’existence de favoris a amené certains contemporains et les historiens Chevallier et Petitfils à s’interroger sur une possible homosexualité du roi : le duc de Luynes, Blainville, Vendôme, le commandeur de Souvray, Montpuillan-la-Force, le marquis de Toiras, le marquis de Grimault, François de Baradas, le duc de Saint-Simon et marquis de Cinq-Mars (que Richelieu aurait présenté au roi pour diminuer l’influence de Marie de Hautefort).

La source la plus importante à cet égard est Gédéon Tallemant des Réaux, chroniqueur assez hostile à Richelieu et qui ne se cache pas d’utiliser des témoignages de seconde, voire de troisième main. Parmi les autres sources, on citera Héroard, Ménage et Saint-Simon.

Pierre Chevallier, qui a par ailleurs douté de l’homosexualité d’Henri III, a mis en avant les tendances homosexuelles de Louis XIII ; il évoque le témoignage en octobre 1624, du Vénitien Morosini, qui définit le rôle de Toiras, l’un des favoris de Louis XIII : « Non pour les affaires de l’État mais pour la chasse et les inclinations particulières du roi ». Jean-Christian Petitfils a repris ces conclusions, tout en mettant en avant, sans le prouver toutefois, les convictions catholiques du monarque pour inférer l’hypothèse de la non-consommation de ses désirs.

AMOURS PUREMENT PLATONIQUES :

  • MARIE DE HAUTEFORT (1616-1691) :

C’est au printemps 1630 que Louis XIII la remarque alors qu’elle est dame d’honneur de Marie de Médicis. À la fin de la même année, après la journée des dupes, Louis l’impose comme dame d’honneur d’Anne d’Autriche en remplacement de Madame de Fargis, suspectée d’intrigue avec la Cour d’Espagne. La méfiance d’Anne d’Autriche sera de courte durée, Marie prenant le parti de la reine. Lorsqu’en 1637, Anne d’Autriche est mise en difficulté pour avoir correspondu avec la Cour d’Espagne, Marie de Hautefort prend des risques pour sauver son amie en assurant la liaison avec le porte-manteau de la reine, Pierre de La Porte, qui venait d’être embastillé.

Son amitié pour la reine et ses sarcasmes lui valurent la défaveur du roi entre 1635 et 1637 au profit de la douce Mademoiselle de La Fayette. Lorsque cette dernière prend le voile, Louis XIII se rapproche de nouveau de Marie, mais cette nouvelle idylle connaît des hauts et des bas. En 1639, elle est exilée au château de La Flotte et ne revient à la Cour qu’après la mort du roi en 1653.

Au cours de son exil, Marie fait la connaissance au Mans du dramaturge Mairet qui lui dédie sa pièce Sidonie et surtout de Scarron qui lui dédie nombre de ses élégies et continuera à correspondre régulièrement avec elle. Revenue en grâce, Marie obtiendra de la régente une pension pour le poète.

Marie n’est pas impliquée dans la cabale des importants. Mais comme tous les anciens complices d’Anne d’Autriche, elle ne comprend pas le changement psychologique de son amie devenue régente et dès lors attachée à préserver une souveraineté intacte pour son fils, le futur Louis XIV.  Anne s’appuie sur le cardinal Mazarin, seul capable de maintenir la ligne tracée par Richelieu et de maîtriser les sollicitations exorbitantes des grands du Royaume. De plus sa liberté de langage indispose la régente qui finit par l’éloigner de la Cour en 1654.

Entourée de prétendants depuis dix ans, Marie finit par épouser, le 24 septembre 1646, à l’âge de 30 ans, Charles de Schomberg, veuf d’Anne d’Halluin. Schomberg, duc et maréchal de France est un fidèle du roi et entraîne son épouse dans une stricte neutralité pendant toute la période de la Fronde. En 1652, Schomberg étant nommé gouverneur de Metz, le couple s’installe dans la ville où ils ont l’occasion d’aider le jeune Bossuet alors à ses débuts. Schomberg meurt en 1656, le couple n’a pas eu d’enfants.

Veuve à 40 ans, Marie s’installe définitivement à Paris où elle fréquente les salons des marquises de Sablé ou de Rambouillet, ou encore celui de Madame de La Fayette. Après la mort de Mazarin, Marie reprend contact avec Anne d’Autriche jusqu’à la mort de cette dernière en 1666. Anne d’Autriche lui rendra justice dans une lettre-testament adressée à son fils :

« Je vous ai recommandé beaucoup de choses, mais je vous avoue qu’après avoir fait réflexion sur mes devoirs, je ne trouve rien où je sois plus engagée par honneur, par conscience et par reconnaissance qu’à Madame de Schomberg, qui m’a servie avec une fidélité toute extraordinaire. »

Louis XIV gardera un attachement particulier à Marie de Hautefort.

  • LOUISE ANGÉLIQUE MOTIER DE LA FAYETTE (1618-1665) :  C’était une aristocrate française du XVIIe siècle qui a été l’objet d’un amour platonique du roi Louis XIII.

Peu aupravant, le 18 février 1635, à l’occasion des fêtes du Mardi Gras, le roi Louis XIII, trentenaire marié trop tôt, taciturne, prude, timide et pieux dont le mariage va à vau-l’eau et qui n’a toujours pas d’héritier, la remarque. Épris de la grande beauté, du charme, et de la douceur de cette jeune fille de 17 ans, il la convie deux mois plus tard à asssiter à une de ses chasses autour de son pavillon de Versailles.

Le cardinal de Richelieu, qui espérait détacher le roi de Marie de Hautefort, mit Louise de La Fayette au premier plan. Il espérait faire d’elle son espionne. Mais la jeune fille, qui aimait Louis XIII avec désintéressement, refusa.

Richelieu résolut alors d’écarter Louise, au début de l’an 1636. Connaissant la droiture de Louise et usant de son prestige d’ecclésiastique et de Cardinal, il est  » prince de l’Eglise » , il lui proposa d’entrer en religion plutôt que faire tomber le roi (et elle-même) dans l’adultère. Cette dernière n’avait rien contre le projet, mais le roi redoutait la séparation. Finalement, Louise, toujours amoureuse de Louis, y renonça au début de l’été suivant.

Une brutale invasion espagnole en Picardie détourna alors le roi de ses amours. Les troupes ennemies espéraient prendre la capitale d’assaut, mais Louis XIII réagit à temps pour les contrer. En novembre, les troupes de  Philippe IV d’Espagne avaient quitté le royaume.

Au retour, le roi eut pour Louise de La Fayette un regain d’intérêt qui dura jusqu’en janvier 1637. Le timide souverain la délaissa à nouveau pour Marie de Hautefort.

Au début du printemps suivant, la douce Louise, préférant une vie dans les ordres à une vie dans l’adultère, prit alors la décision définitive d’entrer au couvent. Le roi, qui lui était toujours attaché, ne cessait de faire différer sa permission de quitter la cour et l’entrée de Louise en vie consacrée. Elle renonça à son souhait initial, celui de devenir carmélite, pour entrer dans un ordre moins rigide, celui de la Visitation.

Cependant le roi, en larmes, dut consentir à exaucer les voeux de celle qu’il aimait et le 19 mai 1637, Louise fit ses adieux à la famille royale. Elle aurait dit alors, (enfreignant le protocole, qui interdit de désigner le roi par un pronom). « Hélas, je ne le reverrais plus ! »

Cependant, Louis XIII vint plusieurs fois au parloir du couvent s’entretenir avec celle qui fut sa chaste favorite.

{Madame de Motteville a prétendu } que c’est grâce à Louise que le roi se réconcilia avec son épouse, Anne d’Autriche. {elle ajoute} même que certains ont affirmé que c’est suite à une visite du roi chez la visitandine, le 5 décembre 1637, que le couple royal conçut le futur Louis XIV.

Devenue supérieure de sa communauté en 1657, Louise de la Fayette meurt le 11 janvier 1665.

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LOUIS XIV dit : Louis Le Grand ou Le Roi Soleil (1638-1715). A régné du 14 mai 1643 au 1er septembre 1715.  Il épouse Marie-Thérèse d’Autriche (1638-1683) six enfants dont un seul survécut.  En deuxième noces il épouse Françoise d’Aubigné, marquise de Maintenon (1635-1719).

Françoise d’Aubigné, marquise de Maintenon était gouvernante des enfants naturels de Louis XIV (1638–1715), roi de France et de Navarre, elle devint secrètement son épouse après la mort de la reine Marie-Thérèse en 1683, attirant à elle autant la flagornerie que la haine de la Cour et de la famille royale.

SUCCESSION

Des décès, entraînant des problèmes de succession et la santé dégradée du vieux roi assombrissent la fin de son règne.

En 1710, Louis XIV avait un fils, trois petits-fils (dont Philippe, roi d’Espagne) et deux arrières-petits-fils. Tous, sauf le roi d’Espagne se prénommaient Louis. Or, il pert presque tout ses héritiers légitimes entre 1711 et 1714.

En 1711, c’est le seul fils qu’il a eu avec la Reine, Louis de France (le Grand Dauphin) qui décède de la variole à 49 ans. En 1712 une épidémie de rougeole ravage la famille de l’ainé de ses trois petits-fils, le nouveau dauphin duc de Bourgogne, qui meurt à 29 ans avec son épouse et son fils de 5 ans (un premier enfant était déjà mort en bas âge en 1705). Ne survit qu’un petit garçon de deux ans, Louis (dauphin de France futur Louis XV), sauvé de l’épidémie par sa nourrice mais qui reste affaibli : c’est le dernier arrière-petit-fils légitime du roi régnant. En 1714, pour ne rien arranger, son oncle, le duc de Berry, le plus jeune des petits-fils du Roi meurt sans héritier des suites d’une chute de cheval.

L’âge de Louis XIV et la santé très fragile de l’enfant qui est désormais son héritier posent un grave problème dynastique. En effet, si l’enfant meurt, la succession du Roi de France devient un problème diplomatique majeur.

  • CATHERINE-HENRIETTE BELLIER, baronne de Beauvais, dite Catheau-la-Borgnesse (1614-1689). Relation avec le Roi : 1653.  Elle fut la première amante du roi de France Louis XIV. Elle fut notamment chargée de déniaiser le jeune roi.

Bien que laide et peut-être même borgne (on la surnommait « Cateau-la-Borgnesse »), elle aura de nombreux amants dont l’archevêque de Sens.

Elle rencontre le jeune Louis XIV dans les couloirs du Louvre et entretient avec ce dernier une courte liaison. En fait, elle a été désignée par la reine Anne d’Autriche mère pour apprendre au jeune roi les plaisirs de la chair, et reçoit un château ainsi qu’une pension de 2 000 livres en récompense de ses services rendus entre les 14 et 16 ans du jeune roi.  À la mort de son époux en 1674, elle se retrouve submergée de dettes et son âge avancé la contraint à s’éloigner de la vie de cour.

  • OLYMPE MANCINI, comtesse de Soissons (1637-1708) : Relation avec le roi : de 1654 à 1657 et de 1660 à 1661. Nièce du cardinal Mazarin, elle connut une vie tumultueuse à la cour de France, entre amours et complots, jusqu’à sa disgrâce, en 1680.

Le jeune roi commence à courtiser Olympe, « la perle des précieuses », à partir de 1654. Pour elle, il organisa beaucoup de fêtes où « il la menait toujours danser », et les courtisans assurent que « les plaisirs n’étaient faits que pour elle ».

D’aucuns s’imaginent un peu vite que le jeune Louis XIV espérait l’épouser, mais c’était sans compter Anne d’Autriche, sa mère, qui l’en eût défendu. Il est alors décidé, par le cardinal Mazarin, qu’Olympe épouserait Eugène-Maurice de Savoie-Carignan, comte de Soissons, en février 1657. Le roi ne s’en offusque pas, pas plus que le comte de Soissons qui est dépité de voir Louis XIV se détourner d’Olympe ! Celle-ci lui donne huit enfants, dont l’un est Eugène de Savoie-Carignan, dit le « Prince Eugène ». L’aîné, Louis-Thomas, est supposé être le fils naturel du roi, car il naît en août 1657, soit six mois après le mariage d’Olympe et d’Eugène-Maurice.

Olympe est très jalouse de la passion du roi pour sa sœur Marie. Elle ne partage pas sa disgrâce après le mariage du roi avec l’infante d’Espagne, et demeure à la cour avec mari et enfants, en ayant conservé l’estime du roi.

Intrigues et complots

La comtesse se lie alors d’amitié avec la belle-sœur de ce dernier, Henriette d’Angleterre, dite « Madame ». Louis XIV et Henriette, soupçonnés d’être amants, faisaient de longues promenades dans les bois pendant la nuit, en compagnie d’Olympe, ce qui fait jaser la cour et surtout la reine Marie-Thérèse d’Espagne. Certains affirment qu’Olympe, avide d’intrigues, est à l’origine de la faveur de Louise de La Vallière, pour « faire paravent » aux amours coupables du roi et de Madame. Mais le stratagème se retourne contre elles, car Louis tombe amoureux de Louise et se détourne de sa belle-sœur, qui s’emploie, avec la complicité d’Olympe, à détrôner Louise de La Vallière. La comtesse de Soissons révèle à la reine l’adultère de Louis XIV et de Louise, mais Marie-Thérèse est impuissante contre son époux.

Une affaire compromettante

Olympe se fait alors oublier, jusqu’à la célèbre «affaire des poisons» en 1679. Elle est alors accusée d’avoir fréquenté La Voisin et autres devineresses et était dite « profonde en crimes et docteur en poisons ». La comtesse aurait résolu d’empoisonner Louise de La Vallière, bien qu’elle soit entrée au Carmel depuis plusieurs années, craignant que le roi la fasse revenir à la cour. Elle va jusqu’à menacer Louis XIV que « s’il ne revenait pas à elle, il s’en repentirait ». Olympe est également soupçonnée d’avoir empoisonné son mari, pourtant complaisant, ainsi que Marie Louise d’Orléans, fille d’Henriette d’Angleterre et nièce de Louis XIV.

Disgrâce

Le 23 janvier 1680, elle est priée de quitter Versailles et le territoire français sur-le-champ. Bien qu’elle ait clamé son innocence, Olympe est définitivement compromise, comme beaucoup de dames de la cour, dans cette affaire et est contrainte de s’exiler. Elle s’installe alors à Bruxelles et parcourt l’Europe, rejoignant deux de ses sœurs, Marie et Hortense, en Espagne, puis chaque année en Angleterre, revenant régulièrement dans sa résidence bruxelloise, qui avait été construite par son fils, le prince Eugène de Savoie, dans l’actuelle rue de Flandre. Cette demeure est connue des Bruxellois sous le nom de Maison de la Bellone.  Dans la ville, Olympe porte sur les fonts baptismaux un fils du musicien Pietro Antonio Fiocco et une fille d’Henri Desmarest.

  • MARIE MANCINI, Princesse Colonna (1639-1715) : Relation avec le roi : de 1658 à 1660. Épouse du connétable Lorenzo Colonna, elle était une nièce du cardinal Mazarin, fille de Géronima Mazzarini et du baron Michele Mancini, et sœur de Laure-Victoire, Paul, Olympe, Philippe, Alphonse, Marie-Anne et Hortense Mancini.

Nièce de Mazarin qui l’a fait venir de Rome à la cour de France, Marie Mancini est réputée pour avoir été le premier véritable amour du jeune Louis XIV. En juillet 1658, après le siège de Dunkerque, Louis XIV tombe gravement malade et Marie, pensant que la fin est proche, manifeste l’intérêt qu’elle a pour lui en versant des larmes qui ont fait date dans l’Histoire. Ce sont ses pleurs qui attirent sur elle l’attention du jeune roi, attention qu’elle conserve ensuite par son esprit et sa culture, littéraire notamment.

Si certains, au même titre que le roi, voient dans ces larmes la preuve d’un amour désintéressé et sincère, d’autres, moins romanesques, y voient plutôt la déception d’une jeune femme qui, après avoir longtemps été le faire-valoir de sa sœur la comtesse de Soissons, voit sa campagne amoureuse menée à l’intention de Louis s’anéantir. En effet, alors que Marie venait à peine de s’attirer l’attention du roi par son esprit brillant, elle apprend qu’il peut mourir d’une minute à l’autre. Elle qui avait tout misé sur l’amour de Louis, effleurant même le projet de monter un jour sur le trône de France, voit ses aspirations se dissiper. Si elle était devenue reine, quelle revanche aurait-elle prise sur ses sœurs, sur son oncle, le cardinal Mazarin, et sur toute la Cour qui ne la prend pas au sérieux. C’est pourquoi, durant le temps de la maladie du roi, Marie « se tua de pleurer », selon les mots de la Grande Mademoiselle.

Lorsque la Cour regagne Fontainebleau, Marie Mancini en est devenue le point d’attraction, présidant aux fêtes et aux bals, succédant à sa sœur Olympe, qui avait précédemment la faveur du roi. Comme elle, Marie est une précieuse, et entoure sa relation avec le roi d’un luxuriant imaginaire romanesque, inspiré de l’Arioste et du Tasse.

La mère du Roi, la Reine Anne d’Autriche, et le Cardinal Jules Mazarin s’opposèrent à une éventuelle union des deux jeunes gens, qui aurait représenté une mésalliance inacceptable, d’autant plus que le cardinal est en pourparlers afin de négocier un mariage royal avec l’infante Marie-Thérèse d’Autriche et que Marie n’aime pas beaucoup son oncle. Mazarin n’avait donc aucun avantage à faire en sorte que sa nièce devienne reine car à peine intronisée, elle l’aurait certainement congédié.

L’éloignement forcé de Marie pendant quelques mois, d’abord à La Rochelle puis à Brouage, et sa dernière entrevue avec Louis XIV avant son départ de la cour, le 22 juin 1659, ont inspiré un vers célèbre de Racine dans sa tragédie Bérénice :

« Vous êtes empereur, Seigneur, et vous pleurez ! »

— Bérénice, Acte IV, scène 5

  • ANNE JULIE DE ROHAN-CHABOT, princesse de Soubise (1648-1709) : Relation avec le roi : 1669 et de 1673 à 1674 (dont probablement un fils).

Anne devient un temps la maîtresse de Louis XIV en 1669, lorsque ce dernier séjourne au château de Chambord dans lequel Anne était présente. À l’époque, les faveurs de Louis XIV étaient partagées entre Louise de La Vallière et « sa » future successeure Madame de Montespan. Peu de temps plus tard, elle donne naissance à son second fils, Hercule Mériadec de Rohan, futur prince de Soubise qui porte alors le titre de duc de Rohan-Rohan.

En janvier 1674, Anne devient « dame du palais » auprès de la Reine Marie-Thérèse d’Autriche et, cinq mois plus tard, elle donne à nouveau naissance. Il était alors de notoriété générale qu’Anne et le roi étaient amants. Elle donnera par la suite naissance à un nouveau fils Armand Gaston Maximilien de Rohan dit le cardinal de Soubise (26 juin 1674 – 19 juillet 1749) Grand aumônier de France, dont on pense qu’il est le fils illégitime de Louis XIV et non pas celui de Monsieur de Soubise, mais qu’il a cependant reconnu. Si rien ne fut prouvé, Louis XIV n’en alloua pas moins une forte somme d’argent au mari complaisant, « en considération de ses services ». Dans les portraits de l’époque, la ressemblance entre Armand et le roi est manifeste. Son mari devint rapidement riche.

Les relations du couple illégitime prennent fin en 1675 après avoir duré pendant pas moins de six ans. Dans le même temps, la relation entre Madame de Montespan et le roi prend fin.

Elle persuade son mari François de racheter l’hôtel de Guise aux héritiers de feue la duchesse de Guise. Il fait l’acquisition de la propriété le 27 mars 1700 et le renomme « hôtel de Soubise ». Elle y meurt d’un rhume.

  • CATHERINE-CHARLOTTE DE GRAMONT, princesse de Monaco (1639-1678) :  Relation avec le Roi : 1665. Elle est l’ancêtre de la famille Grimaldi de Monaco.

Louis XIV, qui commençait à se désintéresser de sa favorite en titre, Louise de La Vallière, entreprend alors une relation de quelques mois avec Catherine. En vérité, Henriette d’Angleterre espérait que le roi se détournerait de Louise pour qu’il lui revienne, et met en évidence la princesse de Monaco dans ce but. Louise ne reproche rien à son amant, qui lui en sait gré : le « Roi-Soleil » préférait les femmes dociles. Le prince de Monaco, Louis, quitte la cour pour aller s’illustrer à la guerre.

Mais le roi, au tempérament décidément ardent, délaisse vite Catherine, au profit de Madame de Montespan. Certains affirment que pendant le peu de temps que dura la faveur de Catherine, la princesse aurait eu des relations intimes avec Henriette d’Angleterre.

Elle fonde en 1663, à Monaco, un couvent de l’ordre de la Visitation, destiné à des religieuses d’origine aristocratique.  Les deux époux se séparent en 1672. Catherine de Gramont meurt le 4 juin 1678 à Paris.

  • HENRIETTE-ANNE D’ANGLETERRE, Duchesse d’Orléans (1644-1670) :  Relation avec le roi : 1661 (liaison platonique).  Elle est la petite-fille d’Henri IV, la nièce de Louis XIII et la cousine germaine de Louis XIV. Stuart par son père et Bourbon par sa mère, la princesse est donc doublement de sang royal.  Première épouse de Philippe 1er, duc d’Orléans (Monsieur) le frère du roi.

La Cour soupçonna un temps Madame (belle-soeur du roi) et le roi, d’être amants. Des suppositions sur une éventuelle liaison amoureuse existent toujours mais rien n’a jamais été clairement prouvé. Il est certain qu’Henriette fut la reine incontestée de nombreuses fêtes que Louis XIV donnait. Pour faire pièce aux médisants, elle aurait suggéré de faire appel à un paravent, un leurre : une jeune fille innocente que le roi courtiserait et avec laquelle on lui prêterait une idylle. Le choix se serait porté sur Louise de La Vallière. Mais Louis XIV se serait épris réellement de Louise de La Vallière et se serait éloigné un peu d’Henriette qui demeura tout de même la reine des bals de la Cour. Elle souffrait toutefois de l’hostilité de son mari, d’une partie des favoris (amants) de celui-ci et surtout de la haine du chevalier de Lorraine. Par ailleurs, sa belle-mère (Anne d’Autriche) et la reine Marie-Thérèse lui vouèrent une certaine hostilité qui n’était en fait qu’une jalousie inavouée.

  • FRANÇOISE LOUISE DE LA BAUME LE BLANC, demoiselle puis duchesse de La Vallière et de Vaujours (1644-1710) :  Relation avec le roi : de 1661 à 1667 (dont cinq enfants) elle avait 17 ans.

À dix-sept ans, Louise entre en tant que demoiselle d’honneur dans la Maison d’Henriette d’Angleterre, dite Madame, première épouse de Monsieur, frère du roi.

Discrète, modeste, Louise est une charmante jeune fille aux doux yeux clairs, et aux cheveux blonds. Dès 1661, peu après son arrivée à la Cour, François Honorat de Beauvilliers, comte de Saint-Aignan, la pousse dans les bras du jeune Louis XIV.  Le roi fut conquis par ses talents d’écuyère et de Diane chasseresse, son goût pour la musique et le chant, sa façon de danser, ses connaissances livresques et littéraires. Elle symbolisait, selon Sainte-Beuve, l’« amante parfaite », celle qui aime pour aimer, sans orgueil ni caprice, sans ambition ni vanité et dont la sensibilité ne cache pas la fermeté de coeur. Le rapprochement entre le roi et Mademoiselle de La Vallière se fait à travers la stratégie dite, à l’époque, du « paravent » ou du « chandelier » : le roi doit feindre de la courtiser afin que l’attention de la Cour ne se porte plus sur l’idylle naissante entre lui et Madame, sa belle-sœur. Louise, qui est secrètement amoureuse de Louis XIV, est ravie. Rapidement, le roi, qui n’a que vingt-trois ans, est pris à son propre jeu : il tombe sous le charme de la jeune femme et en fait sa maîtresse. La liaison, bien que discrètement entretenue, est rapidement connue et provoque la colère des dévots comme Bossuet.

Au temps de sa splendeur, Louise de La Vallière portait une cravate à large nœud flottant, souple, et d’étoffe grise, couleur de la famille La Vallière. En 1875, le terme de La Vallière (ou lavallière) fut associé à cette cravate lorsque les peintres de cette époque peignirent cet élément vestimentaire.

Créée duchesse de Vaujours en 1667, elle prononça ses voeux perpétuels et vécut ses trente-six dernières années au couvent des Carmélites de Paris.

Louise aura quatre enfants du Roi. Les deux derniers seront légitimés :

  1. Charles (1663-1666) :
  2. Philippe (1665-1666) :
  3. Marie-Anne de Bourbon (1666-1739), dite : Mademoiselle de Blois, qui épousa Louis Armand I de Bourbon-Conti ;
  4. Louis de Bourbon, Comte de Vermandois (1667-1683).

Après la mort d’Anne d’Autriche en 1666, Louis XIV affiche publiquement sa liaison, ce qui déplaît beaucoup à Louise qui, aux fastes d’une liaison publique avec le roi, préfère les démonstrations de tendresse en aparté. C’est à ce moment que la Cour voit le retour de la splendide Françoise Athénaïs de Rochechouart de Mortemart devenue, suite à son mariage Marquise de Montespan. Le roi, subjugué par cette « beauté à montrer à tous les ambassadeurs », cherche à en faire sa maîtresse. Le début de leur liaison, que l’on situe habituellement lors de la campagne des Flandres de 1667, marque le commencement d’un déclin sans retour de la faveur royale à l’égard de Louise. Elle lui écrit :  “Sonnet au Roi”.

En mai 1667, un an après la mort de la reine-mère Anne d’Autriche, Louise est faite duchesse de la Vallière et de Vaujours et sa fille est légitimée. Aux yeux de tous, c’est le cadeau de la disgrâce. Le roi attendra ensuite deux ans avant de légitimer le fils qu’elle lui donne en octobre de la même année.

Une longue période de cohabitation débute alors entre les deux favorites. Encore une fois, Louise est un « paravent » devant dissimuler au public les amours du roi avec une femme dite mariée, Mme de Ludres. Dans l’espoir de regagner le cœur du roi qu’elle n’a pas cessé d’aimer, Louise essuie toutes les humiliations que lui inflige la nouvelle favorite. En 1670, après une longue maladie – peut-être une fausse couche – qui lui fait entrevoir la mort, Louise se tourne vers la religion, rédigeant d’émouvantes « Réflexions sur la miséricorde de Dieu ».

Sur les conseils de Bourdaloue, du Maréchal de Bellefonds (Premier maître d’hôtel du roi) et de Bossuet, elle décide de quitter la Cour pour entrer au très strict couvent des Grandes-Carmélites du faubourg Saint-Jacques. Obligée de solliciter l’autorisation de Louis XIV pour se retirer, Louise rejette toute solution de couvent « plus douillet ». Afin de la dissuader, Madame de Montespan lui fait dépeindre, par la voie de Madame Scarron (qui deviendra plus tard Madame de Maintenon), les privations et les souffrances auxquelles elle s’exposerait en entrant au Carmel, ainsi que le scandale que ne manquerait pas de susciter une telle décision. Mais ces tentatives resteront vaines. Avant de se retirer, Louise tient même à faire des excuses publiques à la reine Marie-Thérèse, ce qui fait grand bruit.

Peu de temps après, elle prononce ses vœux perpétuels, prenant le nom de Louise de la Miséricorde. Au couvent, elle reçut plusieurs fois la visite de la reine, de Bossuet, de la marquise de Sévigné et de la duchesse d’Orléans, belle-sœur du roi à qui elle avait confié l’éducation de son fils le comte de Vermandois.

Elle mourut le 6 juin 1710 après 36 ans de vie religieuse et fut inhumée dans le cimetière de son couvent, loin de son duché-pairie, où rien n’atteste qu’elle soit venue un jour.

