LES COCOTTES OU DEMI-MONDAINES DE LA BELLE ÉPOQUE OU AVANT – 2ÈME PARTIE


Les cocottes sont en France sous le Second Empire, des prostituées de luxe connues pour ruiner leurs riches amants en dépenses excessives (fêtes, bijoux, maisons, etc.). Par extension, le terme est employé aux époques suivantes, notamment la Belle Époque, au cours desquelles la cocotte tient sa place entre la courtisane et la prostituée.

La demi-mondaine désignait à l’origine les femmes du monde tombées dans la prostitution puis a fini par désigner également les cocottes de basse ou haute condition, appelées aussi « Grandes Horizontales ».

Histoire

Plusieurs hôtels particuliers de Paris ont été construits pour des cocottes, comme celui de la Païva sur les Champs-Élysées. Le terme de demi-mondaine est également employé à cette époque ; ainsi peut-on citer Cora Pearl (1835-1886) avec le Prince Napoléon ou Laure Hayman (1851-1932) avec Karageorgévitch ou Paul Bourget.

Nana, d’Émile Zola, décrit la vie et le destin tragique d’une de ces cocottes, qui rend fous d’amour et mène à la ruine les hommes puissants qu’elle rencontre. Pour certaines femmes du peuple, devenir une cocotte était aussi un moyen d’arriver à l’aisance financière avant de se ranger. Certaines ont su gérer leur fortune, d’autres sont mortes jeunes et dans la misère, d’autres enfin, comme Sarah Bernhardt, qui à ses débuts était une cocotte, sont devenues des actrices adulées.

« Sentir, puer la cocotte » signifie sentir un parfum de mauvaise qualité comme ceux dont usaient les cocottes de bas étage et a donné le verbe « cocoter ».

Bibliographie

• Les Princesses de Paris – L’Âge d’or des cocottes, Richard Balducci, Presse de la Cité, 1994.
• Les Cocottes – Reines du Paris 1900, Catherine Guigon, Parigramme, 2012.

COURTISANES

La courtisane dite aussi : femme de qualité, femme galante, scandaleuse, cocote, demi-mondaine.

La différence entre une prostituée et une courtisane : celles-ci sont plus lettrées (écrivaine, poétesse, philosophe, scientifique, actrice, chanteuse), elles vivaient avec des hommes célèbres (écrivains, artistes), politiques, riches hommes d’affaires, nobles (prince, comte, roi, empereur), hommes d’Église.  La puissance et l’influence de certaines courtisanes peuvent arrêter ou déclarer une guerre, servir d’intrigue à la cour du Roi entre nobles 1.

L’argent, la célébrité, les titres de noblesse restent l’objectif premier de la courtisane et de faire oublier ce passé érotique, elles représentent le côté romantique et idéalisé de la prostitution. Alors que les autres « prostituées » vont avec le peuple, les soldats… et meurent souvent sans argent et de maladies sexuelles. C’est pourquoi elles ne sont pas considérées comme courtisanes.

Certains nobles (XVIIIème et XIXème siècles) racontent avoir été ruinés par des courtisanes. Cependant les femmes de certaines époques ne pouvaient pas s’émanciper dans une société machiste religieuse, elles devaient commencer par des relations sexuelles (dite libertine) pour ensuite montrer leur intelligence à leurs contemporains.

Le terme a par la suite pris plusieurs sens, pouvant désigner, au féminin, une prostituée ou simplement une concubine, ou encore, par exemple dans le Discours de la servitude volontaire d’Étienne de La Boétie celui (ou celle) qui s’asservit au souverain, devenant ses yeux et ses oreilles, devançant ses désirs (voir citation).

Portrait d’une dame par Paolo Uccello, autour de 1450, Florence.

Dans l’art (peinture, sculpture, dessins…), les courtisanes sont représentées sous le trait d’une muse, d’un ange, d’une Ève, d’une Vénus, Aphrodite, d’une vierge ou encore les trois âges… souvent sans citer leur véritable nom.

Listes des courtisanes célèbres.

ANNE  »NINON » DE L’ENCLOS (1620-1705).

Anne  »Ninon » de l’Enclos (Ninon de Lenclos) ou (Ninon de Lanclos) (1620-1705).  Elle était une courtisane, femme d’esprit, épistolière et femme de lettres française.

La belle et intelligente Ninon a, sa vie durant, collectionné une ribambelle d’amants (le premier à 16 ans, puis notamment le Grand Condé, François-Jacques d’Amboise, comte d’Aubijoux, François de La Rochefoucauld, le maréchal d’Estrées, l’astronome Christian Huygens à tel point que Walpole la surnomma plus tard « Notre Dame des Amours ». Elle classait ses amants en « payeurs », « martyrs » (soupirants sans espoir) et « caprices » (élus du moment).

Elle eut des enfants dont un fils, le chevalier Louis de la Boissière, qui deviendra brillant officier de marine, fruit de ses amours avec Louis de Mornay, marquis de Villarceaux et proche du roi Louis XIV. Elle vivra sa passion durant trois ans avec lui au domaine de Villarceaux, commune de Chaussy (Val-d’Oise). Proche de Molière, elle corrigea, à la demande de l’auteur, la première version du Tartuffe.

