LA PETITE HISTOIRE DU PALAIS BOURBON


Le palais Bourbon est le nom communément donné au bâtiment qui abrite l’Assemblée nationale française, situé sur le quai d’Orsay (l’hôtel du ministre des Affaires étrangères est mitoyen, mais les deux ensembles architecturaux ne communiquent pas), dans le 7ème arrondissement de Paris, dans l’enfilade du pont de la Concorde et de la place de la Concorde. Il est gardé par le 2ème régiment d’infanterie de la Garde Républicaine.

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HISTOIRE

Palais des ducs de Bourbonnais.

Aménagement d’une demeure princière.

Le cardinal Louis de Bourbon Vendôme (1493-1557) est nommé évêque de Tréguier vers 1537 et c’est peut-être à cette époque qu’il fit bâtir à Paris l’Hôtel dit « de Bourbon » où il devait mourir, auprès du Louvre…

Le palais Bourbon a été construit pour Louise Françoise de Bourbon, Mademoiselle de Nantes, fille légitimée de Louis XIV et de Madame de Montespan, qui avait épousé Louis III de Bourbon-Condé, duc de Bourbonnais et 6ème prince de Condé.

Louis XIV dit Louis le Grand ou le Roi Soleil (1638-1715) et sa maîtresse Mme de Montespan (1640-1707).

Françoise Athénaïs de Rochechouart de Mortemart, appelée Athénaïs ou encore « Mademoiselle de Tonnay-Charente », est née le 5 octobre 1640 au château de Lussac-les-Châteaux, et morte le 27 mai 1707 à Bourbon-l’Archambault. Lorsqu’elle se marie à Louis-Henri de Pardaillan de Gondrin en février 1663, elle devient marquise de Montespan, d’où son plus célèbre surnom de « Madame de Montespan » à la cour de Versailles où elle fut une favorite de Louis XIV.

Louise Françoise de Bourbon (1673-1743). Elle est le quatrième enfant, et la deuxième fille du roi Louis XIV et de sa maitresse en titre Françoise Athénais de Rochechouart de Mortemart, Madame de Montespan.  Sa marraine fut Louise de la Vallière , précédente maitresse du roi et rivale malheureuse de la Montespan.  Avant son mariage, Louise Françoise de Bourbon sera connue sous le nom de Mademoiselle de Nantes.

Louis III de Bourbon-Condé, duc de Bourbon, duc de Montmorency (1668-1689) puis duc d’Enghien (1689-1709), puis 6ème prince de Condé, comte de Sancerre (1709-1710), comte de Charolais (1709) et seigneur de Chantilly, est un Prince de sang français né à l’hôtel de Condé à Paris le 18 octobre 1668 et mort à Versailles le 4 mai 1710.

Louis III de Bourbon-Condé épousa le 24 mai 1685 Louise-Françoise de Bourbon dite Mademoiselle de Nantes, fille légitimée de Louis XIV et de Madame de Montespan. Il en eut :

  1. Marie-Anne-Gabrielle-Éléonore (1690-1760), abbesse de Saint-Antoine-des-Champs ;
  2. Louis-Henri (1692-1740), futur prince de Condé ;
  3. Louise-Élisabeth (1693-1775), qui épousa en 1713 Louis-Armand de Bourbon-Conti (1695-1727) ;
  4. Louise-Anne (1695-1758), dite Mlle de Sens ou Mlle de Charolais ;
  5. Marie-Anne (16 octobre 169711 août 1741), Mlle de Clermont ;
  6. Charles (1700-1760), comte de Charolais, pair de France ;
  7. Henriette-Louise (14 janvier 1703 19 septembre 1772), dite Mlle de Vermandois, abbesse de Beaumont-lès-Tours en novembre 1733 ;
  8. Élisabeth (1705-1765) dite Mlle de Gex ;
  9. Louis (1709-1771), comte de Clermont-en-Argonne.