Saint-Simon n’hésite pas à la qualifier de « sainte » et dit d’elle : « Heureux le roi s’il n’eut eu que des maîtresses semblables à Mme de la Vallière… ».  Sainte-Beuve estime que, des trois plus célèbres favorites de Louis XIV, c’est elle « de beaucoup la plus intéressante, la seule vraiment intéressante en elle-même. »

La famille laissera son nom à une reliure de couleur feuille morte dite maroquin lavallière, du duc de La Vallière, célèbre bibliophile, neveu de la duchesse (1708-1780).

  • BONNE DE PONS, marquise d’Heudicourt ou Grande louve (1641-1709) :  Relation avec le roi : 1661.

    Appelée à la Cour du jeune Louis XIV grâce au maréchal d’Albret et à la protection du frère du roi, Philippe, duc d’Orléans, elle est dame d’honneur de la reine Marie-Thérèse, puis devient rapidement la maîtresse du roi (1665). Elle joue néanmoins peu de rôle à la Cour et finit par rentrer à Paris, ramenée de force par l’épouse du maréchal sous prétexte que le Maréchal était malade.

    Elle découvre la supercherie à Paris, et n’ose que l’avouer à Françoise d’Aubigné, la future Madame de Maintenon. Dans l’impossibilité de retourner à la Cour, elle épouse le marquis d’Heudicourt Michel Sublet, Grand louvetier de France, gagnant ainsi le surnom de « Grande louve », mais quand elle reparait à la Cour, le roi avait choisi Madame de Montespan pour maîtresse. Elle y demeure néanmoins comme amie du roi et y reste jusqu’à sa disgrâce, en 1672.

    La disgrâce

    Elle fut disgraciée pour avoir imprudemment révélé dans ses lettres les amours du roi et de madame de Montespan, ainsi que l’existence de leurs enfants cachés.

    Le retour en grâce

    Cinq ans plus tard, sur la demande de Madame de Maintenon alors amie du roi, toujours reconnaissante envers l’amie qui fut à l’origine de sa faveur, le roi finit par consentir à son retour à la Cour. « Je connaîs votre bon cœur Madame, disait le roi à Madame de Maintenon, mais quant à moi, je n’oublie pas si aisément qu’on m’ait outragé, mais comme je ne me soucie que de vous plaire, je verrai à ce qu’elle puisse revenir… » À son retour, elle fut d’abord sous la protection de Madame de Montespan, puis après la chute de celle-ci, elle devient la protégée de Madame de Maintenon.

  • FRANÇOISE ATHÉNAÏS DE ROCHECHOUART DE MORTEMART, dite Mlle de Tonnay-Charente, puis marquise de Montespan (1640-1707) : Relation avec le roi : de 1667 à 1681 (dont sept enfants).

On s’aperçut bientôt de la liaison devenue intime qui existait entre elle et le roi. Elle eut un appartement à peu de distance de celui du monarque et les courtisans clairvoyants n’eurent pas de peine à expliquer pourquoi l’un et l’autre se dérobaient en même temps au cercle de la reine. La sensible La Vallière ne fut pas la dernière à s’apercevoir qu’elle n’occupait plus seule le cœur de Louis. Il n’y eut que la reine qui ne voulut pas s’en douter.

Madame de Montespan avait su la persuader de sa vertu. Ce fut en 1670 que sa faveur éclata officiellement lors d’un voyage aux Pays-Bas où elle fit une partie du voyage dans la voiture du roi et de la reine. Et lorsqu’elle montait dans la sienne, quatre gardes du corps entouraient les portières.

En 1674, Louise de La Vallière, quitta la cour. Mme de Montespan devint alors la favorite en titre de Louis XIV. « Beauté à faire admirer à tous les ambassadeurs », écrit Madame de Sévigné, « Junon tonnante et triomphante ». Une faveur traversée de crises, car la marquise était capricieuse, autoritaire, dépensière, brûlante d’ambition et de jalousie. Elle faisait même des scènes au roi. De son côté, Louise de La Vallière ne voulait pas céder la place. Par amour, l’ancienne favorite supporta tout : les rebufades de son amant, les railleries de sa rivale triomphante, le mépris des courtisans. Mme de Montespan fit supprimer la présence des filles d’honneur de la reine, tant par la crainte qu’elle avait devant le goût de la nouveauté de son amant – elle pouvait trouver plus d’une rivale parmi les jeunes personnes qui se succédaient rapidement – que par le souci de cacher la naissance des enfants nés de leur passion.

LES ENFANTS :

Ils eurent en effet, sept enfants, parmi lesquels six furent légitimés (sans jamais nommer leur mère, mariée à un autre homme) et quatre atteignirent l’âge adulte :

  • Premier enfant tenu secret (1669-1672), selon les sources, ce serait une fille, Louise-Françoise, ou un garçon de prénom inconnu (biographie de J.-Ch. Petitfils) ;
  • Louis Auguste de Bourbon, duc du Maine (1670-1736) ;
  • Louis César de Bourbon, comte de Vexin, abbé de Saint-Germain-des-Prés (1672-1683) ;
  • Louise Françoise de Bourbon, Mademoiselle de Nantes (1673-1743), épousa Louis III de Bourbon-Condé, duc de Bourbon, 6e Prince de Condé ;
  • Louise Marie Anne de Bourbon, Mademoiselle de Tours (1674-1681) ;
  • Françoise Marie de Bourbon, la seconde Mademoiselle de Blois (1677-1749), qui épousa Philippe d’Orléans, futur régent ;
  • Louis Alexandre de Bourbon, (1678-1737), Comte de Toulouse.

Elle confia alors leur éducation à Mme Scarron, la future Madame de Maintenon, qui devint par la suite sa rivale. Mais, avec le temps, la marquise, fatiguée de cette gênante pudeur, s’en débarrassa et ne prit plus la peine de dérober au public ses enfants.

Un règne fastueux.

L’emprise que l’orgueilleuse maîtresse exerçait sur le cœur du roi la fit bientôt prétendre obtenir de l’autorité dans les affaires. Elle avait tant de moyens d’influer sur l’esprit du roi que de nombreux ministres et courtisans se soumirent à elle. On demandait et on suivait ses conseils. Louis XIV, lui-même abusé par la vivacité et l’apparente étourderie de la marquise, la montrait aux ministres comme une enfant. Cet enfant connut ainsi de nombreux secrets d’État. Mme de Montespan était également passionnée par le luxe qui, durant sa faveur, s’étendit partout, polit les mœurs, en les corrompant peut-être, imprima tant d’activité au commerce, aux manufactures, et donna un si grand essor au génie des beaux-arts. Il est permis de croire qu’elle a contribué à développer chez Louis XIV ce goût des grandes choses et de la magnificence. Le roi lui ayant fait construire à Versailles le majestueux château de Clagny, la marquise créa autour d’elle une cour brillante où dominait le bel esprit. Elle protégea notamment La Fontaine, Molière et Quinault. L’époque Montespan fut la plus brillante et la plus glorieuse du règne du Roi-Soleil.

Reconstitution virtuelle du château de Clagny.

La disgrâce.

La beauté de Madame de Montespan s’émoussa à mesure qu’elle prit de l’embonpoint. En 1680, au moment de l’affaire des Poisons, elle fut accusée par plusieurs prisonniers d’avoir donné au roi à son insu des aphrodisiaques, d’avoir fait dire des messes noires, accompagnées de sacrifices d’enfants, et d’avoir recherché la mort du roi et de la nouvelle favorite, Mademoiselle de Fontanges. Les historiens peinent à démêler le vrai du faux. Toujours est-il qu’elle ne fut pas inquiétée.

Avec l’âge, Louis XIV éprouvait le besoin d’une vie plus régulière, encouragé en ce sens par Madame de Maintenon, devenue entre temps l’amie du roi. Celle-ci, forte d’une réputation sans tache, empruntait la voie de la religion et de la morale pour ramener Louis de ses erreurs. Les sévères exhortations de Mme de Maintenon frappaient le roi par leur justesse ; mais habitué depuis longtemps à l’attrait du plaisir, il s’y laissait entraîner avec Mme de Montespan pour revenir ensuite déplorer sa fragilité auprès de Mme de Maintenon. Telle fut la cause de la jalousie réciproque entre les deux femmes. Louis XIV était lui-même obligé d’intervenir dans leurs querelles pour les raccommoder, pour les voir de nouveau se brouiller le lendemain. Mais c’est une troisième femme qui provoqua la disgrâce de Mme de Montespan. En 1678, Louis XIV tomba éperdument amoureux de la magnifique Marie Angélique de Fontanges, âgée seulement de 17 ans. C’était une protégée de Madame de Montespan qui avait cru pouvoir retenir le roi en lui présentant une jeune oie blanche. Le piège se retourna contre elle. Mademoiselle de Fontanges se retrouva vite enceinte mais accoucha prématurément d’un petit garçon qui ne survécut pas. Elle fut alors prise d’un mal lent qui l’affaiblissait de jour en jour et finit par la tuer. Or cette mort précoce intervint en pleine affaire des poisons. Compromise dans cette sombre histoire (à tort, puisqu’on sait maintenant que Mlle de Fontanges est morte d’une éclampsie), la marquise fut délaissée par le roi : elle dut quitter son appartement du château de Versailles, attribué à son fils, pour vivre dans les sous-pentes du château.

Depuis 1683, Mme de Montespan n’avait plus de titre mais elle demeura cependant à la Cour, ne pouvant se résoudre à s’éloigner du roi. Elle suivait le train de vie, donnant de grandes fêtes, vivant toujours sur un grand pied. En 1685, sa fille Mlle de Nantes épousait le duc de Bourbon, Louis III de Bourbon-Condé. En 1692, son fils le duc du Maine se mariait avec une petite-fille du Grand Condé et sa fille Mlle de Blois devenait l’épouse du duc de Chartres, neveu du roi. Elle était fière des brillants mariages de ses enfants. Le roi lui-même a d’ailleurs envisagé que le duc du Maine monte sur le trône en cas d’extinction des Bourbons et, à sa mort, il souhaita que celui-ci et son frère, le comte de Toulouse, assurent la Régence du futur Louis XV. En 1691, Madame de Montespan se retira à Paris où elle vécut dans la dévotion, la générosité et la volonté d’expier ses torts passés. Elle se disait toujours malade, sans l’être véritablement, et elle montrait constamment la crainte la plus vive de mourir. Son appartement restait éclairé pendant la nuit, et on la veillait toute la nuit au cas où son sommeil vînt à s’interrompre. Sa vie s’acheva en une longue pénitence. Elle retrouva l’humilité chrétienne, chercha à racheter ses péchés et le scandale de l’adultère par une vie de jeûne, de prière et de charité. Elle mourut en 1707, lors d’une cure à Bourbon-l’Archambault, après avoir fait une confession publique. Elle fut inhumée dans la chapelle des Cordeliers de Poitiers.

Anecdote

Pour son maquillage, Mme de Montespan utilisait en abondance, comme une bonne partie des dames de la cour, du blanc de céruse, qui n’est autre que du carbonate de plomb, interdit en 1905 à cause de sa grande toxicité.

  • MARIE-ÉLISABETH (dite Isabelle) DE LUDRES, chanoinesse de Mons (1642-1726) : Relation avec le roi : de 1675 à 1677.

À son arrivée elle reçoit une charge de Dame d’honneur de  »Madame », duchesse d’Orléans, belle-sœur du roi, puis, à la mort de celle-ci, passe au service de la reine Marie-Thérèse (1670), puis de Madame Palatine nouvelle « Madame », seconde épouse du frère du roi (1673).

La lutte avec la Montespan

La beauté, mais aussi le zézaiement et l’accent lorrain (un accent traînant et voluptueux) d’Isabelle de Ludres attirent les courtisans. Elle leur aurait résisté, jusqu’à ce que, suite à une disgrâce passagère de Madame de Montespan, à Pâques 1675, le roi s’intéresse à elle. Leur liaison est assez discrète, mais pas suffisamment pour ne pas éveiller la jalousie de la favorite en titre. Cette dernière fait courir le bruit que « la belle de Ludres » a le corps recouvert de dartres, ainsi que « la gale, la lèpre, et toutes les maladies imaginables ». Le roi a beau jeu de vérifier par lui-même la fausseté de ces allégations et garde Isabelle auprès de lui.

Il est cependant contraint de se séparer d’elle, ou d’en faire mine, lors du retour de la plantureuse Athénaïs. Volontiers moqueuse, celle-ci s’évertue à critiquer Isabelle devant le roi, notamment en la traitant de « haillon », mais elle ne peut empêcher Louis XIV de la fréquenter de nouveau lorsqu’elle doit quitter la cour au printemps 1676, enceinte du sixième enfant naturel qu’elle doit aux assiduités du roi.

L’apogée et la chute

Pendant que le roi est en campagne contre les Espagnols, Isabelle ébruite sa liaison avec lui, disant même qu’elle est enceinte de ses œuvres. Le chroniqueur Primi Visconti raconte que les dames disposant du privilège envié du tabouret chez la reine se levaient à l’arrivée d’Isabelle de Ludres. Elle se vante d’avoir « débusqué » Madame de Montespan et se voit déjà nouvelle favorite attitrée. Elle a même l’audace d’écrire en personne au roi, qui est encore aux armées. Leur relation devant demeurer secrète, Louis XIV s’en irrite. Il ne la chasse pas de la cour, mais rompt tout commerce avec elle.

Au retour du roi, puis de la marquise de Montespan, Isabelle doit subir à nouveau les sarcasmes de cette dernière, mais publiquement. Un jour que la cour entend la messe, le roi salue Isabelle de Ludres. Athénaïs fait alors irruption et leur adresse des reproches devant toute l’assemblée.

La retraite.

Au début de 1678, Isabelle quitte le service de Madame et se retire au couvent de la Visitation de Sainte-Marie, après avoir refusé un don d’argent que lui propose le roi. Tout comme celui de la duchesse de La Vallière quatre ans plus tôt, le départ de la chanoinesse laisse ce dernier indifférent.

Elle vit plusieurs années dans des cloîtres parisiens. Endettée, Isabelle est contrainte de réclamer une pension au roi, qui la lui accorde. Elle regagne ensuite sa Lorraine natale (qui retrouve son indépendance au traité de Ryswick en 1697). La « belle de Ludres » est créée marquise en 1720. Elle a à son service les parents de la future comtesse du Barry. Elle meurt à Nancy le 28 janvier 1726 âgée de près de 80 ans.

  • CLAUDE DE VIN DES OEILLETS dite Mademoiselle des Oeillets (1637-1687) :  Relation avec le roi : vers 1670 à 1676 (dont probablement trois enfants).

    Fille de Nicolas de Vin et de Louise Faviot, fidèle dame de compagnie de Madame de Montespan, elle fut accusée après l’affaire des poisons d’avoir participé à des messes noires à la place de sa maîtresse. Protégée par le roi et par Colbert, elle ne fut pas autrement inquiétée, mais ces accusations contribuèrent à éloigner le roi de la marquise de Montespan. Elle finit ses jours dans son hôtel particulier de la  rue Montmartre, à Paris, où elle mena une vie retirée à partir de 1678, dans un certain luxe, avec serviteurs et carosses. Elle était également propriétaire du château de Suisnes, près de Brie-Comte-Robert, qui lui servait de maison de campagne.

Château de Suisnes.

  • Elle eut un enfant de Louis XIV vers 1676 :  Louise Marie Antoinette Josèphe Jeanne de Bourbon (1676-1718) de Maisonblanche, qui fut élevée avec le plus grand soin par sa mère et se maria.  Elle eut onze enfants. Louis XIV ne l’a pas reconnue.
  • FRANÇOISE D’AUBIGNÉ, marquise de Maintenon (1635-1719), deuxième épouse du roi.  Relation avec le Roi : de 1674 à 1715.  Elle était une dame française des XVIIe et XVIIIe siècles qui fut l’épouse puis la veuve de Paul Scarron. Par la suite, elle fut titrée marquise de Maintenon. Elle est la fondatrice de la Maison royale de Saint-Louis.

    Gouvernante des enfants naturels de Louis XIV (1638–1715), roi de France et de Navarre, elle devint secrètement son épouse après la mort de la reine Marie-Thérèse en 1683, attirant à elle autant la flagornerie que la haine de la Cour et de la famille royale.

     

En 1669, sur la proposition de Mme d’Heudicourt, elle accepte la charge de gouvernante des enfants illégitimes du roi et de Mme de Montespan, alors qu’elle vient de refuser d’être la dame de compagnie de Marie-Françoise de Savoie-Nemours, reine du Portugal. Elle s’installe donc à proximité de la capitale dans un grand hôtel du village de Vaugicard, y vit dans la plus grande discrétion et y rencontre pour la première fois le roi qui s’y aventurait pour voir ses enfants.

Celui-ci, qui ressent beaucoup d’affection pour ses enfants adultérins, constate l’attention maternelle dont la veuve Scarron entoure ses petits protégés. Lors de la mort de l’aîné d’entre eux, remarquant le chagrin et les larmes de la nourrice de ses enfants, il confie à un proche : « Comme elle sait bien aimer, il y aurait du plaisir à être aimé d’elle ».

Elle réapparaît à la cour en 1673 lors de la légitimation des bâtards royaux (enfants dont le nom de la mère reste officiellement inconnu).

Madame de Maintenon acquiert en 1674, l’année de la dissolution de la Compagnie française des Indes occidentales, la nouvelle ferme du tabac, un monopole fiscal sur les 2,5 millions de livres produites annuellement à Saint-Domingue, qu’elle revend rapidement à un consortium de financiers mené par le banquier Antoine Crozat, futur entrepreneur de la Louisiane.

Le 27 décembre 1674, elle achète pour 150 000 livres, avec l’argent de sa revente, le château et le titre de Maintenon à Françoise d’Angennes épouse Odet de Riantz, marquis de Villeroy, héritière de Charles François d’Angennes, marquis de Maintenon, qui fut gouverneur de Marie-Galante (le titre qu’avait convoité le père de Françoise) et qui devient l’année suivante l’un des chefs des flibustiers aux Antilles pendant deux ans, avant de pourchasser ces mêmes flibustiers pour le compte du Roi, puis devenir le plus riche planteur de la Martinique, dans le village même où avait habité Françoise, au nord de Saint-Pierre de la Martinique. Les enfants bâtards du roi, d’abord élevés à Vaugirard, le sont ensuite aussi dans le château de Maintenon. L’un d’eux accompagnera en 1691 Cavelier de la Salle dans l’expédition de trois navires en Louisiane, qui se terminera par un fiasco.

SITE OFFICIEL DU CHÂTEAU DE MAINTENON

Madame de Maintenon

En 1674, Françoise d’Aubigné, future Madame de Maintenon achète l’ensemble du domaine : château, terres, fermes, etc., grâce au soutien financier du roi Louis XIV, en espérant s’y retirer pour ses vieux jours. Les principales extensions que connaît le château à partir de 1686 sont étroitement liées à la construction de l’aqueduc et aux séjours du roi au château à cette occasion. Passé 1688, elle ne séjournera plus au château.

Les familles Noailles et Raindre

En 1695, sans descendance directe, Madame de Maintenon lèguera le domaine, en dot, à sa nièce Françoise Amable d’Aubigné lors de son mariage avec Adrien Maurice, duc d’Ayen puis duc de Noailles. Le château restera alors dans la famille de Noailles.

En 1983, M. et Mme Raindre, propriétaires actuels et descendants de la famille des Noailles, lèguent le domaine à la Fondation Maintenon pour sauvegarder ce majestueux patrimoine.

Le Conseil Général d’Eure-et-Loir

En 2005, la fondation confie la gestion du château au Conseil général d’Eure-et-Loir.

Aujourd’hui, le Conseil Général d’Eure-et-Loir assume en intégralité l’entretien, la gestion, l’exploitation et l’animation du site.

Château de Maintenon.

Les traces écrites de sa véritable relation avec le roi la font remonter à 1675, même s’ils se sont rencontrés dès 1669. D’ailleurs, Louis XIV écrivit dans son journal « il y a quelques jours, un gentilhomme de gris vêtu, peut-être un prince errant incognito, entreprit durant la nuit une nymphe égarée dans le parc de Saint-Germain. Il savoit le nom de cette nymphe, qu’elle étoit belle, bonne, pleine d’esprit mais sage. La nymphe cependant se laissa faire et ne lui refusa aucune faveur. Cette nymphe ressemblait à s’y méprendre à Mme Scarron, et je crois deviner qui étoit le prince vêtu de gris. Ce prince est comme moi, il déteste les femmes légères, il honnit les prudes, il aime les sages. » Sa faveur commença à se déclarer lorsque, en 1675, le roi la nomma « Madame de Maintenon ».

Par la suite, elle se rendit à Barèges pour soigner le duc du Maine, franchissant le col du Tournalet en 1675. Dès lors tout s’accéléra, sa faveur grandit, Louis XIV lui conféra en 1680 la charge de « dame d’atours » de la dauphine Marie-Anne de Bavière, et elle forma aussitôt avec le roi le vrai couple parental des bâtards, dont l’aîné, le duc du Maine, faisait les délices d’après les chroniques.

Le marriage secret.

Louis XIV par Mignard (avant 1695).

La disgrâce progressive de Madame de Montespan, compromise dans l’affaire des poisons, la mort en couches de Mademoiselle de Fontanges, dernière favorite du roi, puis, le 30 juillet 1683, celle de la reine Marie-Thérèse d’Autriche (1638-1683) mettent fin au cas de conscience qui se posait à Mme de Maintenon concernant sa relation avec Louis XIV et lui permettent de prendre un ascendant grandissant sur le roi. Celui-ci, éternel amoureux, a besoin d’une femme, mais sa « conversion » l’incite à fuir le péché de la chair. Ne voyant pas d’utilité en une union politique avec l’infante Isabelle du Portugal ou la princesse Anne-Marie-Louise de Toscane, pourtant citées comme favorites pour le trône, le roi penche vite pour un mariage d’inclination avec celle qu’il aime raisonnablement.

Avec le soutien actif de l’Église de France, Françoise d’Aubigné, veuve Scarron, âgée de près de quarante-huit ans, épouse secrètement, dans la nuit du 9 au 10 octobre 1683, le roi de France et de Navarre, « le plus grand roi du monde » selon les dires de Louvois. A la Cour, on sait bien ce qu’il en est : le roi passe une grande partie de son temps dans les appartements de sa femme et, lorsque Madame de Maintenon se déplace en chaise à porteurs, les princesses doivent suivre immédiatement derrière. Ce qui fera dire à Madame de Maintenon : « Mon bonheur est éclatant ».

Son influence sur Louis XIV.

Mme de Maintenon fait planer sur la cour à la fin du règne de Louis XIV une ère de dévotion et d’austérité. On lui prête une grande influence sur le roi et sur la Cour, notamment concernant la décision ayant conduit à la révocation, en 1685, de l’édit de Nantes, qui provoqua l’exode d’une grande partie des protestants, ou l’incitation au déclenchement de la guerre de Succession d’Espagne en 1701. Les historiens se sont beaucoup interrogés sur le rôle effectif joué par Mme de Maintenon, accusée de tous les maux. En ce qui concerne précisément la révocation de l’édit de Nantes par l’édit de Fontainebleau, l’ensemble des historiens souscrit aujourd’hui à la démonstration résumée par François Bluche dans sa biographie de référence sur le grand roi :

« La marquise de Maintenon se réjouit des conversions, quand elles lui semblent le résultat de la persuasion et de la douceur. Mais elle répugne à la contrainte envers ses anciens coreligionnaires. Seules une polémique outrancière, puis une légende sans fondement pourront faire croire qu’elle ait encouragé le monarque à la dureté. »

De fait, la révocation de l’édit de Nantes n’était que la dernière phase d’un processus de normalisation religieuse que le roi avait commencé quelques années plus tôt avec les dragonnades et les missionnaires chargés de convertir les protestants de gré ou de force.

Il est sûr que son statut ambigu (elle était une simple mondaine en public, reine en privé, mais aussi collaboratrice, belle-mère et belle grand-mère) fut source pour elle d’une grande tension psychologique. Peu aimée de la famille royale, elle le fut encore moins des courtisans et du peuple qui lui prêtaient un pouvoir disproportionné et voyaient en elle le « mauvais génie » de Louis XIV.Nous pouvons donc dire que ce pouvoir n’était pas si important que cela. Certes elle était écoutée du roi qui lui demandait même volontier ses conseils, mais ceux-ci étaient rarement appliqués ou alors en partie . Nous savons aussi que le roi n’était pas toujours tendre avec elle, l’assenant des fois de réplique cassantes sur ses origines ou sur son tempérament. On sait aussi aujourd’hui que la marquise ne cherchait pas forcément a avoir de l’influence sur le roi, elle s’était toujours dit novice en politique. En revanche, on peut dire que le pouvoir de la Marquise dans la famille royale était, lui, beaucoup plus important. Le Roi lui faisait confiance et lui confiait souvent des missions de remontrances envers certaines princesses dont il était las des querelles. A défaut d’être aimée, elle fut respectée par tous les membres de la famille royale. Nous savons aussi en revanche que le Roi lui faisait grande confiance en ce qui le concernait et ainsi on ne peut nier que la dévotion qui s’empara de lui et de la cour à partir de la fin du XVIIe fut dû à l’influence de la Marquise. Ainsi donc, elle n’eut aucunes influences sur le plan politique contrairement à ce que l’on dit, mais une influence et un pouvoir important sur le caractère du roi et la condition de la cour durant toute la fin du règne, ce qui est loin d’être insignifiant et sans importance.

Dernières années

Françoise d’Aubigné, gravure romantique.

En 1715, trois jours avant la mort du roi, Madame de Maintenon se retire à Saint-Cyr dans la Maison royale de Saint-Louis, maison d’éducation pour jeunes filles nobles et désargentées fondée en 1686, où elle reçoit la visite du tsar Pierre Le Grand (qui était « venu voir tout ce qui en valait la peine en France »). Elle y meurt  le 15 avril 1719.

En 1793, la Maison royale devint un hôpital militaire pour finalement accueillir, de 1808 à 1940, l’École spéciale militaire de Saint-Cyr et, depuis les années 1960, le lycée militaire de Saint-Cyr.

Enterrement et destin posthume

Enterrement.

« Le dix-septième jour du mois d’avril mille sept cent dix-neuf, a été inhumée en un cercueil de plomb, et dans un caveau construit au milieu du choeur de cette église, la très haute et très puissante dame madame Françoise d’Aubigné, marquise de Maintenon, institutrice de cette royale maison de Saint-Louis, et y jouissant de tous les honneurs et privilèges des fondateurs. »

Madame de Maintenon est d’abord enterrée dans l’allée centrale de l’église de la Maison Royale de Saint-Louis, là où elle finit sa vie, là où elle dit en y venant pour la première fois : « Ce qui me fait plaisir, c’est que je vois ici ma retraite et mon tombeau ». Sur la dalle de marbre noir, on pouvait lire cette longue épitaphe composée par l’abbé René Aubert de Vertot :

« CI GÎT.

