LE GOLDEN SQUARE MILE (MILLE CARRÉ DORÉ) DE MONTRÉAL


RAVENSCRAG (835-1025 Avenue des Pins Ouest, Montréal) construit pour Sir Hugh Allan en 1863. Le bâtiment a été donné à l’hôpital Royal Victoria et c’est maintenant le département de psychiatrie de l’Université McGill.  Deuxième photo l’ancienne entrée des calèches depuis l’Avenue des Pins Ouest (2012). Troisième et quatrième photo Sir Hugh Allan (1810-1882) et sa femme Lady Mathilda Caroline (Smith) Allan.

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HÉRITAGE MONTRÉAL

Le Golden Square Mile (en français: Le Mille Carré Doré) ou plus simplement le «Square Mile» est le nom nostalgique donné à un petit quartier développé principalement entre 1850 et 1930, au pied du Mont-Royal, dans la partie centre-ouest du centre-ville de Montréal au Canada. En fait, les Montréalais qui ont vécu là-bas ont été classés en deux zones, dont «Uptown» ou «New Town». Ce n’est qu’à partir des années 1930 que les Montréalais ont commencé à appeler ce quartier le «Square Mile». L’ajout de «Golden – doré» était une appellation relativement moderne, ajoutée à partir des années 1950 par des courtiers immobiliers de Montréal car, ironiquement son âge d’or était passé depuis longtemps.

Depuis les années 1790, les anglophones et chefs d’entreprise de Montréal, qui comprenait ceux qui ont réussi, les hommes du Beaver Club, ont commencé à regarder au-delà du Vieux-Montréal pour des emplacements spacieux sur lesquelles construire leurs maisons. Ils ont tourné leurs yeux vers les terres agricoles sur les pentes du Mont-Royal au nord de la rue Sherbrooke, alors rien de plus qu’une paisible route de campagne. Les maisons qu’ils ont construites sont venues représenter la période de prospérité lorsque le Canada était à son apogée économique et que Montréal était une capitale culturelle et financière inégalée.

Ces gens contrôlaient la majorité des industries canadiennes telles que : les industries ferroviaires et maritimes, le bois, l’exploitation minière, de la fourrure, de la banque et elle se composait d’un petit groupe d’une cinquantaine d’hommes qui se sont fait construire des maisons dans le Square Mile. Une statistique souvent citée, est celle qu’à partir de 1870 à 1900, 70% de toute la richesse du Canada était entre les mains de ce petit groupe. En 1900, les actifs et les transactions de la Banque de Montréal étaient égals à l’un des ses homologues sur le New York Stock Exchange, et que ces actifs étaient deux fois celle du concurrent canadien le plus proche de la Banque.

Le Square Mile est un quartier d’une opulence et d’une audace architecturale jusque-là inconnu dans le Dominion du Canada, et qui n’a jamais été revu depuis. Mais, en 1930, suite à la Grande Dépression, et à l’aube de l’automobile et de la demande pour des maisons ayant plus de chaleur à haut rendement, les jeunes générations des familles qui avaient construient ces maisons ont, en grande partie, déménagé dans le quartier de Westmount. Pendant la Révolution tranquille, les entreprises créées à Montréal et dont la fortune avait été construite sur le Square Mile, ont été déracinées à Toronto quand la démolition de la zone a atteint son apogée. Le visage de celle-ci a été modifié de façon irréversible, ce qui a conduit à la création de l’organisme Héritage Montréal. Des vestiges subsistent, mais leur durée de vie, leur grandeur et leur élégance ont disparu depuis longtemps.

En 1983, seulement 30% des demeures dans la moitié nord du Square Mile avaient survécus à la démolition, et seulement 5% ont survécu au sud de la rue Sherbrooke. Celles qui restent, qui se trouvaient autrefois le long des rues et des avenues bordées d’arbres, sont aujourd’hui principalement détenues par l’Université McGill et se trouvent intercalées entre les arbres et les rues, et éclipsées par le spectacle plus familier des tours en béton.

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Frontières.

DUNCAN MCINTYRE (1894-1934).  Fondateur du Canadien Pacifique.

Résidence de M. Duncan McIntyre (1894-1934), CRAGRUIE, construite sur 10 hectares au large de la rue McGregor vers 1880, démolie en 1930. En 1947, la famille en fit don à l’Université McGill et maintenant le site s’appelle Parc McIntyre. Des années plus tard en 1965, l’Université eut besoin du terrain pour y construire deux nouveaux édifices : les pavillons McIntyre des sciences médicales et le pavillon Stewart des sciences biologiques, lesquels occupent encore l’emplacement de nos jours.

Il a épousé Jane Allan Cassils et ils étaient les parents de quatre fils et trois filles :

  • William McIntyre
  • John McIntyre
  • Duncan McIntyre
  • Charles McIntyre
  • Mary Fisher McIntyre. Elle a épousée son cousin germain, Archibald Arthur Hodgson (1869-1960), l’un des cinq fils bien connus de Jonathan Hodgson (1827-1914) et Margaret Cassils. Leur fils, Duncan, a épousé Hylda, fille de J.K.L. Ross de Montréal.
  • Margaret McIntyre, mariée à  R. Archibald Snowball, de Chatham, Nouveau-Brunswick. Il était un fils cadet de l’hon. Jabez Bunting Snowball, lieutenant-gouverneur du Nouveau-Brunswick. Leur seul enfant, Robbie, est décédé célibataire à Montréal. 
  • Jane McIntyre, a épousée Lewis Reford, fils de Robert Wilson Reford (1831-1913).

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COLONEL HERBERT MOLSON (1875-1938).  Il était un politicien canadien, entrepreneur et philanthrope. L’ancien propriétaire de la Brasserie Molson et membre de la famille Molson.

Maison Herbert (Colonel) Molson (1875-1938). Conçu par l’architecte Robert Findlay en 1912. Aujourd’hui le consulat russe.

En 1899, Herbert Molson a été marié à Élizabeth « Bessie » Zoé Pentland, fille de Charles Pentland. Herbert et Bessie ont eu quatre enfants :

Thomas Henry Pentland Molson (1901-1978);

Mary Dorothy Molson MacDougall (1904-1992);

Naomi Élizabeth Molson Mather (1906-1992);

Hartland de Montarville Molson (1907-2002). Sénateur.

Molson est décédé le 21 mars 1938 à Montréal. Sa maison dans le Golden Square Mile est aujourd’hui le consulat russe.

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En principe, le quartier avait des frontières précises qui étaient d’environ un mille carré, couvrant la zone comprise entre le boulevard René-Lévesque (anciennement Dorchester) à l’extrémité sud, l’avenue des Pins, au pied du Mont-Royal à l’extrémité nord, rue Université à la fin de l’Est et la rue Guy à l’extrémité ouest. Le «Square Mile» est contenu dans une zone beaucoup plus faible, entre la rue Sherbrooke et l’avenue des Pins, Guy et Université, couvrant à peine neuf rues sur l’axe nord-sud. De l’est à l’ouest : la rue McTavish, la rue Peel, la rue Stanley, la rue Drummond, la rue de la Montagne, l’avenue Ontario (aujourd’hui avenue du Musée), la rue Redpath, la rue Simpson, la rue Guy et trois rues sur l’axe est-ouest, à partir de du sud au nord : rue Sherbrooke Ouest, rue McGregor (aujourd’hui avenue Docteur-Penfield) et l’avenue des Pins.

Architecture

Les architectes du Square Mile incluant : Messieurs Robert Findlay, Bruce Price, Sir Andrew Taylor, William Thomas, John Hopkins et les frères Edward et William Maxwell. L’architecture est un mélange éclectique de néo-classique, néo-gothique, romane, Second Empire, Queen Anne, et Art nouveau, mais d’autres styles également y figure en bonne place, parfois dans la même maison. Par la Première Guerre mondiale, la tendance a évolué vers des maisons plus simples, plus de maisons «britannique», comme la maison Herbert Molson, et la Maison Cormier a été l’un des rares exemples d’art-déco.

Le grès écossais et le granit local ont été les matériaux communément utilisés et la plupart des maisons ont des motifs d’oreillettes et de grandes vérandas. Un grand nombre des Squares Milers étaient des horticulteurs et en dehors de leurs jardins, ils jouissaient, en gardant des serres de fleurs à travers les longs hivers. Les rues du Square Mile étaient bordées d’arbres : épinettes, érables et ormes, mais une épidémie de la maladie hollandaise de l’orme dans les années 1970 ont détruit ceux qui avaient jadis bordée la rue Sherbrooke.

Communauté marchande de Montréal (1760-1930).

Reddition de Montréal aux Britanniques en 1760.

DAVID ROSS MCCORD (1844-1930).  Il était un avocat canadien et un philanthrope, fondateur du Musée McCord de Montréal. David Ross McCord a épousé Létitia Caroline Chambers (1841-1928). Ils vivaient dans la vieille maison de la famille McCord, Temple Grove, sur Côte-des-Neiges, à Montréal. Ils sont enterrés ensemble dans le cimetière du Mont-Royal.

Il rassembla l’importante collection rassemblée par sa famille (McCord) dès son établissement au Canada, David Ross McCord entreprend vers 1880 d’ajouter ses propres acquisitions. Ne ménageant ni son temps ni sa fortune, il cherche à travers le Canada les objets les plus beaux et les plus significatifs sur le plan historique. Peu à peu, un projet s’échafaude dans son esprit : fonder un musée d’histoire canadienne à Montréal.

Musée McCord de Montréal.

LE MUSÉE MCCORD DE MONTRÉAL

David Ross McCord consacra donc a peu près toute sa vie et sa fortune au profit de cette cause. Il collectionna les artefacts qui en sont représentatifs et s’intéressa particulièrement aux trois peuples fondateurs du pays : les Français, les Britanniques et les Autochtones.

Il légua en 1919 quelque 15 000 objets, images et manuscrits à l’Université McGill, dont une remarquable collection dédiée aux Premières nations. Cette collection sera l’élément principal amenant la naissance du Musée McCord de Montréal en 1921.

La maison David Ross McCord sur le Champ de Mars, vers 1812.

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WILLIAM BINGHAM DE LOTBINIÈRE (1800-1852).  

William Bingham (1800-1852) fils du sénateur américain William Bingham et Anne Willing de Philadelphie, en Pennsylvanie. En 1822, il épouse Marie-Charlotte Chartier de Lotbinière (1805-1866), Seigneuresse de Rigaud. Elle était la seconde des trois filles et héritières de Michel-Eustache-Gaspard-Alain Chartier de Lotbinière, par sa seconde épouse Mary, fille du capitaine John Munro. Ils vivaient à Montréal, Paris et Londres, et sont les parents de six enfants.

Le père de Marie-Charlotte était Michel-Eustache-Gaspard-Alain Chartier de Lotbinière fils du marquis de Lotbinière. Seigneur de Lotbinière, Vaudreuil et Rigaud (tous au Canada), officier dans l’armée anglaise, prisonnier aux États-Unis de 1775 à 1777.    

L’hôtel Donegana sur la rue Notre-Dame. Construit en 1821 comme la maison de William Bingham et Marie-Charlotte Chartier de Lotbinière (1805-1866). Convertit en hôtel, il était le plus grand dans les colonies britanniques jusqu’à ce qu’il soit brulé lors des émeutes de 1849.

L’Hôtel Donegana se tenait sur ​​le coin nord-ouest de la rue Notre-Dame et du Marché Bonsecours à Montréal. Construit à l’origine comme une résidence privée en 1821, la maison a servi comme résidence vice-royal pour le gouverneur général du Canada de 1837 jusqu’en 1843. Il occupe brièvement la High School of Montreal avant qu’elle ne soit achetée par Jean-Marie Donegana qui agrandit pour devenir le plus grand hôtel dans les colonies britanniques. Il est devenu célèbre à travers l’Europe et l’Amérique du Nord, où sa réputation était seulement égale, sinon ne dépassant pas celle de la Maison Astor à New York. Donegana de a été incendié dans les émeutes de Montréal en 1849.

La Banque de Montréal sur la Place d’Armes, fondée en 1817 par un français et sept marchands britanniques. Il a servit à la Banque Nationale du Canada jusqu’en 1934.

En 1862, le romancier Anthony Trollope fait remarquer, «Le gouvernement a choisi Ottawa comme capitale du Canada, mais le commerce a déjà fait de Montréal sa capitale, et Montréal sera la ville reine du Canada, que le gouvernement fasse ce qu’il peut pour favoriser l’autre ville « .

Anthony Trollope (1815-1882) romancier.

Dans la deuxième moitié du 19ème siècle, avec une grande richesse et des titres à leur nom, l’élite commerciale de Montréal était aussi forte que tout Glasgow ou Édimbourg.  Dans les années 1760, après la conquête britannique de la Nouvelle-France, les hommes du Beaver Club ont fournis le soutien financier et la gestion nécessaires pour prendre le contrôle du commerce français des fourrures. Les marchands associés à la Compagnie du Nord-Ouest, la Compagnie de la Baie d’Hudson et les agents de la Compagnie des Indes orientales ont accaparé le marché de l’import-export de l’Amérique du Nord britannique, que Washington Irving a décrite comme «formant une sorte d’aristocratie commerciale, vivant dans le style seigneurial et hospitalier « . En 1794, après un «splendide» diner donné chez John Forsyth (1762-1867) (loyaliste et fondateur de la Banque de Montréal), Jacob Mountain fait remarquer que «les gens d’ici sont friands de bonne chère et que de vouloir en prendre soin n’est pas un luxe». En 1820, John Bigsby a écrit ses impressions sur la ville :

Jacob Mountain (1749-1825) évêque anglican de Québec, ll a été nommé à la fois au Conseil législatif du Bas-Canada et le Conseil législatif du Haut-Canada.

J’ai trouvé, mais je ne m’attendais pas à trouver, à Montréal une vie agréable comme celle de Londres, même dans le cercle inférieur à la première classe des familles officielles. Mais je me pardonne, car je l’avais vu dans la capitale d’une autre grande colonie (Cape Town) aux mœurs plus primitive.  À Montréal, à une soirée chez M. Richardson les nominations et le service étaient admirables, les robes, les bonnes manières et la conversation des invités, avaient beaucoup de goût. La plupart des personnes là-bas, avaient comme pays de naissance,  l’Angleterre.  Il y avait beaucoup de bonne musique . Une partie des boutiques rivalisent avec celles de Londres en leurs fenêtres, et les auberges sont aussi remarquables par leurs extérieurs que pour leur excellent hébergement.  Montréal est une ville opulente et en agitation. Peu d’endroits sont aussi avancés dans tous les luxes et les conforts de la haute civilisation comme Montréal.

John Richardson (1754-1831) cousin de John Forsyth. Il était un membre du Beaver Club, il a créé la Compagnie XY et il était co-fondateur de la Banque de Montréal. Un fervent conservateur et royaliste, il a représenté l’Est de Montréal dans la 1ère législature du Bas-Canada, assumant le rôle de la voix des marchands et nommé membre honoraire du Conseil exécutif du Bas-Canada. Un intellectuel, il était président de la Société d’Histoire Naturelle de Montréal et il était un fervent lecteur d’histoire ancienne, de droit, d’économie et de poésie britannique. Il était un patron généreux à la fois au Presbytère et  pour les Églises anglicanes, et le premier président de l’ Hôpital général de Montréal, où l’aile ouest a été nommé pour lui.

