LES COCOTTES OU DEMI-MONDAINES DE LA BELLE ÉPOQUE – 1ÈRE PARTIE


Anne-Marie Chassaigne (1869-1950) dite Liane de Pougy alias Princesse Ghika, célèbre demi-mondaine, vers 1891-1892.

DEMI-MONDAINE.

En France, au XIXème siècle, le mot demi-mondaine désignait les femmes entretenues par de riches Parisiens. Ce groupe social, jusque-là invisible, se manifesta bruyamment dans la presse, le théâtre et les réunions publiques à partir du Second Empire pour atteindre son apogée vers 1900 et disparaitre pendant la Première Guerre mondiale. Ces cocottes de basse ou haute condition sont appelées aussi « Grandes Horizontales ».

Histoire

« Ces messieurs étaient assez fortunés pour subvenir aux besoins d’une femme au foyer et d’une autre pour la galerie. En additionnant leur moitié avec une demie, ils réinventaient la bigamie. »

— « Langue sauce piquante », sur le blogue des correcteurs du Monde (consulté en 3 mai 2011).

Le mot de demi-mondaine est issu du Demi-Monde, une comédie qu’Alexandre Dumas fils publia en 1855.

Le demi-monde, jusque-là invisible, s’est bruyamment manifesté dans la presse, au théâtre et finalement dans toute la société parisienne à partir du Second Empire pour atteindre son apogée vers 1900 et disparaitre pendant la Première Guerre mondiale. C’est un monde nébuleux qui renvoie une image déformée du « grand monde ».

À première vue, le demi-monde est identique à son ainé, mais derrière les bonnes manières, la culture, l’apparente respectabilité et les titres de noblesse on découvre fêlures, dissonances, fausses positions, corruptions inavouables et fortunes scandaleuses.

Il est composé d’individus a l’existence équivoque, des hommes joueurs, « viveurs » (surnommés les Grecs) et surtout des femmes sans mari à la destinée souvent trouble, grandes dames déchues, petites bourgeoises, anciennes prostituées. Leurs origines se perdent dans la brume, les plus belles, les plus spirituelles ont souvent parcouru des mondes de noirceur et certaines en sont issues, ce sont les demi-mondaines.

« Le demi-monde ne représente pas comme on le croit […] la cohue des courtisanes, mais la classe des déclassées […] Il est séparé des honnêtes femmes par le scandale public, des courtisanes par l’argent » (Alexandre Dumas fils).

Les demi-mondaines sont des femmes entretenues par de riches hommes, souvent des Parisiens, qui sont assez fortunés pour subvenir aux besoins d’une femme au foyer et d’une demi-mondaine. Elles vivent dans des appartements meublés pour les plus modestes et dans des hôtels particuliers pour les plus influentes. Leur clientèle est composée de grands bourgeois, de riches industriels, de banquiers, de riches provinciaux, et même pour les plus en vogue d’aristocrates français ou étrangers.

Les demi-mondaines ont souvent plusieurs domestiques et mènent une vie oisive au milieu du luxe le plus ostentatoire. Elles passent énormément de temps à leur toilette et ne sortent que l’après-midi vers seize heures pour aller parader aux Bois, pour assister aux courses de chevaux, pour aller au théâtre, au restaurant ou chez leurs amies. Elles reçoivent aussi chez elles, c’est l’occasion de séduire de futurs clients, de faire l’étalage de ses richesses et pour les novices de se faire connaitre auprès du « Tout-Paris ». Les demi-mondaines ont un amant officiel et plusieurs amants secondaires, elles peuvent leur extorquer jusqu’à plusieurs centaines de milliers de francs par mois et elles dilapident des sommes incroyables en toilettes, parures, chevaux, voitures, etc.

Comme à Venise au XVIIIe siècle, la prostitution a pris une ampleur phénoménale. Mais ce ne sont pas les pensionnaires des maisons closes et les racoleuses de Notre-Dame-des-Lorettes qui symbolisent la ville, c’est un peuple de femmes nées avec Nana, les demi-mondaines, souvent comédiennes de second plan, déjà courtisanes, les femmes entretenues.

Le nom de certaines d’entre elles est encore connu, Blanche D’Antigny, Anna Deslions, l’Anglaise Emma Cruch, plus connue sous le nom de Cora Pearl, la Russe Mme de Païva ou encore l’exotique Jeanne Duval. Demi-mondaine parisienne d’origine anglaise, Cora Pearl, née en 1837, a écrit ses mémoires. Elle a été la maitresse du prince Napoléon, le célèbre Plonplon, cousin de l’empereur Napoléon III. Une autre demi-mondaine célèbre, Laure Hayman, était la descendante du peintre Francis Hayman, le maitre de Thomas Gainsborough. Elle compta parmi ses amants le duc d’Orléans, Charles de La Rochefoucauld duc d’Estrées, Louis Weil (grand-oncle maternel de Proust), le roi de Grèce, l’écrivain et académicien français Paul Bourget et Karageorgevitch, prétendant au trône de Serbie, qu’elle aima vraiment. Elle vivait des libéralités du financier Raphaël Bischoffsheim.. Elle était surnommée la « déniaiseuse des ducs ».

Le demi-monde et son peuple ont beaucoup inspiré les artistes, que ce soit des romanciers comme Zola, des poètes comme Baudelaire ou des peintres comme Millet. Odette de Crécy chez Proust est l’exemple d’une demi-mondaine qui va devenir une grande bourgeoise (Mme Swann), puis une femme du « monde » (Mme de Forcheville).

Demi-mondaines célèbres

Loge dans la Sofiensaal Josef Engelhart, 1903.

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ÉMILIE ANDRÉ dite ÉMILLIENNE D’ALENÇON (1869-1946) était une danseuse de cabaret et grande courtisane française. 

Surnommée l’une des Trois Grâces de la Belle Époque, avec Liane de Pougy et Caroline Otéro, elle est lancée dans le demi-monde, en 1885, par Charles Desteuque (1851-1897), dit « l’intrépide vide-bouteilles » chroniqueur du Gil Blas. Elle fait ses débuts comme danseuse au Cirque d’été en 1889, avant de jouer au Casino de Paris, aux Menus-Plaisirs, aux Folies Bergère, à la Scala, aux Variétés.

Hommage à Charles Desteuque (1851-1897) dit l’intrépide vide-bouteilles.

Le duc Jacques Marie Géraud de Crussol dit Jacques d’Uzès (1864-1893).

Entre 1889 et 1892, la jeune femme devient une célébrité grâce à sa liaison avec le jeune duc Jacques d’Uzès (Jacques Marie Géraud de Crussol (1864-1893)  qui veille à son instruction dans le vain espoir de l’épouser, envoyé au Congo par sa famille qui s’oppose fermement à cette mésalliance, le jeune duc meurt en 1893.

Léopold II de Belgique (1835-1909). Edward VII du Royaume-Uni (1841-1910). Guillaume II d’Allemagne (1859-1941).

Émilienne d’Alençon consolide sa renommée de grande cocotte en séduisant le roi des Belges Léopold II, le prince de Galles et futur roi Édouard VII, et le Kaiser Guillaume II, et en rivalisant avec la Belle Otéro, Cléo de Mérode (1875-1966) et Liane de Pougy. Avec Liane, Émilienne noue une liaison amoureuse que le Gil Blas relate de manière fort caricaturale : il annonce le mariage des deux cocottes et l’arrivée imminente d’un enfant.

Louise Weber (La Goulue en 1890) et Renée Vivien (Pauline Mary Tarn) (1877-1909).

Elle épouse avant 1895, le jockey Percy Woodland (1882-1958). On lui prête une liaison avec La Goulue (Louise Weber 1866-1929), en 1889 et la poétesse Renée Vivien (Pauline Mary Tarn) (1877-1909), vers 1908. Le guide Paris-Parisien la décrit en 1899 comme une « notoriété de la vie parisienne » et une « jolie demi-mondaine ».

M. Percy Woodland (1882-1958). Ils se sont mariés en 1895.

Ses biens, parmi lesquels une importante collection de veilleuses en porcelaine et son précieux mobilier décoré de plaques de porcelaine, furent vendus à l’Hôtel Drouot en 1931. Elle mourut à Nice et fut inhumée à Paris, au cimetière des Batignolles. Ses chapeaux furent les premiers de Coco Chanel, qu’elle contribua à lancer. Elle figure d’ailleurs dans le film Coco avant Chanel, où elle est interprétée par Emmanuelle Devos.

Audrey Tautou (Coco Chanel) et Emmanuelle Devos (Émillienne d’Alençon).

 

RÉFÉRENCES :

http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89milienne_d%27Alen%C3%A7on

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LUCIE ÉMILIE DELABIGNE dite  »VALTESSE » DE LA BIGNE (1848-1910).

Fille d’une lingère normande qui exerçait le métier de la galanterie, elle se prostitua très jeune. Jacques Offenbach repère Valtesse alors qu’elle incarne un petit rôle aux Bouffes-Parisiens et lui propose de jouer dans ses pièces. Elle débute sur scène en jouant le rôle d’Hébé dans Orphée aux Enfers. Un critique la juge alors « aussi rousse et timide qu’une vierge du Titien ».

Jacques Jacob Offenbach (1819-1880) découvreur et amant de Valtesse de la Bigne.