Très haute et très puissante dame
Madame Françoise d’Aubigné, Marquise de Maintenon,
Femme illustre, femme vraiment chrétienne;
Cette femme forte que  le Sage chercha vainement dans son siècle,
Et qu’il nous eût proposé pour modèle
S’il eût vécu dans le nôtre.
Sa naissance fut très noble.
On loua de bonne heure son esprit, plus encore sa vertue.
La sagesse, la douceur et la modestie
Formaient son caractère, qui ne se démentit jamais.
Toujours égale dans les différentes situations de la vie;
Mêmes principes, mêmes règles, mêmes vertus.
Fidèle dans les exercices de piété,
Tranquille au milieu des agitations de la Cour
Simple dans la Grandeur,
Pauvre dans le centre des richesses,
Humble au comble des honneurs,
Révérée de Louis le Grand,
Environnée de sa Gloire,
Autorisée par la plus intime confiance,
Dépositaire de ses grâces;
Qui n’a jamais fait usage de son pouvoir
Que par sa bonté.
Une autre Esther dans la faveur, Une seconde Judith dans la retraite et l’oraison;
La mère des pauvres,
L’asile toujours sûr des malheureux.
Une vie si illustre a été terminée par une mort sainte
Et précieuse devant Dieu.
Son corps est resté dans cette maison,
Dont elle avait procuré l’établissement.
Elle a laissé à l’univers l’exemple de ses vertus.
Décédée le 15 avril 1719; née le 28 novembre 1635. »

Pendant la Révolution

En 1794 — la Maison royale devenue un hôpital militaire — divers travaux sont effectués dans l’église désaffectée pour la partager en deux étages. Au cours de ces travaux, les ouvriers trouvent une dalle noire sur laquelle on lit : « La tombe de Madame de Maintenon, favorite d’un Roi ». Il est pourtant difficile de savoir comment cette dalle a pu prendre la place de l’autre. Toujours est-il que les ouvriers brisent la dalle, pénètrent dans le caveau, défoncent le cercueil de chêne et ouvrent le cercueil de plomb pour en arracher « le corps de l’illustre fondatrice de Saint-Cyr ». Selon un témoin oculaire, ils trouvent le corps parfaitement conservé, preuve que les embaumeurs ont accompli un travail délicat. « Ce jour-là, elle fut traitée en reine », écrit un de ses biographes, cité dans L’Allée du Roi.

La dépouille est alors traînée dehors et offerte aux insultes de la foule. Sans source sûre mais seule celle-ci existant, un jeune officier, à la faveur de la nuit, réussit à soustraire le corps à ces outrages et enterre « dans la sombre allée d’un jardin, les restes tout dépouillés, mais reconnaissables encore de Madame de Maintenon ».

Au XIXe siècle

En 1802, le directeur du Prytanée, nommé Crouzet, « ayant été averti (les textes ne disent ni comment ni par qui) de l’endroit de cette sépulture, fit exhumer le cadavre pour le placer dans l’ancienne Cour Verte », actuellement Cour Louis XIV, et cela sans cercueil, mais en jetant simplement les os à même la terre. Sur l’une des faces du tombeau se trouve cette inscription :

« Les Élèves du Collège de Saint-Cyr à Madame de Maintenon
Elle fonda Saint-Cyr, édifia la France;
Son tombeau fut détruit, ses restes outragés;
La jeunesse en gémit, et la reconnaissance
Élève une autre tombe à ses mânes vengés
Collache, Élève »

En 1805, le général Dutheil, commandant le Prytanée, ordonne la destruction du tombeau de « la fanatique qui avait fait révoquer l’édit de Nantes ». Les restes sont alors placés dans un « coffre d’emballage » et relégués dans le débarras de l’économat, à l’emplacement de l’actuelle salle 06J. Pendant trente ans, le coffre est oublié. Sauf par ceux qui dérobent quelques ossements en guise de relique.

En 1836, le colonel Baraguey d’Hilliers, commandant l’École royale militaire, rassemble le contenu de ce coffre et divers objets retrouvés dans le premier tombeau pour les faire déposer dans un mausolée de marbre noir placé dans un renfoncement du chœur de l’église, sans doute à l’emplacement actuel de la statue polychrome de Saint-Louis. Sur le monument, ces mots : « Ci-gît Madame de Maintenon, 1635-1719 ».

En 1890, des travaux ont lieu dans le sous-sol de l’église. Le premier tombeau est comblé et les premiers cercueils, en chêne et en plomb sont détruits, mais l’aumônier en recueille quelques fragments. En 1895, le général de Monard ordonne que ce premier tombeau soit restauré et il fait placer dessus une dalle : « Ici a reposé de 1719 à 1794 le corps de Madame de Maintenon, Fondatrice de la Maison de Saint-Cyr ». Dans le même moment, les débris des premiers cercueils sont joints aux restes contenus dans le mausolée de 1836. À cette occasion, un inventaire détaillé est fait en présence de diverses personnes dont Eugène Titeux. Les médecins de l’École identifient les restes comme ceux « d’une personne très âgée, du sexe féminin ». Titeux déduit de tout cela, peut-être hâtivement, qu’il s’agit des restes de Madame de Maintenon. Le tout – restes et débris des cercueils – est placé dans le mausolée, le 18 juin 1895.

La dernière sépulture

L’établissement occupé par les troupes allemandes est détruit par les bombardements en 1944. C’est pendant des travaux de reconstruction qu’on découvre, dans les greniers de Saint-Cyr, une caisse marquée « ossements de Madame de Maintenon ».

Ces restes, d’abord placés dans la chapelle royale du château de Versailles, sont enterrés depuis le 15 avril 1969 devant l’autel de la chapelle restaurée du nouveau collège militaire de Saint-Cyr, alors que toutes les dépouilles des Rois de France ont été dispersées à la Révolution. Sur la dalle en forme de croix, tous peuvent aujourd’hui lire : « Françoise d’Aubigné, Marquise de Maintenon, 1635-1719 ». Plusieurs personnes participent à cette cérémonie : le colonel Loyer, chef de corps du collège, monsieur Raimbault, directeur des Études, le lieutenant-colonel Gentilleau, commandant en Second, monsieur Prince, Censeur, monsieur Van den Kemp, conservateur du château de Versailles, monsieur Sainsaulier, architecte en chef des bâtiments civils et des Palais Nationaux, les commandants des six compagnies, un élève par compagnie, l’adjudant-chef Chêne, président des sous-officiers, et le père Rey, aumônier du collège. L’acte officiel porte également le nom de l’auteur de ces lignes, au titre de président de l’amicale des professeurs.

Autre épitaphe.

À noter qu’il existe dans le château de Maintenon un cénotaphe de Madame de Maintenon comportant le fac-similé de la plaque épitaphe du premier tombeau de Madame de Maintenon à Saint-Cyr.

Postérité.

  • Honoré de Balzac en a fait un de ses archétypes féminin de La Comédie humaine : « Mais ne serait-ce pas une Maintenon aidée par un confesseur, ou plutôt une femme ambitieuse qui voulait gouverner son mari ? », «  Il vint un moment où Joséphine se trouva devant Balthazar comme madame de Maintenon en présence de Louis XIV, mais sans avoir ni les pompes du pouvoir, ni les ruses d’une cour qui savait jouer des comédies »
  • MARIE-ANGÉLIQUE DE SCORAILLE DE ROUSSILLE, duchesse de Fontanges (1661-1681) :  Relation avec le roi : de 1678 à 1681 (dont un fils).  En 1679, elle tomba dans les bras du roi, alors âgé de 40 ans. Elle fut la dernière à ce titre dans la vie de Louis XIV, dans la mesure où, la relation du roi avec Mme de Montespan était alors finissante et où Mme de Maintenon ne fut pas à proprement parler une favorite puisque le roi l’épousa.

Favorite royale.

Louis XIV fut tout de suite séduit par la jeune beauté, l’ambassadeur Spanheim note : « Le duc de La Rochefoucauld, un des courtisans les plus accrédités dans les bonnes grâces du roi, fut l’entremetteur de sa passion et n’eut pas de peine à y faire répondre agréablement la dame ». En effet, il suffit de quelques mots doux, d’une paire de pendants d’oreilles et d’un sautoir de perles pour la conquérir.

Angélique de Scorailles reçut alors le roi dans sa chambre du Palais-Royal. Les premières semaines, le secret de leur liaison est maintenu, puis le roi décide de la montrer à la Cour un matin lors de la messe, aux côtés de sa maitresse officielle et de la reine. Il porte bien souvent des rubans assortis à ceux d’Angélique et multiplie les fêtes en son honneur, Angélique de Scorailles accumula vite des signes de distinction inouïs et quantité d’argent, de bijoux, de bénéfices.

Voyant la mauvaise tournure que prenait son plan, la marquise de Montespan entra alors dans une de ces colères dont elle avait le secret. Le roi, pour la calmer, lui offrit le privilège du tabouret, seulement réservée aux princesses et duchesses. Mais cela ne calma pas la redoutable marquise qui avait donné neuf enfants au roi : lors d’un séjour de la Cour à Saint-Germain-en-Laye elle fit ravager, dans la nuit, l’appartement de sa rivale par deux ours apprivoisés que Louis XIV lui avait offerts. Angélique fut alors la risée de toute la Cour, du duc de Saint-Simon à la marquise de Sévigné en passant par la Palatine, les moqueries allèrent bon train.

Il y avait entre les deux favorites une sorte de duel, Primi Visconti, ambassadeur de Venise, notait: « « Le Roi vivait avec ses favorites, chacune de son côté, comme dans une famille légitime : la reine recevait leurs visites ainsi que celles des enfants naturels, comme si c’étaient pour elles un devoir à remplir, car tout droit marchait selon la qualité de chacune et la volonté du Roi. Lorsqu’elles assistaient à la messe à Saint-Germain, elles se plaçaient devant les yeux du Roi, Madame de Montespan avec ses enfants sur la tribune à gauche, vis-à-vis de tout le monde, et l’autre à droite, tandis qu’à Versailles, Madame de Montespan était du côté de l’Évangile et Mademoiselle de Fontanges sur des gradins élevés du côté de l’Épitre. Elles priaient, le chapelet ou leur livre de messe à la main, levant les yeux en extase, comme des saintes » ».

Déclin de la faveur royale.

À l’automne 1679, le roi commence à se lasser d’Angélique de Scorraille, à cause du manque d’esprit de la favorite. La marquise de Montespan en profite alors pour charger Madame de Maintenon de persuader la jeune fille de renoncer à sa position de favorite. La demoiselle répondit : « Madame, vous me demandez de me défaire d’une passion comme on quitte une chemise ! Vous ne connaissez donc rien aux mouvements du cœur ? ». La sévère Maintenon en resta pantoise. Angélique n’a aucune envie de renoncer au roi et aux avantages que peut lui procurer sa position.

Maladie.

En Janvier 1680, elle accoucha prématurément d’un garçon mort-né, c’est un accouchement dont elle ne se remettra pas. Madame de Sévigné écrit « On la soigne d’une perte de sang très opiniâtre et très désobligeante, dont ses prospérités sont troublées ». La Fontanges recouvre pourtant sa beauté resplendissante et reparait à la Cour, brièvement hélas car souffrant toujours d’hémorragies (« blessée dans le service », écrit la caustique marquise de Sévigné), elle devient languissante et sa beauté s’altère.  Louis XIV n’aimant pas les femmes malades, et Angélique de Scorraille ayant perdu sa beauté, son seul atout, il se désintéresse tout à fait d’elle. En cadeau d’adieu, le 6 avril 1680, il la fait duchesse de Fontanges (sans constitution régulière du duché, ni même un brevet) et lui octroie 22 000 écus de pension.

Mort.

Après avoir beaucoup pleuré, plus de l’insensibilité du roi que de sa maladie, la jeune femme se retira à l’abbaye de Chelles « pour y mourir ». Lors de son séjour dans cette abbaye, Marie-Angélique échappe de peu à une tentative d’empoisonnement. En effet, son médecin lui prescrit de l’eau minérale qui est apportée le soir même dans six flacons. Le lendemain, on s’aperçoit que les flacons sont remplis de poison. Heureusement, la duchesse n’a pas bu cette eau. L’identité de l’auteur de cette tentative d’empoisonnement ne fut jamais découverte. Peu après éclatera l’affaire des poisons dans laquelle nombre de membres de la cour y compris madame de Montespan seront compromis.

Louis XIV alla tardivement rendre visite à Angélique de Fontanges et eut quelques sanglots, ce qui fit dire à la duchesse: « « Je meurs contente, puisque mes derniers regards ont vu pleurer mon Roi » ». On transporta la duchesse à l’abbaye de Port-Royal de Paris, où elle mourut le 28 juin 1681. Le roi apprit la nouvelle par le duc de Noailles, auquel il répondit: « Quoique j’attendisse, il y a longtemps, la nouvelle que vous m’avez mandée, elle n’a pas laissé de me surprendre et de me fâcher… Faites un compliment de ma part aux frères et sœurs, et les assurez que, dans les occasions, ils me trouveront toujours disposé à leur donner des marques de ma protection. ».

Sa dépouille est enterrée dans la chapelle de l’Abbaye de Port-Royal au Faubourg Saint-Jacques et son coeur a été transporté à l’Abbaye de Chelles où sa sœur était abbesse.

CHARLOTTE-ÉLÉONORE MAGDELEINE DE LA MOTHE-HOUDANCOURT, duchesse de Ventadour (1654-1744) : Seconde mère de Louis XV : Relation avec le roi : 1681.  Elle est la gouvernante des enfants royaux. Elle devient par son mariage avec Louis-Charles de Lévis, Duchesse de Ventadour et dame de Roberval de 1685 à 1744.

Comme le fût avant elle sa mère, Charlotte est nommée en 1704 gouvernante du duc de Bretagne, premier né des arrières petits enfants du roi. Elle possède le château de Montpoupon (Touraine).

Château de Montpoupon.

Sa mère, Louise de Prie, meurt en 1709. Mme de Ventadour se fait peindre, en habits de deuil, en compagnie de Louis XIV, Monseigneur le Grand Dauphin, le Duc de Bourgogne, et tenant en lisière le petit duc de Bretagne.

En 1712 meurt la dauphine, bientôt suivie du dauphin et de leur fils aîné, le duc de Bretagne. Au mépris des convenances, Charlotte brave l’autorité des médecins. Elle les empêche de s’approcher du duc d’Anjou et le soigne elle-même. L’enfant guérit.

En 1717 Louix XV change de gouverneur: François de Neufville de Villeroy est un ami (voire ancien amant) de Charlotte. Il a 78 ans. Charlotte cesse d’être la gouvernante de Louis XV mais est nommée dame d’Honneur de la duchesse douairière d’Orléans, mère du régent (Madame Palatine).

En 1727, elle devient la gouvernante des enfants de Louis XV. Sa petite-fille, la duchesse de Talard, est nommée « survivancière » (adjointe destinée à lui succéder) : la charge reste dans la famille, preuve de la confiance et de l’attachement du roi.

A partir de 1738, les princesses de moins de 6 ans sont envoyées à l’abbaye de Fontevraud achever leur éducation pour des raisons d’économie.

  • DIANE-GABRIELLE DAMAS DE THIANGES, duchesse de Nevers (1656-1715) : Relation avec le roi : 1680 (liaison supposée) : Épouse en 1670, Philippe Julien Mancini, 9ème duc de Nevers.

En 1676, elle avait déjà su se faire remarquer du roi et au début d’août, il y avaient certaines rumeurs qui disaient aussi qu’elle était devenue (comme sa sœur, Louise-Adélaïde, duchesse de Sforza ou Mlle de Rochefort-Théobon) sa maitresse. Mais le 7 août, Mme de Sévigné dément cette rumeur, ne doutant pas de la souveraine puissance de Quanto, comme elle l’appelait : « Elle se sent au-dessus de toutes choses et ne craint non plus ses petites morveuses de nièces que si elles étaient charbonnées. Comme elle a bien de l’esprit, elle paraît entièrement délivrée de la crainte d’enfermer le loup dans la bergerie : sa beauté est extrême, et sa parure est comme sa beauté, et sa gaieté comme sa parure. »… En 1680, Mme de Montespan ainsi que sa mère, voulurent la pousser dans le lit du roi pour remplacer la duchesse de Fontanges. Mais le projet échoua, non parce que le roi se désintéressa de la jeune femme mais aussi parce que Diane-Gabrielle aimait son époux et que celui-ci se montrait trop jaloux quand les autres hommes essayaient de la courtiser. Selon Mme de Sévigné il était (comme il est mentionné au début du texte) « difficile à ferrer ». Saint-Simon décrit la relation de Diane de Thianges avec son mari : « … Le duc de Nevers épousa en 1670 la plus belle personne de la cour, fille ainée de Mme de Thianges et nièce de Mme de Montespan. Il fut souvent jaloux fort inutilement mais jamais brouillé avec sa femme, qui était fort de la cour et du grand monde ; il ne l’appelait jamais que Diane… »

Le projet fut repris en 1681, lorsqu’il fut objet d’éloigner Mme de Maintenon, ancienne gouvernante des bâtards, du roi, au risque de provoquer l’ire non seulement du mari mais aussi du duc d’Enghien, fils du Grand Condé, qui en était amoureux. Cette intrigue échoua misérablement. Louis XIV semblait pour l’heure éloigné des désordres sensuels. Il écoutait de bonne grâce le sermon des prêtres et, à la Pentecôte, s’était approché de la sainte table. Lorsque le duc de Nevers soupçonnait que la Montespan voulait mettre sa femme dans le lit du roi, sa solution était alors de s’emparer de son épouse et de filer en voyage vers l’Italie sans prévenir. Saint Simon ajoute : « Il lui est arrivé trois ou quatre fois d’entrer le matin dans sa chambre, de la faire lever, et tout de suite de la faire monter en carrosse, sans qu’elle, ni pas un de leurs gens à tous deux, se fussent douter de rien, et de partir de là pour Rome, sans le moindre préparatif, ni que lui-même y eut songé trois jours auparavant. Ils y ont fait des séjours considérables. » N’ayant pas eu de charge à la cour, non plus que son mari, elle n’apparait pas dans les états des appartements de VersaillesVeuve en 1707, la duchesse de Nevers devint fort avare et fit parti de la cour de la duchesse du Maine au château de Sceaux. Diane-Gabrielle de Damas de Thianges mourut le 11 Janvier 1715, peu de mois avant le Roi-Soleil. Voilà ce qu’en dit Saint-Simon : « La duchesse de Nevers mourut en ce temps-ci… Peu de femmes l’avaient surpassée en beauté. La sienne était de toutes les sortes, avec une singularité qui charmait. On ne pouvait se lasser de lui entendre raconter les aventures de ses voyages d’Italie… Mme de Nevers à plus de soixante ans était encore parfaitement belle, lorsqu’elle mourut d’une maladie fort courte. » Elle est aujourd’hui l’une des ancêtres des princes de Monaco.

  • LOUISE-ÉLISABETH ROUXEL, dite Mme de Grancey (1653-1711) Relation avec le roi en 1681.

Dès le 10 mai 1669, Saint-Maurice faisait aussi mention de son aventure avec le roi dans la lettre à son maître : « On tient pour certain que le roi  est las de Mme de Montespan et qu’il regarde de bon oeil Mlle de Grancey, que M. et Mme de Coëtquen poussent à la faveur. Le maréchal de Grancey, qui m’en a fait la confidence, en a grande alarme. Je le persuade que ce sera sa fortune et celle de sa maison ; il témoigne y répugner, mais je crois qu’il le souhaite… » Pour la faire perdre dans l’esprit du roi, Mme de Montespan fit courir le bruit qu’elle avait eue un enfant avec le chevalier de Lorraine. Sur l’insistance du duc d’Orléans, elle sera nommée dame d’atour de sa fille, Marie-Louise d‘Orléans, qui devient reine d’Espagne en 1679. C’est cette charge qui la fit appeler « Madame de Grancey » alors qu’elle resta demoiselle car elle ne fut pas mariée. Elle mourut le 26 Novembre 1711. Saint-Simon mentionne son décès : « En même temps mourut encore Mme de Grancey, fille du maréchal de Grancey, qui n’avait jamais été mariée, et qui était l’aînée de Mme de Maré, dont j’ai parlé plus d’une fois. Elle avait été belle, et à son âge elle se la croyait encore, moyennant force rouge et blanc et les parures de la jeunesse. Elle avait été extrêmement du grand monde, fort galante, et avait longtemps gouverné le Palais-Royal sous le stérile personnage de maîtresse de Monsieur, qui avait d’autres goûts qu’il crut un temps masquer par là, et en effet par le pouvoir entier qu’elle eut toujours sur le chevalier de Lorraine. Elle ne paraissait guère à la cour qui n’était pas son terrain. Monsieur, pour la faire appeler Madame, l’avait faite dame d’atours de la reine d’Espagne, sa fille, qu’elle accompagna en cette qualité jusqu’à la frontière. »

  • MARIE-LOUISE DE LAVAL-MONTMORENCY, Duchesse de Roquelaure (1723-1794). Relation avec le roi : 1683 (dont probablement une fille) :

A la cour, Marie Louise de Laval fut nommée avant 1683 fille d’honneur de la dauphine Marie-Anne-Christine de Bavière. Elle abandonna sa charge cette année-là étant tombée enceinte des œuvres du roi Louis XIV, dont elle fut l’une des maitresses passagères. Voici ce qu’en dit Saint Simon : « Le roi épris de Mlle de Laval, fille d’honneur de Mme la Dauphine, la maria à Biran, fils de Roquelaure, duc à brevet, moyennant un autre brevet de duc pour lui. On n’oubliera guère le bon mot qui lui échappa en nombreuse compagnie à la naissance de sa fille aînée. “Mademoiselle, dit-il, soyez la bienvenue, je ne vous attendais pas de si tôt.” En effet, elle ne s’était pas fait attendre. C’était un plaisant de profession, qui, avec force bas comique, en disait quelquefois d’assez bonnes et jusque sur soi-même, comme on le voit ici. Le roi eut toujours de la considération et de la distinction pour Mme de Roquelaure, née aussi plus que personne que j’aie connu pour cheminer dans une cour.

Il ne put enfin résister à ses peines sur la situation de son mari. On verra bientôt de quelle façon il fut tiré du service pour toujours. Elle n’apporta pas un écu en mariage dans une maison fort obérée. Son art et son crédit la rendirent une des plus solidement riche, mais la beauté heureuse était sous Louis XIV la dot des dots, dont Mme de Soubise est bien un autre exemple. Une autre tira beaucoup de profit toute sa vie de la même conduite, mais ni la beauté, ni l’art, ni la position de cette belle, et de son bouffon de mari, ne permit à celle-ci la durée, la continuité, ni rien de l’éclat où l’autre (la Montespan) parvint ». Quant à Mme de Caylus : « Melle de Laval, fille d’honneur de Madame la Dauphine, avait un grand air, une belle taille, un visage agréable, et dansait parfaitement bien. On prétend qu’elle plut au roi… il la maria à Mr de Roquelaure, et le fit duc à brevet, comme avait été son père. Mme de Maintenon conseilla au duc de Roquelaure d’épouser Melle de Laval. Roquelaure surpris, ne put s’empêcher de dire : « pourrais-je l’épouser avec les bruits qui courent ? Qui m’asurera qu’ils sont sans fondement ? » ; « Moi », répondit Mme de Maintenon, « je vois les choses de près et je n’ai point d’intérêt à vous tromper ». Il la crut, le mariage se fit ; et le public, moins crédule, tint discours et en fit tenir à Mr de Roquelaure de peu convenables. On fit aussi des chansons, comme on ne manque jamais d’en faire à Paris ». En effet, devenue maitresse de Louis XIV, elle tomba enceinte de ses œuvres et le roi ne voulant pas légitimer l’enfant, maria la mère en toute hâte à Antoine Gaston, duc de Roquelaure (1656-1738) tout en donnant à ce dernier une forte somme d’argent pour acheter son silence. Le mariage est célébré le 19 mai 1683 et deux filles naquirent de cette union : Françoise (1683-1740) et Élisabeth (1688-1752). A la naissance de sa première fille (née peut être des amours du roi), le duc de Roquelaure s’exclama : « Mademoiselle, soyez la bienvenue. Je ne vous attendais pas de si tôt ».

LUCIE DE LA MOTTE-ARGENCOURT (1637- ?) Relation avec le Roi : 1657 :

En 1657, Louis XIV, commence à se lasser d’Olympe Mancini, une autre jeune fille retient son attention. Il s’agit de Lucie de la Motte-Argencourt qui, sans avoir beaucoup d’esprit, présente une physionomie agréable et gracieuse. Olympe Mancini est brune, la jeune demoiselle est blonde aux yeux bleus. Mlle de la Motte-Argencourt séduit le roi par sa manière douce et agréable de parler ainsi qu’en raison de son goût pour la danse, domaine où elle excelle. Cette nouvelle passion inquiète Anne d’Autriche qui lorsqu’elle tente de freiner son fils, se voit répondre qu’il est le roi et qu’il fait comme bon lui semble. L’affaire prend une autre tournure lorsque Mazarin découvre que Lucie est la maîtresse du marquis de Richelieu et peut être celle de Monsieur de Chamarante. Lorsque Louis appris la chose, il se détourna de Mlle de la Motte-Argencourt. Celle-ci fut invitée à se rendre au couvent de Sainte-Marie à Chaillot où elle demeura le reste de sa vie bien qu’elle n’y fut pas forcée et qu’elle ne prononça pas ses vœux.

ANNE-MADELEINE DE LISLE MARIVAULT ( ?-1698) Relation avec le roi : 1657 :  Dame d’honneur de la duchesse de Bourgogne.

Alors qu’il est avec Mlle de La Motte-Argencourt, le roi la trompe avec une demoiselle prénommée Anne de Lisle Marivault. Elle est la fille de François de Lisle, marquis de Marivaux (mort en août 1666) et de Catherine Caillebot de la Salle. C’est une jeune fille du même âge que le roi de France, même si on ne connait pas sa date de naissance. On pense qu’elle serait probablement du même âge que Louis, ou même plus âgé que lui parce que celui-ci l’a pris pour maîtresse en étant encore très jeune (il avait dix-neuf ans à cette époque). Leur liaison sera des plus brèves. Elle épousera le 17 février 1661, Jean Louis de Louet, marquis de Calvisson (1630-1700) gouverneur du Languedoc. Anne de Lisle Marivault s’éteint le 15 mai 1698.

LA FILLE D’UN JARDINIER ( ?- ?)  Relation avec le roi : 1658 (dont une fille née en 1659) :

Après le départ de Lucie de la Motte-Argencourt, Louis XIV pose les yeux sur la fille d’un jardinier en 1658. L’histoire n’a pas retenu son nom et si nous sommes au courant de cette brève liaison c’est grâce à Saint-Simon qui l’a rapporté dans ses Mémoires. Le roi se consola donc dans les bras de la jeune fille qui tomba enceinte et accoucha d’une petite fille en 1659, date à laquelle Louis ne regardait plus que Marie Mancini. Naturellement, il était hors de question de reconnaître l’enfant comme étant celui de sa Majesté. Un roi ne peut exposer la preuve d’une relation avec la fille d’un jardinier, personne sans noblesse. La mère de la fillette fut mise au couvent sur ordre d’Anne d’Autriche et de Mazarin. Quant à la fille de Louis XIV, on lui fit épouser un certain baron de la Queue qui espérait bien obtenir quelques faveurs du roi, ayant épousé sa fille aînée. Il se trompait. Bien que sachant qui était son père, la jeune femme, dont l’histoire a également oublié le nom, n’eut jamais le moindre regard de la part du roi son père. Elle donna plusieurs enfants au baron et mourut à 26 ou 28 ans.

HORTENSE MANCINI, duchesse de Mazarin (1646-1699), relation avec le roi : 1661 (relation supposée) :  Cette ancêtre des Grimaldi, princes de Monaco, fut considéré comme l’une des plus belles femmes de son temps.

Le roi Louis XIV, qui s’était déclaré son protecteur, et agacé du comportement du duc qui, pris d’un accès de bigoterie, avait mutilé des œuvres d’art de la précieuse collection de Mazarin, fut touché de sa situation et lui fit obtenir une pension annuelle de vingt-quatre mille livres et douze mille livres en argent comptant pour s’en retourner à Rome, ce que son mari était loin d’approuver.

Elle s’enfuit de cette ville peu de temps après avec sa sœur, la Connétable Colonna. En quittant celle-ci, elle se retira à Chambéry, où elle séjourna trois années dans la société des personnes les plus distinguées par leur esprit et par leur naissance.

Après la mort de Charles-Emmanuel II, duc de Savoie, qui s’était aussi déclaré son protecteur, qui mourut jeune, craignant de n’avoir pas également à se louer de la régente Marie-Jeanne, elle passa en Angleterre (1675) suivie de l’abbé de Saint-Réal, qui lui était très attaché.