Après la Conquête, contrairement à leurs prédécesseurs britanniques qui sont venus en Amérique du Nord pour échapper aux persécutions religieuses ou politiques, ceux qui sont venus à Montréal avaient tendance à être issus de familles marchandes bien connectées et étaient là pour défendre leurs fortunes, tant pour eux-mêmes que pour l’Empire. En 1795, Isaac Weld (voyageur et auteur (1774-1856)) a observé que la plupart de ces marchands britanniques étaient «bien au fait de la langue française », mais que les canadiens-français » avaient une aversion insurmontable pour apprendre l’anglais « , montrant des signes, que plutôt que de s’intégrer, le Canadien-français battait en retraite dans leur propre culture. En 1829, La Minerve a regretté que les Canadiens d’autrefois engagés dans des activités ont progressivement pris leurs retraites ». L’éducation traditionnelle catholique était entièrement axée sur les classiques, tandis que le système d’éducation britannique plus moderne, avait préparé les jeunes hommes d’affaires. Bien que n’étant pas exclu du commerce comme on le pense souvent, les Canadiens instruits ont tendance et sont encouragés à poursuivre les professions de gentilhomme de l’Ancien Régime, en restant sur ​​leurs Seigneuries ou en entrant dans le droit, la politique et l’Église. Beaucoup d’argent fait de l’investissement dans les entreprises était formé autour d’eux, mais à part une poignée d’hommes comme Masson, Quesnel et Forget, les Canadiens français ont quitté « le commerce »pour Les Anglais : Napoléon 1er ‘ » une nation de boutiquiers».

Les Anglais, qui pour la plupart signifiaient que les écossais, avaient maintenant carte blanche et étaient de plus en plus libres d’acheter de vastes étendues de terre pas cher, pour construire des usines et prendre le contrôle des banques et de la finance du nouveau Dominion en servant dans des postes gouvernementaux à un moment où peu de gens remettaient en question les intérêts de tous les torts. Sans surprise, cela a conduit à la fracture sociale qui allait ne devenir nulle part plus apparente, que sur les pentes du Square Mile elle-même, où les chefs d’entreprises ont construit leurs maisons. Leurs fortunes en croissance étaient liées par le mariage et les fusions d’entreprises, et après l’effondrement du commerce de la fourrure dans les années 1850, ils ont tourné leur intérêt sur les chemins de fer et la navigation, en faisant émerger une nouvelle vague de richesse.

Indiscutablement les maitres économiques du Canada, les résidents du Square Mile dans la deuxième moitié du 19ème siècle étaient devenus une communauté anglophone très soudée. Avec le déséquilibre du pouvoir, ils étaient devenus complètement impopulaires auprès des Québécois francophones, mais leurs rôles clé dans le développement non seulement de Montréal, mais de l’ensemble du Canada, était indéniable. Entre eux, ces hommes étaient responsables de l’ouverture du pays reliant le Canada d’un océan à l’autre, tandis que Montréal est demeuré le principal port à travers lequel les immigrants sont arrivés et que les produits étaient expédiés du Canada vers et depuis la Grande-Bretagne et l’Empire.

Pour n’en citer que quelques-uns, les Squares Milers ont construits et financés ces institutions montréalaises comme : l’Université McGill, le Musée McCord, l’Hôpital Royal Victoria, l’Hôpital général de Montréal, le Musée des Beaux-Arts, le Parc du Mont-Royal, le Cimetière du Mont-Royal, la colonne de Nelson, les parcs et les concerts Campbell, la Basilique Notre-Dame, l’Hôtel Ritz-Carlton, la bibliothèque Redpath, le Musée Redpath, l’Institut Allan Mémorial, le Campus Macdonald, le Club de Tennis Mont-Royal, et le Cercle de patinage Victoria.  Socialement, ils ont créé le : Club de Curling Royal de Montréal, le Montréal Hunt, le Club de soulier d’hiver de Montréal, le Club de crosse de Montréal, le Club de Golf Royal de Montréal, le Montréal Victoria, le Montréal AAA et le Carnaval d’hiver de Montréal.

Périodes

Les premiers domaines.

Un spectacle trop familier d’un incendie dans le Vieux-Montréal : la Maison Hayes en flammes sur la place Dalhousie (1852), jusque-là un lieu de rencontre favori des résidents du Square Mile. Le Hayes’ Hotel and Assembly Rooms est alors l’un des bâtiments les plus prestigieux de Montréal.

Montréal en 1832 montrant les terres agricoles sur lesquelles le Square Mile a été construit.

L’HONORABLE JOSEPH FROBISHER (1748-1810).   Il était l’un des montréalais les plus importants du commerce de fourrure. Il a été élu à la 1ère législative du Bas-Canada et était un seigneur avec une plantation totalisant 57 000 hectares. Il était un membre fondateur de la Compagnie du Nord-Ouest et du Beaver Club, dont il était président. À partir de 1792, son siège de campagne, le Beaver Hall, est devenu le centre de la société de Montréal.

Beaver Hall, la maison de Joseph Frobisher. Construite en 1792, détruite par un incendie en 1847. Le Beaver Club a donné de nombreux diners ici.

En 1779, à Christ Church, Montréal, Frobisher a épousé une fille de vingt ans sa cadette, Charlotte Jobert (1761-1816), fille du chirurgien Jean-Baptiste Jobert et Charlotte Larchevêque. Sa tante, Marguerite Larchevêque (1749-1798), a été mariée à Charles Chaboillez, l’un des commerçants de fourrure les plus influents du Canada francophone qui, avec Frobisher et son frère a été l’un des membres fondateurs du Beaver Club. Ils étaient les parents de quinze enfants, mais seulement trois ont survécus à l’âge adulte et se sont mariés :

  • (Rachel) Charlotte Frobisher (1780-1801), en 1797, elle a épousée le Major-général Édouard James O’Brien (1772-1855), du 24ème régiment d’infanterie. Il était le fils de James O’Brien (d.1773) MP, du château d’Ennistymon, Co. Clare. Leur fille, Marie Henriette O’Brien, a épousée le vice-amiral l’Hon. Robert FitzRoy, capitaine du HMS Beagle lors du célèbre voyage de Charles Darwin. Elle est morte dans des circonstances tragiques et a été enterrée avec un monument à sa mémoire à la cathédrale d’Éxeter.
  • Le lieutenant-colonel. L’Hon. Benjamin Joseph Frobisher, est devenu partenaire dans la Compagnie du Nord-Ouest, et a été élu au Parlement, il a été aide-de-camp de Lord Dalhousie. En 1804, il épouse Isabelle, fille de James Grant et Susannah Coffin. Elle était la nièce de l’ Hon. Sir William Grant et du général Sir Roger Hale Sheaffe, 1er Baronnet. Elle était la belle-fille de l’hon. John Craigie et une demi-sœur de George Hamilton.
  • Caroline Frobisher (1798-1843). En 1820, elle épouse James McGill Trottier Desrivières, héritier de l’hon. James McGill, le beau-père de son père. Il était un cousin germain de l’hon. Henri Desrivières. Ils étaient les parents d’un fils qui mourut en bas âge.

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SIMON MCTAVISH (1750-1804). Il était un entrepreneur canadien d’origine écossaise et un homme d’affaire influent au Canada durant la deuxième moitié du 18ème siècle.

Il continua à faire commerce à son compte durant la guerre d’indépendance, fournissant des biens à la fois à Grand Portage et à Détroit, et spéculant dans le rhum pour les soldats britanniques à Détroit et Niagara. À la fin de la guerre, il était à même de réunir un groupe d’investisseurs et de trappeurs explorateurs pour créer la Compagnie du Nord-Ouest. Avec les frères Frobisher, ils étaient propriétaires de 37.5% des actions de la compagnie et à la mort de Benjamin Frobisher en 1787, McTavish devint l’homme chargé de la compagnie.

Une restructuration de la compagnie quelques mois plus tard permit à McTavish de contrôler 11 des 20 actions de la compagnie. Plus important encore, il était partenaire d’une nouvelle firme montréalaise, McTavish, Frobisher and Company, qui importait des biens pour la Compagnie du Nord-Ouest et exportait ses fourrures pour le marché de Londres, prenant des commissions sur toutes les transactions. L’intégration verticale de l’entreprise fut étendue en 1792, quand la firme McTavish, Fraser and Company fut établie à Londres même, pour se procurer des biens à la source et y vendre les fourrures. De son quartier général à Montréal, durant les 16 années subséquentes, McTavish construisit un empire commercial qui s’étendait des côtes du Labrador aux Montagnes Rocheuses et McTavish lui-même devenait un homme riche.

En tant qu’homme d’affaires d’envergure, McTavish vit le besoin d’industrialisation de Montréal. En même temps, il reconnaissait que ce besoin présentait une occasion de s’enrichir davantage. En 1802, il acheta la Seigneurie de Terrebonne où il construisit deux moulins à farine et une boulangerie et établit une scierie, encourageant d’autres entrepreneurs à ouvrir des manufactures de barils en bois.

Décès

Simon McTavish mourut à Montréal en 1804. Selon ses vœux, on distribua ses avoirs à de nombreuses personnes, tant à l’Hôtel-Dieu de Montréal que l’hôpital général de Montréal.

La maison de Simon McTavish (1750-1804) sur le Mont-Royal construite en 1800 ou est maintenant Ravenscrag.

En octobre 1793, Simon McTavish se marie à Marie-Marguerite Chaboillez, fille d’un commerçant français établi. Tout de suite après son mariage, ils déménagèrent à Londres où McTavish espérait vivre en permanence. Ils retournèrent cependant au Canada au printemps 1795, Marie-Marguerite étant apparemment sérieusement déprimée. Le couple eut six enfants. Deux d’entre eux moururent en bas âge, les autres durant leur vingtaine.

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JOHN FROTHINGHAM (1788-1870).  Il était un homme d’affaire canadien. Il fut l’un des pionniers canadiens du secteur de la quincaillerie.

Photo de John Frothingham et sa fille Louisa Frothingham Molson.

Villa Frothingham PIÉMONT (vue arrière), au coin de l’avenue des Pins et de la rue Durocher. Construite vers 1820, la meilleure association avec la famille de John Frothingham (1788-1870).

En 1816, à Brookline, Massachusetts, Frothingham a épousé sa cousine germaine, Louisa Goddard Archibald (1794-1843), fille de Azor Gale Archibald (1763-1810) et Lucrétia May (1765-1811). Ils étaient les parents de sept enfants, mais les quatre aînés sont tous morts jeunes. Les trois enfants survivants des Frothingham étaient les suivants :

  • George Henry Frothingham (1823-1875), de Montréal. Il a rejoint l’entreprise de son père et, en 1844, marié à Louisa Davenport Hayward (1826-1876), fille de Joseph Henshaw Hayward (1789-1853), de Roxbury, Massachusett, et son épouse Mary May Davenport.
  • Frédérick Frothingham (1825-1891), de Milton, Massachusetts. Formé à l’Université de Harvard, à Greenfield, Massachusetts en 1872, il a épousé Lois Ripley Wright (1833-1900), de Lowell, Massachusetts.
  • Louisa Goddard Frothingham (1827-1910). Après la mort de sa mère en 1843, elle a promis de rester avec son père à Piedmont comme sa compagne et sa femme de ménage est venue aussi longtemps qu’il vécut. Son mari éventuel, John Henry Robinson Molson, fils de Thomas Molson de Montréal, a dû attendre trente ans avant qu’il puisse l’épouser, date à laquelle elle était trop vieille pour avoir des enfants. Ils ont continué à vivre à Piémont et elle a travaillé en étroite collaboration avec l’Orphelinat Protestante de Montréal et a contribué à faire avancer la cause de l’enseignement supérieur pour les femmes. Parmi beaucoup d’autres legs de bienfaisance, elle a donné plus de 120 000 dollars pour l’Hôpital Protestant, 240 000 dollars à l’Hôpital général de Montréal et 100 000 $ à l’Institut Royale pour l’avancement des sciences.

Au début des années 1830, Frothingham avait acheté la maison de Louis-Charles Foucher, PIÉMONT, l’un des premiers domaines du Golden Square Mile. La maison se tenait au milieu des vergers et des jardins et elle était décoré par une longue allée bordée d’arbres. Il acheta la maison dans l’espoir que l’air du pays permettrait de guérir sa femme malade. Lorsque le Parlement s’est réuni au cours de l’hiver à Montréal, Piémont avait été utilisé comme résidence pour le gouverneur général. La maison était située sur les terrains de l’Université McGill et a été démolie en 1939.

JOHN REDPATH (1796-1869).  Il était un homme d’affaire (raffinerie de sucre) et un philanthrope canadien.

Maison John Redpath à Terrace Bank, rue Sherbrooke. Construite en 1837 pour John Redpath (1796-1869).

John  Redpath eut dix enfants de sa première femme, Janet McPhee, qu’il avait épousée en 1818. Après sa mort, en 1834, il épousa Jane Drummond qui lui donna sept enfants. Deux de ses fils seulement, Peter et John James, travaillèrent, semble-t-il, à la raffinerie. Une des filles de Redpath épousa John Dougall, rédacteur en chef du Montreal Witness, et épousa ensuite Henry Taylor Bovey, professeur bien connu de l’Université McGill et épousa en troisième noce George Alexander Drummond qui devint l’une des personnalités dominantes de la raffinerie ainsi qu’un éminent homme d’affaire montréalais.

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WILLIAM WORKMAN (1807-1878).  Il a été le maire de Montréal de 1868 à 1871.

La maison Workman (Mount Prospect House) de la rue Sherbrooke à Montréal. Construite pour William Workman (1807-1878) en 1842, démolie en 1952.

Il accède à la mairie en 1868 en défaisant Jean-Louis Beaudry. Très populaire, il est réélu sans opposition en 1869 et 1870.

C’est ainsi qu’il voit à l’amélioration des rues, à l’assèchement des terres, au changement des canaux d’égout en bois par des tuyaux d’argile vitrifiée, à la construction de bains publics, à l’instauration d’un service d’enlèvement quotidien des ordures ménagères et à la modernisation du système d’aqueduc. Il plaide aussi en faveur de la transformation de l’île Sainte-Hélène et du Mont-Royal en parcs publics.

En 1831, à Montréal, Workman a épousé Éliza Béthell (1805-1885). Ils étaient les parents de huit enfants, mais seulement deux filles ont vécus jusqu’à l’âge adulte :

  • Louise Frothingham Workman (1834-1889), a été mariée à la Maison Mount Prospect en 1854 avec Joël Clapp Baker (1827-1903), de Montréal. Il était le fils de l’hon.  William Baker, de Dunham, Québec, et son épouse Harriet Clapp (1790-1868). Ils sont morts sans enfants.
  • Éliza Workman (1843-1871), fut la première femme en 1866 de Robert Moat (1839-1899), de Moat Park, Dunmurry, Co. Antrim, et plus tard à Montréal. Ils étaient les parents d’au moins un fils, le Major William Moat (1867-1941), de Johnson Hall, Staffordshire, qui a épousé Sybil Frances Spencer, arrière petite-fille de Francis Spencer, 1er Baron Churchill.