Maîtresse du compositeur, elle accède grâce à lui aux restaurants à la mode. Elle se rend, comme Zola, Flaubert et Maupassant, chez Bignon (l’ancien Café de Foy) ou au Café Tortoni. Mais le siège de Paris, durant la guerre franco-prussienne de 1870-1871, affame les Parisiens, on y mange des rats, ce qui n’étouffe en rien les aspirations de Valtesse. Connu dans le Tout-Paris pour son humour cinglant, le journaliste, chroniqueur et écrivain Aurélien Scholl écrit :

«  Pendant le siège de Paris, toutes les femmes ont mangé du chien. On pensait que cette nourriture leur inculquerait des principes de fidélité. Pas du tout ! elles ont exigé des colliers ! »

À la fin de la guerre, Valtesse ne tarde pas à se lancer dans la courtisanerie de haut vol. Elle quitte Offenbach et jette son dévolu sur le prince Lubomirski, obtient qu’il l’installe dans un appartement rue Saint-Georges, le ruine, le quitte, et enchaîne les amants riches qu’elle plume les uns après les autres, comme le Charles Guillaume Frédéric Boson de Talleyrand-Périgord, prince de Sagan (1832-1910) qui se ruine à son tour en finançant le magnifique hôtel particulier construit par Jules Février de 1873 à 1876 au 98, boulevard Malesherbes, à l’angle de la rue de la Terrasse (hôtel détruit et remplacé par un immeuble en 1904).

Charles Guillaume Frédéric Boson de Talleyrand-Périgord prince de Sagan (1832-1910).

  • no 98 (angle de la rue de la Terrasse) : Emplacement où s’élevait le magnifique hôtel particulier construit en 1876 par l’architecte Jules Février pour la courtisane Valtesse de La Bigne.  Cet hôtel servit de modèle à Émile Zola pour celui de Nana. L’hôtel a été détruit. 98 boulevard Malesherbes ou se trouvait l’hôtel de Lucie Émilie Delabigne, dite Valtesse de la Bigne, demi-mondaine. Zola s’inspire de son hôtel dans Nana, le transplantant à l’angle de l’avenue de Villiers et de la rue Cardinet. 

En 1876, Valtesse publie chez Dentu, son roman autobiographique, Isola signé « Ego » par fidélité à sa devise.

Biographie de Valtesse, l’auteure n’est pas parente avec elle.

Sur la demande de Léon Hennique, elle consent à montrer son hôtel particulier à Émile Zola. La chambre de Valtesse, et en particulier son lit, l’inspire pour décrire la chambre de Nana :

« Un lit comme s’il n’en existait pas, un trône, un autel où Paris viendrait admirer sa nudité souveraine […]. Au chevet, une bande d’amours parmi les fleurs se pencherait avec des rires, guettant les voluptés dans l’ombre des rideaux. »

À la lecture de Nana, Valtesse est indignée de trouver une telle description de son décor : « quelques traces de bêtise tendre et de splendeur criarde. » Quant au personnage de Nana, elle qui a cru servir d’inspiratrice à l’écrivain, lui ouvrant jusqu’à son hôtel particulier , elle le qualifie ainsi : « Nana est une vulgaire catin, sotte, grossière ! »

Émile Antoine Charles Édouard Zola (1840-1902) qui a écrit le roman Nana.

Nana 1954

Mini-série de 1981.

Zola a cependant plus de chance qu’Alexandre Dumas fils. Alors que celui-ci demande à Valtesse à entrer dans sa chambre, froidement, elle répond :

« Cher Maître, ce n’est pas dans vos moyens ! »

Henri Gervex la prend pour modèle pour l’épouse dans son tableau Le Mariage civil, qui décore la salle des mariages de la mairie du 19ème arrondissement de Paris. Elle aurait également inspiré l’héroïne du roman d’Hugues Rebell, La Nichina. Elle fut aussi le personnage d’Altesse du roman Idylle saphique de son amie Liane de Pougy.

Valtesse fut l’amie, et parfois davantage, d’Édouard Manet, Henri Gervex, Édouard Detaille, Gustave courbet, Eugène Boudin, Alphonse de Neuville, ce qui lui valut le surnom de « l’Union des Peintres ».

Elle amassa une vaste collection d’art dont une bonne partie fut vendue aux enchères à l’Hôtel Drouot du 2 au 7 juin 1902. Elle ne légua au musée des arts décoratifs de Paris que son remarquable lit de parade en bronze créé en 1877 par Édouard Lièvre et toujours visible au musée depuis 1911.

Le lit de Valtesse de la Bigne.

RÉFÉRENCES :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Valtesse_de_La_Bigne

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Virginia Élisabetta Luisa Carlotta Antonietta Térésa Maria Oldoïni, Contesse de Castiglione (1837-1899). Elle était une célèbre espionne, aristocrate piémontaise, maîtresse de Napoléon III, mais aussi une figure des premières heures de la photographie. On utilise parfois pour la qualifier l’expression « la plus belle femme de son siècle ».

Né Virginie Élisabeth Louise Charlotte Antoinette Marie Thérèse Oldoini) le 22 mars 1837 à Florence, Toscane du Marquis Filippo Oldoini et de la Marquise Isabella Lamporecchi, membres de la petite noblesse toscane, elle était souvent connue par son surnom de « Nicchia ». Elle a épousé Francesco Verasis Asinari, 6ème comte de Castiglione (1826-1867), à l’âge de 17. Il était de douze ans son aîné. Ils eurent un fils, Giorgio Vérasis (1855-1879) pour lequel elle montrait très peu d’affection, était confié aux domestiques.  Il épousa Amalia Asinary.

Francesco Verasis Asinari, 6ème comte de Castiglione (1826-1867).  Mariée en 1853, 9ème Comte de Costigliole d’Asti et Castiglione Tinella dont :

  • H Giorgio Verasis Asinari , Comte de Costigliole d’Asti et Castiglione Tinella (1855-1879). Il épousa en 1878 Amalia Asinary San Marzano.

Virginie et Giorgio en 1867, peu de temps après la mort du comte. Dans l’avenir, la relation entre eux ne sera pas aussi proche que dans l’enfance de Giorgio.

Son cousin, Camillo, comte de Cavour (1810-1861), était un ministre de Victor Emmanuel II, roi de Sardaigne (qui comprenait le Piémont et la Savoie). Lorsque le comte et la comtesse se sont rendus à Paris en 1855, la comtesse était sous les ordres de son cousin pour plaider la cause de l’unité italienne avec Napoléon III de France. Elle a atteint la notoriété en devenant la maîtresse de Napoléon III, un scandale qui a conduit son mari à demander une séparation conjugale. Au cours de sa relation avec l’empereur des Français en 1856 et 1857, elle est entrée dans le cercle social de la royauté européenne. Elle a rencontré Augusta de Saxe-Weimar, Otto von Bismarck et Adolphe Thiers,  entre autres.

Camill0 Benso, comte de Cavour (1810-1861) son cousin.

Victor Emmanuel II de Savoie (1820-1878).

Charles Louis Napoléon Bonaparte dit Napoléon III (1808-1873). 

Arthur Hugenschmidt (1862-1929), chirurgien-dentiste, qui d’après la rumeur serait le fils de Virginia Oldoini, comtesse de Castiglione (1837-1899), maîtresse de Napoléon III en 1856-1857.  Déclaré à l’État civil comme le fils de Christophe Hugenschmidt (1826-1893), employé de la maison de l’empereur et d’Élisabeth Hauger (1825-1915), Arthur Christophe Hugenschmidt serait, selon une rumeur rapportée notamment par Jean-Baptiste Duroselle, l’enfant de l’empereur des Français Napoléon III et de la comtesse de Castiglione, dont la liaison n’est cependant attestée que pour les années 1856 et 1857, ce qui amène Alain Decaux à exclure cette filiation.

La comtesse était connu pour sa beauté et ses entrées flamboyants en robe élaborée à la cour impériale. Une de ses tenues les plus infâme était un costume de « reine des coeurs ». George Frédéric Watts a peint son portrait en 1857. Elle a été décrite comme ayant de longs cheveux blonds ondulés, la peau pâle, un visage ovale délicat, et des yeux qui changeaient constamment de couleur du vert à un bleu-violet extraordinaire.

Unification italienne

La comtesse est retourné en Italie en 1857, lorsque sa liaison avec Napoléon III était terminée. Quatre ans plus tard, le royaume de l’Italie a été proclamée, en théorie, en partie en raison de l’influence que la comtesse avait exercée sur Napoléon III. Cette même année, elle revient en France et se installe à Passy.

En 1871, juste après la défaite de la France dans la guerre-franco-prussienne, elle a été appelée à une réunion secrète avec Otto von Bismarck pour lui expliquer comment l’occupation allemande de Paris pourrait être fatal à ses intérêts. Elle peut avoir été convaincante parce que Paris a été épargnée occupation prussienne.

En 1856, elle a commencé à siéger pour Mayer et Pierson, les photographes favorisées par la cour impériale. Au cours des quatre prochaines décennies, elle a dirigé Pierre-Louis Pierson pour l’aider à créer 700 photos différentes dans laquelle elle recréée les moments de signature de sa vie pour la caméra. Elle a passé une grande partie de sa fortune personnelle et est même allé dans la dette pour exécuter ce projet. La plupart des photographies représentent la comtesse dans ses tenues théâtrales, comme la robe de Reine de Cœur. Un certain nombre de photographies la dépeignent dans des poses risquées pour les ERA, notamment, les images qui exposent ses jambes et ses pieds nus. Sur ces photos, sa tête est rognée.