Considéré comme l’une des plus belles femmes de son siècle, Hortense n’avait encore rien perdu de sa première beauté ni de ses agréments. Elle avait toujours eu beaucoup d’indifférence pour la vie et elle ne démentit point les sentiments qu’elle avait témoignés à cet égard. Elle était douée d’un esprit vif et parlait d’une manière très agréable, mais jamais elle n’eut la prétention de passer pour une auteure : une preuve que l’on en peut donné, c’est qu’elle permettait à Saint-Évremond de la railler sur ses fautes d’orthographe.

Elle fut l’arrière-grand-mère des quatre soeurs de Nesle, maîtresses successives de Louis XV, et, par son arrière-arrière-petite fille Louise d’Aumont, l’ancêtre des actuels princes de Monaco de la dynastie Grimaldi à qui elle a transmis ses nombreux titres.

ANNE-LUCIE DE LA MOTHE-HOUDANCOURT (1645-1689) Relation avec le Roi : 1662.

A cette époque, Louis fréquentait (il avait quinze ans) déjà Olympe Mancini. Après le mariage de cette dernière avec le comte de Soissons, il tourna son regard vers Melle de la Motte-Argencourt. Mazarin mit fin à cette liaison en prouvant à Louis que cette demoiselle se jouait de lui avec son amant le marquis de Richelieu.

ANNE-MADELEINE DE CONTY D’ARGENCOURT (v.1638-1718) Relation avec le Roi : 1662.

Née vers 1637, Anne-Madeleine de Conty d’Argencourt dite Mlle de la Motte-Argencourt était la fille de Pierre de Conty d’Argencourt (1587-1655) et de  Madeleine de Chaumont de Bertichères († ap. 1638). Elle est baptisée quatre plus tard le 20 septembre 1641 à Montpellier. Elle était sœur d’un nommé du Fouilloux, enseigne des gardes de la reine Anne d’Autriche, mère du roi Louis XIV, de laquelle elle était devenue fille d’honneur, en remplacement de Mlle de la Porte en 1657. Ce fut elle qui fut obligée de s’enfuir en Flandres avec Mme la comtesse de Soissons, Olympe Mancini, de laquelle elle était amie intime de tout temps. Selon Bussy Rabutin  dans son « Histoire amoureuse des Gaulles », elle eut une intrigue avec le jeune Louis XIV avant d’être la maitresse de Jean-Baptiste Amador de Vignerot du Plessis de Richelieu, marquis de Richelieu (1632-1662).

Mademoiselle raconte dans ses Mémoires que la passion du roi pour Melle de la Motte-Argencourt remonte à 1658, année où la mère de la jeune fille reçut la cour à Montpellier où elles habitaient. Mlle de la Motte-Argencourt est décrite ainsi par Mme de Motteville : « Elle n’avait ni une éclatante beauté, ni un esprit fort extraordinaire, mais toute sa personne était fort aimable. Sa peau n’était ni fort délicate, ni fort blanche, mais ses yeux bleus et ses cheveux blonds, avec la noirceur de ses sourcils et le brun de son teint, faisaient un mélange de douceur et de vivacité si agréable qu’il était difficile de se défendre de ses charmes. Les traits de son visage étaient parfaits, elle avait un très bon air et une fort belle taille. Elle avait une manière de parler qui plaisait et elle dansait admirablement bien. Sitôt qu’elle fut admise à un petit jeu où le roi se divertissait quelquefois le soir, il sentit une si violente passion pour elle que le ministre Mazarin en fut inquiet. »Elle était, selon le marquis de La Fare : « des plus aimables et qui dansait mieux que personne à la cour ».

Dans ses écrits, M. de Saint-Évremond raconte que : « Blonde aux yeux bleus, aux sourcils noirs, et splendidement charpentée, Mlle de La Motte-Argencourt avait eu l’audace, un soir au bal, d’inviter le Roi à danser, et elle n’avait pas été sans remarquer que “ sa Majesté était devenue pâle et ensuite fort rouge” et que “la main avait tremblé au Roi tint le temps qu’elle avait été dans la sienne” ». Elle devint la maitresse du roi mais elle aima aussi le marquis de Richelieu et en était aimée de retour. Dans ses mémoires inédits, Louis Henri de Loménie, Comte de Brienne raconte : « Il m’arriva vers le même temps, au même lieu, c’est-à-dire à Fontainebleau, une fort plaisante aventure. Le marquis de Richelieu, le plus impudent des hommes et le plus emporté dans ses galanteries, était fou de mademoiselle de Lamothe, fille d’honneur de la Reine-mère, fort jolie, mais moins belle que Meneville. Il était dans une situation fort naturelle avec elle, à la porte même de la chambre de la jeune Reine, assis sur un tabouret , en dehors, dans la salle des Gardes , où il n’y avait alors qu’une très faible clarté. Sa nymphe était sur ses genoux .Je n’en dirai pas davantage ; il suffit que je les pris sur le fait. Qui fut surpris ? Ce fut le marquis de Richelieu. Il s’emporta ; je crus qu’il m’allait battre, mais il se retint, et je me mis à rire de sa colère. « Va, lui dis- je, mon pauvre ami, le don que Junon fit au fils de Vénus l’emportait sur celui que t’a fait ta mère.» Cela le fit rire à son tour ; il me répondit par une polissonnerie à l’avantage de sa maîtresse, qui avait, disait-on, tout petit : les yeux, la taille, la bouche et cætera. Le lendemain, à mon lever, il vint me faire un éclaircissement ; je lui jurai le secret, et l’ayant rassuré, nous continuâmes d’être bons amis comme si de rien n’eût été. Toutes les fois que je rencontrais mademoiselle Lamothe, elle ne pouvait s’empêcher de rire de l’aventure du tabouret, ni moi non plus. »

Désireux de briser la passion du roi, Mazarin et la reine lui apprennent le nom de son rival. Louis XIV, trompé, se montra dédaigneux. La mère de la jeune fille enferma celle-ci chez les Filles Sainte-Marie de Chaillot (certains disent qu’elle s’y retira d’elle-même à la mort du marquis de Richelieu), sans pour autant prononcer ses vœux de religieuse. Elle donnera à ce couvent les 20 000 écus donnés par le roi. Une chanson satyrique circula à l’époque :

Dedans Chaillot tous les jours

Gémit la belle Lamothe,

Madeleine dans sa grotte

Regrette moins ses amours.

Avec sujet elle pleure

Dans cette maison de Dieu.

Pour une pauvre demeure,

Elle quitte un Richelieu.

A la cour, Mlle de la Motte-Argencourt avait été une amie de Mlle de La Vallière. Cette dernière songea à se retirer mais trouva ce couvent un peu trop mondain à son goût. Il est vrai que n’ayant pas prononcé de vœux, Mlle de la Motte-Argencourt avait la liberté de se promener et de sortir à son gré. Elle posséda même une maison rue de la Sourdière ou elle pouvait recevoir ses amis. Elle teste le 6 septembre 1715 et lègue sa maison de la rue Montpellier aux Dames de la Miséricorde. Anne-Madeleine de Conty d’Argencourt décède à Montpellier le 9 janvier 1718 à plus de 80 ans.

LYDIE DE ROCHEFORT-THÉOBON (1638-1708) Relation avec le roi : 1673 et 1677.

La liaison du roi avec Mlle de Théobon débute au château de Chambord en 1670, peu avant la représentation de la pièce de théâtre de Molière, le Bourgeois Gentilhomme. Cette liaison est mentionnée dans les dépêches secrètes de l’ambassadeur du roi de ¨Prusse à la Cour, Spanheim. Cette liaison dure jusqu’en 1672 où le marquis de Saint-Maurice parle de l’intérêt que le Roi-Soleil porte à la jeune femme : « On dit que le Roi se divertit quelquefois avec Mlle Théobon, quoiqu’il soit fort empressé des dames. »

Le 9 février 1673, le marquis de Saint-Maurice constate : « Les dames n’y parurent pas (au bal de Saint-Germain), ce qui fait conjecturer que Mme de Montespan pourrait être enceinte, néanmoins, on dit par la Cour que le roi regarde fort Mlle de Théobon, fille de la reine. Elle a été jolie, elle est maintenant fort massive et même on croit que Sa Majesté s’en servit il y a trois ans à Chambord. » Depuis longtemps, le manège du roi et des filles d’honneur de la reine agaçait Mme de Montespan car elle craignait qu’une éventuelle liaison du roi avec l’une de ses filles ne devienne une passion sérieuse. Elle fit tout pour les chasser de la Cour, n’hésitant même pas à dire qu’elles y faisaient un mauvais lieu. Finalement, le 26 Novembre 1673, elle obtint leur renvoi et furent remplacées par des femmes mûres et pieuses. Après leur renvoi, nombre d’entre elles y compris Mlle de Théobon, devinrent les demoiselles d’honneur de la Princesse Palatine, épouse de Monsieur, frère de Louis XIV.

MARIE-CHARLOTTE DE CASTELNAU, comtesse de Louvigny et duchesse de Gramont (v.1648- 1694), relation avec le roi : de 1676 à 1677 :

Selon certains auteurs, elle fut l’une des maitresses de Louis XIV vers les années 1676 et 1677, soit la période où sa maitresse-en-titre Françoise-Athénaïs de Rochechouart, marquise de Montespan était enceinte de Mlle de Blois, future duchesse d’Orléans. Mais le roi la délaissa peu après pour revenir vers la favorite. En 1678, le père du comte de Louvigny, Antoine III de Gramont meurt et Antoine-Charles et Marie-Charlotte deviennent duc et duchesse de Gramont. Marie Charlotte de Castelnau, comtesse de Louvigny et duchesse de Gramont meurt seize ans plus tard, le 29  janvier 1694 âgée de presque 46 ans. Veuf, le duc de Gramont se remaria en 1710 à l’insu de sa famille avec une roturière nommé Anne Baillet, fille de Nicolas Baillet de La Cour, morte en 1737. Il mourra en 1720, âgé de 79 ans, soit vingt-deux ans après son veuvage.

JEANNE DE ROUVROY, marquise de Chevrières (v.1650- ap. 1689), relation avec le Roi : 1681 :

Jeanne de Rouvroy née vers 1750 était la fille de Pierre de Rouvroy, seigneur de Puys (1617-1674) et de Ursule de Gontery (1623-1685). M. de Saint-Simon qui connaissait son frère la décrit ainsi : « Ce Rouvroy-ci avait deux soeurs. La beauté de l’une, a fait longtemps du bruit. Elle avait été fille d’honneur de Madame, et Saint-Vallier, capitaine de la porte du roi alors, l’épousa. » Selon les mémoires de Primi Visconti, elle était « une fort belle personne qui a été demoiselle d’honneur de la Reine ». Devenue fille d’honneur de la reine Marie-Thérèse en 1671, elle quittera cette charge fin 1673 suite à la suppression de la Chambre des filles de Marie-Thérèse survenue le 26 novembre 1673 à la demande de la favorite-en-titre, Mme de Montespan qui craignait de venir d’entre elles, une éventuelle rivale. Elle devint ensuite fille d’honneur de la Princesse Palatine, seconde épouse de Monsieur et se démit de la charge deux ans plus tard pour épouser le 11 mai 1675, âgée de 25 ans, Pierre Félix de La Croix, marquis de Chevrières (1644-1699), devenant ainsi dame de La Croix de Chevrières et comtesse de Saint-Vallier. De ce mariage, naquirent cinq enfants dont :

Ce mariage se fit sous des auspices particuliers selon ce qu’en dit Madame de Sévigné dans une de ses lettres de juin 1675 : « Savez-vous l’affaire de M. de Saint-Vallier ? Il était amoureux de mademoiselle de Rouvroy ; il a fait signer le contrat de mariage au roi, pas d’avantage ; il emprunte avec confiance dix mille écus à madame de Rouvroy sur l’argent qu’elle doit donner ; et puis tout à coup il envoie une promesse de dix mille écus à madame de Rouvroy, et s’en va je ne sais où. Le roi dit sur cela : Je trouve fort bon qu’il se moque de madame et de mademoiselle de Rouvroy ; mais de moi, c’est ce que je ne souffrirai pas. Sa Majesté lui a fait dire, ou qu’il revienne épouser la belle, ou qu’il s’éloigne pour jamais, et qu’il envoie la démission de sa charge, faute de quoi elle sera taxée. Ce procédé est si complètement ridicule du côté de Saint-Vallier, qu’on croit que c’est un jeu pour y faire consentir le père. Le roi avait donné à Saint-Vallier un brevet de retenue de cent mille francs et une pension de six mille francs en faveur du mariage. Vous voyez donc que ces brevets si rares se donnent quelquefois. » Elle fut une maitresse passagère de Louis XIV au courant de l’année 1681. Elle mourut après 1689.

MARIE-ANNE, Princesse de Wurtemberg (1652-1693), relation avec le Roi : 1681 :

Née le 27 décembre 1652, Marie Anne Ignace était la fille du duc Ulrich de Wurtemberg, frère du duc régnant Eberhard. Il fut marié en mai 1651 à Isabelle de Ligne-Arenberg, fille d’Albert de Ligne-Arenberg, prince de Barbançon, et de Marie de Barbançon. Après avoir passé une partie de sa vie sur les champs de bataille, son père perdit la vue et mourut d’épilepsie en décembre 1671. Sa veuve s’installa alors à Paris ou elle mourut août 1678, âgée de 55 ans.

Originaire d’une famille protestante, Mlle de Wurtemberg était la seule catholique de sa famille. Elle fut donc élevée dans un couvent à Paris et protégée de la reine Anne d’Autriche, mère de Louis XIV. Alors qu’elle était au couvent, Charles II d’Angleterre pensa la marier à son frère Jacques, duc d’York (futur Jacques II d’Angleterre). Celui-ci était devenu veuf de sa première épouse, Anne Hyde. Ensemble, ils avaient eu huit enfants mais seules deux filles avaient survécu : Marie (future Marie II d’Angleterre) et Anne (future Anne de Grande-Bretagne). N’ayant pas eu de fils survivant au premier mariage, il devait se remarier pour assurer la dynastie des Stuart. Marie-Anne était en concurrence avec d’autres dames dont la princesse Marie Béatrice de Modène, la duchesse de Guise, fille de Gaston d’Orléans, et Mlle de Retz. L’ambassadeur d’Angleterre réussit à la rencontrer. Elle lui fit bonne impression. Il la trouva très agréable, d’une grande fraîcheur et en bonne santé. Elle lui apparut fort modeste et s’exprimant bien sur toutes choses mais finalement le roi d’Angleterre changea ses plans et cette alliance ne se fit pas et ce fut Marie Béatrice de Modène qui épousa l’héritier du trône. Au sortir du couvent probablement vers la fin des années 1670, elle fut présentée à la cour. Selon les contemporains, la princesse Marie-Anne de Wurtemberg « faisait grande figure à la Cour, tant par sa naissance que par sa beauté ». Tant et plus qu’elle intéressa Louis XIV dont elle serait devenue la maitresse en 1681. Ceci attisa la jalousie de Madame de Montespan. Souhaitant jeter la disgrâce sur cette demoiselle, elle fit rapporter au roi « que cette dame était la maîtresse d’un moine jacobin qui prétendait avoir trouvé la pierre philosophale ». En pleine période de l’affaire des poisons, voilà qui eut certainement l’heure d’effrayer le monarque et de mettre un terme à cette liaison. Par la suite, Mlle de Wurtemberg ne fut pas mariée et se retira de la cour. Elle finit ses jours, loin de la cour, au couvent des Ursulines de Lyon où elle mourut douze ans plus tard, le 10 décembre 1693, à l’âge de presque 41 ans.

JEANNE BOYER de Sainte-Geneviève, D’ORÉ OU DE DORÉE: Relation avec le Roi : 1681:

Fille cadette d’Antoine Boyer (première noce Jeanne de Beyran en 1617), seigneur de Sainte-Géneviève aux Bois, conseiller d’état et secrétaire des Finances du roi, et de son épouse Françoise de Wignacourt qu’il a épousé le 7 juin 1627, Mlle d‘Oré vient d’une famille de six enfants.  Marie et Jeanne du premier mariage et Antoine, Louise, Jeanne et Élisabeth du deuxième mariage.  Étant donné qu’on parle de la fille cadette de la famille ce doit être Jeanne.

Anne-Louise Boyer (1632-1697)(deuxième mariage) qui est l’ainée, épousera le duc de Noailles et sera dame d’atour de la reine Anne d’Autriche ;

Marie (1619-1700) la seconde (premier mariage), qui épouse à l’age de quatorze ans le président Tambonneau, président de la chambre des comptes de Paris et ambassadeur de France en Suisse. Elle prendra de nombreux amants dont le plus fidèle sera le père de Mme de Montespan : Gabriel de Rochechouart, comte de Mortemart (Tallemant parle d’elle dans l’une de ses historiettes) ;

Élisabeth (deuxième mariage) qui épouse Jean de Ligny.

Il y a deux Jeanne Boyer de Sainte-Geneviève (premier et deuxième mariage) la deuxième religieuse à l’abbaye royale de Saint-Antoine des Champs. Elle est remarquée par le roi qui en fait sa maîtresse mais pour de très courte durée. Bien des années plus tard, elle épousera secrètement le comte Louis de Comminges, qui mourra en 1712, âgé d‘une soixantaine d’années après lui avoir légué une grosse somme de 100 000 écus. Après, on perd toute trace.

MARIE-ROSALIE DE BROUILLY DE PIENNES, future marquise de Châtillon ( v.1665- 1735), relation avec le Roi : 1682 :

Fille d’Antoine de Brouilly, marquis de Piennes (v.1611-1676) Françoise Godet (v.1630-ap.1678), Marie-Rosalie de Brouilly de Piennes dite Mademoiselle de Brouilly née vers 1665. Il semble qu’elle serait devenue à dix-sept ans, en 1682, une maitresse passagère du Roi-Soleil. Agée d’à peine vingt ans, elle est mariée le 28 mars 1685 à Paris à Alexis-Henri, marquis de Châtillon (1650-1737) et cinq enfants naitront de leur union :

A vingt-quatre ans, en 1689, elle entre au service de Madame, belle-sœur de Louis XIV et devient sa dame d’atour. Saint Simon dira d’elle et de sa sœur : « c’était deux beautés fort différentes, toutes deux grandes et parfaitement bien faites »… Le mariage du marquis et de la marquise de Châtillon ne tarde pas à battre de l’aile. Ne s’entendant pas à merveille, les époux décident de se séparer en novembre 1693. Dangeau note dans son journal : « M. et Mme de Châtillon se séparent ; M. de Châtillon garde son bien et celui de sa femme ; elle ne jouira que de ce qu’elle touche de Monsieur et de Madame pour sa charge de dame d’atour… Ils ont partagé leur appartement ici et même ont fait murer la séparation. » Rosalie a alors 28 ans.

En 1694, Saint-Simon note : «  Il y avait eu aussi pendant la campagne quelques changements chez Monsieur. Il permit à Châtillon, son ancien favori, de vendre à son frère ainé la moitié de sa charge de premier gentilhomme de sa chambre. Châtillon avait épousé par amour Mlle de Piennes, c’était, sans contredit, le plus beau couple de la cour, et le mieux fait, et du plus grand air. Ils se brouillèrent et se séparèrent à ne se jamais revoir. Elle était dame d’atours de Madame, et sœur de la marquise de Villequier, aussi mariée par amour. M. d’Aumont avait été des années sans y vouloir consentir. Enfin, Mme de Maintenon s’en mêla, parce que la mère de cette belle était parente et de même nom que l’évêque de Chartres, directeur de Saint-Cyr et de Mme de Maintenon, laquelle enfin en était venue à bout. » Après dix-sept ans d’exercice de charge de dame d’atour chez Madame, Mme de Châtillon décide de se retirer.

En novembre 1706, Dangeau écrit : « Mme la comtesse de Châtillon… a prié Madame de trouver bon qu’elle se retirât… On conserve à Mme de Châtillon son logement ici et le logement qu’elle a au Palais-Royal à Paris qui est fort beau. » M. de Saint Simon parle ensuite du retrait de Mme de Châtillon de sa charge auprès de Madame : « Mme de Châtillon, dame d’atours de Madame, demanda à se retirer. Elle conserva mille écus de deux mille qu’elle avait, ses logements du Palais-Royal et de Versailles, et une place de dame de Madame, comme la maréchale de Clérembault et la comtesse de Beuvron en a voient eu depuis la mort de Monsieur. Elle était sœur cadette de la duchesse d’Aumont, et se piquèrent toute leur vie d’une union intime: toutes deux du nom de Brouilly, filles du marquis de Piennes, chevalier de l’ordre en 1661, mort gouverneur de Pignerol en 1676, n’ayant laissé que ces deux filles d’une Godet des Marais, ce qui, dans la faveur de M. de Chartres, Godet des Marais aussi et leur oncle, leur servit fort auprès de Mme de Maintenon. C’étaient deux fort grandes personnes, les mieux faites de la cour; Mme d’Aumont plus belle, Mme de Châtillon, sans beauté, bien plus aimable; toutes deux mariées par amour. M. de Châtillon, qui était l’homme de France le mieux fait, et dont la figure fit sa fortune chez Monsieur, en obtint, malgré Madame, cette place de dame d’atours quand Mme de Durasfort mourut, qui l’avait été lorsque Mme de Gordon la quitta, qui l’avait été auparavant de feu Madame; et pour tout accommoder, le roi permit que Madame eût une seconde dame d’atours, laquelle voulait opiniâtrement Mme de Châteauthiers, une de ses filles d’honneur, que cette place fit appeler madame. L’amour ne dura que peu d’années entre M. et Mme de Châtillon. Ils se brouillèrent et se séparèrent avec éclat, et quoique dans la nécessité de passer leur vie dans les mêmes lieux par leurs charges, et de se rencontrer tous les jours, ils ne se raccommodèrent jamais. Mme de Châtillon n’avait jamais été trop bien avec Madame. Elle était extrêmement du grand monde et importunée de l’assiduité. Avec un esprit médiocre, elle prétendait en avoir beaucoup, et devenait ridicule en étalant du bien-dire et de l’écorce de science tant qu’elle pouvait; flatteuse, moqueuse et méchante. Elle et sa sœur étaient bien avec Monseigneur et fort des amies de Mme la princesse de Conti de tout temps. Jamais on ne vit un plus beau couple ni de si grand air que M. et Mme de Châtillon. »

Elle y restera jusqu’en 1708, date ou Louis XIV redistribue les appartements et celui de Mr et Mme de Châtillon à la princesse de l’Espinoy. Marie Rosalie de Bouilly de Piennes, marquise de Châtillon meurt le 12 septembre 1735, âgée de 70 ans. Son époux la suit dans la tombe deux ans plus tard, âgé de 87 ans.

MME DE SAINT-MARTIN (?-?) Relation avec le Roi : vers 1682 :

Épouse de Jean George de Rancurel de Saint-Martin, intendant de la maison et général des finances de la reine aux gages de 1 100 livres. Tallemant la surnomme la « grondeuse » à cause que « dans un voyage que la cour fit à Marseille, elle disait que la mer était une grondeuse qui l’empêchait de dormir ». Elle est connue dans le dictionnaire des Précieuses par le surnom de « Sténobée » et est l’archétype de la précieuse ridicule. Si le roi a eu une aventure avec elle, ce dut être très passager. Son prénom reste inconnu mais il reste un indice : Mr de Rancurel de St Martin aurait épousé une dame Lefèvre de Beauregard.  Une chanson circulait sur elle :  Elle est l’une des nombreuses maîtresses passagères de Louis XIV.

Or écoutez, pauvres amants
Qui soupirez pour la Grondeuse
De quoi redoubler vos tourmens
Et votre langueur amoureuse
Dans son cœur un vénitien
Prend tout et ne vous laisse rien

Le triste et malheureux d’Albret
A la Grondeuse, l’inhumaine,
Dit : que diable vous ai-je fait ?
Pour vous aller plaindre à la Reine ?
Vous me mettez en désarroi
Au moins, n’en dites rien au roi.

JULIE DE GUENAMI, dite Mlle de Châteaubriant (v. 1668-1710) Relation avec le roi : vers 1683 (liaison supposée), fille du duc d’Enghien et de Mme de Marant vers 1683.

ÉLISABETH HAMILTON, Comtesse de Gramont (1640 – 1708) :  C’était une courtisane britannique et une française dans l’attente. Elle était l’une des beautés de Windsor, peint par Sir Peter Lely.  Elle était dame du palais de Marie-Thérèse d’Espagne.

Elle a épousée à Londres Philibert, comte de Grammont, un exilé français à la cour d’Angleterre. « La belle Hamilton » a été l’une des grandes beautés de la Cour d’Angleterre et a été, selon le récit optimiste de son frère, capable de fixer l’affection du comte. Grammont l’avait courtisé pendant un certain temps et il était entendu qu’ils allaient se marier. Lorsque Grammont a reçu l’autorisation de rentrer en France cependant, il l’a quitté à la hâte, donnant l’impression qu’il ne voulait plus honorer son intention de se marier avec Hamilton. Ses frères l’ont donc arrêté sur le chemin et fait pression sur lui pour revenir et l’épouser.

Elle a suivi son conjoint en France en 1669, où elle a été faite dame du palais de la reine. Elle était une femme avec beaucoup d’esprit, et tenait tête à la Cour de Louis XIV, mais son mari a poursuivi ses exploits galants jusqu’à la fin de sa vie, Ninon de Lenclos, a dit:  C’est le seul homme âgé qui pourraient avoir des folies de jeunesse sans être ridicule.  La Voisin, l’a souligné en tant que sa cliente, et a donc été mis en cause dans l’Affaire des Poisons en 1679. En 1696, son époux était atteint d’une maladie grave, et après avoir récupéré, il se tourna vers la vie religieuse, dans laquelle elle le suivit. Elle est morte un an après son mari.

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LOUIS XV dit Le Bien-Aimé (1710-1774).  A régné du 1er septembre 1715 au 10 mai 1774.  Il épouse Marie Leszczynska (1703-1768) et ils eurent 10 enfants.  Le roi est mort des suites de la petite vérole (septicémie avec complications pulmonaires) il n’a put être embaumé à cause de cela.

  • LOUISE JULIE DE MAILLY-NESLE, comtesse de Mailly (1710-1751) :  Elle épouse en 1726 son cousin Louis-Alexandre, comte de Mailly. Elle devient maîtresse en 1733, favorite en 1736, et est supplantée en 1739 par sa sœur Pauline. Elle rentre en grâce en 1741, mais est renvoyée de la cour en 1742 à la demande de sa sœur Marie-Anne.

Mariée en 1726 à un cousin germain de son père, Louis-Alexandre de Mailly-Nesle, comte de Mailly (1699-1748) dont elle n’eut pas d’enfant, elle devint la maîtresse de Louis XV vers 1733, mais leur adultère ne fut connu du public que vers 1737, après la naissance du dixième enfant du roi.  Mme de Mailly, peu jolie, mais dotée de grandes qualités de cœur, fut une favorite discrète, respectueuse de la reine.  Elle fut supplantée successivement par ses deux sœurs, Pauline Félicité de Mailly-Nesle, comtesse de Vintimille (1735) et Marie-Anne de Mailly-Nesle, marquise de la Tournelle.  Elle meurt dans la piété et dans la pauvreté le 5 mars 1751, à Paris.

  • PAULINE FÉLICITÉ DE MAILLY-NESLE, comtesse de Vintimille (1712-1741)   Maîtresse de Louis XV elle épouse en 1739 Jean-Baptiste, comte de Vintimille (1720-1777).

Comme ses deux sœurs, Louise Julie, comtesse de Mailly, et Marie-Anne, marquise de la Tournelle puis duchesse de Châteauroux, qui furent également les maîtresses de Louis XV, elle était la fille de Louis III de Mailly-Nesle (1689-1767) et de son épouse Armande Félice de La Porte Mazarin (1691-1729), elle-même petite-fille d’Hortense Mancini et lointaine nièce du cardinal Jules Mazarin.