Workman a été grandement affectée par la perte de tant de ses enfants. Il avait été un adepte de l’Église unitairienne, mais selon une source, il trouva plus tard réconfort dans le catholicisme.  Il se tourna de plus en plus vers un culte privé et avait une chapelle familiale ajouté à son manoir. Après sa mort, sa femme a pris sa retraite à Ocean House, Cape Élizabeth, Maine (qui peut avoir été la maison de son enfance), où elle est décédée. Toute la famille Workman sont enterrés ensemble au Cimetière Mont-Royal.

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HARRISON STEPHEN (1801-1881).

Loyaliste originaire de l’État du Vermont , États-Unis, homme d’affaire montréalais il fit fortune dans l’importation du thé, du tabac et du riz et ce à une époque ou il n’y avait aucune loi sur l’impôt. Il devint si riche qu’il prit sa retraite à quarante ans. Vers 1850, il fit construire une magnifique villa, « Homestead », dont le style s’inspirait des palais florentins. Elle était située sur la rue Dorchester (actuel boul. René-Lévesque), environnée d’une luxuriante verdure, de jardins et de vergers. Voisin, au Nord, de l’église St. Paul d’Écosse, son domaine était limité à l’Ouest par l’ancienne rue Sainte-Monique. Expropriée et démolie en 1929 pour le passage du chemin de fer du CN (Canadien National). Site actuel de l’édifice Place Ville-Marie.  Harrison Stephens et sa femme Sarah Jackson, ont eu cinq enfants, deux filles et trois garçons, Roméo, George Washington (mort avec sa deuxième femme sur le Lusitania) et Sheldon Samuel Stephens marié à Félicie de Kalisz (1853-1953).

Maison Stephen, HOMESTEAD, rue Dorchester. Construite en 1858, pour Harrison Stephen.

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SIR HUGH ALLAN (1810-1882). Il était un homme d’affaires canadien influent.  Propriétaire d’un compagnie de navigation Edmonstone, Allan and Company, président de la compagnie du télégraphe de Montréal, président fondateur de la Banque des marchants du Canada, membre de plusieurs conseil d’administration et président de la compagnie Allan Line (mieux connue sous le nom de la Montreal Ocean Steamship Co.).  Son fils, Hugh Montague Allan (1860-1951), fut aussi un homme d’affaires montréalais prospère et le fondateur de la Coupe de hockey Allan.

Ravenscrag, construite par Sir Hugh Allan en 1863, vue de l’ouest.

En 1860, Sir Hugh Allan a acheté une partie de la succession de Simon McTavish et démoli le vieux manoir qui se trouvait là pour faire place à son nouveau domicile, Ravenscrag, un somptueux manoir de style Renaissance Italiennne et la résidence principale du Golden Square Mile. La maison, qui a dépassé le château Dundurn à l’échelle de grandeur, a été achevée en trois ans en 1863, et la salle de bal seule pouvait accueillir plusieurs centaines d’invités. Après sa mort, elle a été habité par le deuxième fils d’Allan, Hugh Montague Allan, jusqu’à ce qu’il en a fait don à l’Hôpital Royal Victoria à Montréal en 1940. Les Allan ont divertit le prince Arthur de Connaught, Lord Lisgar, le comte de Dufferin et le vicomte Wolseley etc. 

Maison de Sir Hugh Allan, le vivoir de Lady Allan à Ravenscrag.

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Avant les années 1840, les riches classes marchandes et politiques de Montréal vivaient sur ​​leurs domaines pendant les étés et ne sont venues à la ville que pour le Parlement ou pour faire des affaires au cours de l’hiver. En 1816, Francis Hall, alors jeune officier avec le 14ème régiment des hussards du Roi, a observé que la noblesse de Montréal « vit dans un style magnifique, et qu’ils gardaient des tables couteuses». Ils ont gardé leurs maisons de ville sur la rue Saint-Jacques et la rue Notre-Dame et donnant sur ​​le Champ de Mars, en profitant entre autres divertissements des orchestres allemands et des danses viennoises. Ils détiennent la Maison Hayes sur la place Dalhousie.  En 1795, Isaac Weld a déclaré que «les gens de Montréal, en général, sont remarquablement accueillants et attentifs aux étrangers, ils sont sociables aussi entre eux, et aime à l’extrême les plaisirs conviviaux ».

Mais comme il était animé, le Vieux-Montréal, avec ses fréquents incendies et sa population croissante devenait moins souhaitable. Les riches marchands, en particulier, ont commencé à chercher de grandes parcelles de terrain pour construire des maisons dignes de leur succès tout en restant proches de leurs intérêts commerciaux, et leurs yeux se sont tournés vers la fertile terre agricole sous le Mont-Royal. John Duncan a observé en 1818 que, « un certain nombre de très belles demeures ont été récemment érigée sur la pente de la montagne, ce qui serait considéré comme de magnifiques demeures, même par les riches marchands de la mère patrie». En 1820, John Bigsby décrit le point de vue d’une telle demeure, telle que le Château Saint-Antoine, qu’il dit être «le plus magnifique bâtiment de toute la ville», se tenant à moins de 200 hectares de parc à peu près à la fin de la rue Dorchester:

J’ai eu le plaisir de diner avec William McGillivray à son manoir, sur une haute terrasse au bas de la montagne, vers le sud à la recherche de  motifs plaisants dans la section anglaise. La vue depuis les fenêtres de la salle de séjour de cette grande et belle maison de maitre est extrêmement fine, trop riche et juste, je pensais bêtement, être hors de mon pays natal, l’Angleterre. En fermant les yeux, vous êtes transporté dans un pays retiré ou dans une élégante plantation, embellie par une foule de vergers remplis de pommes délicieuses, s’étalant à perte de vue, et de la couverture étincelante des églises, des hôtels et les toits des maisons de Montréal.

Lieutenant-colonel l’Hon. William McGillivray (1764-1825).  Du Château Saint-Antoine, à Montréal, c’était un écossais né commerçant de fourrures, qui a succédé à son oncle comme le dernier partenaire en chef de la Compagnie du Nord-Ouest. Il a été élu membre de l’Assemblée législative du Bas-Canada et par la suite au Conseil législatif du Bas-Canada. En 1795, il a été intronisé en tant que membre du Beaver Club et a combattut pendant la guerre de 1812 comme lieutenant-colonel du Corps des Voyageurs canadiens, célèbre pour la capture de Détroit. Il possédait d’importantes propriétés en Écosse, et dans le Haut et le Bas-Canada. Sa maison à Montréal a été l’un des premiers domaines du Golden Square Mile.

Les premiers résidents du Square Mile bénéficient d’avantages marqués d’être les premiers à s’y installer : les maisons étaient entourées par des hectares de parcs, avec des allées longues en ​​calèche, plein de vignes, des vergers, des fruits et des jardins potagers.  L’arpenteur Joseph Bouchette a noté que : les produits de ces jardins dans les mois d’été étaient «d’excellentes qualités, offrant un approvisionnement abondant, en autant, voire plus de perfection que dans de nombreux pays méridionaux». En 1822, Sir Richard Phillips (1767-1840 instituteur, auteur et éditeur anglais) a déclaré que :

Un certain nombre de belles villas font maintenant leur apparition autour de la ville, et il y a de nombreux sites encore inoccupés, qui seront probablement couronnés avec des manoirs élégants. Peu d’endroits au monde possèdent plus de capacités de ce genre que le Québec et Montréal, si celle-ci est moins grasse que le premier dans son paysage, elle possède beaucoup de richesse et une beauté délicate, qui n’a besoin de rien d’autre que la richesse et le gout de l’afficher davantage, l’ancien existe déjà à Montréal dans une grande mesure, et il y a aussi des preuves très respectables de l’existence et de la croissance de cette dernière.

Liste des principales demeures construites :

  • BEAVER HALL : construit en 1792, par Joseph Frobisher, il se tient entre les propriétés McGill et McTavish et sur ​​le site qui est commémoré aujourd’hui comme le Beaver Square. Il se tenait au milieu de 40 hectares constitués de forêts et de pommiers, à peu près où l’Édifice Sun Life est aujourd’hui. La maison mesure 80 pieds de façade et sa salle à manger peut confortablement asseoir quarante personnes, mais il a été détruit  par le feu en 1847.
  • BURNSIDE PLACE. Construit en 1797, par James McGill. Contrairement aux demeures construites par les contemporains de l’Université McGill, Burnside était une confortable ferme de deux étages plus un sous-sol sous la une cuisine pour des serviteurs, construit sur ​​46 acres de terres, et utilisé par les McGill durant l’été. McGill a prévu dans ses dernières volontés de quitter la propriété et  a donné 10 000 £ pour la création d’une université, qui allait devenir l’Université McGill. Immédiatement après sa mort, la maison fut occupée par son beau-fils, François-Amable Trottier Desrivières, qui s’est battu pour garder la maison pour lui-même plutôt que de la donné à l’Institution Royale pour l’avancement des sciences, tel que son beau-père en avait eu l’intention. La dernière personne à occuper la maison a été John Béthune, jusqu’à ce qu’il soit remplacé par l’Édifice des Arts en 1837.
  • MAISON McTAVISH. Construit en 1800 pour Simon McTavish. Construite avec du calcaire par des maçons français.  La façade de la maison principale mesure 145 pieds de large, avec deux tours semi-circulaires, couvertes par des toits coniques typiquement français à chaque extrémité. Peu de temps après son achèvement, elle a été décrite comme «un grand et beau bâtiment en pierre au pied de la montagne et très visible.  Jardins et vergers ont été aménagés, et des améliorations considérables ont été apportées, ce qui ajoute beaucoup à la beauté de l’endroit ». La maison a été laissée vide à partir de 1805 et aurait été hantée par M. McTavish. Elle a été démolie en 1860/61, lorsque la succession a été démantelée et vendue en parcelles. Une partie de la pierre de la maison d’origine a été utilisée pour construire BRAEHEAD en 1861.
  • CHÂTEAU SAINT-ANTOINE. Construit en 1803, par William McGillivray. Une «structure en pierre de taille géorgienne en amande», on a dit en 1816 qu’il avait été le plus magnifique bâtiment dans l’ensemble de la ville. La maison, qui se vantait d’une salle de bal «dans un cadre enchanteur », se tenait sur ​​la Côte-Saint-Antoine vers la fin de la rue Dorchester avec 200 hectares d’espaces verts dans le style anglais. Ici, McGillivray a dit avoir vécu comme un lord, bénéficiant d’une vue magnifique sur la ville et le fleuve. La maison fut ensuite occupée par plusieurs propriétaires différents: John Mackenzie, Louis-Joseph Papineau, Charles Wilson et enfin la famille Desbarats. Elle a depuis été démolie.
  • MAISON McLEOD, rue Saint-Antoine. Une «maison de première classe» construite vers 1810 pour Archibald Norman McLeod, démolie depuis.
  • SAINT-ANTOINE HALL, rue Saint-Antoine, une maison de quarante-deux pièces construite pour John Torrance, en 1818.  Une «belle résidence» construite dans le style palladien, sur un «grand domaine tentaculaire », célèbre pour ses hectares de jardins, serres, pleine de vignes et de vergers, entourée d’un haut mur de briques. Depuis démolie.
  • PIÉMONT, avenue des Pins, construite avant 1820, lorsque Louis-Charles Foucher a emménagé avec sa famille. Elle a été achetée en 1830 par John Frothingham, et héritée en 1870 par John Henry Robinson Molson.  La maison se trouvait au milieu de verger et de jardins et a été rehaussée par une longue allée bordée d’arbres qui sont aujourd’hui les terrains de l’Université McGill. Elle a été démolie en 1939.
  • MAISON LUNN, rue Sherbrooke, construite en 1825 pour William Lunn, et démolie en 1920.
  • MANOIR SOUVENIR, entre le boulevard Dorchester et la rue en vogue Saint-Antoine, elle se trouve dans un parc de 240 hectares et a été construite en 1830 pour Frédéric-Auguste Quesnel, et ensuite hériter par son neveu, Charles-Joseph Coursol.  Elle existe encore aujourd’hui, mais elle est abandonnée et à peine reconnaissable à son ancienne grandeur.
  • TERRACE BANK, rue Sherbrooke, construite en 1837 pour John Redpath, qui a acheté le domaine de 235 acres pour 10 000 £ de la famille Desrivières en 1836. Il a ensuite divisé la propriété avec un bénéfice de 25 000 £ avec peu de violation de leur espace, avant de construire sa maison sur un terrain au milieu de jardins et de vergers avec un chemin privé qui courait jusqu’à la maison au coin des rues de la montagne et Dorchester. La maison a été élargie par les Redpath en 1861. Depuis elle a été démolie, le terrain sur lequel la maison se trouvait a été remplacé par le Croissant Redpath.
  • KILDONAN HALL, rue Sherbrooke, construite dans les années 1840 pour Joseph Mackay, démolie en 1930.
  • MAISON MOUNT PROSPECT, rue Sherbrooke, construite en 1842 pour William Workman, démolie en 1952.
  • ATHELSTHANE HALL, «une belle maison» sur la rue St-Alexandre, construite en 1844 pour John Smith, et ​​par la suite occupée par le révérend Gavin Lang. Depuis elle a été démolie.
  • ROSEMOUNT, rue McGregor, construite en 1848 pour Sir John Rose,1er Baronnet, sur ​​un terrain qu’il a acheté de Sir George Simpson.  Acheté en 1871 par  William Watson Ogilvie et modifié par lui en 1890, acheté en 1926 par Sir Percy Walters qui a démolie la maison en 1943 pour créer «le Parc Percy Walters’.

Montréal 1894 ROSEMOUNT.  Résidence de William Watson Ogilvie (1835-1900) le baron de la farine. Construite sur un site superbe, à flanc de montagne, tout juste en bas de l’ave. des Pins. L’ancienne rue McGregor (actuelle ave. du Docteur Penfield) ainsi que les avenues Simpson et Redpath limitaient cette propriété magnifiquement aménagée.  Cette demeure bourgeoise est disparue, elle a laissé le site au parc Percy Walters.

1850-1869.

Incendie du Parlement de Montréal le 25 avril 1849 capitale de la colonie britannique du Canada-Uni depuis 1844. Inauguré le 24 juin 1845, l’édifice du marché Sainte-Anne qui loge le Parlement du Canada-Uni est incendié par des émeutiers alors que les députés sont en session.

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Après les grèves et l’incendie des édifices du Parlement à Montréal, la nouvelle décennie était « comme l’arrivée d’un printemps sur Montréal, la prospérité et la stabilité ont revigoré la ville au début des années 1850 « . Sir Hugh Allan a été élu président du Montréal Board of Trade en 1851 et les travaux sur les chemins de fer et bateaux à vapeur était évidents partout, apportant avec elle une vague de construction. Il y avait maintenant une douzaine d’architectes exerçant dans la ville et les nouveaux riches en concurrence avec les autres pour les plus grands. En 1854, Sir William Chambers (1723-1796 architecte écossais), le futur Lord Provost d’Édimbourg, a commenté les changements qui ont eu lieu :

Montréal possède une animation et l’espoir qui ne pouvaient guère avoir été prédits à partir de son passé avec les matériaux mélangés et les antagonistes dans sa population. Dans tous les quartiers de Montréal, il y a vu des indications importantes de progrès, comme si le moderne poussait sur ​​de vieilles idées, et que les Anglais devenaient trop puissants pour la population française d’origine. « Quand je suis arrivé à cet endroit il y a trente ans », a déclaré un colon vénérable de l’Écosse, « Je n’ai guère entendu parler un mot d’anglais, et je pouvais difficilement trouver mon chemin, maintenant la question est entièrement changé. » La modernisation de la ville a été considérablement favorisée par un incendie il y a quelques années, qui a fait de vastes ravages. Dans le Vieux-Montréal une récolte de nouveaux et beaux bâtiments ont vus le jour, mais, à quelques exceptions près, ils suivent la ligne des vieilles rues étroites.