Le Palais Bourbon et l’Hôtel de Lassay (résidence actuelle de président de l’Assemblée nationale), furent édifiés simultanément, de 1722 à 1728, sur des terrains acquis par la duchesse de Bourbon en 1720 et dont elle céda une partie à son amant, le marquis de Lassay. Quatre architectes se succédèrent : Giardini, Pierre Cailleteau dit Lassurance, tous deux prématurément décédés, puis Jean Aubert et Jacques V Gabriel qui termina les travaux en 1728. Le même parti architectural, dit « à l’italienne » caractérisait les deux bâtiments : construction de plain-pied entre cour et jardin. Le Palais achevé en 1728, qui rappelait par son style le Grand Trianon, fut considéré au XVIIIe siècle comme « le plus grand ornement de la ville après les maisons royales ».

Le Palais Bourbon peu après sa construction en 1722. A l’époque, le Pré-aux-Clercs, qui allait devenir le Faubourg Saint-Germain, est encore très peu urbanisé.

Après la mort de la duchesse, le Palais fut acquis par Louis XV qui le céda en 1764 au prince de Condé. Celui-ci confia à Le Carpentier puis à Bellisard de vastes travaux d’agrandissement : la cour d’honneur fut entourée de bâtiments prolongés à l’ouest jusqu’à l’Hôtel de Lassay qui avait été racheté en 1768 aux héritiers du marquis.

 Compigné – Le Palais Bourbon et l’hôtel de Lassay aux environs de 1780.  Tableau en relief sur étain.  © photo Irène Andréani.

Les Petits Appartements adossés aux remises et écuries furent construits en 1771 et 1772 pour Louise-Adélaïde, l’une des filles du prince de Condé. De ceux-ci, Mme d’Oberkirch, après la visite qu’elle fit en 1784, a écrit : « C’est un bijou, M. le Prince de Condé en a fait le plus joli colifichet du monde. » Le palais a alors la forme d’un vaste palais dans le style du Grand Trianon à Versailles et proche de l’hôtel de Lassay, construit simultanément et auquel il va bientôt être rattaché par une galerie.

Le palais demeura la propriété des princes de Condé, ducs de Bourbonnais jusqu’à la Révolution française. Sous la Restauration, le prince de Condé voulut récupérer son bien. Il reprit possession de l’Hôtel de Lassay, mais fut obligé de louer le Palais transformé en hémicycle à la Chambre des députés « par un bail de 3 ans ». L’État devint définitivement propriétaire du Palais Bourbon en 1827 et de l’Hôtel de Lassay en 1843.

Palais de la chambre basse.

Aménagement du siège de la chambre basse.

Confisqué en 1791, le palais « ci-devant Bourbon » est déclaré bien national. Il abrite en 1794 la future École polytechnique avant d’être affecté en 1795 au Conseil des Cinq-Cents. Le palais Bourbon sera dès lors affecté à la seconde chambre du parlement sous les différents régimes : Conseil des Cinq-Cents, Corps législatif, Chambre des députés, Assemblée nationale.

Un hémicycle est alors aménagé par les architectes Jacques-Pierre de Gisors et Étienne-Chérubin Leconte : de cette première salle des séances, il ne reste aujourd’hui que le « perchoir » et la « tribune ». En 1809, l’hôtel de Lassay et le palais sont reliés par une galerie en bois transformée en galerie des fêtes en 1848. À la Restauration, le palais ainsi que l’hôtel de Lassay sont officiellement restitués au prince de Condé, mais celui-ci est forcé de louer par un « bail de 3 ans » le palais à la Chambre des députés, avant que l’État n’en devienne définitivement propriétaire en 1827.

 L’émicycle de l’Assemblée Nationale.

C’est entre 1827 et 1832 que le palais prend, dans son organisation intérieure, sa physionomie actuelle sous la direction de l’architecte Jules de Joly. Ces travaux comprennent alors : l’édification d’un nouvel hémicycle (conservé jusqu’à nos jours quoique, ayant subi plusieurs modifications pour supporter les variations du nombre de députés au gré des différentes constitutions), l’avancement de la façade sud (côté cour) qui a permis de créer trois salons et l’édification, de la bibliothèque, accolée à l’aile est et décorée par le peintre Eugène Delacroix. Du bâtiment originel subsiste deux éléments seulement : le fauteuil du président de la chambre (dessiné par Jacques-Louis David pour le frère de l’empereur, Lucien Bonaparte) et le bas relief L’Histoire et la renommée, peinte par Daumas.