Peu jolie, mais hardie et spirituelle, elle avait annoncé, dès le couvent que le roi l’aimerait et qu’elle gouvernerait la France et l’Europe. Sa sœur, la comtesse de Mailly, la présente à la cour en septembre 1738. La comtesse pensait innocemment faire entrer dans le cercle du roi une de ses proches qui lui permettrait de distraire le roi, jeune homme mélancolique, timide et blasé. Cette jeune femme célibataire n’eut aucun scrupule à supplanter sa sœur et même à la faire chasser de la cour.

Le roi la marie en 1739 à Jean-Baptiste Hubert Félix, comte de Vintimille (1720-1777), un neveu de l’archevêque de Paris. Ils n’eurent pas d’enfant légitime. En revanche, elle donna un fils à Louis XV, Charles de Vintimille (1741-1814) dit le Demi-Louis car il ressemblait beaucoup à Louis XV. Marquis du Luc, Madame de Pompadour tenait tellement pour assuré qu’il était de naissance royale que, souffrant de n’avoir pas d’enfants avec le roi et désireuse de porter des petits-enfants en commun, elle nourrit en 1751 de le marier à sa fille Alexandrine, il épousera (1764) Adélaïde de Castellane (1747-1770), dont postérité.

Mais elle meurt à la suite de son accouchement. Louis XV fut très ému de sa disparition. Il rappela la comtesse de Mailly qui, toujours aussi bonne, appela près d’elle une autre de ses sœurs, la marquise de La Tournelle qui à son tour la supplanta et la fit, à son tour, quitter la cour.

  • DIANE ADÉLAÏDE DE MAILLY-NESLE, duchesse de Lauraguais (1713-1760) : Elle épouse Louis de Brancas, duc de Villars, duc de Laurageais.  Troisième des « soeurs de Nesle » (quatre des cinq sœurs sont devenues des maîtresses de Louis XV), elle a également une demi-sœur, Henriette, issue de la relation qu’entretient sa mère avec le prince de Condé.  Elle sera remarquée par le roi, qui en fera sa maîtresse après ses deux sœurs aînées.

  • MARIE-ANNE DE MAILLY-NESLE, marquise de la Tournelle, duchesse de Châteauroux (1717-1744).

Sa sœur aînée Louise Julie de Mailly-Nesle, comtesse de Mailly, avait été la maîtresse de Louis XV de 1733-1739. Elle fut supplantée par sa sœur cadette, Pauline Félicité de Mailly-Nesle, marquise de Vintimille. Mme de Vintimille mourut en couches le 9 septembre 1741, et Louise fut rappelée. Marie-Anne entra au service de la reine grâce à sa sœur le 4 octobre 1742. La marquise de La Tournelle, sœur des deux précédentes, poussée par le maréchal de Richelieu et Mme de Tencin, prit par orgueil la décision de devenir maîtresse royale. Le roi renvoya sa sœur aînée de la cour (3 novembre 1742), puis il la prit comme maîtresse en titre en décembre 1742.  Le roi la titra duchesse de Châteauroux le 20 octobre 1743 et la présenta à la cour le 24 octobre 1743.

Favorite royale ou le scandale de la galerie couverte.

Devenue favorite en titre et soutenue par le duc de Richelieu, elle fut quelque temps toute-puissante à Versailles et usa de son influence pour entraîner la France dans la guerre de Succession d’Autriche et persuader le Roi d’aller conquérir la gloire sur les champs de bataille en Flandre et en Alsace.

Louis XV l’autorisa à le rejoindre dans les Flandres en juin 1744 puis le roi et son armée se rendirent à Metz. Là, le roi logea sa maîtresse dans une bâtisse proche de son palais. Pour faciliter les rencontres des deux amants une galerie couverte fut édifiée entre les deux maisons au grand dam de la population messine qui voyait dans sa ville s’étaler publiquement l’adultère royal. En août, le roi tomba gravement malade à Metz.

Proche de sa fin, il résolut de se repentir mais pour cela dut renvoyer sa maîtresse à Paris. La duchesse de Châteauroux quitta discrètement la ville et la fameuse galerie couverte fut démolie tandis que la reine et le dauphin Louis-Ferdinand accourraient en hâte à Metz et que le royaume se mettait en prière. Le roi fut contraint par l’évêque de Soissons Monseigneur de Fitzjames à un acte de contrition public. Il reçut cependant au cours du Te Deum célébré en présence de la reine par le curé de l’église Notre-Dame de Metz le surnom de « Louis le Bien Aimé ».

Néanmoins, après son rétablissement et son retour à Versailles, le Roi qui avait mal vécu l’humiliation imposée par l’évêque de Soissons, rappela la duchesse de Châteauroux à la cour et reprit leur liaison. Il songeait également à confier à sa maîtresse la place lucrative et stratégique de surintendante de la maison de sa belle-fille, la future Dauphine.

Cependant quelques jours avant Noël, la duchesse mourut d’une péritonite à l’âge de 27 ans. Cette mort parut suspecte à certains qui parlèrent, sans preuves, d’empoisonnement.

On a publié en 1806 deux volumes de lettres qui sont attribuées à Mme de Châteauroux. Sophie Gay a publié un roman intitulé La duchesse de Châteauroux (1835).

  • HORTENSE-FÉLICITÉ DE MAILLY-NESLE, marquise de Flavacourt, fut aussi pendant un temps soupçonnée de liaison intime avec le roi, mais cette hypothèse fut rapidement écartée au profit de ses quatre sœurs.

D’une grande beauté, la marquise de Flavacourt est remarquée par le roi qui, séduit par sa merveilleuse beauté, commence à lui faire les yeux doux. Mais Hortense résista à ses assiduités et évita son lit bien que ce dernier voulu en faire sa maîtresse après le départ de Mme de Lauraguais. Mais Louis XV se heurta à l’époux d’Hortense, le marquis de Flavacourt. Celui-ci, fort amoureux de sa femme et donc très jaloux, menaça cette dernière de la tuer si elle devenait « putain comme ses sœurs ». Hortense refusa ainsi de devenir la favorite officielle non parce que son époux est très jaloux et possessif, mais aussi parce qu’elle était éprise de lui et qu’elle était connue pour être aussi vertueuse que belle. Elle aurait commis un péché de double adultère en devenant la maîtresse officielle du roi. Néanmoins la marquise de Flavacourt demeure à la cour. Elle se verra encore proposée par le duc de Richelieu de devenir la favorite royale après la mort de sa jeune sœur, Marie-Anne. La marquise refusera encore ces honneurs préférant rester auprès de son époux. Elle demeurera à la cour et se retirera bien après la mort de ses sœurs. Hortense de Mailly-Nesle mourra beaucoup d’années plus tard en 1799 à l’âge de quatre-vint-quatre ans. La marquise de Flavacourt fut ainsi la seule des cinq sœurs à ne pas recevoir la faveur du roi.

  • JEANNE-ANTOINETTE POISSON, mariée Le Normand d’Etioles, marquise de Pompadour (1721-1764), Fut une dame de la bourgeoisie française devenue favorite du roi de France et de Navarre Louis XV.  De sa liaison avec le roi Louis XV, elle n’eut que des fausses couches entre 1746 et 1749.

La marquise de Pompadour résida ou posséda les châteaux et demeures suivantes :

  • Château de Versailles, où elle possédait ses propres appartements sur deux étages ;
  • Château d’Étiolles
  • Château de Pompadour en Corrèze, vendu en 1760
  • Château de Choisy, Val-de-Marne, à partir de 1746
  • Château de Crécy Couvé de 1746 à 1757
  • Château de Montretout (surnommé Tretout) à Saint-Cloud jusqu’en 1748
  • Château de la Celle ou Petit Château à La Celle Saint-Cloud de 1748 à 1750
  • Château de Bellevue à Meudon qu’elle fit construire, achevé en 1750
  • Hôtel des Réservoirs à Versailles en 1751
  • Pavillon de l’Hermitage à Fontainebleau avec des jardins dessinés par Lassurance à partir de 1754
  • Hôtel particulier dans le centre de Paris (2e arrondissement) qu’elle quitta en 1745 pour Versailles
  • Hôtel d’Évreux (actuel palais de l’Élysée)
  • Château de Menars (Loir-et-Cher)
  • Château de Champs-sur-Marne, en 1757, madame de Pompadour devient locataire de Champs-sur-Marne. Elle y séjournera dix-huit mois.

En 1762, sous l’impulsion de la marquise, Louis XV ordonna la construction d’un nouveau Trianon dans le parc de Versailles. Madame de Pompadour supervisa elle-même les plans et la construction de ce qui allait devenir le Petit Trianon et devait être sa future résidence à la cour. Mais son décès en 1764 ne lui permit pas d’assister à l’achèvement de son œuvre et ce fut la nouvelle favorite du roi, Madame Du Barry, qui l’inaugura aux côtés du roi et s’y installa.

Proche du père de Jeanne-Antoinette, Joseph Pâris avait été exilé de 1726 à 1729 sous le gouvernement du cardinal de Fleury. La mort de celui-ci, en janvier 1743, donne l’occasion aux frères Pâris, au cardinal de Tensin, à sa sœur la marquise de Tensin et au maréchal de Richelieu de rentrer en grâce. Ce cercle dispose d’une occasion pour se placer auprès de Louis XV. La jeune Jeanne-Antoinette, qui est très proche des Pâris, paraît susceptible de plaire au roi. Le stratagème mis en place fonctionne et porte ses fruits en 1745.

Le 23 février 1745 est célébré le mariage religieux du fils du roi, le dauphin Louis-Ferdinand, avec l’infante Marie-Thérèse d’Espagne. Des fêtes sont organisées pendant huit jours pour cet événement. Le 25 février a lieu dans la Galerie des Glaces au château de Versailles, le bal des Ifs où est invitée Jeanne-Antoinette, sous l’apparence de Diane chasseresse. Toute la cour remarque que le roi s’entretient longuement avec cette belle inconnue. Trois jours plus tard, le 28 février, au cours du bal offert à l’Hôtel de ville de Paris par le corps municipal, nouvelle rencontre entre Madame d’Étiolles et le roi Louis XV.

Jeanne-Antoinette devient une visiteuse régulière et Louis XV l’installe au château de Versailles dans un appartement situé juste au-dessus du sien, relié par un escalier secret.

En juillet, le roi lui fait don du domaine de Pompadour, récemment acquis par la Couronne, la créant ainsi marquise, tandis que Jeanne-Antoinette obtient de son mari une séparation légale. En effet, le Châtelet de Paris prononce le 15 juin 1745, un arrêt de séparation de corps et de biens. Le 14 septembre 1745, elle est officiellement présentée à la cour. Elle a 23 ans. Les milieux dévots d’une part et les milieux aristocratiques conservateurs d’autre part concentrent leurs attaques sur la nouvelle maîtresse du roi, certes pécheresse mais surtout parvenue puisque issue de la haute bourgeoisie et non de l’antique noblesse comme l’étaient les précédentes favorites du roi. La veille de Noël, le 24 décembre 1745, décède sa mère Louise Madeleine de la Motte à l’âge de quarante-six ans.

Le Domaine de Pompadour.

En 1746, Louis XV offrit à la Marquise de Pompadour une parcelle d’environ 6 hectares dans le petit parc de Versailles. Elle y fit construire par l’architecte Gabriel une demeure pleine de charme, avec des volières, qu’elle appela son Ermitage.

Le Pavillon de l’Ermitage à Versailles.

En 1748, la marquise acquiert le château de la Celle, à quelques kilomètres de Versailles. La reine et le Dauphin, appuyés par les milieux dévots, pressent le roi de faire cesser cette relation adultérine notoire et finissent par le faire céder après de nombreuses années de résistance.

Château de La Celle à Saint-Cloud.

Après 1752, si les relations entre le roi et sa favorite prennent un tour platonique, voire simplement amical, Jeanne-Antoinette ne quitte pas la cour pour autant et reste dans l’entourage immédiat de la famille royale, alignant sa conduite sur celle qu’avait eue en son temps la marquise de Maintenon. Mme de Pompadour excellait à distraire Louis XV, à organiser des fêtes, des représentations théâtrales, à entretenir le goût du souverain pour les bâtiments et les jardins.

Appartements privés de la marquise de Pompadour à Versailles sur deux étages.

Ne pouvant contenter la sensualité du roi et craignant d’être supplantée par une dame de la cour, elle fournit à son ex-amant des jeunes femmes ou jeunes filles, logées dans la maison du Parc-aux-cerfs, actuel quartier Saint-Louis, à Versailles. Les plus célèbres furent Anne Couppier de Romand, qui eut un fils, Louis Aimé, que le roi reconnut sans le légitimer (ce qui fit trembler la marquise), et Marie-Louise O’Murphy de Boisfailly, dite Morphyse, avec qui il eut une fille, Agathe Louise.

En 1753, Louis XV achète l’hôtel d’Évreux (actuel Palais de l’Élysée) et l’offre à son amie pour en faire sa résidence parisienne.

L’Hôtel d’Évreux aujourd’hui le Palais de l’Élysée.

Le 15 juin 1754, la fille unique de la marquise, Alexandrine, née de son mariage, dont elle avait obtenu la garde et qu’elle élevait depuis telle une princesse royale, contracte une péritonite aiguë au couvent des Dames de l’Assomption, rue Saint-Honoré à Paris, où elle recevait son éducation. Madame de Pompadour, retenue à Versailles, n’est pas présente. Lorsque la nouvelle lui parvient, Louis XV dépêche en urgence deux de ses médecins personnels au chevet de l’enfant, mais ils arrivent trop tard. La jeune Alexandrine, âgée de neuf ans, a déjà succombé. La marquise, profondément affectée, ne se remettra jamais vraiment de ce drame. Quelques jours plus tard, le 25 juin 1754 décède son père, François Poisson.

Pendant son « règne » de vingt ans, elle maintient des rapports cordiaux avec la reine. Mme de Pompadour entretient également des relations avec les ministres qu’elle invite parfois dans ses appartements.

Elle appuie la carrière du cardinal de Bernis, du duc de Choiseul et soutient le renversement des alliances de la Prusse vers l’Autriche qui se concrétise par la guerre de Sept Ans et la perte de la Nouvelle-France. La légende veut que la marquise, pour consoler le roi très affecté par la déroute de Rossbach, l’aurait exhorté à ne pas s’affliger outre mesure, concluant par ces mots : « Au reste, après nous, le Déluge ».

  • JEANNE BÉCU dit de Cantigny ou de Vaubernier, comtesse du Barry (1743-1793) :  Son origine roturière et sa jeunesse agitée suscitèrent des pamphlets injurieux et même orduriers. Pourtant, Madame du Barry était cultivée, élégante, raffinée. Et elle se montra d’une constante bienveillance.

L’éblouissante beauté de la jeune fille la fit vite remarquer. Elle fut reçue dans plusieurs salons parisiens, où Jean-Baptiste Dubarry, dit Le Roué, dut faire sa connaissance. Ce gentilhomme toulousain était renommé, dans les milieux de la galanterie, pour sa dépravation et son absence totale de scrupules. Jeanne devint sa maîtresse alors qu’elle n’avait que 19 ans. Quelques années plus tard, Jean-Baptiste aurait fait l’éloge de sa conquête au maréchal de Richelieu, qui imagina de la présenter à Louis XV. La rencontre se fit discrètement, au printemps 1768, par l’intermédiaire de Dominique Lebel, premier valet de chambre du roi. Cette opération n’était pas dénuée d’arrière-pensée pour Richelieu, qui voulait contrer le Premier ministre Étienne François de Choiseul. En effet, élevé au ministère par la défunte marquise de Pompadour, ce dernier espérait placer auprès du roi sa sœur, la duchesse de Grammont, ou toute autre femme à sa dévotion. Or en peu de temps, Louis XV s’éprit vivement de Jeanne, dotée d’un charme infini, et dont les talents aux jeux de l’amour lui donnaient une nouvelle jeunesse. La déconvenue de Choiseul fut très vive, et immense son ressentiment à l’égard de Madame du Barry, qui lui avait fait perdre en peu de temps son influence prépondérante auprès du roi (pour lequel il nourrissait un secret mépris).

L’année 1768 avait clos, pour Louis XV, une décennie ponctuée de deuils familiaux : celui de sa fille Élisabeth de France (1727-1759), duchesse de Parme, morte en décembre 1759, de son petit-fils aîné Louis de France (1751-1761), mort en mars 1761 ; de sa petite-fille Isabelle de Bourbon-Parme, morte en novembre 1763, de sa favorite en titre sincèrement regrettée, Madame de Pompadour, morte en avril 1764, de son gendre Philippe 1er de Parme, mort en juillet 1765, de son fils et héritier Louis de France (1729-1765), mort en décembre 1765, de sa belle-fille Marie-Josèphe de Saxe, morte en mars 1767, enfin de sa femme, la discrète Marie Leszczynska, morte en juin 1768.

De plus, un projet de remariage avec l’archiduchesse Marie-Élisabeth de Habsbourg-Lorraine, sœur aînée de Marie-Antoinette, avait échoué, la beauté de cette princesse de 25 ans ayant été ravagée par la variole, maladie courante à l’époque – et dont le roi mourra.

Louis XV, toujours très beau mais vieillissant (il avait alors 58 ans) et neurasthénique, était donc libre. Il désira faire de Mademoiselle de Vaubernier sa nouvelle favorite. Mais cela ne pouvait s’accomplir sans une présentation officielle à la cour par une personne y ayant ses entrées, et sans que la personne présentée fût mariée. Or le chevalier Jean-Baptiste Dubarry avait déjà pris femme en la personne de dame Ursule Dalmas de Vernongrèse (qui terminera ses jours dans un couvent). Aussi contourna-t-il la difficulté en faisant épouser à Jeanne son frère cadet, le comte Guillaume Dubarry, qui fut immédiatement renvoyé dans son Languedoc natal avec cinq mille livres en récompense de sa complaisance. Pour la marraine, on eut recours à la comtesse de Béarn, issue d’une très vieille famille noble, fort âgée et surtout très endettée, elle accepta cet emploi contre paiement de ses dettes, à la réprobation des courtisans bien-pensants. Mariée et munie d’un nom mieux sonnant que Bécu, Jeanne fut présentée à la Cour le 22 avril 1769.

Photos de ses appartements à Versailles.

À la différence de Madame de Pompadour, Jeanne du Barry ne s’intéressait guère aux affaires et ne chercha pas à jouer de rôle politique, ce dont Louis XV lui sut gré. Intermédiaire de la coterie du maréchal de Richelieu, elle ne fut pas sans influencer discrètement telle ou telle décision, obtenant ainsi la grâce de plusieurs condamnés à mort. Mais malgré les intrigues de la duchesse de Grammont et d’autres femmes envieuses de sa position, elle s’efforça d’être agréable à tous (contrairement à Madame de Pompadour, qui ne pardonnait pas les offenses et s’en vengeait même âprement).  Voltaire, à qui elle avait envoyé deux baisers par la poste, lui adressa par retour de courrier ce célèbre quatrain :

Quoi, deux baisers sur la fin de la vie !
Quel passeport vous daignez m’envoyer !
Deux, c’est trop d’un, adorable Égérie,
Je serai mort de plaisir au premier.

Cependant, le clan Choiseul ne désarmait pas. L’une de ses créatures, Pidansat de Mairobert, publia des Mémoires secrètes à l’origine des attaques dont Madame du Barry fut dès lors constamment l’objet. Il diffusa ou suscita des chansons grivoises, des pamphlets injurieux et même des libelles pornographiques (tels L’Apprentissage d’une fille de modes ou L’Apothéose du roi Pétaud). Par la force des choses, Madame du Barry se trouva soutenue par le parti dévot, hostile à Choiseul. Pour avoir conclu le mariage du Dauphin et de Marie-Antoinette, le Premier ministre se croyait intouchable.

Prévenue contre Madame du Barry dès son arrivée en France en 1770, la jeune Dauphine, au caractère entier, lui voua d’emblée une vive antipathie. Encouragée par le clan Choiseul et Mesdames, filles de Louis XV, elle la traita avec un mépris affiché en refusant de lui adresser la parole, ce qui constituait une grave offense et indisposa le roi.

En 1771, à la suite d’humiliations répétées contre Madame du Barry — entre autres au théâtre du château de Fontainebleau — Louis XV décida le renvoi de Choiseul et le fit remplacer par le duc d’Aiguillon, ce qui accrut encore la rancœur de Marie-Antoinette.

Désormais consacrée compagne royale officielle, Madame du Barry organisa le mariage du comte de Provence (frère cadet du futur Louis XVI) avec Marie-Joséphine de Savoie.

Toutefois, pour racheter les péchés de son père (le dernier étant sa liaison déclarée avec Madame du Barry), la plus jeune fille de Louis XV, Madame Louise – mystique depuis l’enfance – entra au carmel de Saint-Denis le 10 octobre 1770 et y prononcera ses vœux le 12 septembre 1771.

La mort de Louis XV – Son exil – Sa vie à Louveciennes

Dès la mort de Louis XV (10 mai 1774), son petit-fils et successeur Louis XVI, probablement inspiré par Marie-Antoinette, fit délivrer une lettre de cachet contre Madame du Barry. Le duc de La Vrillière, Louis Phélypeaux de Saint-Florentin, la fit conduire de nuit au couvent du Pont-aux Dames, dans le diocèse de Meaux. Puis il fit saisir ses papiers, qui parvinrent en partie entre les mains du clan Choiseul. Certains furent utilisés pour publier une correspondance apocryphe mêlant le vrai et le faux, qui parut quelques années plus tard. Ainsi naquit la légende selon laquelle Madame du Barry serait sortie du bordel de Marguerite Gourdan.

Au bout d’un an, en avril 1775, la comtesse du Barry fut libérée. Elle acquit une propriété à Saint-Vrain, où elle se sentit trop isolée. En octobre 1776, le comte de Maurepas obtint du roi qu’elle retournât au château de Louveciennes, dont Louis XV lui avait cédé l’usufruit en 1769 et où elle se plaisait beaucoup. Elle y mena désormais une vie paisible et heureuse, marquée par sa longue liaison avec Louis Hercule Timoléon de Cossé-Brissac, comte puis duc de Cossé-Brissac, et agrémentée des visites de Madame Élisabeth Vigée Le Brun, qui devint son amie et laissa d’elle trois superbes portraits. En 1777, l’empereur d’Autriche Joseph II, de passage en France incognito, n’avait pas hésité à venir la saluer, au grand dam de la reine. On raconte que, l’ancienne favorite voulant lui céder le pas, l’empereur l’aurait invitée à le devancer en lui disant : Passez, madame, la beauté est toujours reine… L’année suivante, elle se rendit auprès de Voltaire âgé et malade, en hommage à un homme qu’elle admirait mais aussi à la philosophie des Lumières.

La Révolution – Sa fin tragique

En 1789, la comtesse du Barry offrit généreusement ses services à la cour. À l’heure du danger, quand beaucoup de courtisans s’enfuyaient à l’étranger, elle ne cessa de soutenir de l’intérieur la contre-révolution naissante.

Mais malgré ses bienfaits et sa charité active, son passé la rendait suspecte. C’est moins ce qui lui restait de fortune que son ancienne condition de maîtresse royale qui en firent une cible parfaite pour les révolutionnaires.

Château de Louveciennes, Pavillon des Eaux ou résida la comtesse Du Barry.

Dans la nuit du 10 au 11 janvier 1791, sa demeure de Louveciennes fut cambriolée et des bijoux précieux, dont la valeur actuelle est estimée à soixante millions d’euros, lui furent dérobés. Ils furent retrouvés un mois plus tard à Londres, où elle fit quatre séjours successifs pour tenter – en vain – de les récupérer. En fait, ils se trouvaient entre les mains de l’espion Nathaniel Parker-Forth. Ce dernier les conserva jusqu’à leur vente chez Christie’s à son profit, quelques années après la mort de la comtesse.

C’était un diplomate et homme politique britannique.

Il a été le plus remarquable des agents d’influence britannique en France, notamment entre 1776 et 1794. Son action secrète concertée avec le Premier ministre de Grande-Bretagne William Pitt le Jeune et les fils du roi d’Angleterre a été déterminante dans les troubles précédant la Révolution française et les exagérations de la Terreur.

En 1791, Parker-Forth prenait, dans les pièces officielles, la qualité de magistrat du comté de Middlesex – il avait une résidence à Chelsea – et juge de paix de Sa Majesté Britannique. Lorsque la comtesse du Barry – à qui il avait annoncé que ses bijoux volés à Paris étaient à Londres – vint en personne pour les récupérer, il lui expliqua que les choses prendraient du temps. Les voleurs qu’on avait arrêtés, disait-il, devaient être interrogés et tant que leur procès serait instruit on ne pouvait toucher aux joyaux qui étaient sous séquestre. La comtesse mécontente revient à Paris auprès du duc de Brissac, puis elle retourne encore à Londres, l’année suivante, espérant qu’elle pourrait récupérer son bien. Là encore, Parker-Forth lui oppose une fin de non-recevoir, et lorsque la malheureuse ex-favorite est exécutée, ses héritiers – sa cousine germaine, épouse Barbara de Labelotterie de Boisséson – apprennent avec stupéfaction que les bijoux, d’une valeur dépassant 500 000 livres, avaient déjà été vendus chez Christie’s à Londres (an III), et que la somme produite avait servi à des « frais » et à indemniser Parker-Forth pour ses nombreux services rendus à la comtesse du Barry.

Après l’exécution de Louis XVI (21 janvier 1793), à la veille de la déclaration de guerre avec la Grande-Bretagne, Madame du Barry revint précipitamment en France pour éviter l’apposition des scellés sur sa propriété de Louveciennes. Mais à cette époque, un séjour en Angleterre était assimilé à une aide aux émigrés et impliquait arrestation puis condamnation. Madame du Barry fut dénoncée par George Greive, identifié plus tard comme un agent anglais en France. Cet individu, acharné à sa perte, semble avoir convoité ses papiers, et notamment sa correspondance avec Brissac, qui donnait de précieuses indications sur les efforts des royalistes de l’intérieur pour sauver la royauté. Il est possible que Greive ait vendu cette correspondance à son gouvernement.

Malgré une pétition signée en sa faveur par 59 habitants de Louveciennes, elle devint suspecte dès le vote de la loi de ce nom (17 septembre 1793). Déclarée ennemie de la Révolution, elle fut emprisonnée à Sainte-Pélagie le 22 septembre 1793. Son procès s’ouvrit le 6 décembre devant le Tribunal révolutionnaire. Dès le lendemain, après un jugement expéditif présidé par le redoutable Fouquier-Tinville, elle fut condamnée à la guillotine.

L’exécution eut lieu sur l’actuelle place de la Concorde le 8 décembre 1793 (18 frimaire An II du calendrier républicain). Au dernier moment, Madame du Barry fit fiévreusement l’énumération de tous ses biens en espérant ainsi sauver sa vie, comme les autorités le lui auraient fait croire. On a affirmé que le courage l’abandonna. Pourtant, elle avait montré, à plusieurs reprises, une indéniable fermeté face à la mort. La certitude d’une erreur ou d’une trahison peuvent expliquer ses sentiments de panique et de désespoir. On dut la traîner jusqu’à l’échafaud. Elle se débattait, pleurait, implorait… Ses derniers mots – sans doute apocryphes – auraient été : Encore un instant, Monsieur le bourreau.

Départ pour l’échafaud.

  • MARIE-LOUISE O’MURPHY, (aussi appelée « Mademoiselle de Morphy », « la belle Morphise », « Louise Morfi » ou « Marie-Louise Morphy de Boisfailly »), née le 21 octobre 1737 à Rouen, morte le 11 décembre 1814 à Paris, est connue comme le modèle d’un tableau de François Boucher et fut l’une des petites maîtresses de Louis XV.