La réputation animée de la ville n’avait pas diminué, comme Charles Goodrich l’a proposé avec une pointe de désapprobation : « Si vous souhaitez profiter d’une bonne alimentation, de la danse, de la musique et de gaieté, vous trouverez une abondance de tout cela à Montréal». Bien que séjournant à l’Hôtel Donegana en 1853, Clara Kelly a écrit à son père, le Très Honorable Sir FitzRoy Kelly (1796-1880 avocat et politicien anglais), décrivant ses impressions sur la ville et le Square Mile dans son enfance :

Le paysage que je trouve ici est assez remarquable, et, en outre, la ville a un air de confort et, dans une certaine mesure, de l’antiquité, rarement vu dans l’État. Le point de vue du sommet du Mont-Royal est plus pittoresque, terres vallonnées verdoyantes parsemées de maisons de campagne et chalets, avec de beaux jardins et d’arbres. La scène du terrible incendie qui a eu lieu ici il y a trois ans, nous a été soulignée. Il a terriblement dévasté une grande partie de la ville. Il semble difficile de comprendre comment un tel incendie a pu durer si longtemps et a fait tant de mal, étant donné que les maisons n’ont pas été construites en bois, que j’avais toujours imaginé être le cas. Nous avons visité  un des plus beau et merveilleux jardins, appartenant à un marchand de Montréal (probablement John Torrance de Saint-Antoine Hall), dont j’ai oublié le nom, mais qui a recueilli ici tout ce qui est riche et rare, en arbuste ou en fleur.

Achevée en 1863, la nouvelle maison de Sir Hugh Allan, Ravenscrag, devait être le joyau du Square Mile, comme il le souhaitait. Il a acheté quatorze hectares du domaine immobilier McTavish et a construit une somptueuse demeure de 72 chambres qui excellaient « dans la taille et a couté le prix d’une maison d’habitation au Canada », surpassant le château Dundurn. Dans les années 1860, Montréal était devenue l’élite, qui a été reconnue par trois visites royales du futur Édouard VII, du Prince Alfred et du Prince Arthur, plus que toute autre colonie.

Le roi Édouard VII d’Angleterre (1841-1910),  Alfred de Saxe-Cobourg-Gotha (1844-1900) et le prince Arthur du Royaume-Uni (1850-1942).  Les trois frères et fils de la reine Victoria.

Liste des principales demeures construites :

  • MAISON MASSON, rue Dorchester, construite vers 1855 pour Wilfrid Masson.
  • LE CLUB ST-JAMES, rue Dorchester, construit en 1857 et depuis démoli.
  • HOMESTEAD, rue Dorchester, construite en 1858 pour Harrison Stephens. La maison est restée dans la famille Stephens jusqu’à ce que son petit-fils l’ait vendue en 1929, et elle a été démolie.
  • MAISON STRATHEARN, Côte du Beaver Hall, construite en 1860 pour William Dow, maintenant un restaurant.
  • BRAEHEAD, rue McTavish, construite en 1861 pour Orin Squire Wood. Conçue par James Brown et construite de calcaire de Montréal, tirée de la maison démolie de Simon McTavish. Acheté en 1869 par Matthew Hamilton Gault. La prochaine génération des Gaults l’a donné à l’armée pour être utilisée comme un hôpital de convalescence pour les soldats handicapés au cours de la Première Guerre mondiale. Acheté par George H. Duggan en 1929, qui en fit don à l’Université McGill en 1944. Toujours debout, et connue sous le nom de Maison Duggan.
  • MOUNT VIEW, rue Sherbrooke, construite en 1862 pour James Linton, et modifiée, mais toujours debout.
  • RAVENSCRAG, avenue des Pins, construite en 1863 pour Sir Hugh Allan, maintenant l’Institut Allan Mémorial.
  • MAISON DAVID LAW, Côte-des-Neiges, construite en 1863, démolie depuis.
  • IONONTEH, une maison de pierre grise qui domine le haut de la rue Peel. Construite en 1865, pour Andrew Allan par John W. Hopkins. Depuis démolie.
  • MAISON GALT, rue Simpson, construite dans les années 1860 pour Sir Alexander Tilloch Galt, plus tard habité par George Caverhill, démolie depuis.
  • DILCOOSHA, rue Sherbrooke, construite dans les années 1860 pour Jesse Joseph, démolie en 1955 en raison de problèmes structurels. La Librairie McLennan occupe maintenant le site.
  • MAISON DAVID MORRICE, rue Redpath, construite dans les années 1860, démolie depuis.
  • TERRACE DU PRINCE DE GALLES, rue Sherbrooke, construite en 1860 par Sir George Simpson, démolie en 1971 par l’Université McGill pour faire place à la construction Samuel Bronfman.
  • PATINOIRE VICTORIA, rue Stanley, construite en 1862, démolie après 1925. Elle a été construite par l’incorporation d’un certain nombre d’industriels de la région du Club de Patinage Victoria.

1870-1889.

SIR GEORGE ALEXANDER DRUMMOND (1829-1910).

Le 15 septembre 1857, il épousa à Montréal une première fois Hélen Redpath, fille de John Redpath et de Janet McPhee (Macphee), et ils eurent cinq garçons et deux filles, puis le 11 septembre 1884 dans la même ville, sa deuxième femme Grace Julia Parker, veuve de George Hamilton, et de ce mariage naquirent deux fils, décédé le 2 février 1910 à Montréal.

Maison de Sir George A. Drummond, construite en 1888 à l’angle sud-est des rues Sherbrooke et Metcalfe. Entièrement recouverte de grès rouge, cette demeure victorienne d’inspiration romane fut démolie en 1926.

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THOMAS GEORGE SHAUGHNESSY, 1ER BARON SHAUGHNESSY (1853-1923).

Président du Canadien Pacifique. En 1918, Lord Shaughnessy quittera ses fonctions de président du Canadien Paqcifique et deviendra président du conseil d’administration de l’entreprise, poste qu’il occupera jusqu’à son décès.

Lord Shaughnessy épousa le 12 janvier 1880 une jeune fille de Milwaukee, Maud-Élizabeth Nagle, et eut cinq enfants, deux fils et trois filles. Ils vivaient dans une somptueuse résidence du boulevard Dorchester (résidence aujourd’hui intégrée au Centre canadien d’architecture sur le boulevard René-Lévesque). Un de ses fils fut tué durant la guerre, le second héritera du titre de baron au décès de son père en 1923. L’élite politique et financière de Montréal et du Canada rendra hommage à cet homme d’affaires qui non seulement maintint le Canadien Pacifique sur ses rails, mais lui permit d’accéder à de nouveaux horizons.

Shaughnessy Village est un quartier montréalais encerclant la Maison Shaughnessy et désigné ainsi dès le début du XXe siècle en l’honneur de Thomas Shaughnessy.

Maison de Lord Shaughnessy, réduite en taille, mais sauvée de la démolition en 1973, maintenant le Centre canadien d’Architecture.

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GEORGE STEPHEN, 1ER BARON MOUNT STEPHEN (1892-1921).  

Il a été le premier canadien à être élevé comme pair du Royaume-Uni.  Il était le génie de la finance derrière la création du chemin de fer Canadien Pacifique. Il a été président de la Banque de Montréal et est connu comme l’un des plus grands philanthropes de son époque.  Il a construit une nouvelle aile à l’Hôpital général de Montréal, a fait un don généreux à divers hôpitaux en Écosse et a donné plus de 1,3 millions £ à la Fondation des hôpitaux du Prince de Galles de Londres, en étroite collaboration avec le roi George V. Lui et son cousin, Lord Strathcona, ont acheté le terrain et puis chacun a donné 1 million de dollars à la Ville de Montréal pour construire et entretenir l’Hôpital Royal Victoria. Sa maison dans le Golden Square Mile de Montréal devint plus tard le Club Mount Stephen. En 1888, il se retira en Angleterre, vivant entre Brocket Hall et le 17  Carleton House Terrace.  Sa première femme est crédité pour l’introduction de la pirogue en Écosse.  De commencer la vie comme garçon d’écurie pieds nus, il est devenu l’homme le plus riche du Canada et étroitement associé au roi George V, dont l’épouse, la reine Mary, était une amie de longue date et confidente de la deuxième Lady Mount Stephen.

Sa première femme Annie Charlotte Kane (1830-1896) Le couple n’avait pas d’enfants biologiques, mais avait adopté comme tel une jeune femme à Montréal, Alice Brooke, prétendument la fille d’un prêtre du Vermont. Alice Maude Stephen (d.1934) (née Alice Brooke). Son père adoptif lui a présenté son futur mari, et en 1873 elle a épousée, Henry Stafford Northcote, 1er Baron Northcote (1846-1911) (3ème gouverneur d’Australie).  En 1919, elle a été nommée Dame Commandeur de l’Ordre de l’Empire britannique.  Ils sont morts sans enfants.  La deuxième femme de George Stephen était Georgiana Tufnell (1864-1933). Mount Stephen n’a laissé aucun héritier naturel de sa seconde épouse soit, et à ce titre ses titres sont mort avec lui.

Lord Mount Stephen avec George V à gauche.

LE CLUB MOUNT STEPHEN au 1440 rue Drummond à Montréal.

Maison de Lord George Mount Stephen sur la rue Drummond. Construite en 1880 et terminé en 1883, et par la suite héritée par sa nièce, Elsie Meighen, elle a été sauvée de la démolition quant elle a été achetée par trois hommes d’affaires anglophones qui ont créé le CLUB MOUNT STEPHEN en 1928.  Deuxième photo, salle à manger de Lady Mount Stephen.

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JAMES LEVESON ROSS (1848-1913).

James Leveson Ross (1848-1913) et sa femme Annie (Kerr) Ross (1847-1915).  Il était un ingénieur civil canadien d’origine écossaise, homme d’affaires et philanthrope. Il a établit sa fortune principalement à travers la construction ferroviaire, notamment pour le Chemin de fer Canadien Pacifique, dont il était le principal actionnaire et conseiller de Lord Strathcona sur des projets ferroviaires en Argentine et au Chili. Il a supervisé l’électrification des chemins de fer dans les rues à Montréal, Toronto, Winnipeg, Saint-John, Birmingham (Angleterre), Mexico et Sao Paulo. Il a été président de la Compagnie Dominion Bridge, et de la Power Company mexicaine etc.  Il était lieutenant-colonel honoraire du 17e régiment canadien des Hussard du duc royal de York et gouverneur de l’Université McGill et de l’Hôpital Royal Victoria. Il était un collectionneur passionné des veux maîtres et président du Musée des beaux-arts de Montréal.  Il possédait plusieurs bateaux, dont deux Glencairn et est devenu le premier Canadien à être nommé membre de l’Escadron Royal de Yacht. Il a financé la construction du l’aile Mémorial Ross à l’Hôpital Royal Victoria.  L’Hôpital Ross Mémorial et la Maison de l’infirmière à Lindsay en Ontario, et le l’hôpital Protestant à  Verdun, Québec. Il vivait dans le Golden Square Mile.

Les Ross étaient les parents d’un fils :

  • James Kenneth Ross Leveson : En 1902, il épouse Éthel Matthews, fille de Wilmot Deloui Matthews (1850-1919), de Toronto. Ils étaient les parents d’un fils et une fille. Ils ont divorcés en 1930 et l’année suivante, à la Jamaïque, il épouse Iris De Lisser, soeur de H.G. de Lisser.

Vers la fin de sa vie, Ross a consacré l’essentiel de son temps à naviguer dans les eaux européennes et canadiennes. Après son voyage autour du monde à bord de son yacht le Glencairn, Ross est mort de complications cardiaques déjà existants à son domicile dans le Golden Square Mile, le 20 Septembre 1913.

James Ross avec son fils (J.K.L. Ross debout), son petit-fils et son infirmière à l’extérieur de leur maison, rue Peel, construite en 1892.

Les jardins de la maison James Ross, rue Peel, de 1926 à 1927. En 1953, la ville l’a rasée pour faire une route et a construit des jardins rue McGregor.

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LE CLUB MONT-ROYAL.

Le Mount Royal Club aurait été fondé sur le modèle britannique pour permettre aux riches propriétaires du quartier « le Mille Carré Doré » de se rencontrer pour s’y détendre en fumant un cigare et jouir de conversations agréables. À l’origine il en coûtait vingt dollars. Combien, aujourd’hui ? Les membres étaient des personnes influentes du monde bancaire et politique. Un seul francophone en faisait parti, le Sénateur Louis-Joseph Forget dont la demeure se trouve tout près.

Aujourd’hui, le Club compterait plus de quatre cent membres, des hommes d’affaires influents, avocats, médecins. Tant qu’aux dames, elles en ont été exclues, à l’exception des veuves, admises en tant que « femmes associées – lady associates ». Ce n’est qu’en 1991 que les femmes furent finalement acceptées. Celle qui avait été Gouverneur générale du Canada, Jeanne Sauvé, fut la première à y mettre les pieds officiellement.

De grands personnages y ont été accueillis : le Duc de Windsor, Michail Gorbachev, Shimon Peres, et même Nikita Khrushchev. En 1999, le centenaire de sa fondation a été célébré avec splendeur et apparat par une série d’événements qui s’est terminé par un dîner suivi d’une soirée dansante. Le Mount Royal Club est encore vivant.

Club Mont-Royal, 1175 rue Sherbrooke Ouest, fondée en 1899 après que les dirigeants du Square Mile eurent estimé que le Club Saint-James était devenu «trop surpeuplé ».

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SIR HUGH GRAHAM, LORD ATHOLSTAN (BARON ATHOLSTAN DE HUNTINGDON AU QUÉBEC) ET BARON ATHOLSTAN D’ÉDIMBOURG EN ÉCOSSE (1848-1938).

Hugh Graham naît à Athelstan, maintenant Hinchinbrooke, près d’Huntingdon au Québec, de parents d’origine écossaise. Hugh étudie à Huntingdon. Il quitte l’école à 14 ans et travaille un moment pour le Daily Telegraph de Montréal. Envisageant de passer sa vie dans le monde de la presse, il désire avoir son propre journal.

Avec George T. Lanigan, jeune journaliste, 98 dollars en poche et un endosseur pour 1000 dollars, il achète une presse usagée et engage des employés. Le 16 janvier 1869, la première édition du Evening Star paraît.  Il passera le reste de sa vie à la tête de ce journal qui deviendra The Montreal Star.  Le succès du journal permettra à Hugh Graham d’accéder au titre de chevalier en 1908, puis à celui de baronnet, il devient lord Atholstan en 1917.