Photos avec son fils.

Robert de Montesquiou, poète symboliste, dandy, et avide collectionneur d’art, a été fasciné par la comtesse de Castiglione. Il a passé treize ans à écrire une biographie, La Divine Comtesse, qui est apparu en 1913. Après sa mort, il a récolté 433 de ses photographies, tous entrés dans la collection du Metropolitan Museum of Art. 

Des années plus tard.

Virginia a passé ses années de déclin dans un appartement de la Place Vendôme, où les pièces étaient décorées de voiles noir, les stores gardés fermés et les miroirs bannis, apparemment pour qu’elle n’ait pas à affronter son âge avancé et la perte de sa beauté. Elle ne sortait de l’appartement que la nuit. Dans les années 1890, elle a commencé une nouvelle et brève collaboration avec Pierson, ses photographies ultérieures montrent clairement sa perte de tout jugement critique possible, en raison de son instabilité mentale croissante. Elle souhaitait mettre en place une exposition de ses photographies à l’Exposition Universelle (1900), bien que ce n’est pas arrivé. Le 28 novembre 1899, elle est morte à soixante-deux ans, et a été enterré au cimetière du Père Lachaise à Paris.

Elle mourut à Paris, rue Cambon, le 28 novembre 1899. Ses dernières volontés ne furent pas respectées, notamment celle d’être enterrée avec la robe de chambre qu’elle portait lors des visites de l’Empereur Napoléon III. Sa tombe, longtemps à l’abandon, a été restaurée grâce au prix Grinzane Cavour (Turin) et une plaque fut déposée le 28 novembre 1999.

La Castiglione.

Surnommée « La Divine », la comtesse de Castiglione était connue pour être la plus belle femme de son siècle. Cette beauté mystérieuse résida 15 ans à l’entresol du 26 place Vendôme, partageant avec Frédéric Boucheron l’hôtel particulier de Nocé ; elle affectionnait particulièrement ses créations et devint vite une fidèle ambassadrice de la Maison.

Gagnant tous les cœurs, notamment celui de Napoléon III, elle fut couverte de bijoux par ceux qui s’éprirent follement d’elle. Afin que sa beauté irréelle ne soit pas altérée par la lumière du soleil, la Castiglione ne sortait que la nuit, parée de ses bijoux qui resplendissaient sous les lueurs de la place Vendôme. On raconte qu’à son retour, une fois seule, elle s’abandonnait à la contemplation de ses joyaux, à jamais émerveillée par l’éclat magique des pierres les plus étincelantes.

La comtesse de Castiglione, L’excentrique maîtresse de Napoléon III habitait un entresol de la place Vendôme où la maison Boucheron s’est installée en 1892. Vincent Meylan exhume son cas parmi les 150 ans d’archives du joaillier dans un beau livre. Archives secrètes Boucheron, de Vincent Meylan (Éd. Télémaque, 416 pages, 26,50 euros).

Puis ce fut le tour de Virginie Oldoïni, aka la comtesse de Castiglione de croiser le chemin du bijoutier. Alors que Frédéric Boucheron se sépare de ses bureaux du Palais Royal car trop éloignés du centre de la capitale, il rejoint le temple de la frivolité actuelle : la Place Vendôme. Mais tout ne fut pas rose à son arrivée, puisque la « femme la plus belle de son siècle » était l’occupante de son entresol, une reclue endeuillée qui vivait l’enfermement de ses belles années trop vite devenues traces du passé. Les pas de La Castiglione résonnaient dans cet appartement feutré, noir du sol au plafond, à l’entrée dissimulée au 26 bis. La comtesse ne sortait que le soir venu, et parcourait inlassablement le même chemin qui retraçait son histoire, sa beauté et sa gloire. Celle qui attisait les convoitises des hommes bien nés et les foudres de leurs épouses jalouses déclara ainsi : « je les égale par ma naissance, je les surpasse par ma beauté, je les juge par mon esprit« .

Vous comprendrez aisément qu’avec le temps la comtesse préféra se reclure dans son donjon plutôt que d’affronter les affres des critiques de feu ses rivales. Sa présence inquiétante finit par faire fuir certains et surtout certaines clientes de Boucheron qui dû lui sommer de quitter les lieux … Son esprit rode toujours au 26 de la place Vendôme, son portrait orne encore la bibliothèque de la maison, on nous a même confié que son fantôme erre toujours dans l’entresol …

Héritage

Gabriele d’Annunzio écrit une appréciation de la comtesse qui est apparu comme une préface à l’œuvre de Montesquiou. Il a également été publié sur son propre nom en 1973.

La vie de la comtesse a été représenté dans un film italien de 1942 La comtesse de Castiglione et un de 1953 un film italien-français La Contessa di Castiglione qui mettait en vedette Yvonne De Carlo.

La Contessa di Castiglione avec Francesca Dellara (La Castigione) et Jeanne Moreau 2006.

La comtesse a été peint par l’artiste Jacques-Émile Blanche (1861-1942) après sa mort.

Peint par Gordigiani (1862).

RÉFÉRENCES :

http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Castiglione

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Stéphane Mallarmé poète français avec qui Méry Laurent était en couple, photographié par Paul Nadar le 25 février 1896.

Méry Laurent ou Anne Rose Suzanne Louviot (1849-1900).  Elle était une demi-mondaine, muse de plusieurs artistes parisiens. Elle tient salon, et y accueille Stéphane Mallarmé, Émile Zola, Marcel Proust ou encore Henri Gervex, James Whistler ou Édouard Manet.

Anne Rose Suzanne Louviot naît en 1849 à Nancy, elle est la fille d’une blanchisseuse et d’un père inconnu. Elle arrive à Paris à l’âge de 16 ans et commence alors une brève carrière d’actrice1. Elle est comédienne légère aux Variétés et au Châtelet.  Elle est l’amie d’Édouard Manet le peintre, et l’amour de Stéphane Mallarmé.

Son salon

Le salon que tient Méry Laurent est un lieu d’échanges qui favorise les démarches créatrices de ceux qui le fréquentent : on y rencontre des peintres, tels qu’Édouard Manet ou Henri Gervex, des poètes et des écrivains comme Mallarmé, Coppée, Huysmans, Proust ou Zola (qui s’inspire d’elle pour Nana), des sculpteurs, des artistes lyriques et des musiciens, tels qu’Hortense Schneider ou Reynaldo Hahn. Celui-ci sera d’ailleurs son exécuteur testamentaire.

Peint par Manet.

RÉFÉRENCES :

http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9ry_Laurent

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Athalie Manvoy (1842-1887) était une artiste dramatique française et demi-mondaine fastueuse, très populaire sous le Second Empire.

Née en 1842, elle fut l’élève d’Augustine Brohan et débuta au théâtre du Vaudeville en 1861 dans Un Mariage de Paris d’Edmond About. Elle retint l’attention de Théophile Gauthier qui écrivit « Mademoiselle Manvoy qui est une débutante fort jolie et très intelligente, est une bonne acquisition pour le Vaudeville ». Son professeur ajoutant : « elle ira loin, si elle veut ».

Elle tint le rôle de Madame du Barry au théâtre de la Porte Saint-Martin dans La Reine Cotillon d’Anicet Bourgeois et Paul Féval et joua des pièces de Victorien Sardou, et Eugène Labiche notamment. En 1869, elle reprenait le rôle de Sarah Bernhardt dans Madame la Marquise. Pensionnaire du théâtre de l’Ambigu jusqu’en 1875, elle partit jouer au théâtre impérial Michel à Saint-Pétersbourg (Russie).

Classée parmi les demi-mondaines les plus en vue au même titre que Cora Pearl ou Sarah Bernhardt, elle fréquenta la crème du Cercle de la rue royale et du Jockey Club où se croisaient des admirateurs empressés dont le comte Anatole Nikolaïevitch Demidoff prince de San Donato (1813-1870), Charles Haas ou Antoine-Léon-Philibert-Auguste, comte de Gramont, duc de Lesparre ( 1820-1877).

Le comte Anatole Nikolaïevitch Demidoff, prince de San Donato (1813-1870). Charles Haas (1833-1902). Antoine-Léon-Philibert-Auguste, comte de Gramont, duc de Lesparre ( 1820-1877).

À la fin de sa vie, moins en vue, elle s’occupa d’œuvres de charité (orphelinat des Beaux-Arts).

Les presses parisienne et anglo-saxonne firent largement écho de son décès survenu en octobre 1887 alors qu’elle n’avait que 45 ans, mais ne lui reconnaissaient pas un talent extraordinaire, notant cependant sa beauté devenue proverbiale.

RÉFÉRENCES :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Athalie_Manvoy

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Agustina Otéro Iglesias Carasson, alias Caroline Otéro, dite La Belle Otéro, née à Ponte Valga en Galice (Espagne) (1868-1965), était une chanteuse et danseuse de cabaret et grande courtisane de la Belle Époque.

Sa mère, Carmen Otéro Iglesias, se retrouve célibataire et avec de nombreux enfants ; Agustina se rend compte que sa mère se prostitue pour pouvoir subvenir aux besoins de la famille. Agustina Otero est, selon ses biographes, violée à onze ans sur la route par un cordonnier qui lui avait donné des chaussures. Dès lors, elle voue une haine envers la gent masculine, comme elle le raconte dans ses Mémoires.