On désigne par le terme de « petite maîtresses » les maîtresses de Louis XV qui ne furent pas présentées à la cour et qui contrairement aux maîtresses officielles ne disposaient pas d’un appartement au château. Généralement recrutées par les valets de chambre du roi dans les milieux de la galanterie ou de la petite bourgeoisie parisienne, elles furent, quand leur liaison avec le souverain ne se limitait pas à une nuit, logées dans des maisons acquises par des prêtes noms pour le compte du roi dans le quartier du Parc-aux-cerfs à Versailles, ou aux alentours des autres résidences royales.  Marie Louise O’Murphy fut l’une de celles-ci, pendant trois années, de 1752 à 1755.

Différents récits permettent de comprendre les circonstances par lesquelles elles fut présentée au roi. Dans le paragraphe qui précède on a pu lire comment la police parisienne de l’époque semblait croire que le marquis de Vandières, le propre frère de la marquise de Pompadour, ait pu être à l’origine de cette entremise, en montrant le portrait de la petite Morfi au roi. Un autre document vient étayer la thèse selon laquelle le recrutement des petites maîtresses du roi se faisait sous le contrôle de l’entourage proche de la marquise de Pompadour :

Vandières, Directeur des Bâtiments du Roi, dans une lettre adressée le 19 février 1753, au peintre Natoire à Rome, passe une commande assez particulière, et donne des éléments qui permettent de penser qu’il est bien en possession du portrait de Marie Louise O’Murphy par Boucher, et qu’il à donc pu le montrer au souverain :

« J’ay un cabinet particulier que j’ay voulu enrichir de quatre morceaux des plus habiles peintres de notre École. J’ay déjà en place un Vanloo, un Boucher et un Pierre. Vous jugez bien qu’il y manque un Natoire […] Comme ce cabinet est fort petit et fort chaud, je n’y ai-y voulu que des nudités : le tableau de Carle représente Antiope endormie; celui de Boucher, une jeune femme couchée sur le ventre… »

Ensuite c’est à Dominique-Guillaume Lebel, premier valet de chambre du roi, que revient la délicate et secrète mission de négocier la virginité de la jeune fille et de la ramener à Versailles. C’est ainsi que le Marquis d’Argenson dans son journal, rapporte le 1er avril 1753 que « Lebel est parti en reconnaissance à Paris pour y marchander un nouveau pucelage […] s’est rendu chez une couturière du nom de Fleuret qui procure des amants à ses ouvrières et tient boutique rue Saint Honoré ». Le 30 mars, ne connaissant pas encore l’identitée de Marie Louise O’Murphy, il fait allusion à « une petite fille qui servait de modèle chez Boucher » et que le roi « aurait vu chez Lebel son valet de chambre ».

Fille de Daniel O’Murphy, d’origine irlandaise. Elle épouse : 1°) Jacques Pelet de Beaufranchet en 1755, 2°) François Nicolas Le Normant de Flaghac en 1759, et 3°) Louis-Philippe Dumont en 1798, député du Calvados à la Convention, dont elle divorcera la même année.

Elle est la mère de :

  • À 16 ans, elle a une fille du roi, Agathe Louise de Saint-Antoine de Saint-André (1754-1774), qui épousera, en 1773, René-Jean-Mans de La Tour du Pin, marquis de la Charce (1750-1781). (Sans posterité) ;
  • Pendant cette union naît le 5 janvier 1768 Marguerite Victoire Le Normand de Flaghac (dont posterité jusqu’à nos jours).
    Des auteurs comme Camille Pascal, identifient Marguerite Victoire comme une fille de Louis XV. La liaison entre Louis XV et la nouvelle comtesse de Flaghac ayant probablement connu un nouvel épisode en mars 1767.  Cette paternité de Louis XV repose sur trois faisceaux d’indices. le roi fit verser la somme importante de 350 000 livres à Marie-Louise entre 1771 et 1772 (à cette époque, Marguerite-Victoire, née en 1768, a dépassé le stade de la petite enfance, période de forte mortalité, et le roi par ces dons veille à l’établissement de son enfant).
  • Ensuite, lorsque Marguerite-Victoire se marie le 24 février 1786 avec Jean Didier Mesnard de Chousy, le contrat est passé en présence et avec l’agrément de leurs majestés le roi et le reine ainsi que toute la famille royale et porte les signature de Louis XVI, Marie-Antoinette, Louis-Stanislas, comte de Provence, Charles-Philippe, comte d’Artois, leurs épouses et de Madame Élizabeth, soeur du roi. Enfin, sous la Restauration,  Charles X lui fera verser une « indemnité annuelle » de 2000 francs sur sa propre cassette et la fait inscrire sur la liste civile pour une pension viagère de 3 000 francs.
  • Marie Louise Morphy de Boisfailly s’éteint à Paris le 11 décembre 1814, à l’age de 77 ans, au domicile parisien de sa fille Victoire Le Normant de Flaghac.
  • FRANÇOISE DE CHÂLUS, duchesse de Narbonne-Lara, dame de la Bove (1734-1821)

Fille de Gabriel de Chalus, seigneur de Sansac et de Claire de Gerau, elle épousa le 13 juillet 1749 Jean-François, duc de Narbonne-Lara (1718 – 1806). Elle tint la charge de Dame d’honneur de Madame Adélaïde, fille de Louis XV.

Elle donna naissance a deux enfants:  Philippe, duc de Narbonne-Lara (né le 28 décembre 1750 à Parme+1834) et Louis-Marie, comte de Narbonne-Lara (né le 17 avril 1755+1813) dont on doute de la légitimité.

Cependant, dès 1749, elle a une relation avec Louis XV, roi de France (1710-1774) et il est possible que le roi soit le père de ses enfants et qu’elle fut envoyée accoucher à Parme où régnait le gendre du roi…

En effet, il se trouve que d’après des documents conservés au ministère des armées et datés de 1746, Jean-François de Narbonne aurait été dans l’impossibilité de procréer (ces documents indiquant qu’il eut un testicule et une partie de la verge emporté par un coup de pistolet lors de combats). Le mariage de Françoise de Chalus avec cet homme aurait en fait été un arrangement pour dissimuler le fait que Françoise de Chalus, devenu maîtresse de Louis XV, était alors enceinte. Elle eut très probablement deux fils illégitimes avec le roi.

  • MARGUERITE-CATHERINE HAYNAULT, marquise de Montmélas (1736-1823) Elle fut une maîtresse du roi de France Louis XV. Elle était alors dame d’honneur de la princesse Adélaïde.

Son portait a été peint par François-Hubert Drouais. Propriété de ses descendants, il est vendu en 1930 et se trouve aujourd’hui au musée de Boston sous l’appellation « Portrait of a Woman in Turkish Costume said to be Mlle de Romans 1762″.

Fille de Jean-Baptiste Haynault, entrepreneur de tabac à Lorient et de Catherine Croupil de La Salle. Elle donne au roi deux filles puis épouse en 1766, Blaise d’Arod, marquis de Montmelas.

  • Agnès-Louise de Montreuil (Paris, 1760 – Montmelas, 1837), mariée à Paris en 1778 à Gaspard d’Arod, Comte de Montmelas. Dont postérité
  • Anne-Louise de La Réale (Versailles, 1762 – Saint-Germain-en-Laye, 1831), mariée à Paris en 1780 à Gabriel, comte de Geslin. Dont postérité.
  • LUCIE-MADELEINE D’ESTAING, dame de Ravel (1743-1826) : Dernière héritière de la famille d’Estaing de ce nom. C’est à tort qu’on a écrit qu’elle n’aurait pas eu de descendants susceptibles de relever son nom.

Héritière universelle de la famille d’Estaing, qui défrayait les chroniques du temps. En effet, elle avait été la maîtresse du roi de France Louis XV, et elle était la demi-sœur naturelle de l’amiral d’Estaing qui venait de l’instituer son héritière en 1765.

Elle était fille naturelle légitimée de Charles François d’Estaing, vicomte de Ravel, marquis de Sailhant, et de Magdeleine Erny de Mirfond, et la demi-sœur de l’amiral d’Estaing qui la fit légitimer en 1768, puis en fait l’héritière de leur maison.

Châpeau à la d’Estaing autour de 1780.

Elle a été une maîtresse du roi Louis XV, dont elle a eu deux filles naturelles, reconnues en 1774 par lettres patentes du roi Louis XVI « demoiselles issues de la plus ancienne noblesse de France » :

  • Agnès-Lucie-Auguste (14 avril 1761 à Paris – 4 juillet 1822 au château de Boysseulh), épouse à Paris en 1777 Charles de Boysseulh, dont deux fils.
  • Aphrodite-Lucie-Auguste (7 février 1764 à Versailles – 22 février 1819 à Artonne), épouse à Paris en 1764 François-Jules de Boysseulh, dont une fille.
  • ANNE COUPPIER DE ROMANS, baronne de Meilly-Coulonge (1737-1808) :

Elle entretient une liaison avec le roi Louis XV de 1760 à 1765 au grand dam de la marquise de Pompadour, favorite officielle, puis épousera en 1772 Gabriel Guillaume de Siran, Marquis de Cavanac.

Elle eut du roi, Louis Aimé de Bourbon (1761-1787), dit l’abbé de Bourbon, seul enfant illégitime que le roi reconnut.

  • LOUISE-JEANNE TIERCELIN DE LA COLLETERIE, dite Madame de Bonneval (1746-1779) :  Elle fut une maîtresse du roi de France Louis XV. Elle lui donna notamment un fils non reconnu, né à Paris le 7 février 1764, Benoît-Louis Le Duc, abbé. Ce dernier décède en 1837.

En 1762, après bien des années d’attente, Mademoiselle de Tiercelin devint la maitresse de Louis XV. Elle allait alors sur ses seize ans. Selon les Mémoires secrètes de Bachaumont, depuis trois ou cinq ans, M. Le Bel la préparait à sa future grandeur, l’élevant dans les cabinets secrets de Versailles. Ce n’était plus tout à fait une enfant. Mais elle aimait à jouer à l’enfant. Et ses puérilités amusaient le Roi. « Je te déteste, tu es laid comme une bête ! » lui lança-t-elle un jour en pleine figure, ce qui le fit s’esclaffer. Une autre fois, dans un accès de colère, elle jette les diamants qu’il vient de lui offrir, ce qu’il trouva beaucoup moins drôle. Amoureux néanmoins de ses grâces enfantines, il continuait de céder à tous ses caprices.

Mais Mlle de Tiercelin ne tarde pas à tomber enceinte et le 7 février 1764, elle donne naissance à un fils qui est baptisé à Saint Paul de Paris, sous le nom de Benoît-Louis Le Duc comme fils de Louis et de Julie de La Colleterie. Louise-Jeanne se découvre du même coup un formidable appétit de la fortune et de la considération comme si la venue au monde d’un bâtard lui conférait d’emblée des droits exorbitants.  Elle fut exilée en province peu de temps après la naissance de ce fils pour avoir prêté une oreille favorable à un certain abbé de Lustrac qui l’avait incitée à intriguer pour obtenir la légitimation de son fils. Une lettre de cachet l’expédie à la Bastille le 25 juin 1765, elle est libérée le 18 août puis est reléguée chez les Dames de la Miséricorde, le roi lui laisse ses meubles et ses bijoux, et lui assure une pension de 12 000 livres pour prix de ses complaisances.

Contrairement à Mlle de Romans, Louise ne se maria jamais, elle mena une vie tapageuse qui attira souvent l’attention sur elle.

Après le séjour chez les Dames de Miséricorde, elle est transférée de couvent en couvent : elle va à l’abbaye de Saussaye (diocèse d’Evreux), aux Visitandines de Paris, aux Véroniques de Blois. Elle était pensionnaire libre, elle pouvait dépenser de l’argent et ne tarda pas à se faire des dettes.

Elle avait prit dans l’entretemps pour amant un intrigant, un certain comte de Langeac, qui fut cause de son déplacement à Lyon à l’abbaye de la Déserte. Elle finit par se plaindre de sa poitrine délicate, Louis XVI finit par s’en émouvoir et lui accordera 30 000 livres de pension. Le roi Louis XVI qui avait prit pitié d’elle et finissait toujours par payer les dettes de la demoiselle qui dépensait près de 100 000 livres par an. Quant elle mourut, elle devait 300 000 livres et le roi paya ses créanciers.

Elle faillit se fiancer à un neveu de la comtesse de La Fontaine Solare-Vaudegré, mais le lieutenant général de police, Sartine opposa son refus à cette union.

Outre le roi et le comte de Langeac, on lui attribue une liaison avec Paul Jones, qui deviendra contre amiral en Russie. Arrivé en France en 1778, cet anglais était devenu américain depuis trois ans et avait été négrier, corsaire et capitaine de vaisseau aux États-Unis. Il mourra en France en 1792.

Usée de cette vie tapageuse, la santé de Mlle de Tiercelin s’altéra. C’est à Saint-Germain-en-Laye, où Louis XVI l’avait autorisée à se fixer, où depuis 1770 elle avait une sœur Ursuline, qu’elle mourut poitrinaire le 5 juillet 1779. On l’enterra dans l’enclos du couvent.

  • MARIE-IRÈNE CATHERINE DU BUISSON DE LONGPRÉ ( ? – 1767) :

Mariée à un bourgeois du nom de Filleul ; elle aurait été la maîtresse de Louis XV, roi de France et aurait de cette escapade une fille nommée Julie Filleul (1751-1822), dès lors son mari devient sur ordre du suzerain, secrétaire du roi. Elle sera mère de deux filles :

  • Julie Filleul, dite aussi Marie-Françoise (Château de Longtpré 1751 – Paris 1822), qui épousera :
  1. Abel-François Poisson de Vandières, en 1767, Marquis de Vandières, de Marigny, de Ménars, etc., frère de Madame de Pompadour ;
  2. François de La Cropte Marquis de Bourzac en 1783 dont elle divorcera en 1793.
  • L’écrivaine Adélaïde de Flahaut (1761 – 1836), qui épousera Charles-François de Flahaut de la Billarderie et aura un fils, Charles de Flahaut de Charles Maurice de Talleyrand-Périgord.
  • CATHERINE ÉLÉONORE BÉNARD (Bernard) (1740-1769) :  Elle fut l’une des maitresses de Louis XV.

Née à Versailles, elle était la fille de Pierre Bénard, écuyer de la bouche du Roi.  Elle épouse en 1768, Joseph Starot de Saint-Germain, fermier général qui est guillotiné en 1794.

Elle est la mère de Adélaïde-Louise-Françoise de Saint-Germain (Versailles 1769 – Thauvenay  1850), comtesse de Montalivet, prénommée d’après sa marraine Madame Adélaïde, et qui épouse à Valence en 1797, Jean-Pierre Bachasson, comte de Montalivet (1766-1823), dont postérité. Adélaïde passe pour être une des filles naturelles de Louis XV.

Elle est la quadrisaïeule de Valéry Giscard d’Estaing, président de la République française de 1974 à 1981.

  • MARIE-THÉRÈSE FRANÇOISE BOISSELET (1731-1800) :  Elle fut une maîtresse de Louis XV, dont elle eut un fils. Elle épousa en 1771, Louis-Claude Cadet de Gassicourt.

Elle est la mère de :

  • Charles-Louis Cadet de Gassicourt (1769-1821), qui épouse en 1789, Madeleine Félicité Baudet (1775-1830), dont postérité.

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LOUIS XVIII dit Le Désiré (1755-1795).  A régné du 6 avril 1814 au 20 mars 1815).  Durant son règne, il est couramment désigné par ses opposants sous le sobriquet de « Gros Cochon ».  Il épouse Marie-Joséphine Louise de Savoie (1753-1810).  Marie-Joséphine meurt quatre ans avant que son époux n’accède au trône de France (en 1814). Elle n’est donc pas officiellement « Reine de France. ».

Son union avec le futur Louis XVIII fut sans postérité, mais bien consommé malgré les rumeurs, puisque la comtesse de Provence fit deux fausses couches avérées. Louis XVIII la délaissa rapidement, préférant la compagnie de « gens d’esprit » à celle de son épouse.

  • ANTOINE-LOUIS FRANÇOIS DE BÉSIADE, (1759-1811), comte d’Avaray puis duc d’Avaray (1799) : C’était un aristocrate français, compagnon d’exil de Louis XVIII et l’un des favoris de ce prince.

Il fit son entrée à la cour en 1775 comme maître de la garde-robe de Monsieur, frère de Louis XVI. « Chétif, de santé fragile, mais doué d’un caractère aussi irascible qu’enflammé, Avaray, autant par son extrême docilité que par la fougue qu’il mettait à exalter le moindre des faits et gestes de son maître, avait fini par attirer sa bienveillance. »

En 1791, il joua un rôle important dans l’évasion de Monsieur du Petit Luxembourg. Personne de la Maison n’avait été mis dans la confidence des projets du prince, mais la maîtresse de celui-ci, la comtesse de Balbi, le convainquit d’en informer d’Avaray. Il fut décidé que la comtesse partirait seule pour Bruxelles tandis que le prince, accompagné d’Avaray, la rejoindrait en suivant un autre itinéraire et en se faisant passer pour un Anglais. « Le comte d’Avaray, que l’aventure semblait réjouir, se chargea de trouver la voiture et les vêtements qu’il faudrait revêtir au moment du départ. »

La date de la fuite de la famille royale ayant été fixée au lundi 20 juin 1791, le comte de Provence fixa son propre départ à la même date. Il en avisa le comte d’Avaray le vendredi précédent. Ensemble, ils examinèrent comment s’évader du Petit Luxembourg, quel chemin prendre pour atteindre la Belgique, et choisirent d’utiliser des chevaux de poste plutôt que d’avoir recours à des relais, afin de ne pas éveiller l’attention. À la date fixée, sitôt après le coucher, Monsieur et d’Avaray quittent le palais à pied et montent dans un fiacre qu’ils abandonnent à la Monnaie avant de retrouver leur voiture près du Collège des Quatre-Nations. « “Au Bourget”, lance avec un terrible accent anglais le comte d’Avaray. Ils sont désormais Michel et David Foster. La grande aventure commence. Avaray n’était pas plus troublé des difficultés que si un jeune homme de ses amis l’eut prié de le mener au bal de l’Opéra à l’insu de ses parents, écrira plus tard Louis XVIII. La comparaison laisse rêveur ! » La voiture atteint Nanteuil au lever du jour. À Avesnes-sur Helpe, la nécessité de réparer une roue qui s’est brisée fait perdre du temps, mais l’équipage parvint à franchir la frontière belge à la nuit tombante.

Monsieur passe la nuit à Mons, où il a retrouvé Mme de Balbi, et repart le lendemain, « toujours en compagnie du fidèle d’Avaray, si “fier de l’avoir sauvé” et auquel il rend des soins d’une tendresse infinie. Il évoquera plus tard les “délicieux épanchements” avec ce compagnon de fortune. Le prince s’avoue “d’autant plus heureux de son bonheur qu’il le doit à son ami”. » Le 3 juillet, lorsque Monsieur quitte Bruxelles pour Coblence, tous deux font étape à Liège et Louis XVIII racontera plus tard, « avec un lyrisme bien inattendu chez un être aussi peu enclin aux épanchements » : « Nous n’eûmes, d’Avaray et moi qu’une même chambre […] Cette circonstance qui me rappelait le temps peu éloigné où voyageant à peu près dans le même pays, nous existions seuls l’un pour l’autre sur la surface de la terre, me fit un vrai plaisir. »

  • PIERRE-LOUIS JEAN CASIMIR DE BLACAS D’AULPS, (1771-1839), 1er prince et duc de Blacas (1821) :

Sous-lieutenant au Noailles-Dragons, il émigra en 1790, s’attacha dans l’exil à la représentation du comte de Provence (futur Louis XVIII), qui le chargea de diverses missions dont une à Saint-Pétersbourg. Devenu roi, ce dernier le nomma maréchal de camp (8 aout 1814), ministre de la Maison du Roi (2 juin 1814), grand-maître de la garde-robe et intendant général des bâtiments de la Couronne. Il l’accompagna à Gand, fut nommé pair de France à son retour, puis ambassadeur à Naples où il négocia le mariage du duc de Berry avec Marie-Caroline de Bourbon-Siciles, fille du Roi des Deux-Siciles, et puis à Rome, où il fit signer le concordat du 11 juin 1817. En 1830, il suivit les Bourbons dans l’exil. Pendant son administration, il avait favorisé Champollion et crée le Musée égyptien du Musée du Louvre. M. de Blacas avait formé un riche cabinet d’antiquités que M. Reinaud a décrit en partie sous le titre de Description des monuments musulmans du cabinet du duc de Blacas, 1828. Il était membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, membre libre de l’Académie des beaux-arts et chevalier du Saint-Esprit.

  • ÉLIE LOUIS DECAZES (1780-1860) comte Decazes (1816) puis 1er duc Decazes (1820) et duc de Glücksberg (par le roi Frédéric VI en 1818).

Bien que Louis XVIII ait l’habitude de ne s’entretenir de politique qu’avec ses ministres, Decazes obtient l’autorisation de faire ses rapports directement au roi. Il devient le favori de Louis XVIII qui l’appelle même « mon fils ». Détesté des Ultraroyalistes, cet homme de police, ancien collaborateur de Fouché en 1815, puis ministre du duc de Richelieu, sait attirer les faveurs du roi pour qui il devient indispensable.

Louis XVIII se prend peu à peu d’amitié intime avec Decazes, car il est pour lui le plus sincère des ministres qui ne parle pas inutilement mais simplement, sans respect excessif, ni sans trop d’humilité.

Il prit sur ce prince un grand ascendant qu’il devait à l’amabilité de ses manières et au charme de son esprit, tout autant qu’à l’accord des vues, il s’opposa de toutes ses forces aux excès de la réaction ultra-royaliste.

Dans ses Mémoires d’outre-tombe, Châteaubriand, écrit au sujet des rapports entre Louis XVIII et Élie Decazes :

« Se fait-il dans le cœur des monarques isolés, un vide qu’ils remplissent avec le premier objet qu’ils trouvent ? Estce sympathie, affinité d’une nature analogue à la leur ? Est-ce une amitié qui leur tombe du ciel pour consoler leur grandeur ? Est-ce un penchant pour un esclave qui se donne corps et âme, devant lequel on ne se cache de rien, esclave qui devient un vêtement, un jouet, une idée fixe, liée à tous sentiments, à tous les goûts, à tous les caprices de celui qu’elle a soumis et qu’elle tient sous l’empire d’une fascination invincible ? Plus le favori est bas et intime, moins on le peut renvoyer, parce qu’il est en possession de secrets qui feraient rougir s’ils étaient divulgués. »

  • ANNE JACOBÉ NOMPAR DE CAUMONT LA FORCE, (1758-1842), comtesse de Balbi : Elle fut la maîtresse de Monsieur, comte de Provence et du futur Louis XVIII.

La comtesse de Balbi avait un esprit pétillant et un physique agréable. Dans une réunion, elle excellait à retenir l’attention de tous et la gaîté par son goût du persiflage et ses réparties joyeuses mais parfois impitoyables ce qui lui valut d’abord quelques inimitiés puis au cours des ans, dans la société, un jugement de plus en plus sévère sinon quelques haines solides. C’était une intrigante, à l’aise à la cour de Louis XVI. Elle décida de se rapprocher du comte de Provence, et pour cela, elle s’arrangea pour être admise comme dame d’atours de Marie-Joséphine de Savoie, l’épouse de Monsieur.

Ce dernier, lassé par sa femme qui avait manifesté quelques faiblesses pour une de ses suivantes (Madame de Gourbillon), décide, pour répondre à cet affront, de prendre une favorite, avec qui il n’aura que des jeux chastes, et choisit la plus étincelante, Madame de Balbi. Il installe donc cette sémillante personne dans un appartement du Petit Luxembourg. Il est aux petits soins pour elle. Il obtient du roi son frère pour son amie, un appartement au premier étage du château de Versailles. Elle dispose aussi d’un pavillon rue de Satory à Versailles, où les deux amis se retrouvent et passent des soirées ensemble.

Madame de Balbi n’est pas d’une fidélité à toute épreuve, et son mari l’apprend. Il regimbe un peu trop au gré de tous et il est mis hors d’état de nuire à la protégée du comte de Provence. Par un jugement du parlement de Paris, il est taxé de « folie douce » et il est interné à Senlis jusqu’à son décès en 1835, à l’âge de 85 ans.

Le comte de Provence fait dessiner à Versailles un jardin par son architecte Chalgrin, en 1785. C’est ce qu’on appelle « le parc Balbi ». Il s’agit d’un jardin tel qu’on le concevait au XVIIIe siècle, du genre des parcs anglo-chinois à la mode, avec une structure complètement retracée, comprenant lacs, grottes, fausses ruines, rivière artificielle, comme on en trouve un modèle à Méréville. Il en fera cadeau à Madame de Balbi. Ce parc malgré beaucoup de vicissitudes durant la Révolution et après, a été déclaré monument historique en 1926.

Le Parc Balbi.

Mais arrive la Révolution de 1789, et par suite, l’émigration. C’est la comtesse de Balbi qui aurait organisé la fuite du comte de Provence. Quoi qu’il en soit, Monsieur devait la retrouver à Mons en Belgique, d’où ils partirent pour Coblence. De là, Marie-Josèphe de Savoie, son épouse, repartit pour Turin, accompagnée de sa dame d’atours. Mais les subsides devenaient plus rares et les vicissitudes de l’émigration firent que Monsieur dut se séparer de la comtesse Anne. Son parcours de prince l’obligea à affronter les régions inhospitalières de Mitau.

La séparation – Les dernières années

Anne de Balbi a mis au monde deux jumelles, alors qu’elle était séparée depuis longtemps du comte de Provence. Celui-ci lui signifia alors son congé définitif.

Les affaires tournent mal pour la maison royale, et Madame de Balbi passe en Angleterre. Elle y reste jusqu’en 1802 date où elle est rayée de la liste des immigrés.  Elle rentre en France et essaye de rassembler ce qui reste des anciens domaines de son mari. Elle eut un retour humble, ce qui n’allait pas avec son tempérament. Mais elle n’était plus soutenue par les grands de la cour. Comme tous les gens à l’esprit trop caustique, elle était haïe par ceux qu’elle avait épinglés par des réparties assassines.

Ce qu’elle avait conservé malgré les voyages et la situation inconfortable d’immigré, c’est l’amour du jeu où elle engloutit des fortunes. Elle se retira à Brie-Comte-Robert et à Tournan, puis, elle rejoignit son frère à Mautauban.  Elle mourut en 1842.

  • ZOÉ VICTOIRE TALON, comtesse de Baschi et du Cayla (1785-1852) :

Fille du marquis du Boullay et de Tremblay-le-Vicomte, Antoine Omer Talon, était avocat, elle le sauva par ses prières des poursuites auxquelles il fut exposé sous Napoléon 1er comme agent des Bourbons. Admise dans l’intimité de Louis XVIII, puis devenue sa favorite, avec qui elle n’aura que des jeux chastes, elle prit sur lui un grand ascendant.

Protégée du vicomte Sosthène de La Rochefoucauld, elle était le lien principal entre les ultra-royalistes et le roi. Elle consentit à brûler les papiers de la procédure  Favras, qui lui venaient de son père, et reçut en don du roi le château de Saint-Ouen, près de Paris.

Le château de Saint-Ouen à Paris.

Elle s’occupa d’exploitations agricoles et obtint une race de moutons qui porte son nom.  Elle avait épousé à Paris le 3 août 1802 le comte Achille Pierre Antoine de Baschi du Cayla, marquis d’Aubais, pair de France, dont elle eut deux enfants : Ugolin, mort à 17 ans, et Ugoline, princesse de Beauvau Craon.  Un rosier obtenu en 1902 par le rosiériste P. Guillot porte le nom de « Comtesse du Cayla ».

  • ANNE-MARIE DE JOUVENCE, comtesse de Ponevej.