Graham épousé Annie Beekman Hamilton en 1892, avec qui il a eu une fille, Alice Hamilton Graham. Parce qu’il n’avait pas de descendance mâle, à sa mort en 1938, la baronnie de Atholstan s’est éteinte. Sa maison dans le Golden Square Mile de Montréal sur la rue Sherbrooke a été incorporé dans le complexe de la Maison Alcan en 1983. Il est enterré avec sa femme dans le Cimetière Mont-Royal à Montréal.

Maison de Sir Hugh Graham, MAISON ATHOLSTAN rue Sherbrooke.

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CHARLES R. HOSMER (1851-1927).  Il était un homme d’affaire de Montréal et l’homme qui eut l’idée de créer l’Hôtel Ritz-Carlton. Depuis 1900, il était considéré comme la figure la plus importante dans la télégraphie au Canada.

En 1851, Hosmer est né à Coteau-Landing (près de Salaberry-de-Valleyfield au Québec). Il a commencé à travailler comme télégraphiste pour la Compagnie du Télégraphe du Chemin de fer du Grand Tronc, rejoignant plus tard le Dominion Telegraph Company dont il est devenu directeur puis président. En 1880, il est nommé directeur général du service de télégraphie du Chemin de fer du Canadien Pacifique, il se retira et se décida à tourner son attention vers d’autres opportunités d’affaires. À la fin de sa vie, Hosmer a eu de nombreuses affiliations professionnelles, étant administrateur de vingt-six sociétés, dont la Banque de Montréal, la Compagnie d’assurance Sun Life du Canada, le Chemin de fer Canadien Pacifique de Halifax et de la Compagnie du câble des Bermudes, et la Compagnie du câble des Indes de l’Ouest.  Il a été président du Canadian Cotons Ltd et de la Ogilvie Flour Mills Company. Il est mort à Montréal, laissant 20 millions de dollars à ses deux enfants.

Hosmer était connu pour sa vivacité et d’esprit, et es devenu un ami proche à la fois d’Édouard VII et de César Ritz. Sa maison sur la rue Drummond à Montréal dans le Golden Square Mile était une vitrine appropriée de ses richesses, alors que pour d’autres, il a été considéré comme prétentieux. Il a rassemblé une magnifique collection d’art qui comprenait quatre Canaletto. Son fils, Elwood Bigelow Hosmer (1879-1947) a fait une tentative de survoler l’océan Atlantique en 1927, survivant après s’être écrasé près des Açores.

En 1909, après avoir vu le succès de l’Hôtel Ritz de Paris, il a commencé avec son ami César Ritz à penser au projet, Hosmer mis en mouvement la création de l’Hôtel Ritz-Carlton à Montréal. Gagnant le soutien de Sir Herbert Holt, de Sir Hugh Montague Allan, de Sir Charles Gordon et de Charles Meredith, il forme le noyau de la Compagnie Hôtel Carlton de Montréal.

MAISON CHARLES HOSMER (1851-1927) rue Drummond 1901.  

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ROBERT MEIGHEN (1837-1911) ET SA FEMME ELSIE STEPHEN MEIGHEN (? – 1917). 

En 1882, il s’établit à Montréal afin de participer à l’administration de l’empire commercial de George Stephen, qui ne cesse de croître. En 1884, Meighen succède à George Stephen à la présidence de la Compagnie de chemin de fer du Nouveau-Brunswick. En 1889, il devient président et administrateur délégué de la Lake of the Woods Milling Company Limited.

Il épousa à Montréal Elsie Stephen (décédée en 1917), et ils eurent trois enfants, décédés dans cette ville le 13 juillet 1911. M. Meighen a laissé une veuve, Elsie Stephen, et ses trois enfants, le lieutenant-colonel F.S. Meighen, qui a succédé à son père comme président de la Lake of the Woods Milling Company, Mme R. Wilson Reford (Elsie Stephen Meighen) mariée en 1894 et Mme R. O. Harley.

Lord Mount Stephen qui s’en retournera en Angleterre, va prêter et ensuite vendre sa maison à Robert Meighen le mari de sa sœur Elsie. Son beau-frère meurt en 1911 et sa veuve continuera d’y demeurer jusqu’à son propre décès en 1917. C’est leurs fils Frank S. Meighen qui sera l’hôte des lieux. Il donnera de brillantes réceptions dont une mémorable en 1919 avec pour invité d’honneur rien de moins que le prince de Galles, le futur roi Édouard VIII, celui qui par la suite abdiquera pour l’américaine divorcée Wallis Simpson.

Garden-partie à la MAISON MEIGHEN en 1908 appartenant à Robert Meighen (1837-1911).

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COMMANDANT JOHN KENNETH ROSS LEVESON (1876-1951).  Il était un homme d’affaire canadien, sportif, il était propriétaire/éleveur de chevaux de course (pur-sang), et philanthrope. Il est surtout connu pour avoir remporté le premier Triple Crown of Thoroughbred Racinq aux États-Unis en 1919 avec son poulain Sir Barton. En 1911, il a établi le record du monde pour avoir attraper le plus gros thon (680 livres) avec une canne et une ligne, à Saint-Anne, Nouvelle-Écosse.  Après son père, il était le deuxième Canadien à être nommé membre de l’Escadron Royal de Yacht.

John Kenneth Leveson Ross, sa première femme Éthel (Étheldine) Alice Matthews Ross mariée en 1902 et divorcée en 1930 et il se remarie à Iris de Lisser en 1931 en Jamaïque. Troisième photo sa fille : Hylda Annie Ross sa fille.

Enfants avec sa première femme :

  • James Kenneth Matthews Ross (1903-1966). Connu comme Jim, il a étudié au Collège Bishop.  Il a partagé la passion de son père pour la course et en 1956, a publié un livre intitulé Boots and Saddles: The Story of the Fabulous Ross Stable dans les beaux jours de course. Il a épousé Marjorie Arnott Ballantyne (d.1974), de Montréal. Après la mort de son mari, elle a pris résidence au Ritz-Carlton de Montréal.  Ils sont morts sans enfants.
  • Hylda Annie Ross, mariée au Commandant Duncan McIntyre Hodgson, de Montréal. Il était le fils de « Archie » Archibald Arthur Hodgson (1869-1960), l’auteur du but gagnant pour le Club de hockey dans la première finale de la Coupe Stanley. Sa mère, Mary, était une cousine de son père et une co-héritière de Duncan McIntyre. Comme mentionné précédemment, Duncan Hodgson a battu le record du monde de son père pour avoir attraper un thon rouge de 997 lbs d’un bateau à avirons avec une canne et une ligne sans harnais. Le record est toujours inbattu à ce jour.

Après son deuxième mariage, il a acheté une maison à Montego Bay (qui après sa mort a été acheté par Lord Beaverbrook) et a été vice-gouverneur de l’île. Outre des visites occasionnelles à Montréal, il est resté en Jamaïque, pratiquant la pêche et la voile jusqu’à sa mort en 1951 ou il était le plus heureux (qu’il a dit à ses confidents), que quant il était riche. Conformément à ses souhaits, J.K.L. Ross a été jeté à la mer. Sur sa formation en 1976, il a été intronisé à titre posthume au Temple canadien de la renommé des courses de chevaux.

La Maison J.K.L. Ross, rue Peel, construite en 1910.  Évalué à 1 million en 1930. Après le Krach de Wall Street elle a été vendue 51 000 $ en 1935 au 2ème Lord Shaughnessy.

  Ci-dessus la maison J.K.L. Ross aujourd’hui Pavillon Day de l’Université McGill.

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SIR JOSEPH DAVID RODOPHE FORGET (1861-1919).  C’était un homme d’affaires et un politicien canadien. Il fut un des rares canadiens-français à connaître un grand succès d’affaires au XIXe siècle et au début du XXe siècle. Il est le père de l’attaché militaire Maurice Forget et le parrain de Jean Poliquin, grand-père de Jean-Nicolas De Surmont.  Il épousa à Montréal Alexandra Tourville (décédée en 1891), et ils eurent une fille, puis le 3 avril 1894, à Rivière-du-Loup, Québec, il épousa en seconde noces Lady Blanche McDonald (1871-1958), et de ce second mariage naquirent trois fils et une fille, décédé le 19 février 1919 à Montréal. Sa femme Blanche Macdonald et ses quatre enfants, Thérèse, Gilles, Maurice et Jacques, poursuivront donc la tradition et passeront leurs étés à leur domaine de Saint-Irénée.

Sir Rodolphe Forget et Lady Blanche McDonald Forget.

La résidence de Sir Rodolphe Forgert GIL’MONT à St-Irénée dans Charlevoix.  La famille y demeurera pendant 40 ans en été.

De son mariage naquirent quatre enfants : une fille et trois fils qui ont adopté la carrière de leur père : Thérèse (Madame P.F. Casgrain), Gilles, Maurice et Jacques, associés dans la maison de courtage Forget & Forget de Montréal.

Rodolphe Forget eut une fille, Marguerite, de son premier mariage. En secondes noces, il eut trois fils et une fille, la femme politique et féministe bien connue Thérèse Casgrain. Il multiplia les œuvres philanthropiques, mais c’est surtout l’hôpital Notre-Dame de Montréal qui bénéficie de ses largesses. De 1906 à 1918, il aurait versé environ 250 000 $ à l’institution. Il accueillait parents et amis dans une somptueuse résidence située rue du Musée à Montréal (dans le chic quartier Golden Square Mile) ou encore dans sa luxueuse villa de Saint-Irénée dans Charlevoix. Les terres qu’il possédait à cet endroit font aujourd’hui partie du Domaine Forget auquel il a donné son nom.

Thérèse Casgrain (1896-1981).

Il décédera en février 1919 à l’âge de 57 ans et sera enterré au Cimetière Notre-Dame des Neiges à Montréal.

On se souvient plus volontiers de sa fille Thérèse Forget Casgrain devenue un symbole dans la lutte pour l’obtention du droit de vote des femmes au Québec et au Canada. Ou bien de son oncle, Louis-Joseph Forget, un homme d’affaires plus prudent dont on reconnaît davantage l’apport dans le développement économique de Montréal. À partir des années 1980 cependant, les membres de la nouvelle classe d’affaires francophone fréquentant le Domaine Forget trouveront malgré tout en Rodolphe Forget un modèle de réussite sociale marquant symboliquement ce domaine exceptionnel.

La Maison de Sir Rodolphe Forget sur l’avenue du Musée, construite en 1912.

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Sir John Douglas Sutherland Campbell, (1845-1914), marquis de Lorne et 9 duc d’Argyll, fut le 4e gouverneur général du Canada de 1878 à 1883. Sa femme la princesse Louise Carloline Alberta du Royaume-Uni (1848-1939). Ils n’eurent pas d’enfant.

Suite à la Confédération du Canada, l’économie de Montréal était encore dirigée par les frères Allan (Sir Hugh et Andrew), qui ont été salués dans le journal La Gazette comme : les «pionniers de notre grandeur commerciale ».  En 1878, le marquis de Lorne et la princesse Louise étaient en poste à Ottawa comme le nouveau couple vice-royal, tandis que Montréal tentait d’attirer des célébrités de l’époque comme Charles Dickens, Rudyard Kipling, Mark Twain, et Abraham Lincoln.  Dans le même temps à Londres, des gens comme Emma Albani et Sir Gilbert Parker étaient représentatifs de la culture du Québec.

Emma Albani (1847-1930). C’était l’une des sopranos les plus célèbres du XIXème siècle et début du XXème siècle, et la première cantatrice canadienne à devenir une célébrité internationale.

Sir Horatio Gilbert George Parker, 1er Baronnet (1862-1932). Journaliste, auteur et homme politique. Mieux connu pour ses romans historiques, qui a introduit les Canadiens français et le Nord-Ouest de la littérature anglaise, Gilbert Parker a quitté le Canada au milieu des années 1880 après avoir enseigné pendant plusieurs années en Ontario. Il s’installe en Angleterre à partir de 1890, est devenu député de Gravesend (1900-1918), et a organisé la propagande britannique dirigée vers les États-Unis au cours de la Première Guerre mondiale. Il a beaucoup voyagé, il a exprimé un fort soutien pour l’impérialisme de la Colombie. Sa fiction qu’il intégrait au Canada, tels que Pierre et son peuple (1892) et Carnac (1922), a contribué à la validation de la culture québécoise au sein du Canada anglais. Ses nombreux romans sont principalement constitués de parcelles mélodramatiques avec des personnages idéalistes dans des milieux passionnants ou exotiques.

Dans les années 1880, le chemin de fer du Canadien Pacifique a été complété avec succès sous la direction de Lord Mount Stephen, Lord Strathcona et R.B. Angus, après quoi il a été poursuivit par Lord Shaughnessy et Sir William Cornélius Van Horne.  Pour célébrer leur succès, ils n’épargnaient aucune dépense sur leurs maisons, avec des intérieurs ornés de détails en acajou et des galeries d’art privées pour exposer les œuvres d’artistes comme Raphaël, Rembrandt, Cézanne, Constable et Gainsborough, etc. La collection Van Horne de poterie japonaise a des connaisseurs de la Grande-Bretagne, des États-Unis et du Japon, et la collection de vieux maitres appartenant à James Ross a souvent été prêtée pour être exposée au public à travers le monde.

Ashton Oxenden était évêque de Montréal de 1869 à 1878. En tant qu’anglais, il avait déjà bien voyagé en France, en Italie, en Allemagne, en Suisse et en Espagne, il a payé un lourd complément à « cette cité florissante et riche » quant il a déclaré que «dans l’ensemble, je préfère Montréal, en tant que lieu de résidence, à presque n’importe quelle ville que je n’ai jamais vue.  » Oxenden appréciait particulièrement «la gaieté de la ville pittoresque et la gentillesse de ses habitants » :

Il y a une abondance d’institutions caritatives à Montréal et toutes bien gérée, parmi les catholiques en particulier, il y a beaucoup d’établissements sur une énorme échelle. J’ai à peine vu un mendiant dans les rues ou dans le pays. Il y a une grande absence de pauvreté, à l’exception peut-être parmi les moins nantis de la population française. Heureusement, il est à l’heure actuelle (1871), un sentiment de bonne volonté entre les catholiques et les protestants, chacun poursuivant leur propre voie, sans agresser l’autre. Le cout de la vie est à peu près le même que dans une ville anglaise ordinaire. Diners et spectacles sont fréquents à Montréal. Il y a peut-être un peu trop de dépenses qui leur sont consacrées, ce qui n’empêche tout de même pas les riches de se livrer à de telle hospitalité.

Les parties supérieures de la ville sont d’une croissance plus récente, et contiennent des maisons commodes et détachées, appartenant aux hommes d’affaires et à des personnes construisant leur fortune. Les rues de cette partie de la ville sont encore incomplètes, montrant à l’heure actuelle certaines lacunes, qui ne tarderont pas longtemps à être remplies de belles maisons. Elles sont toutes encadrées par des arbres, principalement des érables qui ont grandement ajouté à la beauté de la ville. Les bâtisseurs de Montréal sont excellents. Ils construisent non seulement leurs maisons à une vitesse indescriptible, mais ils construisent leur bien et de façon substantielle.