Elle est chassée de la maison familiale par sa mère alors qu’elle n’a encore que douze ans. Elle débute dans les cabarets de Barcelone, puis se rend à Paris où elle se produit au Grand Véfour et au Cirque d’été.  Un avortement forcé la rend stérile alors qu’elle est prostituée de force par son mari.

En 1890, elle fait une tournée triomphale aux États-Unis. Revenue à Paris en 1892 et désormais lancée, elle se fait une spécialité des rôles de belle étrangère aux Folies Bergères et au théâtre des Mathurins.   Elle porte des tenues de scènes somptueuses, où des joyaux authentiques mettent en valeur ses seins, dont la renommée est telle que l’on murmure que les coupoles de l’Hôtel Carlton à Cannes auraient été inspirées de leur moulage. Elle fait plusieurs tournées en Europe, en Amérique et en Russie.

 Aux Folies Bergère en 1894.

En août 1898, Otéro devient « la première star de l’histoire du cinéma » lorsque l’opérateur Félix Mesguich filme un numéro de danse au moyen d’un cinématographe Lumière à Saint-Pétersbourg. La projection qui a lieu le lendemain au music-hall Aquarium suscite des réactions si violentes que Mesguich est expulsé de Russie.

Elle devient l’amie de Colette, et l’une des courtisanes les plus en vue de la Belle Époque, avec la Carmencita, Espagnole comme elle, Liane de Pougy, Cléo de Mérode et Émilienne d’Alençon.  Elle entretient avec Liane de Pougy une rivalité tapageuse : « On se rappelle l’idée qu’elle eut, écrit André de Fouquières, pour éclipser une rivale, d’apparaître un soir au théâtre dans un boléro constellé de diamants. Mais la femme qu’elle jalousait était Liane de Pougy. Avertie de l’exhibition qui se préparait, elle arriva, les bras, le cou, les épaules et les mains absolument nus. Quand elle fut dans sa loge, qui faisait face à celle de Caroline Otéro, on put voir qu’elle était suivie de sa femme de chambre portant tous ses bijoux. »

Elle séduit des rois, Édouard VII du Royaume-Uni, Léopold II de Belgique, des aristocrates russes et britanniques, le duc de Westminster, le grand-duc Nicolas de Russie, des financiers, des écrivains tels que Gabriele D’Annunzio prince de Montenevoso et des ministres tel qu’Aristide Briand, qui reste longtemps son amant et le seul homme auquel elle s’est attachée. Elle fait tourner bien des têtes et serait à l’origine de plusieurs duels et de six suicides, d’où son surnom de la « sirène des suicides ».

Edward VII du Royaume-Uni (1841-1910), Léopold II de Belgique (1835-1909), Hugh Richard Arthur Grosvenor 2ème duc de Westminster (1879-1953), le grand-duc Nicolas Nikolaïevitch de Russie (1856-1929), Gabriele D’Annunzio prince de Montenevoso (1863-1938), Aristide Briand (1862-1932).

Pendant la Première Guerre mondiale, elle se produit pour soutenir le moral des soldats français. En 1915, encore belle et au sommet de sa gloire, cependant consciente aussi que sa silhouette est moins fine et que son nouveau répertoire au théâtre, pièces plus classiques, ne servira plus autant son image, elle prend sa retraite et s’installe à Nice. Elle y achète une maison, « Villa Caroline », de quinze millions de dollars, mais terminera dans un petit hôtel près de la gare où elle a du mal à payer sa logeuse, sa fortune de 25 millions de dollars, engloutie entre autres dans les casinos. Apprenant ses difficultés financières, le directeur du casino de Monte-Carlo (Société des bains de mer de Monaco) décide par la suite de payer son loyer et de lui verser une pension jusqu’à sa mort. Cette rente, modeste, lui permettait quand même d’acheter ses repas chez le traiteur voisin, et de les réchauffer sur un réchaud dans sa chambre. Volontiers mégalomane, elle refusa un autographe à un voisin, sous prétexte que « ça valait des millions »(sic). Le Canard Enchainé relate, vers 1960, qu’elle fit verbaliser deux jeunes baigneuses pour être sorties de la plage en maillot de bain. Elle se suicide au gaz à l’âge de 96 ans, oubliée et pauvre dans un studio de Nice (Meublé Novelty).

Caroline Otéro a fait l’objet du film La Belle Otéro, réalisé par Richard Pottier en 1954.

MARIA FELX DANS LA BELLE OTÉRO

 Carte postale à l’effigie de La Belle Otéro.

Résidences

  • À Paris, elle résida à l’angle de l’avenue Pierre-1er-de-Serbie et de la rue Georges-Bizet (16ème arrondissement), puis dans un hôtel particulier au 27 rue Fortuny (17ème arrondissement).  Complètement décalé, un peu insolite, cet hôtel particulier en mosaïque turquoise et rouge a abrité la « Belle Otéro ». Six duels auraient été provoqués à cause de cette grande courtisane des années 1900, et on a donc surnommé cet hôtel, l’hôtel de la sirène des suicidés ».  La Belle Otéro s’est elle même suicidée au gaz, à l’âge de 96 ans, seule et ruinée.

  • De 1903 à 1911, elle eut une maison à Andrésy (Yvelines) au 70 Grande rue (actuellement rue du Général Leclerc).
  • Après 1945, elle habita à Nice, 26 rue d’Angleterre, dans un hôtel meublé, où elle reçut Félix Bonafé qui rapporte leur entrevue.

Bibliographie

OPÉRETTE LA BELLE OTÉRO

RÉFÉRENCES :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Caroline_Otero

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Esther Pauline Blanche Thérèse Lachmann marquise de Païva dite La Païva (1819-1884) Mme Villoing, Mme la Marquise de Païva, Comtesse Henckel von Donnersmarck . C’était une célèbre salonnière, « courtisane », demi-mondaine et grande amateure de diamants du XIXe siècle.

Elle naît en 1819, de parents juifs polonais, à Moscou (à l’époque, la majeure partie de la Pologne fait partie de l’Empire russe). Quand elle a seize ans, son père, petit marchand drapier, et sa mère Anna-Maria, accordent sa main à François Hyacinthe Antoine Villoing (1810-1849) le 11 août 1836 à Moscou, un tailleur.

Elle lui donne un fils Antoine Villoing (1837-1862), et très vite vers 1838 s’ennuyant au logis, elle disparaît subrepticement et fuit la vie casanière et modeste à laquelle elle semblait promise à Moscou, pour suivre un bel inconnu, du moins, de ses parents, dans un long périple jusqu’à Paris, où elle change son prénom en Thérèse et rencontre le riche pianiste Heinrich Henri Herz (1803-1888), qui lui fait connaître les artistes de son temps : Franz Liszt, Richard Wagner et des écrivains tels que Théophile Gauthier, Émile de Girardin.

De cet amour naît une petite fille Henriette Herz (1847-1859) qui est aussitôt confiée aux parents de Hertz.

Son deuxième mari Heinrich Henri Herz (1803-1888). Pianiste et compositeur français.

Elle s’affirme comme une des femmes parmi les plus élégantes, les plus en vue de Paris. Après quelques années et des revers de fortune, le couple se sépare. Elle quitte Paris pour Londres et rencontre Lord Frédérick Arthur Stanley, 1er baron Stanley de Preston, 16ème comte de Derby, 6ène Gouverneur Général de Canada de 1888 à 1893) au Covent Garden, qui la comble de présents.

Lord Frédérick Arthur Stanley, 1er baron Stanley de Preston, 16ème comte de Derby et 6ème Gouverneur Général du Canada de 1888 à 1893.  C’est à lui que l’on doit la Coupe Stanley dans la ligue nationale de hockey.

D’autres lords succèdent à Stanley et à la fin de 1848 elle regagne Paris et épouse un noble portugais, Albino Francisco Araujo, marquis de Paiva (1824-1872) le 5 juin 1851 son troisième mari, dont elle portera le nom, « qui sonne bien », mais elle divorce moins d’un an après leur mariage.

Son troisième mari Albino Francisco, marquis de Paiva Araujo (1824-1872). Il se suicida en 1873 quand elle fit annuler leur mariage. 

Le marquis de Païva revient des Amériques après la guerre de 1870, mais vieilli et ruiné, il se suicide.

Son quatrième mari Guido Georg Friedrich Erdmann Adalbert Heinrich Henckel von Donnersmarck (1830-1916). 1ère photo en 1871 quand il épousa la Païva.  Dans les années 1860, Henckel von Donnersmarck vit à Paris avec une célèbre courtisane Thérèse Lachmann, marquise de Païva pour laquelle il acquiert en 1857 le domaine de Pontchartrain, et bâtit le célèbre hôtel de l’avenue des Champs-Élysées, avant de l’épouser en 1871. Il est mort à 86 ans.

Sa première femme était Pauline Thérèse Lachmann (1819 -1884), une courtisane mieux connu comme La Païva . Ils se marient à Paris le 28 octobre 1871. Outre le château de Pontchartrain, Henckel lui donna les célèbres diamants jaunes Donnersmarck – une forme de poire et pesant 82,4 carats (16,48 g), les autres carats en forme de coussin et 102,5 (20,50 g). Horace de Viel-Castel a écrit qu’elle portait régulièrement la valeur des diamants, perles et autres pierres précieuses de quelque deux millions de francs.