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CHARLES X dit Le Bien-aimé (1757-1836) A régné du 16 septembre

1824 au 2 aout 1830.    Il épouse Marie-Thérèse de Savoie

(1756-1805). 4 enfants.

Succédant à ses deux frères, Louis XVI et Louis XVIII, il est celui dont l’avènement à 66 ans et le décès à 79 ans ont eu lieu aux âges les plus avancés. Il était très attaché aux conceptions et aux valeurs de l’Ancien Régime qu’il tenta de faire revivre, après le passage révolutionnaire, tout en acceptant en majorité les valeurs de son temps.

  • CATHERINE ROSALIE GÉRARD dite Mlle DUTHÉ (1748-1830) : Danseuse et courtisane. Le comte d’Artois, se flatta d’avoir fait sa conquête.

On disait d’elle qu’elle était une blonde idiote mais notons tout de même que l’ascension sociale et financière de Rosalie Duthé, qui mourut riche et âgée après avoir connu l’Ancien Régime, la Révolution française, La Terreur et le Premier Empire, est difficilement compatible avec un tel défaut.

  • MARIE-LOUISE D’ESPARBÈS DE LUSSAN, vicomtesse puis comtesse de Polastron (1764-1804) :

Dame du palais de la reine Marie-Antoinette, elle épousa Denis de Polastron (1758-1821) demi-frère de Yolande de Polastron, comtesse puis duchesse de Polignac, gouvernante des Enfants de France et amie intime de la reine.

Le comte d’Artois, futur roi de France Charles X, grand amateur de jolies femmes, la remarqua à la cour de Versailles et s’attacha durablement à sa personne au point d’en faire sa favorite en titre. Cette liaison ne donna aucune descendance au comte d’Artois mais la mort de la comtesse ramena le prince à la Foi.

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NAPOLÉON 1ER (1769-1821) Empereur des français  A régné du 18

mai 1804 au 6 avril 1814 et du 20 mars 1815 au 22 juin 1815. Il a

épousé Marie-Josèphe-Rose de Tascher de La Pagerie, dite

Joséphine de Beauharnais (1763-1814) et en deuxième noce Marie-

Louise d’Autriche (1791-1847)  qui lui donnera un fils : Napoléon

François Joseph Charles Bonaparte (20 mars 1811, † 22 juillet

1832), roi de Rome, duc de Reichstadt, connu également sous le

nom de Napoléon II, bien qu’il n’ait jamais régné qu’en théorie 15

jours, entre la deuxième abdication de Napoléon et la Seconde

Restauration. Le surnom de l’Aiglon lui vient de poèmes de Victor

Hugo écrits en 1852.

Napoléon s’était fiancé le 21 avril 1795 à Désirée Clary (1777-1860), future reine de Suède et de Norvège. Mais la rencontre par Napoléon de Joséphine de Beauharnais à Paris, le 15 octobre 1795, par le biais de son ami Paul Barras, le fait renoncer à ce projet de mariage, non sans mauvaise conscience comme en témoigne sa correspondance avec Désirée.

51 MAITRESSES ONT ÉTÉ RECENSÉES SELON JEAN SAVANT DONT :

  • PAULINE FOURÈS, née Bellisle dite la Bellilote (1778-1869) :  Elle fut une maîtresse de Napoléon Bonaparte puis de Kléber durant la campagne d’Égypte en 1798 et 1799.

Pauline Bellisle fille de Henri Jacques Clément Bellisle horloger et de Marguerite Pauline Barandon. Jeune femme très jolie sensible à l’uniforme, elle épouse Jean Noël Fourès, officier chasseur à cheval qu’elle suit jusqu’en Égypte. Elle échappe de peu à la mort lors de la révolte du Caire le 21 octobre 1798. Le 1er décembre 1798, elle rencontre Napoléon Bonaparte et devient sa maîtresse durant la campagne. Elle se console dans les bras de Kléber après le retour de Napoléon en France.

Pauline revient néanmoins en France en 1799, elle gagne Paris mais ne peut approcher le Premier consul. Elle se remarie avec Pierre Henri de Ranchoux nommé vice-consul et consul en 1810 en Suède.

Après une rencontre avec l’empereur, elle divorce à nouveau et se remarie avec Jean Baptiste Bellard capitaine de la Garde. Après un séjour au Brésil où le couple fait fortune, elle revient à Paris en 1837, où elle vit confortablement. Musicienne, elle peint et collectionne les tableaux, et mène une existence paisible jusqu’à la fin de sa vie.  Pauline Fourès a écrit un roman Lord Wentworth.

  • LOUISE CATHERINE ÉLÉONORE DENUELLE DE LA PLAIGNE, (1787-1868) :  Elle fut l’une des nombreuses maîtresses de Napoléon Bonaparte. Ayant été la première à lui donner un fils (déclaré comme Léon Denuel, et appelé le comte Léon), né le 13 décembre 1806, elle prouva ainsi à l’Empereur qu’il pouvait engendrer des enfants.

À 17 ans, le 15 janvier 1805, elle épouse Jean-Honoré-François Revel, capitaine au 15e régiment de dragons. Deux mois plus tard, le jeune mari se révèle n’être qu’un aventurier et un escroc. Arrêté, il est condamné à deux ans de prison.

Éléonore fait alors appel à l’amitié de Caroline Murat, devenue princesse Murat et altesse impériale. Celle-ci la prend à son service comme lectrice. Très vite, Éléonore devient la maîtresse du mari de sa bienfaitrice, puis, sur la recommandation de ce dernier, de l’Empereur en personne.

Le 13 décembre 1806, sept mois et demi après le prononcé de son divorce, Éléonore met au monde un fils, Charles dit Charles Léon (1806-1881) (6 enfants). Le père en est Napoléon, qui est informé de l’événement le 30 décembre 1806, à Pultusk. Éléonore ne reverra pourtant jamais le père de son enfant. Lorsqu’elle se présentera au château de Fontainebleau, l’année suivante, l’Empereur refusera de la recevoir.

La jeune mère est cependant pourvue d’une rente annuelle confortable et d’un mari honorable en la personne d’un jeune lieutenant au 15e régiment d’infanterie de ligne, Pierre-Philippe Augier de la Sauzaye. Le mariage, richement doté, a lieu le 4 février 1808, à la mairie du 10e arrondissement ancien.

  • MARIA LACZYNSKA ou MARIE WALEWSKA, (1786-1817) : Elle fut l’une des maîtresses de Napoléon 1er, appelée également « la femme polonaise » de Napoléon.

C’est le 1er janvier 1807, lors du passage de l’empereur au relais de Blonie, que Marie Walewska aurait rencontré Napoléon pour la première fois. Un bal fut organisé par Talleyrand, ministre français des relations extérieures, qui devait marquer à Varsovie l’ouverture du carnaval et la plus brillante réception que la capitale dévastée eût vue depuis Stanislas-Auguste. Un bref paragraphe apparut dans le journal officiel, la gazette de Varsovie : « Sa majesté l’Empereur a assisté à un bal chez le ministre des relations extérieures, le Prince de Bénévent, au cours duquel il a invité à une contredanse la femme du chambellan Anastase Walewski. » À midi, le lendemain, une voiture s’arrêta devant l’hôtel des Walewski.  Duroc, le grand maréchal du palais, en descendit, portant un gigantesque bouquet de fleurs et une lettre sur un épais parchemin, fermée du sceau vert impérial.

« Je n’ai vu que vous, je n’ai admiré que vous, je ne désire que vous. […] » « N » Marie fit répondre à Duroc qu’il n’y aurait pas de réponse. D’autres lettres enflammées suivirent… Les allées et venues de Duroc allaient attirer l’attention, et nombre de gens venaient donner des conseils à Marie. Elle avait été distinguée par le destin. Elle avait été choisie pour sauver la Pologne. Le chef de famille Laczynski, soldat modèle de l’empereur, lui donnait sa bénédiction.

Elle finit par accepter (avec l’accord de son mari) de devenir sa maîtresse. Ils poursuivent leur liaison au château de Finckenstein en Prusse-Occidentale. L’« idylle » printanière du couple (d’avril à juin) dans le lointain château de Finckenstein est un moment unique et entièrement inattendu dans la vie de Napoléon, une période qui le vit déployer ce qu’un historien de cette période de sa vie appela une « énergie miraculeuse ». Pour Marie, la décision de rejoindre l’Empereur à Finkenstein était un acte de suprême courage et le risque couru énorme. Les deux amants sont très épris l’un de l’autre et l’empereur va dès lors organiser sa vie de façon à consacrer du temps à ses amours, chose qu’il n’avait pas faite depuis Joséphine de Beauharnais.

Château de Finckenstein le 2 avril 1807 et aujourd’hui (Kamieniec).

Dans l’intimité Marie, avec son doux entêtement polonais, ramène la conversation sur son idée fixe : la résurrection de la Pologne. Patiemment Napoléon discute avec elle sans toutefois s’engager. Ses arguments sont toujours les mêmes : que les Polonais fassent preuve de cohésion, de maturité, qu’ils soutiennent militairement sa lutte contre la Russie, et il seront récompensés selon leurs mérites. Son obstination finira par aboutir : Napoléon crée le grand-duché de Varsovie (1807-1815), qui disparaîtra peu après la défaite de la campagne de Russie en 1812-1813. C’était en fait un compromis pour ne pas déplaire au tsar, mais une réponse terriblement faible à l’attente de milliers de soldats polonais morts pour l’empereur.

Naissance d’Alexandre

Le 4 mai 1810, à 4 heures de l’après-midi, Alexandre, comte Walewski, un bel enfant robuste, ouvrit les yeux sur un monde dans lequel il allait connaître une carrière brillante et tumultueuse. « Je suis né au château Walewice en Pologne », écrira 35 années plus tard dans ses mémoires le futur ministre des affaires étrangères de Napoléon III. Mgr Anastazy Walewscy (Anastase de Walewski), âgé de 73 ans, déclara qu’il était issu de son mariage avec Marie née Łączyńska, âgée de 23 ans. Napoléon apprend la naissance de son fils au cours d’un voyage triomphal en Belgique avec sa jeune épouse (Marie-Louise d’Autriche). Il fait parvenir des dentelles de Bruxelles et 20 000 francs en or pour Alexandre. Le 5 mai 1812, à Saint-Cloud, en présence de Marie, Napoléon signa un long document juridique garantissant l’avenir du jeune Alexandre. La dotation consistait en 60 fermes aux environs de Naples, d’un revenu annuel de 169 516 francs 60 centimes. Les armoiries conférées par les lettres patentes en même temps que le titre de comte de l’Empire étaient un mélange des blasons Walewski et Laczynski.

Château de Walewice.

Séparation et divorce

D’après les règles de la communauté de biens de son mariage, les revenus de la dotation du jeune Alexandre, pendant sa minorité, couraient le risque d’être engloutis dans l’avalanche de dettes du vieux chambellan. Le 16 juillet 1812 le couple passa un acte dans lequel Marie déclarait son intention de se séparer légalement de son mari et se chargeait d’assumer la responsabilité financière de ses deux fils (Antoine et Alexandre). La Comtesse Walewska bénéficiait des dispositions récemment introduites par le Code Napoléon qui facilitait le divorce. Le 24 août le mariage était dissous, un temps étonnamment court pour qu’un tribunal rendît une décision. Si Marie était légalement libre, son éducation catholique comme la tradition la contraignirent, aussi longtemps que vécut le chambellan (2 ans et demi), à le considérer comme son mari.

Vie en France

L’année 1813 trouva Marie de retour à Paris, installée rue de la Houssaye avec ses deux fils, son frère Théodore et sa sœur Antonia. Grâce à la généreuse dotation de Napoléon, la comtesse Walewska était maintenant une femme riche.

Marie et son fils Alexandre rendirent visite à Napoléon en exil à l’Ile d’Elbe du 1er au 3 septembre 1814 en compagnie d’Emilia et de Teodor (Émilie et Théodore), sœur et frère de Marie.

  • MARGUERITE JOSÉPHINE WEIMER dite MADEMOISELLE GEORGE, (1787-1867) :

      Comédienne et tragédienne française.

C’est vers cette époque qu’elle devient la maîtresse du Premier Consul (qui lui donne le petit nom de Georgina), après avoir été celle de son frère Lucien Bonaparte, ce qui poussa sa rivale Mademoiselle Duchesnois à monter une cabale qui divisa les amateurs de théâtre en deux camps. Ses partisans déclarèrent qu’on avait surpris leur admiration et la bataille commença. Il y eut deux partis dramatiques, et presque politiques, au Théâtre Français : les Georgiens et les Circassiens. Les Georgiens, faisant allusion à la maigreur de Duchesnois, appelaient ses partisans Carcassiens. Les jours où les deux actrices jouaient dans la même pièce, les banquettes du parterre volaient dans la salle. Les Georgiens ayant persuadé leur idole, comme riposte aux criailleries des Carcassiens, de jouer Phèdre, le triomphe de la Duchesnois, la victoire resta à George, qui fut admirable de passion dans le chef-d’œuvre de Racine, et elle put aborder tous les rôles : Athalie, Mérope, Agrippine, Cléopâtre, Médée. Elle fut proclamée la première dans les Reines. Les Carcassiens les plus endurcis déclarèrent eux-mêmes « qu’inimitable dans Sémiramis, elle se surpassa dans Mérope. »

En 1802, George, protégée par Bonaparte, et Duchesnois par Joséphine, étaient engagées au Théâtre-Français à quatre mille francs d’appointements. En 1804, le ministre Chaptal fit recevoir les deux rivales, sociétaires à demi-part, avec des attributions nettement définies. C’était le comble de la faveur et il ne fallait pas moins que l’influence de Bonaparte, d’un côté, et celle de Joséphine, de l’autre, pour arriver à ce double résultat.

«— Comment Napoléon vous a-t-il quittée ? » demanda un jour Alexandre Dumas père à Mademoiselle George. — Il m’a quittée pour se faire empereur ! répondit-elle.

En 1806, Mademoiselle George créa le rôle de la Reine, dans Les Templiers, de Raynouard, qui eurent un prodigieux succès. Elle créa ensuite le rôle de « Mandane » dans la tragédie d’Artaxerxès de Delrieu, le 30 avril 1808.

  • GIUSEPPINA GRASSINI, (1773-1850) :  C’était une chanteuse d’opéra italienne, née à Varèse.  C’était une femme d’une grande beauté au tempérament de tragédienne. Sa voix de contralto au timbre velouté et profond était émouvante.

En 1800, elle se produit à la Scala devant Bonaparte, vainqueur récent de la bataille de Marengo, et chante La Marseillaise avec une conviction passionnée. Elle devient la maîtresse du Premier Consul qui l’amène à Paris. Elle part ensuite en tournée avec le violoniste Pierre Rode, revient en Italie, puis va se mesurer à Londres avec la soprano anglaise Billington. Leur apparition commune est souvent l’occasion d’un affrontement vocal acharné.

En 1806, Napoléon la rappelle à Paris où elle est nommée Première cantatrice de sa Majesté l’Empereur. Après l’abdication, la Grassini retourne un temps à Rome, puis revient à Paris lors des Cent-Jours et sous la Restauration. Toujours coquette, elle devient la maîtresse de Wellington, le vainqueur de Waterloo, qui a été nommé ambassadeur à Paris. Cependant ses relations anciennes avec Napoléon ne sont pas du goût de Louis XVIII. Comprenant qu’elle n’a plus rien à attendre à Paris, elle retourne en Italie. Elle fait ses adieux à la scène en 1823 à Florence.

Elle partage alors son temps entre Milan et Paris où elle tient un salon, recevant de nombreuses personnalités musicales. Elle guide les débuts de ses deux nièces (filles de sa sœur Giovanna) Giuditta et Giulia Grisi.

Sans quitter le cadre de l’opéra et face à des concurrentes se grisant de virtuosités vocales, la Grassini a incarné un chant plus expressif, plus émouvant, laissant présager le romantisme. Les cantatrices de la nouvelle génération (Isabella Colbran et Giuditta Pasta) se réclameront d’elle.

  • ÉMILIE LEVERT, (1788-1843) :

  • CARLOTTA GAZZANI née Bartoni, baronne Brentano-Cimaroli (1789-1827) :  Lectrice de l’Impératrice.

La ravissante Madame Gazzani avait ébloui la Cour en arrivant de sa Gênes natale. Introduite dans le cercle impérial par Rémusat, elle avait par sa beauté étonnante suscité la méfiance de Joséphine. Elle la prit toutefois à son service comme lectrice italienne. Constant suggère dans ses Mémoires qu’elle aurait eu une liaison avec Napoléon, ce qui est confirmé par une lettre sans équivoque de Gourgaud. Fidèle, d’une certaine façon, elle demeura au service de Joséphine après le divorce. Plus tard, elle se fera appeler, baronne de Brentano.

Charlotte Gazzani était originaire de Naples. Elle rencontre Napoléon à Gênes en 1805. Elle devient lectrice de Joséphine, puis maitresse de l’Empereur de 1807 à 1809.   Après le divorce elle reste au service de l’Impératrice.  Le couple Gazzani eut une fille.  Madame G. est morte le 17 septembre 1827.  « Elle était grande, un peu trop maigre, plutôt belle que gracieuse; elle dansait mal, des extrémités médiocres, aussi ses mains étaient-elles toujours gantées, mais le visage parfait, le type même de la beauté italienne, des lignes d’une pureté absolue, des yeux noirs très grands et très brillants, un accord complet de tous les traits que relevait un rire de côté montrant des dents éclatantes. »

  • AUGUSTE-CHARLOTTE von Schönberg, comtesse Kielmansegge (1777-1823) :  Elle parla de sa liaison avec Napoléon dans ses Mémoires.

  • MARIE-ANTOINETTE ADÈLE PAPIN, comtesse Duchâtel (1782 – 1860) :  Dame d’Honneur de l’Impératrice Joséphine de Beauharnais.  Elle devient la maîtresse de Napoléon en 1804.

http://gw5.geneanet.org/samlap?lang=fr;m=IM;d=142890344;p=adele;n=papin;k=/adele.0.papin

Le 4 juillet 1782 naît une fille prénommée Antoinette Marie lors de son baptême, mais qui se fera par la suite appelée Marie Antoinette Adèle suite à un jugement du 13 Fructidor an X dont mention est portée en marge de son acte de baptême. Celle-ci épouse en 1802 un noble breton plus âgé de 30 ans, Charles Duchâtel. Elle est remarquée par Napoléon 1er lors de son passage à Mont-de-Marsan en 1808, où il est hébergé à l’hôtel particulier des Papin. Entre cette belle et gracieuse blonde aux yeux bleus et l’Empereur va naître une idylle qui se concrétisera à la cour impériale, mais qui sera assez vite rompue par la jalousie de l’impératrice. Celle-ci aurait pourtant reconnu que Napoléon n’aurait vraiment aimé que trois femmes : elle-même Joséphine, Marie Walewska, et Mme Duchâtel née Papin. D’après G. Cabannes, « […] dans l’intimité de l’Empereur, il y a eu deux femmes : Mme Walewska et Mme Duchâtel, pour lesquelles l’histoire a toutes les indulgences. Elles ne paraissent pas en avoir été indignes. »

Leurs rendez-vous, favorisés par Joachim Murat qui se fait passer pour l’amant de la jeune femme afin de détourner les soupçons de l’Impératrice, ont lieu chez le maréchal, à Villiers. A l’occasion d’une de ces rencontres, durant lesquelles il arrive à Géraud Duroc de faire le guet, l’Empereur, se croyant surpris, saute le mur du pavillon et manque se blesser.  Joséphine met fin à cette liaison lorsqu’elle en est informée.

La comtesse Duchâtel se consacre ensuite à l’éducation de ses enfants, puis après la Restauration, à la mise en valeur du château de Mirambeau, en Saintonge, que son mari a acquis en 1813.  Elle meurt le 20 Mai 1860 à Paris et est inhumée  dans le caveau familial  attenant à l’église de Mirambeau, en Charente-Maritime.

Château de Mirambeau.

Madame Duchatel semble avoir été sincère et désintéressée. Napoléon lui ayant offert son portrait enrichi de diamants, elle garda l’image et renvoya la monture. En 1815, après Waterloo, elle se déplaça à la Malmaison pour dire adieu à l’Empereur.  Son second fils, Napoléon Joseph Léon Duchâtel (1804-1884), a parfois été inclus, semble-t-il à tort, dans la liste des enfants naturels de l’Empereur.

  • LOUISE ÉLISABETH CHARLOTTE DE RIGAUD, comtesse de Vaudreuil (1725-1806) : Fille de Louis-Philippe de Rigaud, comte de Vaudreuil.  Dame d’Honneur de l’Impératrice Joséphine de Beauharnais.  Elle était très belle et avait beaucoup d’esprit.

Son père est né au Québec en 1691.  Il sert d’abord au Canada dont son père est gouverneur-général et ne vient en France qu’après la mort de son père (1725). Il gravit un à un les échelons de la hiérarchie dans la Royale jusqu’en 1738, date à laquelle il reçoit un brevet de capitaine de vaisseau. Pendant la Guerre de Succession d’Autriche, il affronte par deux fois les Britanniques. Une première fois en 1744 au large du cap Sicié et surtout en octobre 1747 lors de la seconde bataille du cap Finisterre au cours de laquelle il vient porter secours à son amiral, assailli de toutes parts. Nommé chef d’escadre en récompense, puis lieutenant général des armées navales, il est couvert d’honneurs et nommé commandant de la Marine à Rochefort.

Elle épouse Antoine Joseph Philippe Walsh de Serrant le 17 janvier 1745 dont elle eut deux enfants :

  • Olivier Walsh de Serrant, duc de La Motte-Houdancourt en 1797 Élise d’Héricy, duchesse de La Motte-Houdancourt ;
  • Valentine de Walsh-Serrrant le 07.03.1814 Charles Bretagne de La Trémoïlle, duc de Thouars.
  • ALBINE DE VASSAL, comtesse de Montholon (1779-1848) :

Naît à Montmartre en 1779, son père Jean André de Vassal est receveur général des Finances du Languedoc-Roussillon et du Pays de Foix. En 1796, elle épouse J.P. Bignon, spécialiste en immobilier, mais divorce en 1799. En 1800, elle épouse Daniel Roger, banquier d’origine suisse dont elle aura un fils, Édouard Roger qui sera député en 1825 et deviendra sénateur sous la Troisième République. En 1809, elle rencontre le Comte Charles Tristan de Montholon. Ce fut le coup de foudre immédiat et réciproque. Celui-ci, follement amoureux, l’épousera en secret à la Mairie de Draveil en circonvenant le maire. De cette union naîtra le petit Tristan Montholon qui accompagnera ses parents à Sainte-Hélène. Une ardente passion l’a unie à l’Empereur qui serait le père de la seconde fille, Marie-Caroline Julie Élisabeth Joséphine Napoléone, née à Sainte-Hélène le 26 janvier 1818. Albine quittera l’exil pour raisons de santé avec son fils Tristan et ses deux filles Napoléone Marie-Hélène et la petite Joséphine qui décédera à Bruxelles. La police rapportera qu’elle faisait célébrer tous les 5 mai à neuf heures du matin une messe basse en l’église Notre Dame de Lorette, rue du Faubourg Montmartre. En 1826, Mr Bertrand et ses enfants assistaient aussi à l’office religieux.

ENFANTS POSSIBLES SELON DES SOURCES PLUS OU MOINS CONTESTÉES :

  • Napoléon Louis Charles Bonaparte (1802-1807), fils aîné de Louis Bonaparte ;
  • Agnès Marie, qui deviendra cantatrice.
  • Émilie Louise Marie Françoise Joséphine Pellapra, fille de Françoise-Marie Leroy, épouse Louis Marie Joseph de Brigode, et postérité ;
  • Karl Eugin von Mühlfeld, fils de Victoria Kraus.
  • Jules Barthélémy-Saint-Hilaire, (1805-1895) dont la mère reste inconnue.
  • Marie Caroline Julie Élisabeth Joséphine Napoléone de Montholon, fille de la comtesse Albine de Montholon (née à Sainte-Hélène le 26 janvier 1818, morte à Bruxelles le 30 septembre 1819).
  • Auguste Alfred le Pelletier de Bouhélier (1816-1868), employé, d’où deux enfants :
    • Edmond (1846-1913), journaliste, député de la Seine, maire-adjoint de Bougival, dont postérité : L’écrivain Saint-Georges de Bouhélier et Isabelle, qui devient l’épouse de René Viviani.
    • Laure (née en 1852), qui épouse Alphonse Humbert (1844-1922), député de la Seine, et postérité.

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NAPOLÉON III (Charles-Louis Napoléon Bonaparte) (1808-1873). Empereur des français.  A régné du 2 décembre 1852 au 1er mars 1871).  Il épouse Eugénie de Montijo (1826-1920). Un enfant Louis-Napoléon Bonaparte (1856-1879).

Napoléon III est le troisième fils de Louis Bonaparte (1778-1846), roi de Hollande (1806-1810), et de son épouse Hortense de Beauharnais (1783-1837). Par son père, il est donc le neveu de l’empereur Napoléon 1er (1769-1821) tandis que, par sa mère, il est le petit-fils de l’impératrice Joséphine de Beauharnais (1763-1814).

Outre son unique fils légitime, Napoléon III a eu de nombreux enfants naturels avec ses multiples maîtresses. On peut citer :

  • Eugène Alexandre-Louis) Bure (1843-1910), comte d’Orx et Alexandre (Louis-Ernest) Bure (1845-1882), comte de Labenne, enfants d’Éléonore Vergeot.  Avec postérité en ligne féminine pour le premier-né ;
  • Charles Blanc (24 février 1864 – 11 décembre 1941), fils Napoléon III et de Julie Lebœuf (1840-1886), de son nom de scène Marguerite Bellanger, avec qui l’empereur a une liaison en 1862-1864. Des doutes existent cependant sur l’identité réelle, moins du père que de la mère. Julie Lebœuf aurait fait une fausse couche mais aurait simulé un accouchement sur ordre de l’empereur pour permettre au baron Haussman de placer le fils de sa fille cadette, Valentine Haussmann (1843-1901), elle aussi enceinte de l’empereur, Cependant, la paternité de Jules Hadot (1865-1937), fils de Valentine Haussmann, fut aussi attribuée à Napoléon III ;
  • Arthur Hugenschmidt (1862-1929), chirurgien-dentiste, qui d’après la rumeur serait le fils de Virginia Oldoini, comtesse de Castiglione (1837-1899), maîtresse de Napoléon III en 1856-1857 ;
  • Jules Hadot (1865-1939) Fils de Valentine Haussmann marié a Anne Claveau (d’où postérité)
  1. Napoleon Hadot marié à Henriette Dupont de l’Eure
  2. Jeanne Hadot marié à Ange Luiggi, marquis de Luiggi-Giafferi
  • Georges Feydeau (1862-1921), fils de Léocadie Boguslawa Zalewska, épouse d’Ernest Feydeau, dont la paternité est parfois attribuée au duc de Morny, demi-frère de Napoléon III ;
  • Bonaventur Karrer (1839-1921), fils de Maria Anna Schiess (1812-1880), Allensbach (Lac de Constance, en Allemagne) ;
  • Benoni Depuille, fils d’Armance Depuille (1830-1913), épouse légitime de François Isidore Depuille ;
  • Christian Corbière, fils de Pascalie Corbière (née en 1828), nourrice des enfants adultérins de l’empereur et épouse légitime d’Auguste Corbière, deuxième cocher de l’empereur.

Ses relations avec Élizabeth-Ann Haryett (1823-1865) dite Miss Howard (faite comtesse de Beauregard), la comtesse Marianne Walewska (1823-1912), épouse du comte Walewski, ministre des affaires étrangères de 1855 à 1860, et avec la comtesse Louise de Mercy-Argenteau (1837-1890) n’ont pas donné de postérité. Une éventuelle descendance par un fils né de sa relation avec Mlle Sauvez connue durant son emprisonnement à Ham n’est pas prouvée.