Mis à part les hommes, tout en haut, le Canadian Pacific Railway a également provoqué un autre boum immobilier au Square Mile : En 1885, Sir John Abbott, avocat en chef de la société, a construit sa nouvelle maison sur la rue Sherbrooke et Peel, et, ce faisant, a établit une tendance parmi ses collègues dans les salles de réunions, de combler les lacunes dans le Square Mile.

L’honorable Sir John Joseph Caldwell Abbott, (1821-1893) est le troisième premier ministre du Canada du 16 juin 1891 au 24 novembre 1892. Il a été maire de Montréal. Il est aussi l’arrière-grand-père de l’acteur canadien Christopher Plummer et de Maude Abbott.

Liste des principales demeures construites :

  • VAN HORNE, construite en 1869 pour John Hamilton, président de la banque des commerçants. En 1890, elle a été acheté et agrandie à 52 chambres par Sir William Cornélius Van Horne. Elle est restée dans la famille Van Horne jusqu’à ce qu’elle soit démolie en 1973.
  • BELLEVUE HALL, au pied de la rue Bishop sur la rue Dorchester, construite avant 1870 pour William Edmund Phillips, démolie depuis.
  • ELMBANK, au large de la rue Dorchester, construite dans les années 1870 pour Andrew Robertson, depuis démolie.
  • MAISON JOHN JAMES REDPATH, rue Sherbrooke, construite en 1870, démolie en 1955.
  • MAISON TIFFIN, rue Sherbrooke. Construite en 1874, démolie en 1896.
  • MAISON BURLAND, rue Université. Construite en 1875 pour George Bull Burland, conçu par J.W. Hopkins. Acheté et restauré par l’architecte Claude Gagnon en 1973.
  • ROKEBY, rue Sherbrooke. Construite en 1875 pour Andrew Frédérick Galt, conçu par James Brown. Depuis démolie.
  • MAISON LORD SHAUGHNESSY, rue Dorchester, complété en 1876 par  William Tutin Thomas, maintenant le Centre Canadien d’Architecture.
  • MAISON R.B. ANGUS, rue Drummond, construite en 1878, avant d’être démolie en 1957, elle a servit de Conservatoire de Musique de l’Université McGill.
  • MAISON STRATHCONA, rue Dorchester, construite en 1879 pour le meilleur associé de Donald Smith, 1er Baron Strathcona et Mont-Royal, démolie en 1941.
  • MAISON LORD MOUNT STEPHEN, rue Drummond. Construite sur ​​trois ans (1880-1883) pour un cout de 600 000 dollars, elle a été conçue par William Tutin Thomas.  En 1888, Mount Stephen a pris sa retraite en Angleterre et il a laissé la maison à sa nièce, Elsie (Stephen) Meighen, la mère de Elsie Reford. L’impôt sur ​​le revenue a été introduit après la Première Guerre mondiale et, en 1926, les Meighens ont été forcés de vendre la propriété. Elle a été achetée par trois hommes d’affaires anglophones, Noah Timmins, J.H. Maher et J.S. Dohan, qui deux ans plus tard l’ont transformé en un club privé, le Club Mount Stephen. En 1975, elle a été désignée comme lieu historique national du Canada et comme le meilleur exemple d’architecture Renaissance au Canada.
  • CRAIGRUIE, rue McGregor, construite sur ​​un terrain de dix hectares de terres dans les années 1880 pour Duncan McIntyre. La demeure de McIntyre avait une grande façade sur l’avenue des Pins et la rue Drummond, avec un droit de passage sur la rue Peel. La maison a été démolie en 1930, mais la terre est restée la propriété de la famille McIntyre jusqu’en 1947 lorsque les descendants de McIntyre (Mme Archibald Hodgson, Mme Lewis Reford, Mme R.A. Snowball et Duncan McIntyre Hodgson) l’ont offert à l’Université McGill. L’endroit est devenu connu sous le nom de Parc McIntyre, et en 1966 l’édifice McIntyre des sciences médicales a été construit sur ​​la terre.
  • MAISON LOUIS-JOSEPH FORGET, rue Sherbrooke, construite en 1883, maintenant convertie en bureaux.
  • MAISON FRÉDÉRICK REDPATH, Avenue Ontario. Construite en 1885 et conçu par Sir Andrew Taylor. La famille Sochacevski (les propriétaires actuels) tente de la démolir et de le remplacer par un bloc de condominium, malgré l’opposition du patrimoine de Montréal et des citoyens locaux.
  • MAISON BAUMGARTEN, rue McTavish, construite en 1887 pour le Baron Alfred Baumgarten.  La maison ressemblait à la demeure ancestrale de sa femme, Donners Park, à Altona, Hambourg. Sa veuve a vendue à l’Université McGill en 1926 et elle est devenue la maison du Général Sir Arthur Currie. À partir de 1935, elle est devenue le Club de la Faculté de McGill.
  • ROTHERWOOD, rue Redpath, construite en 1887 pour George Hague. Après sa mort, elle a été laissé vide depuis plusieurs années. Ses héritiers avaient trouvé que les impôts étaient trop lourds et ils ne pouvaient pas se permettre de maintenir la maison. Impossible de la vendre à un prix décent, elle a été démolie en 1929.
  • MAISON SIR GEORGE DRUMMOND, rue Sherbrooke, à l’angle de la rue Mansfield, construite par Sir Andrew Taylor en 1888. Elle a été démolie par la Ville de Montréal en 1930 et le site a été utilisé par un lave-auto.

1890-1914.

Stephen Leacock (1869-1944).  C’était un enseignant, un politicologue, un écrivain et un humoriste canadien.  Il est considéré comme l’humoriste anglophone le plus connu du monde de 1915 à 1925.

À partir des années 1890 dans l’époque édouardienne, la ville a connu son âge d’or.  Stephen Leacock a rappelé, «Les riches de Montréal jouissent d’un prestige à cette époque que même les riches méritent». Les hommes du Canadian Pacific Railway à la retraite dans les années 1890, avaient créé «le plus grand système de transport au monde, » de vendre un paquet de terre pas cher (leurs terres étaient de taille égale à la province de l’Alberta) avec un billet pas cher à partir de la Grande-Bretagne par le biais de l’Ouest canadien.  Ensemble, ils ont bâti une nation, voyant plus d’un million d’immigrants qui s’installent dans l’ouest, et, en exploitant les ressources minérales comprises dans leurs concessions de terres, eux et leurs actionnaires verraient leur bénéfice net croitre d’année en année à 46 millions de dollars en 1913. Des quantités sans précédent de capitaux affluèrent maintenant de Grande-Bretagne pour construire l’ouest du Canada, et Montréal, où chaque grande entreprise a son siège, ils étaient encore une fois au centre de cette dernière vague de prospérité, « ceux qui pensaient que le gouvernement du Canada était à Ottawa se sont trompés, c’est ici « .

Dans cette partie de la colonie, les Anglais et les Écossais n’ont pas plus de possibilités qu’à Montréal. Il y a un air de prospérité sur l’ensemble de leur environnement qui impressionne à la fois le visiteur. À tout prendre, il n’est peut-être pas de zone plus riche de la ville dans le monde, que celle comprise entre Beaver Hall Hill et le pied du Mont-Royal, entre les lignes parallèles de Dorchester et de Sherbrooke et les rues du quartier ouest.

La richesse héritée et gérée par la prochaine génération de Square Miler a continué de croitre, mais, alors que beaucoup ont réussi en affaires, ils étaient moins entreprenants. Ils ont financé et travaillé en étroite collaboration avec les nouveaux arrivants tels que Sir Edward Beatty, Sir Herbert Holt et le dernier des grands magnats du Square Mile, J.W. McConnell. Ces hommes s’étaient facilement intégrés eux-mêmes dans la société du Square Mile, mais il y avait une nouvelle génération d’anglophones qui viennent à Montréal, incarné par Sir Henry Thornton, qui n’a pas été aussi facilement accepté par la génération plus âgée qui gardait jalousement ​​la domination de leurs piliers, le Canadian Pacific Railway et la Banque de Montréal. Notamment, ce nouveau groupe incluait : Max Aitken et Isaac Killam, qui étaient «interdit» d’entrée au Club Mont-Royal : En 1899, constatant que le Club Saint-James était devenu «trop surpeuplé, » les grands hommes d’affaires du Square Mile, conduit par les gouts de Strathcona et Angus, ont fondé le Club Mont-Royal qui est devenu du jour au lendemain le plus prestigieux de Montréal.  Lord Birkenhead a trouvé : « Qu’il était «l’un des meilleurs clubs que je connais dans le Nouveau Monde, avec l’atmosphère indéfinissable d’un bon club de Londres ».

William Maxwell « Max » Aitken, (1879-1964), 1er baron Beaverbrook, était un politicien et homme d’affaires canadien britannique.

Izaak Walton Killam (1885-1955) était l’un des financiers canadiens les plus éminents.

La prochaine génération dépensait son argent sur de nouvelles maisons, de grands réaménagements et des maisons d’été, ils ont également continué à verser de l’argent dans l’éducation, la santé et la culture, mais la plupart du temps au profit des Montréalais anglophones de la communauté. Donnant un montant estimé à 100 millions de dollars en dons de charité de son vivant, McConnell a suivi les étapes magnanimes dont certains se souviennent surtout des philanthropes de Montréal, tels que Lord Strathcona, à qui le roi Édouard VII a donné le nom «d’Oncle Donald« en reconnaissance de sa générosité envers des causes caritatives à travers l’Empire britannique.

Peu d’endroits dans le monde au cours de cette période étaient plus britanniques que le Square Mile, et cela a été reconnu à Londres par des visites royales de plus en plus fréquentes. « L’Union Jack a flotté sur Ravenscrag (depuis héritée par Sir Hugh Montague Allan) « où le Montréal Hunt maintenant réuni, et Lady Drummond a été entendue pour refléter les sentiments du Square Mile en déclarant: «l’Empire est mon pays. Le Canada est ma maison ». Les meilleurs ménages ont été effectués, pas par Canadiens, mais par des gouvernantes, des sommeliers, des cuisiniers, des nourrices et des servantes qui viennent tous directement de Grande-Bretagne. La génération précédente de Milers était coupable de se mélanger peu avec les Canadiens français, mais ils jouissaient d’une relation cordiale avec eux, les nouveaux arrivants cependant, ne connaissaient rien de la politique du Québec et de la colère des Milers établis quant un président de banque nouvellement nommé, a publiquement annoncé lors d’un diner que tant qu’il resterait en fonction, il n’y aurait pas de Canadiens français sur son conseil d’administration. Le manteau de la puissance financière, plus que jamais, était entre les mains des Montréalais anglophones, anciens et nouveaux. Mais, en grande partie inaperçue par eux, leur position et leur identité britannique dans une constante agressivité, dans une prédominante province francophone, allaient pour la première fois commencer à leur nuire.

Liste des principales demeures construites :

  • MAISON HECTOR MACKENZIE, à l’angle des rues Sherbrooke et de la Montagne. Construite en 1891, conçue par John Hopkins. Utilisée comme la Force aérienne du Club au cours de la Seconde Guerre mondiale, elle fut ensuite acquise par la Standard Life et démolie en 1960 pour faire place à sa nouvelle tour à bureaux.
  • MAISON JAMES ROSS, rue Peel. Construite en 1892, aujourd’hui le Chancellor Day Hall de l’Université McGill. 
  • MAISON ELMENHORST, rue Peel, construite en 1893, démolie depuis.
  • ARDVANA, avenue des Pins. Construite en 1894 pour Sir Vincent Mérédith, 1er Baronet.Le terrain sur lequel la maison a été construite faisait autrefois partie de la succession d’Andrew Allan », et donnée à sa plus jeune fille lors de son mariage à Mérédith. La maison a été conçue par les frères Maxwell et les jardins ont été aménagés par Olmsted & Éliot. La maison a été agrandie en 1906. Lady Mérédith l’a donné à l’Hôpital Royal Victoria pour être utilisée comme une résidence d’infirmières en 1941. L’Université McGill a acheté le bâtiment en 1975, et l’a rebaptisé la Maison Lady Meredith. Elle a été classée parmi les lieux historiques nationaux du Canada en 1990.   
  • MAISON CLOUSTON, rue Peel. Construite en 1894 par les frères Maxwell pour Sir Édouard Clouston, 1er Baronnet. L’imposant château de style manoir avait une tour d’angle ronde coiffée d’un toit conique et relié par l’intermédiaire d’une loggia à un bâtiment polygonal. La maison a été achevée en maçonnerie grossière de grès rouge et chamois. Le sculpteur Henry Beaumont a conçu des sculptures en pierre décorative sur l’extérieur. La construction du bâtiment a couté 44 715 $. La maison a été démolie en 1938.
  • LE GATEHOUSE, rue Peel, construite pour McIntyre & Angus, en 1894 fait maintenant partie de l’Université McGill.
  • MAISON CRATHERN, rue McGregor. Achevé en 1894 pour James Crathern. Démolie en 1963.
  • MAISON LORD ATHOLSTAN, aujourd’hui connu comme la Maison Alcan, rue Sherbrooke. Construite en 1896, elle est maintenant désignée comme monument historique du Québec. Elle est un excellent exemple de la restauration d’une ancienne propriété incorporée dans l’usage moderne par Alcan comme siège social.
  • MAISON ORR-LEWIS, rue Sherbrooke. Construite vers 1900 par Sir Frédérick Orr-Lewis, 1er Baronnet, plus tard, de Whitewebbs Park, près de Enfield en Angleterre.
  • MAISON FRÉDÉRICK MOLSON. Construite en 1901, conçue par Robert Findlay. Démolie par la Ville de Montréal en 1957.
  • MAISON CHARLES HOSMER, rue Drummond. Construite en 1901, fait maintenant partie de l’Université McGill.
  • MAISON CHARLES FRANCIS SMITHERS, rue Drummond. Construite en 1902, conçue par Robert Findlay. C’était un excellent exemple du style Tudor avec des influences flamandes.  La façade a été illégalement démolie par des promoteurs immobiliers en 1974. Après avoir payé une amende négligeable, en 1977, les développeurs ont été autorisés à démolir le reste de la maison et de la remplacer par un immeuble de grande hauteur.
  • MAISON ROBERT WILSON REFORD, rue Drummond. Construite en 1902, conçue par Robert Findlay. Démolie en 1968.
  • MAISON CHARLES MÉRÉDITH, avenue des Pins. Construite en 1904, fait maintenant partie de l’Universtié McGill.
  • MAISON PURVIS HALL, DE SIR MORTIMER DAVIS, avenue des Pins. Construite en 1907, conçue par Robert Findlay. Aujourd’hui, elle appartient à l’Universtité McGill et connue sous le nom de Purvis Hall.
  • MAISON JAMES THOMAS DAVIS, rue Drummond. Construite par les Maxwell en 1908, elle fait maintenant partie de l’Université McGill.
  • APPARTEMENTS LINTON, rue Sherbrooke Ouest. Construites en 1908.
  • MAISON PERCY COWANS, Avenue Ontario. Construite par les Maxwell en 1909. La structure principale survit et la maison a été divisée en appartements.
  • MAISON JKL ROSS, rue Peel. Construite en 1910, fait aujourd’hui partie de l’Université McGill.
  • MAISON JOSEPH-MARCELLIN WILSON, Avenue Ontario. Construction en 1910, toujours debout.
  • MAISON CHARLES G. GREENSHIELDS, rue McGregor. Construite en 1911, encore debout.
  • MAISON HERBERT MOLSON, Avenue Ontario. Construite en 1912, conçue par Robert Findlay. Elle est toujours debout.
  • PAVILLON CHANCELIER BEATTY, Avenue des Pins. Construite en 1912, par Morley Hogle pour Albert Edmund Holt. Acheté par Sir Édouard Beatty en 1924. Aujourd’hui, c’est une partie de l’Universtié McGill.
  • CLUB UNIVERSITÉ, rue Mansfield. Construit de 1913 à la conception de Percy Nobbs.
  • MAISON SIR RODOLPHE FORGET, Avenue Ontario. Construite en 1912, maintenant des bureaux.
  • MAISON CHARLES EDWARD DEAKIN, Croissant Redpath. Construite en 1913, et encore debout.
  • MAISON KENNETH MOLSON, Avenue des Pins, au sommet de rue de la Montagne. Construite en 1914, la maison de 47 chambres se tenait sur six étages de haut et était complété d’un ascenseur intégré et d’un système d’aspirateur. Elle avait sept chambres à coucher, quatre salles de bains, une véranda, une salle de billard et un champ de tir.  Il y avait une véranda à chaque étage, dont une pour les serviteurs, et un garage pour deux voitures avec des quartiers pour les chauffeurs ». Elle  a été démolie après 1938.
  • MAISON EDMUND GRAVES MÉRÉDITH CAPE, Croissant Redpath. Construite en 1914 et encore debout.
  • MAISON FRÉDÉRICK BEARDMORE, Avenue des Pins. Construite en 1914, et ensuite acheté par Sir Henry Worth Thornton. Toujours debout. Aujourd’hui le consulat cubain.
  • MAISON J.W. McCONNELL (1877-1963).  Construit en 1914, pour le Colonel Jeffrey Hale Burland, et après c’est McConnell qui l’a acheté. C’est la seule qui est aujourd’hui encore une propriété privée.