Il a été largement admis, mais jamais prouvé que La Païva et son mari ont été invités à quitter la France en 1877 sur des soupçons d’espionnage. En tout cas, Henckel amené sa femme à vivre dans son château de Neudeck en Haute-Silésie. Il avait un second domaine à Hochdorf dans la Basse-Silésie

Veuve à nouveau, elle épouse le 28 octobre 1871 son amant, le comte Guido Henckel von Donnersmarck (1830-1916), richissime Silésien, cousin de Bismarck, bientôt gouverneur de la Lorraine annexée, qui lui offre un hôtel 28, place Saint-Georges, (construit par l’architecte Édouard Renaud (1808-1886)), où elle s’installe de 1851 à 1852 (ci-dessous).

La Païva est très précieuse au comte Guido Henckel von Donnersmarck de par sa connaissance des milieux fortunés parisiens, ce qui facilite le calcul et la négociation d’une indemnité de guerre de six milliards de francs4 consécutive à la défaite de 1870.

Guido Henckel von Donnersmarck lui fait construire ensuite à grand renfort d’argent (dix millions or), par l’architecte Pierre Manguin, l’hôtel de la Païva de style Renaissance au 25, Avenue des Champs-Élysées, qui abrite aujourd’hui le Travellers Club depuis 1903, avec son grand escalier d’onyx jaune et sa salle de bains de style mauresque et ses sculptures, peintures, ses plafonds de Paul Baudry.

Je vous emmène à présent dans les étages et pour ce faire, il nous faut passer par le chef-d’œuvre de la demeure : un escalier taillé dans l’onyx, matériau semi-précieux, extrait d’une carrière spécialement exploitée à cet effet en Algérie. Cet escalier a bien sûr été créé dans une intention purement ostentatoire afin de dire le niveau de fortune auquel la Païva était parvenue. Il fera dire à Emile Augier : « Ainsi que la vertu, le vice a ses degrés » (variation d’un vers célèbre de Racine dans Phèdre.) Il est éclairé par des torchères en bronze ciselé.

A mi-parcours se trouve un superbe relief de marbre blanc représentant Amphitrite, œuvre de Léon Cugnot.

À l’étage, nous pouvons voir que la forme courbe de l’escalier est reprise au sol grâce à la polychromie du marbre.

En levant les yeux vers la coupole vous pouvez admirer des femmes représentant Rome, Venise, Naples et Florence, créations de Pierre Bisset ainsi qu’une inscription en latin : « Une cohorte d’amis frappent à la porte. Une maison célèbre. Les portes se referment. Seuls, ceux qui sont invités sont venus. Peu y rentreront. »

Dans les niches, trois statues de marbre blanc représentant Virgile (Ernest Barrias), Dante (Jean-Paul Aubé) et Pétrarque (Léon Cugnot), illustration des goûts clinquants de la maîtresse de maison et de ses prétentions culturelles.

À droite du palier du premier étage, la bibliothèque du comte fermée à la visite.

Juste en face se trouve la salle de bain. Malheureusement j’ai très peu de photos de cette pièce qui était encombrée par les costumes du film. Aussi, je vous encourage à chercher quelques photos sur internet car elle vaut vraiment le coup d’œil.

Typique du Second Empire, la décoration orientale mauresque était très à la mode : moucharabieh au plafond, miroirs à facettes, faïences d’Iznik et encore de l’onyx. Le sol est en onyx ainsi que le lavabo disposé au-dessus de la cheminée afin d’y faire chauffer l’eau et la console placé sous la fenêtre qui aurait servi de table de massage à la marquise.

Depuis son rachat par le Traveller’s Club, cette pièce sert de salon / salle à manger privé. Aussi la baignoire est recouverte d’une banquette avec des chaises. Difficile donc de voir correctement ce petit bijou.

Celle-ci a été réalisée dans un seul bloc d’onyx. L’intérieur est recouvert de bronze argenté et surplombé par trois robinets dont on dit qu’ils étaient incrustés de turquoises. Mais à quoi donc servaient ces trois robinets ? On suppose que l’un était pour l’eau chaude, l’autre pour l’eau froide et du troisième coulait… le champagne ! On touche là les légendes et les on-dit de la vie des courtisanes du XIXe siècle. Le champagne n’étant guère conseillé pour la peau, on a également parlé de lait d’ânesse. En réalité, il semble que la marquise ait été friande d’infusions, il aurait donc plutôt servi pour des extraits de tilleul ou autres plantes. Au final, ce troisième robinet a surtout fait couler l’encre.

Commandé à la maison Christofle en 1882 par un nawab indien, aujourd’hui disparu.  Il a fallu 290 kg d’argent pour le réaliser, et comme vous le voyez aux quatre coins se trouvent quatre femmes avec des éventails, mais ce sont des automates !!!! qui agitaient les éventails pour  » refroidir  » les nuits indiennes.

Déjà en 1857 il lui avait offert le château de Pontchartrain où elle allait en villégiature et y reçoit des personnalités politiques comme Gambetta.

Elle était également la maîtresse du duc de Gramont.

Antoine X Alfred Agénor de Gramont duc de Guiche, 10ème duc de Gramont, prince de Bidache, duc de Guiche (1819-1880).

Fuite en Allemagne

En 1877, soupçonnée d’espionnage, elle doit quitter la France et se retire en Silésie au château de Neudeck (aujourd’hui Swierklaniec) où elle décède le 21 janvier 1884, âgée de soixante-cinq ans.

Château de Neudeck en hiver vers 1900.

Bijoux

 

  • Le premier est un diamant coussin de 102, 54 carats, le second en forme de poire, d’un poids de 82,48 carats.

Dans le sillon de Boucheron nous ne pouvons ignorer le parcours d’Esther Pauline Lachman plus connue sous le nom de « La Païva » (du nom du marquis portugais qu’elle s’était achetée en 1851) qui au delà de son amour inconditionnel des pierres courait depuis longtemps derrière le regard que les hommes eurent posé sur elle à la belle époque. Grâce à cette soif intarissable « La Païva » a su faire naître chez Frédéric Boucheron un sens artistique qu’il ne cessa de développer pour contenter sa plus exceptionnelle collectionneuse.  Elle a fait copier pour elle, à l’occasion de l’Exposition Universelle de 1848, une collerette ornée de 407 diamants (200 carats).

Citations à son propos

  • Son hôtel était surnommé qui paye y va (Païva).
  • Sur l’hôtel, Alexandre Dumas fils aurait dit : « C’est presque fini, il manque le trottoir ».
  • De même, les Frères Goncourt, ont indiqué que c’était « le Louvre du cul ».

Bibliographie

RÉFÉRENCES :

http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Pa%C3%AFva

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Emma Élizabeth Crouch alias Cora Pearl (1835-1886). Célèbre demi-mondaine, elle a séduit la plus haute aristocratie au cours de la période du Second Empire, notamment le prince Napoléon et le duc de Morny.

La date et lieu de naissance d’Emma Crouch sont contestés, son état civil donne pour date de naissance le 23 février 1842, à Plymouth, bien qu’il soit plus probable qu’elle soit née à Londres en 1835, et que sa famille se soit déplacée à Plymouth vers 1837. Son père est le violoncelliste Frédérick Nicholls Crouch (1808 – 1896) et sa mère Lydia Pearson, professeur de chant. Frédérick Crouch abandonne sa famille en 1847, très certainement pour fuir ses créanciers, et part à New York pour exercer sa profession de musicien. Lydia Pearson décide d’envoyer Emma dans une école religieuse en France.

Son père le violoncelliste Frédérick Nicholls Crouch (1808-1896).

Elle est placée dans un pensionnat à Boulogne-sur-Mer pendant deux ans puis dans une autre institution à Calais où elle reste sept ans. Par la suite, Emma séjourne deux ans chez sa grand-mère à Jersey, qui la place chez un modiste réputé à Londres. Dans cette maison, elle fait la connaissance du baron Oelsen et vit un an avec lui, avant de devenir la maitresse d’un propriétaire de cabaret londonien, Robert Bignell, de dix ans son aîné. En mars 1858, Robert Bignell emmène Emma à Paris et lui fait connaître les hauts lieux touristiques. Après un séjour d’un mois, Robert veut rentrer en Angleterre, mais Emma décide de rester en France car elle a bien d’autres projets.

La courtisane.

Histoire de la suite Cora Pearl à l’hôtel Grosvenor à Londres.

Emma choisit de devenir une femme galante. Elle aime les plaisirs charnels mais c’est avant tout, comme la plupart des demi-mondaines, le meilleur moyen de s’enrichir rapidement. Elle devient une femme entretenue au service d’un proxénète du nom de Roubise, qui lui procure de nombreuses relations. Elle prend l’habitude de tenir un registre de ses clients avec leurs noms, des détails intimes de leur vie privée et même des commentaires parfois assez crus sur leurs performances. Six ans après, Roubise meurt et Emma se retrouve libre. Elle s’installe au no 61 rue de Ponthieu dans un appartement qu’elle partage avec une amie, Mlle Carole Hassé.

61, rue de Ponthieu (8ème arrondissement), Paris.