  • ARMANCE DEPUILLE, (1830-1913) :  Épouse de François Isidore Depuille, dont un fils Benoni Depuille. Benoni Depuille, épouse légitime de François Isidore Depuille.

  • PASCALIE CORBIÈRE, (1828-?) Elle était la nourrice des enfants bâtards impériaux, épouse de Auguste Corbière, deuxième cocher de l’empereur, dont Christian Corbière était le fils.

  • MARIA-ANNA SCHIESS, (1812-1880) Bonaventur Karrer (1839-1921), fils de Maria Anna Schiess (1812-1880), Allensbach (Lac de Constance, en Allemagne).

  • DÉSIRÉE-ÉLÉONORE-ALEXANDRINE VERGEOT, (1820-1886) :

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Elle avait tout d’abord été employée, en qualité de femme de chambre, auprès de Caroline O’Hara, infirmière, maîtresse et, plus tard, deuxième épouse du comte de Montholon qui, complice du prince, l’avait rejoint à Ham. Le 25 mai 1841, une lettre du ministre de l’Intérieur autorise, en outre, Éléonore Vergeot, à visiter et réparer le linge du futur Napoléon III. Une liaison ne tarde pas à se nouer avec celui-ci, sur laquelle l’autorité prend le parti de fermer les yeux. Il en vient successivement deux fils, Eugène (Alexandre-Louis) Bure et Alexandre (Louis-Ernest) Bure, respectivement nés en 1843 et 1845, dont la jeune femme va accoucher à Paris.

L’idylle dure jusqu’à l’évasion du prince en 1846. À la faveur de cette longue intimité, Louis-Napoléon s’était employé à compléter l’instruction d’Éléonore, se faisant un patient instituteur. À différentes reprises, au cours de ces années, elle avait rencontré Pierre Bure en visite à Ham : né à Paris, frère de lait de Louis-Napoléon, celui-ci gérait les affaires du prince, président des Français. Elle l’avait retrouvé à Paris, lors de ses accouchements. Privée désormais de son illustre amant, bientôt installée à Paris, elle devient la maîtresse de Bure et en a un fils, Jean. Nommé, après le rétablissement de l’Empire, trésorier général de la Couronne, avec un traitement annuel de 30 000 Francs, fait chevalier, puis officier de la légion d’honneur, Pierre Bure l’épouse à Paris, le 3 août 1858, et reconnaît le fils qu’elle lui avait donné ainsi que les deux qu’elle avait eus de Louis-Napoléon, tous trois déclarés nés de père inconnu. L’importance des biens constituant l’apport de la future épouse, dans le contrat de mariage (étude Delaporte, Paris le 2 aout 1858), laisse deviner les libéralités de Louis-Napoléon à son égard.

Éléonore Vergeot s’éteignit au Vésinet. Ses restes reposent au cimetière Montmartre. Pierre Bure quant à lui était mort à Paris, le 17 janvier 1882.

  • HARRIET HOWARD ou ÉLISABETH-ANN TRELAWNY (HARYETT), dite Miss Howard, comtesse de Beauregard (1823-1865) Finance sa campagne électorale de 1848.

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Au cours d’une réception donnée par Lady Blessington en 1846, Miss Howard rencontra Louis-Napoléon Bonaparte, prétendant au trône de France, mais à l’époque exilé à Londres. Il habitèrent ensemble. Avec sa fortune, elle finança ses efforts et ses conspirations pour retourner en France. Napoléon emmena avec lui ses deux fils (Alexandre Louis Eugène et Louis Ernest Alexandre, nés d’une relation lorsqu’il était emprisonné au Fort de Ham), et ils furent éduqués avec Martin, les fils de Miss Howard.

Paris

Après la Révolution de 1848, Louis-Napoléon Bonaparte retourna en France où il se fit élire député puis Président, sa campagne ayant été financée par sa maîtresse. Miss Howard et les trois garçons déménagèrent rue du Cirque, une rue adjacente au palais de l’Élysée, où, en tant que maîtresse, elle resta dans l’ombre. Elle eut une ennemie jurée en la personne de la cousine de Napoléon, la princesse Mathilde, à qui il fut fiancé auparavant (1836), et qui lui apportait elle aussi un soutien financier. Miss Howard continua à soutenir ses aspirations à devenir empereur et finança en grande partie son coup d’État du 2 décembre 1851. Un an plus tard, à la suite d’un plébiscite, il devint Napoléon III, Empereur des Français. Bientôt, il se mit à la recherche d’une épouse qui puisse devenir impératrice, et Miss Howard se retrouva mise de côté. Napoléon, après avoir été rejeté par la princesse Carole de Vasa de Suède, puis par d’autres membres de la noblesse, choisit une Espagnole, Eugénie de Montijo. Lorsque Napoléon annonça son mariage, Miss Howard fut envoyée au Hâvre et son bureau fut débarrassé de toutes lettres compromettantes.

Comtesse de Beauregard

SITE WEB DU CHÂTEAU DE BEAUREGARD

Le château de Beauregard, à La Celle-Saint-Cloud, photographié en 1872 alors qu’il était la propriété du baron Maurice de Hirsch.  Le château aujourd’hui, il ne reste que le devant du corps central.
La seigneurie de Beauregard appartient au XVIIe siècle à la famille Duval qui y fait édifier un château. Après de multiples successions, le domaine est acheté par miss Haryett Howard, amie de Napoléon III, et le château est probablement entièrement reconstruit en 1858. Après la guerre de 1870, la demeure commence à se dégrader. Occupé par l’armée allemande en 1940, l’édifice est peu entretenu. Son propriétaire, le comte de Bendern, lègue le domaine à la ville de Paris en 1950, à charge pour elle d’y construire un groupe de logements ouvriers, mais le château est détruit, à l’exception de l’avant-corps central.

La fortune de Miss Howard fut rebâtie lorsque Napoléon, devenu empereur sous le nom de Napoléon III, lui remboursa ses dettes. Elle reçut le titre de comtesse de Beauregard du nom du château de Beauregard qu’elle possédait sur les hauteurs de La Celle-Saint-Cloud. Après six mois de mariage, Napoléon reprit sa relation avec elle. Mais sa femme, qui trouvait le sexe « dégoûtant », lui interdit de la voir, et, parce qu’il avait besoin d’un héritier, il dut renoncer à cette relation.

Finalement, en 1854, Miss Howard se maria au Capitaine Clarence Trelawny, un éleveur de chevaux qui utilisa son argent pour ses affaires. Les deux fils de Napoléon qu’elle avait élevés retournèrent avec leur mère. Cependant, le mariage de Harriet et Clarence fut difficile et ne dura pas, ils divorcèrent en 1865, et elle mourut la même année.

Sa relation avec son fils Martin fut aussi difficile, ainsi à son 21e anniversaire, il lui demanda publiquement, « Maintenant que je suis adulte, Mère, ne me diras-tu pas qui était mon père ? » Martin reçut plus tard le titre de Comte de Béchevêt de la part de Napoléon III (Béchevet était le nom d’une partie du domaine de Beauregard), se maria dans la noblesse hongroise, et eut trois enfants, Richard Martyn Haryett de Béchevêt, Grisile Charlotte Haryett de Béchevêt et Marianne Josephine Haryett de Béchevêt. Lorsque Martin mourut en 1907, son fils Richard hérita de son titre.

Elle est enterrée, aux côtés de son fils, au cimetière du Chesnay, situé à moins de 900 mètres de son château (aujourd’hui détruit).

  • ÉLISABETH HAUGER HUGENSCHMIDT, (1825-1915), mère légale d’Arthur Hugenschmidt.

  • MARGUERITE BELLANGER de son vrai nom Julie Leboeuf, (1838-1886) C’était une comédienne française.  Elle compte parmi les personnes qui ont marqué leur époque. Elle devient une figure du monde littéraire et artistique, côtoya la plupart de ceux qui animèrent la vie artistique et politique de cette période.  Elle demeure pour l’histoire la dernière favorite du dernier empereur des Français, Napoléon III.

À partir de 1863, victime d’une hématurie (présence de sang dans les urines), l’empereur voit son état de santé se dégrader brusquement. En décembre, il est pris de malaise lors d’une réception officielle aux Tuileries et fait une crise cardiaque en 1864 au cours d’une visite nocturne chez sa maîtresse, Marguerite Bellanger.

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Au cours d’une promenade en voiture dans le parc de Saint-Cloud par un après-midi orageux de juin 1863, Napoléon III aperçoit une charmante inconnue abritée sous un arbre. Napoléon III est envoûté par sa nouvelle rencontre.

Marguerite Bellanger devient la maîtresse de l’empereur Napoléon III. Bientôt, au vu et au su de tous – y compris l’impératrice qui ira trouver sa rivale chez elle pour la sommer de lui rendre son mari, elle le suit dans ses déplacements privés ou officiels.

Parmi ses nombreux présents, l’Empereur lui offre deux maisons, l’une à Passy, 57 rue des Vignes, l’autre à Saint-Cloud, dans le parc de Montretout, donnant par une porte dérobée sur les jardins du château.

Maison dans le Parc Montretout à Paris donné par Napoléon III. Elle n’existe plus aujourd’hui.

En février 1864, Marguerite Bellanger donne naissance à un fils, elle le déclare à la mairie du 8ème arrondissement de Paris sous le nom de Charles Jules Auguste François Marie Lebœuf.

Marguerite Bellanger se réfugie alors un moment rue de Launay à Villebernier, elle touche une pension et en novembre 1864, l’empereur offre à « Margot » le château de Villeneuve-sous-Dammartin, près de Meaux. L’Empereur Napoléon III dote également l’enfant d’une pension et du château de Mouchy, dans l’Oise dont il avait acheté fort discrètement le domaine quelque temps auparavant. La mère devient usufruitière de la propriété.

Château de Villeneuve-sous-Dammartin près de Meaux.

Offert en 1864 à Marguerite Bellanger par l’empereur Napoléon III.  Il est reconstruit à la fin du XIXe siècle par Maurice Hutin. Transformé en école privée, il hébergea de 1961 à 1974 le Centre Thomas More de Roger Turgis.

Roger Turgis qui enseignait l’anglais au collège oratorien de Juilly, avait créé un organisme de « Séjours et cours de vacances en Angleterre » où les jeunes étaient encadrés par des adultes et hébergés dans des familles.  Maison de retraite jusqu’en 2004 Il est aujourd’hui le siège social du groupe ECT.

Château de Mouchy.

Toujours séduisante, elle fait encore des conquêtes lorsqu’elle s’installe fin 1864 à Villeneuve-sous-Dammartin. Parmi ses amants, le général de Lignières, et selon certaines sources, Léon Gambetta. Elle fait l’objet de caricatures et de divers cancans. Paul Hadol, dans sa série de caricatures sur la « Ménagerie Impériale », en fait une chatte, on la désigne parfois sous le sobriquet de « Margot la Rigoleuse ».

Sa liaison avec l’Empereur va durer jusqu’à la guerre de 1870, et même pendant sa captivité en Westphalie. En 1873, lorsque l’Empereur meurt en exil en Angleterre, Marguerite fera le voyage pour aller saluer son cercueil et pleurer toutes ses larmes devant son « cher Seigneur ».

À la chute de l’Empire, elle part en Angleterre et épouse le baronnet Louis William Kulbach, capitaine dans l’armée britannique. La présence d’un couple William Kulbach et Julie Leboeuf dite Marguerite Bellanger est relevée en France, à Mouchy-Saint-Eloi (Oise) lors du recensement de 1872. Marguerite Bellanger déclare avoir 30 ans (alors que selon les données de sa biographie, elle en a 33 ou 34) et le couple se dit marié.

Devenue une lady, elle mène une vie rangée et donne dans les bonnes œuvres.

Elle décède à 48 ans, le 23 novembre 1886 suite à un coup de froid survenu lors d’une promenade dans le parc de son château de Villeneuve-sous-Dammartin, en Seine-et-Marne. Selon la déclaration de décès, son époux habite alors Pau. La cérémonie religieuse a lieu le 27 novembre à l’Église Saint-Pierre-de-Chaillot, elle repose au Cimetière du Montparnasse dans la 27e division 7e ligne no 15 nord.

Sa famille a tiré profit de son fabuleux destin, son frère Jules, qui la servait comme jardinier, se fait construire à Brain-sur-Allonnes une belle maison, qui est aujourd’hui la mairie.

Mairie.  Place de la Mairie, Bain-sur-Allonnes.

Son fils, Charles Leboeuf (24 février 1864 – 11 décembre 1941) fit une carrière d’officier, il décèdera sans postérité (cet enfant était probablement un des fils de Napoléon III mais sur cette filiation, on se perd en conjectures). Il repose auprès de sa mère.

Charles Leboeuf (24 février 1864 – 11 décembre 1941), fils de Napoléon III et de Julie Lebœuf (1840-1886), de son nom de scène Marguerite Bellanger, avec qui l’empereur a une liaison en 1862-1864. Des doutes existent cependant sur l’identité réelle, moins du père que de la mère. Julie Lebœuf aurait fait une fausse couche mais aurait simulé un accouchement sur ordre de l’empereur pour permettre au baron Haussmann de placer le fils de sa fille cadette, Valentine Haussmann (1843-1901), elle aussi enceinte de l’empereur. Cependant, la paternité de Jules Hadot (1865-1937), fils de Valentine Haussmann, fut aussi attribuée à Napoléon III.

  • MARIE-CLOTHILDE ÉLISABETH LOUISE DE RIQUET, comtesse de MERCY-ARGENTEAU, (1837-1890) maitresse de l’empereur en 1866-1870.

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Au cours de son enfance, elle développa une aptitude remarquable au piano. Le 11 avril 1860, elle se maria à Eugène Arnould Henri Charles François Marie de Mercy-Argenteau (1838 – 1888). L’année suivante, elle rencontra Franz Liszt, puis en 1866, l’empereur Napoléon III, se lia d’amitié avec lui puis devint sa maîtresse.  Pour voir tranquillement sa belle, l’empereur fit aménager un souterrain secret reliant l’hôtel numéro 18 de la rue hôtel à l’anglaise où elle logeait, à la sacristie de la chapelle du Palais de l’Élisée. Après sa défaite à la bataille de Sedan, elle lui rendit visite une dernière fois alors qu’il était prisonnier des Prussiens au château Wilhelmshöhe et le réconforta en jouant de la musique pour lui. Elle écrivit ultérieurement un livre sur cette rencontre qui dura quatre heures.

Château Wilhelmshöhe.

Au début des années 1880, la comtesse de Mercy-Argenteau développa un intérêt pour la musique russe. Elle entreprit alors d’étudier la langue et traduisit des œuvres vocales de divers compositeurs russes, en plus d’organiser des concerts et des récitals en leur honneur. La défense qu’elle mena de la musique du Groupe des Cinq eut en outre un impact positif sur celle de César Cui et facilita la production de son opéra Le Prisonnier du Caucase à Liège en 1886. Le recueil de César Cui pour piano intitulé À Argenteau est un signe de la forte influence musicale du comte et de la comtesse de Mercy-Argenteau en Belgique.

La comtesse de Mercy-Argenteau mourut emportée par un cancer le 8 novembre 1890 à Saint-Pétersbourg en Russie.

  • FANNY VALENTINE HAUSSMANN, vicomtesse Pernety (1843-1901) :  Elle a été la maîtresse de Napoléon III.

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Selon certains auteurs, Valentine Haussmann aurait été quelque temps, avant son premier mariage, l’une des nombreuses maîtresses de Napoléon III. On est allé jusqu’à faire d’elle la mère d’un personnage du nom de Jules Adrien Hadot, réputé fils naturel de l’Empereur. Sa relation avec Napoléon III est contestée par Jean des Cars.

De sa liaison avec l’empereur Napoléon III (1808-1973) elle eut un fils en 1865.

  • Jules Hadot (1865-1939) marié à Anne Claveau (d’où postérité).
  1. Napoléon Hadot marié à Henriette Dupont de l’Eure.
  2. Jeanne Hadot mariée à Ange Luiggi, marquis de Luiggi-Giafferi.
  • VIRGINIA ÉLISABETTA LUISA CARLOTTA ANTONIETTA TÉRÉSA MARIA OLDOÏNI, Contessa di Castiglione, (1837-1899), (la plus belle femme de son siècle, dit-on) était une célèbre espionne, aristocrate piémontaise, maîtresse de Napoléon III, mais aussi une figure des premières heures de la photographie.

http://nursemyra.files.wordpress.com/2011/05/castiglione.jpg?w=229&h=300https://i0.wp.com/www.appl-lachaise.net/appl/IMG/jpg/ritratto-di-virginia-oldoini-verasis-asinari-big.jpghttps://i1.wp.com/img28.xooimage.com/files/0/0/6/countess-beauty-1f63f84.jpghttps://i0.wp.com/img45.xooimage.com/files/f/4/c/03-la_castiglione-1f63f8a.jpghttps://i2.wp.com/img28.xooimage.com/files/1/6/0/castiglione1-1f63fac.jpg

Quelques semaines après ses couches, aux fins de servir en secret les intérêts du roi de Sardaigne Victor-Emmanuel II (dont elle est devenue aussi la maîtresse) et l’unification de l’Italie, son cousin Camillo Cavour lui demande de se rendre à Paris pour que la jeune femme de 18 ans devienne la maîtresse de l’empereur Napoléon III qui en a 47, afin d’influencer, sur l’oreiller, ses décisions politiques en faveur de l’unification. Le couple arrive à Paris le 8 janvier 1856 et est accueilli par le « clan italien » du Palais des Tuileries animé par Jérôme Napoléon et la princesse Mathilde.

La relation charnelle de la comtesse avec Napoléon III se matérialise dans le parc de Saint-Cloud au milieu du château de Villeneuve-l’Étang à Marnes-la-Coquette le 27 juin 1856. L’empereur et la comtesse étant mariés, le double adultère impérial fait scandale, et contraint le comte de Castiglione à se séparer de sa femme : ruiné par le train de maison luxueux dans leur hôtel, 10 rue de Castiglione à Paris, il repart seul en Italie. Libre, la comtesse entretient avec l’Empereur des Français une relation de deux ans (1856-57). Néanmoins, d’après une rumeur infondée, la comtesse de Castiglione serait devenue en 1862, la mère d’un fils illégitime de l’empereur, le chirurgien-dentiste Arthur Hugenschmidt (1862-1929). Robert de Montesquiou, dans la dédicace qu’il fit à Hugenschmidt de son poème des Paroles diaprées reprend la rumeur.

Château de Villeneuve-l’Étang.  Après la guerre de 1870 et la chute de l’Empire, Villeneuve est transformé en camp militaire. Le château est démoli. Seule la terrasse et le pavillon dit des Cent Gardes échappent aux destructions.  Après la chute de l’Empire, Villeneuve-l’Etang devint domaine public en 1878 : affecté au Ministère de l’Instruction Publique et des Beaux Arts, il fut attribué à Louis Pasteur en 1884 pour lui permettre de poursuivre ses travaux sur la rage. Il y mourût le 28 septembre 1895.

Cet adultère impérial qui défraye la chronique lui ouvre les portes des salons privés d »Europe qui, en temps normal, lui auraient été fermées. Elle y rencontre les grands de cette époque : la reine Augusta de Prusse, le comte Otto von Bismarck et l’homme politique Adolphe Thiers. À partir de juillet 1856, sa beauté légendaire lui permet de devenir un des modèles réguliers du photographe Parisien Pierre-Louis Pierson qui réalise plus de 450 portraits pour lesquels elle organise elle-même la mise en scène (elle y dépense pratiquement toute sa fortune personnelle) et auquel elle se décrit un jour comme « la plus belle créature qui ait existé depuis le commencement du monde ».

La comtesse de Castiglione, enveloppée de voile et châle en crêpe noirs, 1893.

Mais narcissique et capricieuse, snobant le reste de la cour et se vantant publiquement des cadeaux que l’empereur lui offre à partir des fonds secrets, elle finit par se rendre antipathique et lasser l’empereur qui est passé à sa maîtresse suivante, la comtesse Marianne Walewska. De plus, dans la nuit du 5 au 6 avril 1857 alors qu’il sort de chez la comtesse Castiglione, trois carbonari italiens Grilli, Bartolotti, Tibaldi, accusés d’être à la solde du révolutionnaire Giuseppe Mazzini, tentent de tuer l’empereur. Soupçonnée à tort de complicité, elle est officiellement expulsée de France par des agents secrets en possession d’un décret signé par le ministre de l’Intérieur. En réalité, elle s’éloigne simplement et revient en grâce dès le mois suivant grâce à la princesse Mathilde et à son complice et confident Joseph Poniatowski.

Malgré la rupture avec Napoléon III, elle prétend néanmoins que son influence sur l’empereur s’est concrétisée le 21 juillet 1858 lors de l’entrevue secrète à Plombières entre Napoléon III et le comte de Cavour, aboutissant au traité de Plombières.

Soutenue par sa beauté mais aussi un charme irrésistible et une intelligence subtile, la comtesse de Castiglione va conquérir toutes les cours d’Europe, si bien que, durant la Guerre franco-prussienne de 1870, Napoléon III, vieillissant, malade et vaincu, lui demandera une dernière fois de jouer de ses talents de diplomate pour plaider la cause de la France auprès du Chancelier de Prusse Bismarck, et d’éviter à Paris l’humiliation d’une occupation par des troupes étrangères.

Après l’effondrement de l’Empire et l’établissement de la Troisième République bourgeoise et pudibonde, la comtesse, veuve et ayant perdu prématurément son fils légitime mort de la variole, est devenue inutile et vit dans un monde qui ne lui ressemble plus.

Dans les années 1880, esclave de son image et ne supportant pas de vieillir, elle souffre de neurasthénie et misanthropie. Elle se terre à l’abri des miroirs qu’elle a fait voiler dans son appartement parisien qu’elle loue 26 Place Vendôme (Hôtel de Nocé) puis en 1893, 14 rue Cambon (Immeuble à logements) où elle sombre dans l’anonymat et le dénuement. Elle ne sort plus qu’à la nuit tombée, pour ne pas être confrontée au regard que les passants pourraient porter sur les « ravages » que le temps, d’après elle, a fait subir à sa beauté. Elle décède en 1899, à l’âge de 62 ans, aux côtés des dépouilles empaillées de ses chiens. Le secrétaire d’ambassade italienne à Paris Carlo Sforza accourt pour brûler ses papiers compromettants.

26 PLACE VENDÔME : HÔTEL DE NOCÉ.

L’Hôtel de Nocé est situé au n°26.

Dans cet hôtel, vécu jusqu’en 1893 la célèbre comtesse de Castiglione, dans un petit appartement tendu de noir, aux volets toujours tirés, où les miroirs étaient proscrits pour qu’elle ne puisse contempler sur son visage les outrages de la vieillesse et dont elle ne sortait qu’à la nuit tombée. Le joaillier Boucheron acquit l’ensemble de l’immeuble en 1893 et y installa son magasin.

La maison Klytia, née en 1895, s’installa dans l’Hôtel de Nocé où fut créé le premier lieu institutionnel dédié à la beauté par Marie-Valentin Lebrun, le fondatrice de la marque. Le premier « institut de beauté », nom qui sera d’ailleurs déposé, est donc né dans l’écrin exceptionnel de la place Vendôme.

La comtesse de Castiglione, qui fit les beaux jours du Second empire, repose au cimetière du Père-Lachaise (division 85).

  • MLLE SAUVEZ : Une picarde, avec qui il eut une relation durant son emprisonnement à Ham.  Une éventuelle descendance par un fils né de sa relation avec Mlle Sauvez connue durant son emprisonnement à Ham n’est pas prouvée.

  • MATHILDE-LÉTIZIA WILHELMINE BONAPARTE :  Fille de Jérôme Bonaparte.

À Paris, la princesse Mathilde occupe :

  • de 1849 à 1857 : un hôtel particulier au n° 24,rue de Courcelles (qui existe toujours, aujourd’hui n° 10) ;
  • de 1857 à 1870 : un hôtel particulier mis à sa disposition par Napoléon III, à l’emplacement actuel des n°s 22-28, rue de Courcelles (détruit vers 1954).

http://nursemyra.files.wordpress.com/2011/05/mathildebonaparte.jpg?w=207&h=300https://i1.wp.com/upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/3/3e/WINTERHALTER.jpg/300px-WINTERHALTER.jpg

En 1835, elle est fiancée à son cousin Louis-Napoléon Bonaparte, futur Napoléon III. Elle a alors 15 ans. Son père, veuf depuis peu, a été privé d’une grande partie de ses ressources qui venaient essentiellement de son beau-père, le roi de Wurtemberg. En vue du mariage, Jérôme Bonaparte a acheté à crédit, pour le jeune couple, le château de Gottlieben, voisin d’Arenberg le lieu où séjournent la reine Hortense et son fils. Cependant, les fiançailles restent sans suite en partie parce que le roi de Wurtemberg, le beau-père de Jérôme, désapprouve l’union (en raison du passé de carbonaro de Louis-Napoléon) mais aussi pour des objections financières, soulevées par Louis Bonaparte, le père de Louis-Napoléon.  Mathilde s’installe à Paris en 1846 à la fin du règne de Louis-Philippe auprès de son amant le comte Émilien de Nieuwerkerke, rencontré quelques années auparavant à San Donato.

Château de la Princesse Mathide.

Avec l’accession de son cousin Louis-Napoléon à la présidence de la République, puis à la dignité impériale, elle joue véritablement un rôle de premier plan. Mathilde fait office de maîtresse de maison au Palais de l’Élisée auprès de celui qui est officiellement célibataire bien qu’en couple depuis 1846 avec Harriet Howard, une Anglaise divorcée.

Salon de Mathilde rue de Courcelles.

  • LÉOCADIE BOGUSLAWA ZALEWSKA: Épouse de l’écrivain Ernest Feydeau.  Ils eurent un fils présumé Georges Feydeau.

Georges Feydeau (1862-1921), fils de Léocadie Boguslawa Zalewska, épouse d’Ernest Feydeau, dont la paternité est parfois attribuée au duc de Morny, demi-frère de Napoléon III.  Il se maria et eut quatre enfants.  Il mourut de troubles psychologiques dus à la syphilis.

  • MARIANNE DE RICCI PONIATOWSKA,  comtesse Colonna Walewska (1823-1912). Épouse du comte Walewski, ministre des affaires étrangères de 1855 à 1860.

Marianne (Marie-Anne) de Ricci Poniatowska (1823-1912) 2ème épouse d’Alexandre Florian Comte Colonna Walewski.  Le 20 janvier 1877 la Comtesse Walewska épouse Joseph d’Alessandro.

RÉFÉRENCES:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_ma%C3%AEtresses_des_rois_de_France

http://favoritesroyales.canalblog.com/

10 réflexions sur “LISTE DES MAITRESSES ET AMANTS DES ROIS ET REINES DE FRANCE – 2ÈME PARTIE

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  3. Concernant NAPOLEON 3 et Marguerite BELLANGER : les photos de la mairie de Brain sur Allonnes sont celles de l’ancienne mairie , avant l’acquisition par la Commune de la maison de Charles LEBOEUF le frère de Julie LEBOEUF.

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    • Notre maison ressemble étrangement à la maison de Brain sur Allonnes. On nous a toujours dit que c’était la copie d’une maison d’une maîtresse de Napoléon III. Avez vous d’autres infos concernant cette maison et l’architecte? Notre maison a été construite en 1892 dans le Sud de la France. Merci de vos infos

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      • Bonjour,

        Merci de votre commentaire mais j’ai fait une chronique sur les héritières elles-même et non sur leurs maisons. Quand la chronique est terminé je n’y touche plus car j’en ais d’autre à faire.
        Bien à vous
        Loulou

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    • Bonjour,

      Merci de votre commentaire. J’ai rajouté l’adresse de votre site en référence dans les deux parties de ma chronique. Veuillez m’excuser pour cette impardonnable erreur.
      Bien à vous
      Loulou

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