Site historiauque de la maison John Wilson McConnell au 1475 Avenue des Pins Ouest, Montréal.

LA FONDATION DE LA FAMILLE J.W. McCONNELL

John Wilson McConnell, (1877-1963), était un homme d’affaires et collectionneur d’art montréalais.

En 1956, J.W. McConnell, un ami de toujours de l’Université McGill, fit don du stade d’hiver McConnell situé non loin au nord-est du gymnase. Conçu par le cabinet d’architectes McDougall, Fleming & Smith, ce bâtiment au toit en voûte comprend une patinoire de hockey et des tribunes. Le stade d’hiver McConnell, à l’instar du gymnase Sir Arthur Currie Mémorial et du stade Percival Molson, remplit toujours bien son rôle de centre sportif pour les étudiants.

Sommaire.

La Première Guerre mondiale

SIR HENRY VINCENT MEREDITH, 1ER ET DERNIER BARONNET DE MONTRÉAL (1850-1929) président de la Banque de Montréal. Il était un banquier canadien et un philanthrope, président de l’Hôpital Royal Victoria et du Musée des beaux-arts de Montréal. Sa maison dans le Golden Square Mile fait aujourd’hui partie de l’Université McGill, du nom de son épouse comme la Maison Lady Meredith.

Sir Vincent Meredith et Lady Isabella Meredith. Photo prise sur le Mauritania.

En 1888, Vincent Meredith a marié (Isabella) Brenda Allan (1867-1959), la fille cadette de Sir Andrew Allan, qui avait alors succédé à son frère aîné, Sir Hugh Allan, président de la Allan Line et de la banque des commerçant, etc.  Ce mariage a apporté à Meredith une richesse supplémentaire et des connexions puissantes. Comme cadeau de mariage, son père-frère, leurs donnèrent à lui et sa femme une parcelle de terrain à l’angle de l’Avenue des Pins et de de la rue Peel dans le Golden Square Mile, juste en face de Ravenscrag, où le cousin de Lady Meredith, Sir Hugh Montague Allan, a vécu. En 1894, ils ont employé l’architecte Edward Maxwell à leur construire une maison là-bas, « Ardvarna», le manoir avec une tourelle en brique rouge, maintenant connu comme la Maison Lady Meredith. Maxwell avait également conçu leur maison d’été au Mont Saint-Bruno, au Québec. La Maison Lady Meredith a été désigné comme lieu historique national du Canada en 1990. Suite à la Première Guerre mondiale, quand les soldats canadiens blessés ont commencé à revenir du front en 1918, Lady Meredith a mis en place un centre de réadaptation pour les officiers à son manoir de Montréal. Au cours de leur visite royale du Canada en 1939, Lady Meredith était l’hôtesse du roi  George VI et de la reine Élizabeth, la reine mère durant leur séjour à Montréal. En 1942, Lady Meredith a fait don de la maison à l’Hôpital Royal Victoria comme résidence pour les infirmières.

Brenda Meredith a fait don de la Coupe Lady Meredith de l’Association de hockey des femme du Québec en 1920, la première à être en compétition pour le Trophée Canadien de hockey sur glace pour femmes, en jupes jusqu’aux chevilles. Au 100e anniversaire du Club de Curling de Montréal en 1943, le Montreal Gazette de la journée a signalé que la veille de Noël 1870, elle était « probablement la première dame au Canada à mettre en place un fer à repasser ». Elle a été présidente de la Croix-Violette (un service pour le soin des chevaux blessés et handicapés sur le champ de bataille pendant la Première Guerre mondiale), présidente du Corps féminin auxiliaire de l’Armée, gouverneure de la maternité de l’Hôpital Royal Victoria, directeure de la Société de prévention contre la cruauté envers les animaux, vice-présidente de la Société nationale de l’immigration des femmes, et patronne honoraire de l’Ordre impérial des filles de l’Empire avec Lady Eugène Fiset et Lady Hugh Montague Allan. Elle a été membre et bienfaitrice de l »Église Presbytérienne St-André et St-Paul de Montréal, et a été l’une des fondatrices du Club de golf pour dames de Montréal.

Ils moururent et ne laissèrent pas d’enfants, mais avec le prince Arthur, duc de Connaught et Strathearn et George Curzon, 1er marquis de Kedleston, Vincent Meredith était le parrain de Robert Henry Arthur Rivières-Bulkeley (1914-2007), fils du colonel Charles Rivers-Bulkeley et Annie Evelyn Pelly. Lady Meredith était la marraine de Frédérick Edmund Meredith son seul petit-fils, et le seul fils de son cousin germain, Sir Hugh Montague Allan.

Sir Vincent Meredith est décédé en 1929 sans enfant, et à ce titre sa courte durée de baronnet s’est éteinte. Sa femme a continué à vivre dans leur maison à Montréal jusqu’en 1941, quant elle l’a donné à l’Hôpital Royal Victoria pour l’utiliser comme résidence d’infirmières. L’Université McGill en a acquis l’usage de la propriété en 1975, et aujourd’hui il est connu comme la Maison Lady Meredith, qui abrite le Centre McGill de médecine, d’éthique et de droit. Lui et son épouse sont enterrés dans une parcelle réservée à la famille Meredith au Cimetière Mont-Royal. Est enterré là aussi l’un de ses jeunes frères, Charles Meredith, avec sa femme, fille de Richard B. Angus, et son cousin, un ami proche des deux frères», Frédérick Edmund Meredith. Cette génération de la famille au Canada, et en Irlande, étaient un groupe remarquablement distingué.

MAISON LADY MEREDITH (ARDVARNA).  Sir Vincent et Lady Mérédith ont convertis leur maison, Ardvana (ci-dessus), en un centre de réadaptation pour les soldats canadiens qui reviennent du front. McGill l’a acquit en 1975.

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Les hommes associés au Beaver Club, les prédécesseurs des Squares Milers, avaient presque tous servi dans la milice canadienne et au déclenchement de la Première Guerre mondiale, cette génération a tout aussi facilement pris les armes. À ses propres frais, Hamilton Gault a fondé le régiment d’infanterie légère canadien de la Princesse Patricia, le dernier régiment de fonds privés recueillis dans l’Empire britannique. Il a été blessé trois fois, à la tête de son régiment dans la bataille, et même après avoir perdu une jambe, il est toujours revenu au front.  Le cheval de Lord Strathcona, soulevée par cette référence canadienne de la Guerre des Boers, a été ramené de nouveau à l’action. Le premier ministre britannique David Lloyd George a affirmé dans sa biographie que si la guerre avait continué en 1919, il aurait cherché à remplacer le maréchal Douglas Haig avec le Général Sir Arthur Currie du Square Mile.  

Les Dames du Square Mile ont inlassablement recueillies de l’argent pour les troupes et certaines, comme Lady Meredith, les Gaults et les Baumgartens ont ouvert leurs maisons aux soldats blessés de retour de l’Europe. Les services à la personne en Angleterre de la Croix-Rouge canadienne étaient sous la responsabilité de Lady Julia Drummond, qui a vu a ce que chaque soldat canadien ne soit retourné à l’hôpital anglais sans avoir reçu une visite offrant de la sympathie et de la fourniture pour les besoins de base. Lorsque Martha Allan a suivi une formation d’infirmière et a acheté une ambulance qu’elle a conduite en France, sa mère en a été inspirée pour mettre en place un hôpital en Angleterre pour les soldats canadiens.

Pas différemment de tout autre coin de l’Empire britannique, les tragédies évidentes ont prévalu dans le Square Mile. Aucune destruction de bâtiment n’avait eu lieu, mais économiquement Montréal était sortit de la guerre presque indemne due en grande partie à la main ferme de la Banque de Montréal (Banque Nationale du Canada jusqu’en 1934), et de son président, Sir Vincent Meredith. En 1919, une cinquantaine de familles ont déclaré avoir contrôlé un tiers de la richesse investie au Canada, et la grande majorité d’entre eux étaient basés à Montréal. Pour la plupart, la vie a continué comme il l’avait fait avant la guerre, mais des changements imperceptibles commençaient à transparaitre.   

La fin d’une époque.

La Banque Molson sur la rue Saint-Jacques, Montréal, en 1872.

Rue Saint-Jacques, le centre financier de Montréal à son apogée en 1895.

Construit en 1931, l’édifice Sun Life sur le carré Dorchester était en son temps le plus grand édifice de l’Empire britannique.

Le Square Mile a atteint son apogée à la Belle Époque, à la fois dans l’esprit et la substance. Il s’en est suivi une baisse régulière agressive à l’américaine et les sociétés ont pris le contrôle des entreprises familiales dont les origines étaient les Écossais-Québécois et le Beaver Club. «L’argent frais» investit à Montréal venant des États-Unis et de l’Ouest canadien, amena comme la famille Bronfman, différentes origines ethniques. De même que pour les Canadiens de l’Ancien Régime, un siècle auparavant, les Squares Milers avec leur ancien idéal britannique et leurs principes d’affaires n’ont pas eu à s’adapter aux changements dans la société et se tiennent à l’écart. Les nouveaux arrivants, qui ne savait ni soignés la vieille garde et leurs traditions, sont le plus souvent exclus de l’entrée dans la société du Square Mile (tels que l’appartenance aux clubs pour hommes le plus prestigieux de Montréal, le Mont-Royal), mais cela n’a servi qu’à accélérer encore le déclin de ce quartier.

Samuel Bronfman (1889-1971). C’était un magnat des affaires et philanthrope canadien. Il a fondé la Corporation des distillateurs Ltée, et est un membre de la communauté juive de Montréal et le fondateur de la famille Bronfman.  Il a acheté la compagnie Joseph E. Seagram & Sons (la compagnie Seagram).  Les actifs de Seagram ont depuis été acquises par d’autres sociétés, notamment la société Coca-Cola, Diagéo et Pernod Ricard.

Le changement des attitudes, la guerre, les impôts et l’invasion de commerce dans les rues, ont tous joué leur rôle dans le déclin. Le Krach de Wall Street de 1929 a certainement affecté un grand nombre de Squares Milers, mais pas aussi mal que cela a fait à leurs homologues américains. Les collections d’arts ont été vendues et certains ont essayé de vendre leurs maisons, mais il n’ont pas trouvé preneur. La maison de J.K.L. Ross a été vendue pour 50 000 $ en 1930, quelques années seulement après qu’elle avait été évaluée à 1 million $. Ceux qui avaient compté sur leurs investissements ont déménagé dans des maisons plus petites, à Westmount, où ont pris des appartements au Ritz-Carlton de Montréal, alors que d’autres comme Sir Herbert Holt, qui n’a jamais eu de marge de crédit, en est sorti complètement intact.

Sir Herbert Samuel Holt (1856-1941) fut un entrepreneur et banquier canadien.  Ingénieur de formation il fut président de la Banque Royale de 1908 à 1934 et président de la Montreal Light, Heat and Power. Il habite une maison cossue sur la rue Stanley.  À partir de 1915 il porta le titre de Sir.

La Grande Dépression au Canada pendant les années 1930 a joué directement pour le Mouvement des nationalistes du Québec et a donné la tangente vers la Révolution tranquille qui devait dévaster le Square Mile. La fracture sociale énorme et grandissante entre les employeurs anglophones et les travailleurs canadiens-français du Québec existe depuis longtemps et, quand l’économie s’est écroulée, elle a entrainé ceux qui cherchaient une réforme et qui ont saisi l’occasion pour en appeler à l’incompétence sous la direction des entreprises anglo-canadiennes. Pour les quatre prochaines décennies, l’Union nationale du gouvernement, avec le soutien de l’Église catholique, a dominé la politique québécoise et a vu le déclin des Anglos, et avec elle, la suprématie économique de Montréal.

En 1977, le nouvellement élu gouvernement souverainiste québécois a adopté la Chartre de la langue française (dite loi 101), ce qui rend l’utilisation de la langue française obligatoire pour les entreprises de taille moyenne et à grande échelle lors de la communication avec le personnel de langue française. Cette loi a été reçue négativement par les milieux d’affaires anglos, nombre d’entre eux estimaient que les droits historiques de la minorité anglophone devaient être respectés, tout comme les Anglais avaient respecté la langue française et le célèbre discours de Chartier de Lotbinière « dans le débat linguistique de 1793. Presque du jour au lendemain, l’écrasante majorité des hommes d’affaires anglophones ont déraciné leurs sièges sociaux à Toronto. Plus particulièrement celles incluses par les piliers du Square Mile tels que :  La Banque de Montréal, La Financière Sun Life, Le Trust Royal, et la Compagnie de garantie d’Amérique du Nord, mettant ainsi fin à toute l’importance financière de Montréal qui avait déménagé à Toronto depuis qu’il avait été surpassé comme capitale financière du Canada en 1934. L’Amérique du Nord de l’ancienne brasserie Molson, fondée en 1786, fut l’une des rares grandes entreprises anglophones qui conservera son siège social à Montréal, en dépit des menaces de mort au sénateur Hartland Molson par le Front de libération du Québec.

Sénateur Hartland Molson (1907-2002).