Emma Crouch prend alors le pseudonyme de Cora Pearl. Elle rencontre par la suite Victor Masséna, duc de Rivoli et prince d’Essling (1836-1910). Celui-ci lui présente au cours d’une soirée à l’Opéra, le prince Achille Murat (1847-1895). Cora entretient une relation avec les deux hommes jusqu’en 1865, lorsque le prince doit partir pour l’Afrique sur l’ordre de l’empereur, pour rejoindre son nouveau régiment. Cora qui se lasse du duc, poursuit néanmoins leur relation. Elle fait la connaissance du duc Charles de Morny (1811-1865), le demi-frère de Napoléon III, en décembre 1864. Elle devient sa maîtresse, mais aussi son amie ainsi que celle de son épouse, la princesse Sophie (1838-1896). Grâce aux générosités de Charles de Morny, Cora est la locataire à la fin de l’année 1864, du château de Beauséjour à Olivet, dans le Loiret, dont elle sera la propriétaire de 1875 à 1885. Elle organise dans son nouveau domaine des fêtes somptueuses et dépense des sommes astronomiques dans les travaux. Pour la décoration, le visiteur ne manque pas d’admirer les marbres, le cuivre et l’or à profusion. Elle fait même installer une vaste baignoire en bronze, gravée de son monogramme : trois C entrelacés.

1ère photo : Victorin Masséna dit Victor, duc de Rivoli et prince d’Essling (1836-1910). 2ème photos : Le prince Achille Charles Louis Napoléon Murat (1847-1895).

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Le prince Achille Murat et Cora Pearl en 1865.

Charles Auguste Louis Joseph Demorny, dit comte de Morny, devenu duc de Morny, (1811 – 1865).  Fils naturel de la reine de Hollande Hortense de Beauharnais et du comte de Flahaut, il est le petit-fils naturel de Talleyrand et le demi-frère de Napoléon III. Sa femme la princesse Sophie Troubetzkoi (1838-1896).

Château de Beauséjour. Aujourd’hui limité à l’est par le parc de Lorette, au sud par la route, au nord par le Loiret, et clos de murs à l’ouest, le château de Beauséjour est le type même du domaine marqué au sceau du Second Empire.  Il poussa la couleur locale jusqu’à appartenir de 1875 à 1885 à une demi-mondaine, Emma Crouch, qui, suivant les modes de l’époque y compris l’anglomanie, s’était affublée d’un nom anglais : Cora Pearl.  C’est au début de XXème siècle qu’il fut doté d’un étage supplémentaire qui en a modifié l’aspect.

Les extravagances de Cora ne se comptent plus. Elle prend par exemple un bain de champagne ou elle fait teindre son caniche en bleu pour qu’il soit assorti à sa robe. Elle introduit également la mode du maquillage. Cora Pearl est surnommée « la grande horizontale », ou « le plat du jour ». Elle fréquente les restaurants à la mode dont le Café Anglais qui offre à sa clientèle des cabinets particuliers. La renommée de Cora est telle que le tout Paris raconte : « à une occasion, elle s’était fait servir elle-même, étendue nue sur un immense plat d’argent, dans le célèbre cabinet numéro seize, dit le Grand Seize, au Café Anglais. Elle y aurait également dévoilé ses seins, lors d’un dîner entre femmes, ce qui laisse entendre qu’elle aimait à se mettre en avant pour le plaisir, et non pas nécessairement pour appâter le client » .

L’apogée

Dix jours après la disparition de Charles, Duc de Morny (1811-1865), le 10 mars 1865, Cora est abordée par le duc Emmanuel-Jean-Ludovic de Gramont-Caderousse (1835-1865) avec qui elle a une relation purement « professionnelle », jusqu’au 25 septembre 1865, date de son décès à Paris. Cette même année 1865, Cora rencontre le prince Napoléon, cousin de l’empereur. Il sera plusieurs années durant, l’amant de Cora Pearl. Le prince en tant que bienfaiteur et protecteur, n’hésite pas à lui offrir deux splendides hôtels particuliers, l’un au no 101 rue de Chaillot (16ème arrondissement) et l’autre, rue des Bassins (voie disparue de nos jours).

Emmanuel-Jean-Ludovic de Gramont (1835-1865) 9ème et dernier duc de Caderousse-Vachères.

Napoléon Joseph Charles Paul Bonaparte ou Napoléon-Jérôme Bonaparte ou prince Jérôme Napoléon (Plon-Plon) (1822- 1891) était une personnalité politique et militaire du Second Empire, cousin germain de l’empereur Napoléon III.

Rue de Chaillot, 16ème arrondissement, Paris.

Les années 1865 à 1870 consacrent la période faste et l’apogée de Cora Pearl. Sa fortune s’accroit considérablement et comme la plupart des demi-mondaines, elle dilapide des sommes folles. Au cours de cette période, elle achète plus de soixante chevaux et dépense même pour l’un d’entre eux la somme de 90 000 francs. Elle justifie son appât du gain uniquement pour assurer le même train de vie imposé par la fréquentation des hommes les plus riches et les plus influents de l’Empire. La réussite des puissants, se voyait dans la magnificence de leurs maîtresses. Cora Pearl se produit au théâtre dans une production de 1867 d’Orphée aux Enfers de Jacques Offenbach. Elle a hérité d’assez de talent musical pour interpréter le rôle de Cupidon et apparait sur scène seulement vêtue de ses diamants. Chaque soir, un diamant tombe et roule, jamais elle ne le ramasse : c’est le pourboire des machinistes. Elle plaisait à l’empereur et on l’avait vue à ses côtés au bois, dans sa calèche.

Le déclin

La Guerre franco-allemande éclate le 19 juillet 1870. Cora Pearl est présente au moment du siège de Paris. Elle transforme son hôtel rue de Chaillot en hôpital et s’improvise infirmière. L’effondrement de l’Empire amorce le déclin de Cora Pearl. Elle finit par quitter Paris et rentre finalement en Angleterre. Elle revient en France, au moment de la Commune en 1871. Cora Pearl est dans une situation précaire. Le reste de sa fortune a financé les travaux de son hôtel particulier en hôpital et elle se retrouve sans protecteur depuis son retour à Paris.

L’affaire Duval

Extrait de la fiche de police d’Emma Crouch dite Cora Pearl, au mois de septembre 1865.  La photographie est d’Eugène Disdéri. Archives du musée de la Préfecture de police de Paris.

Cora Pearl rencontre en 1872, Alexandre Duval, riche propriétaire. Son père, Louis Duval, avait fait fortune en ouvrant à Paris, les Bouillons Duval, une chaîne de restaurants à bon marché. À la mort de son père en 1870, Alexandre Duval est à la tête de douze restaurants dans la capitale. Âgé de vingt-cinq ans, alors que Cora a environ trente-sept ans, Alexandre devient son amant. En plus de son héritage familial, Alexandre Duval possède une fortune personnelle. Cora Pearl n’a pas mis longtemps à ruiner le jeune restaurateur. Il paye l’entretien de son hôtel rue de Chaillot et d’une maison de campagne à Maisons-Laffitte.  Alexandre lui offre également des cadeaux : voitures, attelages et même un livre composé de cent billets de 1 000 francs reliés. Il contracte des dettes exorbitantes pour sa promise. Inexorablement, les finances viennent à manquer et la famille d’Alexandre décide de lui couper les vivres. Cette nouvelle situation n’arrange pas les affaires de Cora qui, sans le moindre remords, met un terme à cette liaison et refuse de revoir Alexandre. Désespéré, Alexandre réussit à forcer la porte de Cora le 19 décembre 1872, malgré l’opposition des domestiques. Armé d’un révolver, il se dirige vers la chambre de Cora et suppose qu’elle se trouve avec un autre homme. Alexandre tire une première fois dans cette direction et ne blesse personne. Face à son échec, il retourne alors l’arme contre lui et se tire une balle dans le côté, devant sa maîtresse. La tentative de suicide échoue, la blessure n’est pas mortelle. Cette histoire inspire Émile Zola pour le suicide de Georges Hugon dans son roman, Nana.

Les conséquences de ce fait divers tragique ne se sont pas fait attendre. Les autorités ordonnent l’expulsion du territoire de Cora Pearl. Deux jours après le drame, elle reçoit la visite d’un commissaire de police qui lui intime l’ordre de quitter la France sans délai. Cora loge d’abord chez une amie à Monté-Carlo, puis part pour Nice et enfin, Milan. Son expatriation est de courte durée mais sa réputation ne se remet pas de cette frasque trop publique. Ses meubles et effets mobiliers de son hôtel rue de Chaillot sont saisis à la demande de ses créanciers. Cora Pearl porte plainte et reprend possession de ses biens dès 1873. Elle vend néanmoins sa propriété de Maisons-Laffitte et le dernier visiteur n’est autre que le prince Napoléon, qui passe la nuit avec Cora Pearl.

Les dernières années

Cora Pearl réussit à revenir à Paris, après son exil forcé et reprend les activités de ses débuts, la prostitution. Elle ne retrouvera jamais plus sa position dans la haute société et son existence de luxe. Cora met en vente à Drouot toute son argenterie en 1877, afin de s’acquitter de ses dettes. Elle se sépare également de son château de Beauséjour en 1885, déjà fortement hypothéqué.

8, rue de Bassano, 16ème arrondissement Paris.

Peu de temps après la publication de ses mémoires, Cora Pearl devient gravement malade d’un cancer à l’estomac. Elle meurt oubliée, au premier étage de son domicile parisien au no 8 rue de Bassano dans le 16ème arrondissement, le 8 juillet 1886. Cora Pearl est inhumée dans une concession temporaire de cinq ans au cimetière des Batignolles. Trois mois plus tard, le reste de ses biens, lingerie, draps de lit, son unique collier de perles, son portrait à cheval peint par Lansac, une cravache, une tenue d’amazone, sa bibliothèque de quatre-vingts livres et plusieurs perruques blondes, sont mis aux enchères.