Le bâtiment n’a pas subi de modifications majeures depuis lors, seulement des rajouts :

  • redevenu une propriété de l’État en 1843, l’hôtel de Lassay est alors alloué au président de la chambre basse et relié au palais par une grande salle des fêtes ;
  • Au XXe siècle, les combles ont été aménagés pour gagner de nouveaux espaces de travail, tandis qu’une usine électrique, des parcs de stationnement souterrains et une régie audiovisuelle ont été installés ;
  • La mise en place d’une « cité Assemblée nationale » qui couvre aujourd’hui une surface au sol de 124 000 m2 pour près de 9 500 locaux, elle comprend, outre le palais Bourbon, trois immeubles réservés aux bureaux des députés et de leurs collaborateurs (l’immeuble Jacques Chaban-Delmas, bâtiment de 8 étages et 5 niveaux en sous-sol relié au palais par un passage souterrain et construit en 1974, au 101 rue de l’Université, un autre boulevard Saint-Germain, acquis en 1986, et un dernier, acheté en 2002, rue Aristide-Briand). Ces immeubles abritent les bureaux-chambres de la majeure partie des députés, une grande salle de conférence, des salles de réunions, un restaurant, etc.

L’hémicycle est surélevé, à l’inverse du palais : ainsi, pendant la crue de la Seine de 1910, la salle n’est pas inondée et les députés continuent à siéger.

Les Assemblées y ayant siégé.

Le palais Bourbon a accueilli, à partir de 1795, toutes les chambres basses des parlements français, à l’exception d’une courte période de 1871 à 1879 (période pendant laquelle elle siège à la salle de l’aile du Midi du château de Versailles, suite à l’insurrection de la Commune de Paris) puis après la fuite du gouvernement et du Parlement à Bordeaux puis à Vichy durant la Seconde Guerre mondiale en 1940 :

Endroits insolites

Une cellule, baptisée cellule de dégrisement, ou petit local existait au début du XXe siècle. Cette cellule était destinée aux députés, et était constituée de deux pièces, confortablement aménagées. Son dernier locataire fut le comte Armand Léon de Baudry d’Asson (1836-1915) (député royaliste de la Vendée de 1876 à 1914 sous la troisième république), en novembre 1880, qui y fut amené de force par une vingtaine de soldats, sur l’ordre du président de la Chambre des députés Léon Gambetta (de 1881 à 1882), après avoir traité le gouvernement Ferry de « gouvernement de voleurs ». Cette pièce n’existe plus aujourd’hui, transformée en deux bureaux affectés à deux députés.

Léon Armand Charles de Baudry d’Asson, marquis de Vendée (1836-1915).

Léon Gambetta (1838-1882) 36ème président du Conseil des ministres (1881-1882).

Une autre cellule a été découverte en mai 2010, fermée par des barreaux et une porte de bois, qui était emmuré depuis plusieurs années. Elle mesure 2 mètres sur 1,5 mètre, et comporte un banc en pierre (ci-dessous), et se trouve à proximité de l’hémicycle.

 

Évènements notables s’étant déroulés au Palais Bourbon.

Propagande allemande sur la façade du Palais Bourbon : « Deutschland siegt an allen Fronten » (« L’Allemagne vainc sur tous les fronts »), pendant l’occupation allemande de Paris lors de la Seconde Guerre mondiale.

  • 1940 : les troupes allemandes investissent le palais ;
  • 1947 : la garde républicaine intervient pour la seule fois de son histoire pour maintenir l’ordre, alors que le député PCF Raoul Calas lance un appel à l’insurrection ;
  • 23 mars 1999 : Michel Crépeau, député de Charente-Maritime, est victime d’un arrêt cardiaque en pleine séance parlementaire des questions au Gouvernement, peu après avoir posé une question à Dominique Strauss-Kahn qui était en train de lui répondre. Philippe Douste-Blazy, cardiologue de profession et présent en séance, le réanime. Il décèdera quelques jours plus tard à l’hôpital.

Au cinéma.

  • 2013 : Quai d’Orsay de Bertrand Tavernier avec Thierry Lhermitte.

RÉFÉRENCES :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Palais_Bourbon

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