Lorsque la dépression des années 1930 fut terminée, il y eut des échos d’autrefois dans le Square Mile, et, dès 1931, Ernest Cormier a construit sa maison art déco sur l’Avenue des Pins. La dernière grande maison à être construite dans le Square Mile a été mise en place en 1934 pour Charles Édouard Gravel, aujourd’hui mieux connu comme la Maison Thompson, qui fait aujourd’hui partie de l’Université McGill. Le glas final pour le Square Mile sera la Seconde Guerre mondiale, et les grandes maisons sont devenues des bureaux, des clubs, des appartements et des salles de classe de l’Université McGill », avec ici et là une veuve âgée qui terminera sa vie avec les souvenirs des plus riches, le quartier le plus puissant dans l’histoire canadienne ».

Maison Ernest Cormier (1930-1931). Il était un architecte et un ingénieur (1885-1980).

Démolition

Marjory Mérédith Clouston sur le coin de Drummond et Sherbrooke en 1902. Elle était la fille de Sir Édouard Seaborne Clouston, 1st Baronet (1849 – 1912) qui était un banquier et un financier canadien et le directeur de la Banque de Montréal.

La rue Drummond en 2009, regardant vers le bas du Mont-Royal en direction de Sherbrooke.

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, les maisons dans le Square Mile étaient pour la plupart laissées vides ou seulement partiellement occupées. Le centre-ville de Montréal s’est déplacé au nord-ouest dans la rue Sherbrooke, qui avec l’Avenue des Pins est devenu une importante artère pour la circulation automobile. De 1945 à 1965, la plupart des grandes demeures ont été acquises par des institutions commerciales et civiques et démolies ou reconverties au-delà de toute reconnaissance.

Ravescrag a été donnée par Sir Hugh Allan et Lady Allan à l’Hôpital Royal Victoria en 1942. Son intérieur célèbre et somptueux a été entièrement dépouillé et le bâtiment a été transformé en Institut Allan Mémorial et l’Université McGill a utilisé ses quatorze hectares de terrains pour ériger des bâtiments annexes. Un destin semblable a frappé près de deux douzaines de maisons et elles ont été transformées en salles de classe pour l’université ou en bureaux commerciaux, mais celles-ci sont les chanceuses qui ont survécues. La plupart des vieilles demeures ont été simplement démolies et remplacées par de grands immeubles de béton à bureaux ou en blocs d’appartements.

Sir Hugh Andrew Montague Allan (1860-1951) et sa femme lady Allan au théâtre de la rue Guy en 1940. Il était le fils aîné de Sir Hugh Allan.

Les maisons ont été considérées par les autorités locales comme des symboles du pouvoir anglo-canadien sur les Canadiens français et une frénésie de démolition massive a été menée entre 1930 et 1975. Par exemple, la rue Drummond, en 1925, était une avenue calme et décoré d’arbres sur laquelle se trouvait plusieurs demeures Queen Anne et néo-gothique. En 1975, elle est devenue une autre rue fade, sans arbres, bordés de tours en béton côte à côte.

Maison Van Horne  vers 1880 (1870-1973). Maison de Cornélius Van Horne.

Maison Van Horne. Construction: 1879. Cette magnifique demeure située coin Nord-Ouest des rues Stanley et Sherbrooke, voisinait le Mont-Royal Club. Elle fut démolie en 1973. C’était la résidence d’un des « rois » du Golden Square Mile », William-Cornelius Van Horne (1843-1915), d’origine hollandaise. Il devint, entre autre, Président du chemin de fer Canadien-Pacifique. Grand collectionneur d’objets d’art.

La maison Van Horne, le centre incontesté de la société du Square Mile depuis les années 1930 a été démolie par David Azrieli, en 1973, à l’indignation du public. Le maire Jean Drapeau a déclaré qu’elle ne pouvait pas être conservée pour des raisons culturelles, car elle ne faisait pas partie de la culture du Québec. Van Horne était un anglophone, et non un Canadien français.  Cela a conduit à la création d’Héritage Montréal pour protéger les bâtiments historiques au niveau provincial. Le caractère architectural du quartier fut stabilisé, mais le Square Mile original tel qu’il avait été, avait déjà changé au-delà de toute reconnaissance.

Jean Drapeau, ancien maire de Montréal de 1954 à 1957 et de 1960 à 1986.

Poursuite des menaces de nouvelles démolitions.

La Maison Alcan (siège social de la compagnie d’aluminerie Alcan) anciennement la maison de Lord Atholstan.

Les architectes modernes ont remplacé leurs prédécesseurs des années 1950 jusqu’au années 1970, en démontrant comment préserver les édifices et le caractère des bâtiments historiques de Montréal tout en les intégrant dans l’usage moderne. L’exemple parfait est le travail effectué par Alcan au début des années 1980 sur son nouveau siège social sur la rue Sherbrooke, la Maison Alcan, anciennement la maison de Lord Atholstan.  Un autre exemple nous est venu en 1990, après que la Maison Lady Meredith, qui abrite le Centre de médecine, d’éthique et de droit de l’Université McGill, a été cambriolée et incendiée. McGill a rénové et modernisé la vieille maison à son élégance d’origine, et a embauché Julia Gersovitz, une diplômé et professeure de McGill et son cabinet, Gersovitz, Becker & Moss pour le projet. Des menaces sur l’histoire architecturale de Montréal à travers la ville sont toujours présentes aujourd’hui, et la menace de l’érosion qui continue au Square Mile prévaut, malgré les réserves mises en place pour soi-disant les protéger.

Mme Julia Gersovitz professeure à McGill.

Maison Lady Meredith à Montréal.

Hôpital Royal Victoria.

L’Hôpital Royal Victoria pourrait bientôt être vendu à des promoteurs immobiliers qui enfreignent la mise en garde que la terre soit utilisée pour les hôpitaux seulement.

Les bâtiments occupés par l’Hôpital Royal Victoria et le reste des biens leurs appartenant seront probablement vendus à des promoteurs immobiliers après que l’hôpital lui-même, se sera déplacé dans le nouveau «McGill superhôpital» sur le site de la cour de triage Glen du Canadian Pacific Railway à Westmount.  Le Royal Vic, un véritable point de repère de Montréal, a été agrandit à plusieurs reprises depuis qu’il a été construit en 1893, et les changements n’ont jamais été source de préoccupation. En 1891, les Lord Mount Stephen et Strathcona ont acheté le terrain et ont donné les fonds nécessaires à la Ville de Montréal pour construire l’hôpital. Cependant, ils ont attaché une mise en garde à leur don, affirmant que la terre et ses bâtiments ne doivent jamais être utilisés que pour l’enseignement et la guérison, qui se trouve maintenant sous la menace.

À partir de 2010, Elspeth Angus, née en 1929, une descendante de R.B. Angus et une héritiere de Lord Mount Stephen, se bat pour maintenir non seulement la volonté, mais les conditions fixées par les fondateurs de la ville de Montréal, pour essayer de trouver une utilisation pour le terrain et ses bâtiments, comme un centre de recherche.  Héritage Montréal sont également à la soutenir dans ses efforts.

Mme Esspeth Angus, descendante de R. B. Angus et une héritière de Lord Mount Stephen.

Maison Francis R. Redpath construite en 1886, avenue Ontario (aujourd’hui avenue du Musée).  Partiellement détruite en 1986 (près de 40% a été rasé) et aujourd’hui laissée à l’abandon total.  Construite par l’architecte Sir Andrew Taylor pour le compte de John Redpath, riche industriel ayant œuvré à la construction du canal Lachine et à la fondation de la célèbre raffinerie de sucre qui porte toujours son nom. Sa famille fut l’une des plus influentes de Montréal au XIXe siècle.

Aujourd’hui, plus de 27 ans après le début de la saga, le site est clôturé. Néanmoins, le sous-sol est occupé par un sans-abri et on retrouve au premier étage quelques meubles complètement défoncés. Des sacs d’ordures sont étalés ici et là, ce qui laisse croire que l’odeur doit être horrible de par les chaudes journées d’été. Les deux étages supérieurs demeurent inaccessibles, bien qu’on y retrouve du mobilier et des traces d’anciens occupants.

La maison Redpath vers 1890.

La famille Sochaczevski a acheté la maison Frédérick Redpath en 1986, leur intention était de la démolir, en dépit d’un accord pour la maintenir en place, ils continuent à laisser la maison à l’abandon.

En 1986, le maire Pierre Bourque a accordé un permis de démolition à la famille Sochaczevski, les nouveaux propriétaires de la maison de Frédérick Redpath (conçu par Sir Andrew Taylor en 1885), pour la remplacer par un autre grand bloc de condominium. Une partie de la maison a été détruite avant qu’une injonction de la cour ait sauvé de la destruction complète d’une tranche importante de l’histoire architecturale de Montréal, qui a été temporairement interrompue.

Pierre Bourque, ancien maire de Montréal de 1994 à 2001.

En 2001, le maire Bourque a contourné les règles en accordant à nouveau la démolition immédiate de la maison. En 2002, Héritage Montréal, Projet Montréal et des citoyens locaux ont réussi à infirmer la décision. En tant que candidat à la mairie, Gérald Tremblay s’est présenté comme un défenseur de la maison Redpath et de ses bâtiments patrimoniaux, mais, dès qu’il a gagné son bureau (fortement soutenue par le Journal The Suburban, propriété de la famille Sochaczevski), il a ensuite examiné un plan pour permettre à la démolition de continuer. Il ne retira son projet qu’après que le Musée des beaux-arts de Montréal est intervenu pour stopper le projet. 

Gérald Tremblay, ancien maire de Montréal de 20o2 à 2012.

La famille Sochaczevski est restée rebelle, et malgré la signature d’un accord avec le Conseil de la Ville de Montréal pour maintenir la maison, comme quand ils l’ont acheté en 1986, ils continuent à laisser tomber l’édifice en ruine.

Personnalités liées au Golden Square Mile.

Les résidents du ‘Golden Square Mile’ ont joué un rôle important dans le développement du Canada pendant le 19ème siècle et le début du 20ème siècle.  Dans sa gloire, vers 1900, 70 % de toute la richesse du Canada appartenait à ces entrepreneurs.

ARTICLE DE LA PETITE PATRIE NO. 8 QUI COUTAIT 2 SOUS.

Le Golden Square Mile.

Résidence de Herbert Holt, vers 1890. (Musée McCord.)   

En cette année 1910, une nouvelle demeure luxueuse est en construction sur la très prestigieuse rue Dorchester, celle de l’avocat Charles G. Greenshields.

Depuis le milieu du 19e siècle, les maisons bourgeoises se multiplient sur cette artère montréalaise qui prendra bientôt le nom de boulevard. C’est le centre symbolique d’un quartier où se trouve désormais concentrée la grande majorité de la richesse du Canada.

Ici, au pied du Mont-Royal, dans ce que l’on nomme le Golden Square Mile, un territoire d’une superficie d’un mille carré environ, la bourgeoisie montréalaise ainsi que les plus grandes fortunes du Canada ont fait construire, depuis le milieu des années 1800, des manoirs victoriens aux allures de palais ou de châteaux, entourés de jardins immenses.

Dans ce « mille carré doré », on peut admirer les demeures somptueuses de riches marchands, d’industriels prospères, de notables et d’hommes politiques influents. De nombreux dirigeants des réseaux ferroviaires du pays, des mines, des compagnies bancaires y ont habité. La plupart de ceux qui s’y installent sont anglophones, mais on y retrouve aussi quelques francophones comme l’homme d’affaires et entrepreneur Ucal-Henri Dandurand ou encore Louis-Joseph Forget, l’un des premiers Canadiens français de la haute bourgeoisie financière du pays et ancien président de la Bourse de Montréal.

Dans ce quartier privilégié, loin de la pollution et de la misère, la vie coule doucement, rythmée par les réceptions et les visites au club. Un mille carré de richesse à mille lieues d’une autre réalité, celle des moins bien nantis. Un quartier qui restera le témoin architectural de cet âge d’or de Montréal.

PHOTOS DU GOLDEN SQUARE MILE.

En 1912, l’automobile est de plus en plus visible et même parfois, une femme se trouve au volant comme ici, Mlle Élaine Casgrain à la conduite d’une « Packard » familial, en face de leur résidence. Cette maison occupait un terrain, côté Sud de rue Dorchester, face à la maison Shaughnessy. Les belles demeures que l’on voit ici furent démolies lors d’importants aménagements routiers autour de l’axe Dorchester et qui devint par la suite boulevard René-Lévesque.

Scène d’hiver au Mille Carré Doré/ Golden Square Mile (détail). Vers 1900 rue sherbrooke depuis la rue Metcalfe.

Montréal vers 1895. Rue Sherbrooke, depuis rue McTavish Est. Promenade en traineau.

Maison bourgeoise de la rue Sherbrooke en 1884.

La maison Galt (Sir Alexander Tilloch Galt (1817-1893) construit en 1860 sur la rue Simpson dans le Square Mile.

Montréal 1885. « ROKEBY », résidence de Andrew Frédérick Gault, rue Sherbrooke, angle rue de la Montagne.

Archives du Musée McCord / Notman Studio.  Gault (Andrew Frederick), (1833-1903), industriel, originaire d’Irlande. Organisateur à Montréal d’une industrie textile (Dominion Cotton Mills et Montreal Cotton Mills) qui lui valut le titre de « Roi du coton ». Sa réussite coïncide avec l’époque où l’esclavagisme était une pratique courante notamment là où on cultivait le coton aux États Unis d’Amérique.  Exactement à cet endroit on retrouve aujourd’hui, les appartements « Château »: complexe d’habitation de luxe, construit entre 1924-1925.

MAISON HOMESTEAD (1859-1860) Villa de Harrison Stephen. Emplacement actuel de l’édifice Place Ville-Marie sur le boul. René Lévesque (anciennement rue Dorchester).
Des mariages dans les familles des Squares Milers ont été élaborées dans leurs célébrations de la fin du XIXe siècle. Cette image montre un mariage entre deux familles de l’élite de Montréal qui a eu lieu à Shanklin, sur Île de Wight, en Angleterre, le 29 mai 1867. Voici Ada Maria Mills Redpath et John J. Redpath (visible à gauche et à droite de la mariée et le marié) qui célèbrent le mariage de sa sœur, Alice Stiles Mills, à son frère George Drummond Redpath.

Montréal 1869. Résidence de William Dow (1800-1868), (maitre-brasseur) rue Dorchester, depuis le square Beaver Hall Nord.
William Dow (1800-1868), maître brasseur d’origine écossaise, fondateur d’une importante brasserie montréalaise. Superbe maison de style néo-Renaissance.  Construction: 1860. Secteur du Golden Square Mile.  À l’époque, la rue Dorchester (boul.René Lévesque) n’était pas aussi large qu’on la connaît aujourd’hui. Devant cette magnifique demeure on retrouvait un petit square, le Beaver Hall Square, lui-même bordé d’habitations à logements attachés. Localisez ce site sur une carte de 1879.  En 1869 (photo) la maison W.Dow possédait encore sa tour octogonale adossée au bâtiment.  Cette maison a été vendue à une chaîne de restaurants « Chez mère Tucker ».  Lieu actuel: Place du Frère André. 

RÉFÉRENCES:

http://en.wikipedia.org/wiki/Golden_Square_Mile

http://biographi.ca/index-f.html?PHPSESSID=babj4l4lhg3dqnj4um8jde5b03

 

2 réflexions sur “LE GOLDEN SQUARE MILE (MILLE CARRÉ DORÉ) DE MONTRÉAL

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