« Je n’ai jamais trompé personne, car je n’ai jamais été à personne. Mon indépendance fut toute ma fortune : je n’ai pas connu d’autre bonheur. »

— Cora Pearl, citation extraite de ses Mémoires, 1886.

Œuvre

  • Cora Pearl, Mémoires de Cora Pearl, Paris, Éditions Jules Lévy,‎ 1886, 360 p. (notice BnF no FRBNF31071297)

 Bibliographie

  • Alexandre Loeber, « Lourdeurs et misères des courtisanes », Le Nouvel Observateur,‎ 23 février 2013
  • Gabrielle Houbre, Collectif écrivains, universitaires et Bruno Fuligni (dir.) (préf. Michel Gaudin, préfet de police), Dans les secrets de la police. Quatre siècles d’histoire de crimes et de faits divers : dans les archives de la préfecture de police, Paris, Éditions L’Iconoclaste, coll. « Mémoires »,‎ 18 octobre 2012 (1re éd. 16 octobre 2008), 32 cm × 26 cm, 336 p. (ISBN 978-2-91336-650-3), « Courtisanes sous surveillance », p. 74 à 81.
  • Gabrielle Houbre, Le Livre des courtisanes : Archives secrètes de la police des mœurs, Paris, Éditions Tallandier, coll. « Archives contemporaines »,‎ 7 décembre 2006, 637 p. (ISBN 978-2-84734-344-1)
  • Virginia Rounding (trad. Béatrice Dunner), Les Grandes Horizontales : Vies et Légendes de quatre courtisanes du XIXe siècle, Paris, Éditions du Rocher, coll. « Anatolia »,‎ 15 septembre 2005, 374 p. (ISBN 978-2-26805-520-6)
  • Michel Cabaud (préf. Sébastien Loste), Paris et les parisiens sous le Second Empire, Paris, Éditions Belfond,‎ octobre 1982, 322 p. (ISBN 978-2-71441-523-3), p. 177

RÉFÉRENCES :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Cora_Pearl

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Anne-Marie Chassaigne, dite Liane de Pougy, épouse d’Henri Pourpe puis, par son second mariage, princesse Ghika, était une danseuse et courtisane de la Belle Époque, (1869 – 1950).

Fille de l’officier Pierre (Blaize-Eugène) Chassaigne et de Marie Aimée (Gabrielle) Lopez, fille d’Antoine Lopez et d’Olympe de Montessuy de Villejuste, Marie Anne Olympe Chassaigne reçoit l’éducation d’une jeune fille de son milieu au couvent de Sainte-Anne-D’Auray dans le Morbihan. Elle est mariée le 15 juillet 1886, à Lorient, à un officier, l’enseigne de vaisseau Joseph-Armand-Henri Pourpe, né le 8 février 1862 à Marseille. Le 17 mai 1887, à Lorient, elle donne le jour à un fils prénommé Marc-Marie-Edmond-Armand, connu sous le nom de Marc Pourpe. Devenu l’un des premiers pilotes d’avion, il mourra prématurément au champ d’honneur le 2 décembre 1914.

Son fils Marc-Marie-Edmond-Armand dit Marc Poupe (1887 – 1914). Soldat de 2ème classe Marc Pourpe dans son uniforme des troupes d’aviation.  Il est alors pilote de l’escadrille MS 23 durant la Guerre mondiale de 1914-1918.  Brevet de pilote civil n° 560 du 28 juillet 1911 – Brevet de pilote militaire n° 432 du 24 avril 1914 – Pilote de l’escadrille MS 23 du XXX au 2 décembre 1914 – Tué dans un accident aérien avec le Lt Vauglin à Villers-Bretonneux (80), le 2 décembre 1914.

Mais pendant cette période, elle trompe son mari. Mis au courant de son infortune, son mari tire sur elle avec son pistolet et la blesse à la fesse. Elle s’enfuit, s’installe à Paris et demande le divorce en profitant des nouvelles lois, au scandale de sa famille. Elle a 19 ans.

La bohème

 Henri Meilhac (1830-1897) lança Anne-Marie aux Folies.

 Liane de Pougy aux Folies Bergères.

Elle rencontre Henri Meilhac (1830-1897), auteur dramatique à succès septuagénaire mais amateur de jolies femmes, qui succombe à son charme et la lance dans le monde du théâtre en la faisant engager aux Folies Bergère. Anne-Marie prend des leçons de danse sous la direction de Mariquita. Sous le pseudonyme de Liane de Pougy, elle commence alors une carrière de danseuse de cabaret, ce qui revient à se lancer dans la courtisanerie. Elle se lie d’amitié avec Sarah Bernhardt qui lui donne quelques cours d’art dramatique et lui fait comprendre qu’elle n’a aucun talent dans ce domaine. Elle révélera plus tard un certain don pour l’écriture. Ouvertement bisexuelle, elle a des amants des deux sexes qui la couvrent de bijoux et lui offrent des équipages et le luxueux « nécessaire » à la vie d’une courtisane d’alors. Sa rivalité avec la Belle Otéro contribue à la célébrité de l’une comme de l’autre. Le guide Paris-Parisien la considère bientôt comme une « notoriété de la vie parisienne ». L’édition de 1896 la décrit comme une « demi-mondaine connue pour ses beaux bijoux » : celle de 1899, comme une « demi-mondaine connue pour ses ventes, son suicide, ses essais littéraires et dramatiques ».

L’amour

 Nathalie Clifford Barney (1876-1972), l’amour infidèle.

La même année, Liane, qui, à 30 ans, a tous les hommes à ses pieds, et qui entretient déjà de torrides liaisons avec Valtesse de la Bigne ou bien Émilienne d’Alençon, rencontre l’amour de sa vie, la romancière d’origine américaine Natalie Clifford Barney (1876-1972). Celle-ci se présente chez Liane déguisée en page florentin et Liane, touchée par tant de fraîcheur et de spontanéité, se prend d’une réelle affection pour la jeune femme. Leur liaison qui ne dure qu’une année défraie la chronique, mais Natalie est rapidement infidèle et vit une liaison avec la poétesse Renée Vivien. Liane raconte cette expérience dans un livre intitulé Idylle saphique (1901). Présenté comme un roman, le livre à la réputation sulfureuse est un grand succès de librairie.

Le mariage

Le prince Georges (Gheorghe) Ghika (1884-1945) son deuxième mari. Il fut déshérité à cause de cela. Ils n’eurent pas d’enfant.

En 1910, alors au sommet de sa carrière, Liane de Pougy, quadragénaire, rencontre le prince Georges Ghika (1884-1945), d’origine roumaine, de quinze ans son cadet, très noble mais fort désargenté, qui l’épouse le 8 juin 1910, à l’église Saint-Philippe-du Roule. Le prince qui est moins riche que son épouse, demande la séparation des biens. Le lendemain, le mariage fait la une du New York Times. Le mariage est parfaitement heureux durant seize ans, jusqu’à ce que Georges quitte Liane pour une femme plus jeune. Pour se consoler, la princesse prend plusieurs amantes. Le prince finit par lui revenir, mais leur relation devient difficile et chaotique.

La foi

 
Soeur Anne-Marie-Madeleine de la Pénitence.

En 1928, la princesse Ghika se lie d’amitié avec la mère supérieure de l’asile Sainte-Agnès à Saint-Martin-le-Vinoux, près de Grenoble. Elle récupère auprès de ses amis parisiens des fonds pour l’entretien des pensionnaires de cet institut auquel elle demeure très attachée par la suite et exprime le désir d’y être inhumée. Après la mort du prince, le 19 avril 1945 à Lausanne, la princesse septuagénaire entre comme novice dans le Tiers-Ordre de Saint-Dominique. Elle devint sœur séculière Anne-Marie-Madeleine de la Pénitence : le 14 août 1943, l’ancienne étoile des Folies-Bergère, la scandaleuse, prononce ses vœux au monastère d’Estavayer-le-Lac. Elle est tertiaire dominicaine, donc religieuse non cloîtrée. Elle retourne plus tard à Lausanne.

Elle meurt le 26 septembre 1950 à l’hôtel Carlton à Lausanne, et elle est enterrée dans l’enclos des sœurs de l’asile Sainte-Agnès à Saint-Martin-le-Vinoux (Isère).

« Elle est morte à quatre-vingt-deux ans, gardant sur son visage et dans son regard admirable les signes encore visibles de sa beauté passée. Elle avait souhaité mourir un soir de Noël ; la divine Providence a exaucé ce vœu. Elle avait désiré que nul ne suivît le cercueil de celle qui n’entendait plus être que Anne-Marie-Madeleine de la Pénitence. Cette dépouille terrestre tant vantée, tant aimée, s’en alla solitaire. Liane de Pougy était bien morte. »

Résidences

  • Hôtel particulier, 15 rue de la Néva (8ème arrondissement) Paris.

  • Le Clos Marie à Roscoff, résidence de vacances acquise en 1903 et revendue en 1926, où elle reçoit ses amis comme Max Jacob ou Reynaldo Hahn.  Cette demeure Roscovite situé rue Jeanne d’Arc fut la résidence de vacances de 1903 à 1926 de la courtisane Liane de Pougy (1869-1950), épouse du Prince Roumain Georges Ghika. Elle l’appela « Le clos-Marie », nom qu’elle garde encore de nos jours.

  • Hôtel Carlton, à Lausanne, Suisse
  • Villa Prima-Vérina à Cannes dans le quartier de La Bocca.

Œuvres

  • L’Insaisissable, roman, dédié à Jean Lorrain, qui fut son ami proche
  • La Mauvaise part, roman, Paris: Librairie Nilsson – Per Lamm, successeur, 1898
  • Myrrhille, Paris: Librairie Nilsson – Per Lamm, successeur, 1898
  • Idylle saphique, Paris, 1901 (rééd. Paris, Éditions des Femmes, 1987). Le personnage d’Altesse est inspiré de son amie Valtesse de La Bigne.
  • Les Sensations de Mlle de La Bringue : roman à clef. – Paris : A. Michel, [1904]
  • Mes Cahiers Bleus, Paris, Plon, 1977

Bibliographie

  • Natalie Clifford Barney, Souvenirs indiscrets, Paris, Flammarion, 1992

RÉFÉRENCES :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Liane_de_Pougy

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Gabrielle Charlotte Réju dite Réjane (1856-1920). Elle est une des comédiennes françaises les plus populaires du début du XXème siècle, aux côtés de Sarah Bernhardt.

Fille d’un contrôleur, ancien comédien et directeur de troupe, et d’une caissière du  théâtre de l’Ambigu, elle devient à quinze ans l’élève de Regnier au Conservatoire. Après un second prix de comédie en 1874, elle débute dans des pièces à succès comme Un père prodigue (1880). Influencée par le Théâtre-Libre, elle se tourne ensuite vers le naturalisme et crée Germinie Lacerteux des frères Goncourt (1888), La Parisienne d’Henry Becque (1893). Elle crée aussi en France le rôle principal d’Une maison de poupée d’Henrik Ibsen (1894). Mais c’est le rôle-titre de Madame Sans-Gêne de Victorien Sardou, créée au théâtre du Vaudeville en 1893, qui lui apporte véritablement la célébrité.

Enceinte de son amant, le comédien et directeur de l’Odéon Paul Porel avec lequel elle entretient une liaison depuis plusieurs années (c’est pour elle que Porel accepte de créer Germinie Lacerteux), elle l’épouse en 1893 et lui donne un fils, Jacques, puis une fille, Germaine. Ils s’installent 25, avenie Franklin-Roosevelt (alors « avenue d’Antin »), dans le 8ème arrondissement.

Paul Désire Parfouru dit Porel était un comédien, metteur en scène et directeur de théâtre français, (1843-1917). Il était marié à la comédienne Réjane (1856-1920). Paul Porel et son fils.

1895, sa tournée en Amérique dans le rôle de Madame Sans-Gêne décuple sa notoriété et New York lui fait un triomphe. Le guide Paris-Parisien la considère en 1899 comme une « notoriété de la vie parisienne », « la plus parisienne des comédiennes ».

Elle divorce de Porel en 1905 puis rachète l’année suivante le Nouveau-Théâtre de Lugné-Poe, rue Blanche (9ème), qu’elle rebaptise théâtre Réjane après de grands travaux. Elle y donne entre autres la première française de L’Oiseau bleu de Maurice Maeterlinck en 1911 et reprend avec le même succès Madame Sans-Gêne. Elle cède la salle en 1918 au producteur Léon Volterra qui lui donne son nom actuel : le théâtre de Paris.

Le mondain Gabriel-Louis Pringué l’évoque ainsi : « Je déjeunais de temps à autre chez Mme Louis Stern avec Mme Réjane  qui arrivait rue du Faubourg-Saint-Honoré dans un équipage particulier : une voiture affectant la forme d’un cab anglais, mais à quatre roues, traînée par des mules harnachées de grelots et de pompons, cadeau du roi d’Espagne, Alphonse XIII, qui admirait la conversation de la célèbre artiste (qui) avait un esprit de vif argent, sa conversation se montrait un perpétuel feu d’artifice. ».

Malade, elle fit un bref retour sur scène dans La Vierge folle d’Henri Bataille avant de mourir d’une crise cardiaque le 14 juin 1920. Elle repose au cimetière de Passy aux côtés de son ex-mari et de plusieurs de ses descendants et co-latéraux, dont François Périer, mari de sa petite-fille Jacqueline Porel de 1941 à 1947.

Elle habitait à Asnières-sur-Seine au 24, villa Davoust, une « folie » démolie en 1992 malgré l’avis défavorable de l’architecte des Bâtiments de France. À sa place s’élève aujourd’hui l’école maternelle et élémentaire Réjane.

Albert Besnard a réalisé d’elle un portrait en pied.

Marcel Proust

Marcel Proust vit Réjane sur scène pour la première fois le soir de la première de Germinie Lacerteux. Réjane disputait alors à Sarah Bernhardt le titre de plus grande actrice de la Belle Époque. Ces deux grandes comédiennes servirent de modèle au personnage de la Berma auquel rêve le Narrateur de À la recherche du temps perdu. Jacques Porel, fils de Réjane, et Marcel Proust devinrent bons amis après la Grande Guerre. Réjane invita Proust à occuper un appartement dans sa maison. Le jour où Proust y emménagea, il reçut les premières épreuves du Côté de Guermantes et ajouta certains traits de la personnalité de Réjane au personnage fictif de la Berma.

Une dynastie d’artistes

Madame Réjane par Giovanni Boldini (v. 1885).

Réjane et Paul Porel sont les parents de la comédienne Germaine Porel (1886 – ?), mariée en 1916 au chirurgien orthopédique américain Philip Duncan Wilson (1886-1969) (1 fille et deux fils), et de l’écrivain Jacques Porel (1893-1982), qui épousa en première noce le 11 mars 1918, Anne-Marie Duval (1890-1935) dont une fille Jacqueline Renée PARFOURU (POREL) et en deuxième noces la comédienne Jany Holt (Ekaterina Rouxandra Vladesco-Olt), (1909-2005).

Réjane et sa fille Germaine Porel (1886 – ?).

Philip Duncan Wilson (1886-1969) mari de Germaine Porel (1886 – ?) infirmière dans la Croix-Rouge, se sont mariés le 6  juillet 1916. M. et Mme Wilson ont finalement élevé trois enfants: Paul Wilson, Philip D. Wilson, Jr. et Marianne Wilson Finkel.

Jacques Porel (1893-1982).

Jacques Porel (Parfouru) (1893-1982) est le père, avec sa première épouse Anne-Marie Duval Foulc (1890-1935), de la comédienne Jacqueline Porel (Jacqueline-Renée Parfourou-Porel (1918-2012) qui a eu, elle-même, quatre enfants :

Jacqueline Porel (Jacqueline-Renée Parfourou-Porel) (1918-2012).

Jean-Marie Périer (1940 – ?) et son père Henri Salvador (1917-2008).

  • 1- le photographe Jean-Marie Périer (Jean-Marie Pillu) (né en 1940), avec le chanteur Henri Salvador (1917-2008)

Anne-Marie Périer (1945 – ?) ancienne rédactrice en chef de Elle et son mari Michel Sardou (1947 – ?). François Périer (François Pillu) (1919-2002).

  • 2- le cinéaste Jean-Pierre Périer-Pillu (1943-1966) et 3- la journaliste Anne-Marie Périer (Anne-Marie Périer-Sardou) femme du chanteur Michel Sardou, avec le comédien François Périer (1919-2002)  Anne-Marie Périer épouse Michel Sardou le 11 octobre 1999 à la mairie de Neuilly-sur-Seine devant les témoins Eddy Mitchell et Johnny Hallyday. Ils sont mariés par Nicolas Sarkozy, alors maire de la ville à l’époque.

Marc Porel (Marc Michel Marrier de Lagatinerie-Porel : 1949-1983) et sa deuxième femme Barbara Magnolfi (1955). Gérard Landry (Landry Fernand Charles Marrier) (1912-1999) baron de Lagatinerie.

  • 4- le comédien Marc Porel (Marc Marrier de Lagatinerie) (1949-1983), avec le comédien Gérard Landry (Landry Fernant Charles Marrier) (1912-1999) baron de Lagatinerie.

Marc Porel, épousa en première noce l’actrice et modèle française Bénédicte Lacoste, et eut une fille la comédienne Bérengère de Lagatinerie (1968-1991), et en deuxième noces l’actrice italienne Barbara Magnolfi (née en 1955), et eut Camille de Lagatinerie sa deuxième fille.

Bénédicte Lacoste sa première femme.

Théâtre

Bibliographie

  • Le Théâtre n°36, juin 1900 – numéro spécial consacrée à Réjane.
  • Jacques Porel, Fils de Réjane, Plon, Paris, 1954.

RÉFÉRENCES :

http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9jane

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Cinéma

• La Courtisane (Dangerous Beauty), un film de Marshall Herskovitz de 1998.

• La Demi-mondaine amoureuse un film de Didier Dessapt de 2003 (avec Vincent Lindon et Mathilde Seigner).

Autres

Demi-mondaine est également un groupe de rock français des années 2000.

Bibliographie

• Alexandre Dumas fils, Le Demi-Monde.
La Dame aux camélias.


• Émile Zola, Nana


• Honoré de Balzac, Les Illusions perdues.


• Colette, Gigi

• Roy Lewis, M. Gladstone et la demi-mondaine.
• Guy de Maupassant, Bel-Ami.
• Paul-Jean Toulet, Mon Amie Nane.
• Joanna Richardson, Le Demi-Monde au XIXème siècle, 1968, éditions Stock (ASIN B0014PZAJG)

RÉFÉRENCES :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Demi-mondaine

 

 

 

 

 

 

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