Ninon a tenu salon à compter de 1667, au 36 rue des Tournelles à Paris. Ses célèbres « cinq à neuf » avaient lieu chaque jour. Ninon de Lenclos est le symbole de l’aristocrate cultivée et rayonnante, reine des salons parisiens, femme d’esprit indépendant et femme de cœur, représentative de la liberté des mœurs des XVIIe et XVIIIe siècles français. Parmi ses invités, surtout des hommes : Fontenelle, François de la Rochefoucauld, Charles de Saint-Évremond, Paul Scarron, Jean-Baptiste Lully, Jean de La Fontaine, Philippe d’Orléans, futur régent de France, d’Elbène, Antoine Godeau, Antoine Gombaud, chevalier de Méré, Louis de Rouvroy, duc de Saint-Simon, mémorialiste, Roger de Rabutin, comte de Bussy, Jules de Clérambault, Damien Mitton, l’abbé François de Châteauneuf, Huygens, François Le Métel de Boisrobert, Charles Perrault, le poète Chapelle, Jean Ogier de Gombauld, l’abbé de Pons, Louis de Mornay, marquis de Villarceaux, César Phœbus d’Albret, Jean Hérault de Gourville, le peintre Nicolas Mignard dont elle fut un modèle, Charleval, fils de Madame de Longueville, Jean Racine (et sa maîtresse la Champmeslé), François III Dusson, seigneur de Bonrepaus et commissaire de la Marine, Nicolas Boileau, dit « Boileau Despréaux », Condé, Henri de Sévigné, mari de Madame de Sévigné, puis leur fils Charles de Sévigné, Louis de Lesclache.

Mais aussi de nombreuses femmes : Catherine de Vivonne, Marguerite de la Sablière, Madame de Galins, Charlotte-Élisabeth de Bavière (1652-1722), princesse Palatine, Henriette de Coligny, comtesse de la Suze, Marie Desmares, dite la Champmeslé, tragédienne réputée et maîtresse de Racine, sa parente et amie Françoise d’Aubigné, future madame de Maintenon. Mais aussi lady Montagu qu’elle appelait Madame Sandwich et dont elle dira : « Elle m’a donné mille plaisirs, par le bonheur que j’ai eu de lui plaire. Je ne croyais pas sur mon déclin pouvoir être propre à une femme de son âge. Elle a plus d’esprit que toutes les femmes de France, et plus de véritable mérite.»

RÉFÉRENCES :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Ninon_de_Lenclos

MADAME DE MONTESPAN (1640-1707).

Françoise Athénaïs de Rochechouart de Mortemart, appelée Athénaïs de Montespan ou encore « Mademoiselle de Tonnay-Charente », (1640-1707) Lorsqu’elle se marie à Louis-Henri de Pardaillan de Gondrin en février 1663, elle devient marquise de Montespan — d’où son plus célèbre surnom de « Madame de Montespan » à la cour de Versailles où elle fut la favorite de Louis XIV avec qui elle eut sept enfants.

Fille de Gabriel de Rochechouart de Mortemart et de Diane de Grandseigne, Françoise, qui prit plus tard le nom d’Athénaïs sous l’influence de la préciosité, fut d’abord élevée au sein d’une abbaye située à Saintes, l’abbaye aux dames. Elle en sortit en 1658, sous le nom de Mademoiselle de Tonnay-Charente. Arrivée à la Cour de France peu après, grâce à l’intervention d’Anne d’Autriche (et à la tante de Françoise de Montespan, Anne de Rochechouart de Mortemart, qui fut une de ses camarades de jeu), la jeune fille est attachée au service d’Henriette d’Angleterre, belle-sœur de Louis XIV.

Louis-Henri de Pardaillan de Gondrin, marquis de Montespan (1640-1701) son mari.  Ils eurent deux enfants :

Elle épousa en février 1663 Louis-Henri de Pardaillan de Gondrin, marquis de Montespan (1640-1701) , dont elle eut Marie-Christine de Gondrin de Montespan (1663-1675) et Louis-Antoine de Pardaillan de Gondrin, marquis puis duc d’Antin (1665-1736). Elle rencontra Louis XIV à l’automne 1666. Occupé de son amour pour sa favorite, Louise de La Vallière, il ne fit tout d’abord pas attention à elle. Mais, lorsqu’elle se lia avec la duchesse, le roi, la rencontrant souvent chez sa maîtresse et chez la reine, remarqua sa conversation piquante, naturelle et enjouée. « À la plus surprenante beauté au port de déesse, aux cheveux blonds, soyeux et frisés, au regard d’azur, à la bouche délicate, au nez aquilin, elle joignait l’esprit le plus vif, le plus fin, le mieux cultivé, cet esprit héréditaire dans sa famille » dira Mme de Sévigné. Insensiblement, Louis XIV se laissa charmer par la belle marquise, mordante sans méchanceté et agréable conteuse. On convient que Mme de Montespan ridiculisait beaucoup de gens, uniquement pour amuser le roi. Ses sarcasmes n’étaient pourtant pas sans danger. Les courtisans les craignaient. Ils évitaient surtout de se laisser voir sous ses fenêtres quand Louis XIV était avec elle ; ils appelaient cela « passer par les armes ». La marquise devint la maîtresse du roi en mai 1667. Vive, coquette, minaudière, elle enchantait par sa compagnie et débordait de saillies malicieuses et mordantes, de reparties cruelles et caustiques. Le fameux « esprit des Mortemart ». Pourtant ce n’était pas une aventurière, prête a se jeter au cou du roi. Elle était droite et pieuse. Et elle était (mal) mariée à un hardi cadet de Gascogne, Louis-Henri de Pardaillan de Gondrin, joueur, dépensier, buveur et grand trousseur de cotillons. Son mari fit un scandale à la cour lorsqu’il apprit la nouvelle. Il surgit du château de Saint-Germain-en-Laye tel un fou, hurlant et déversant un tombereau d’injures à l’épouse infidèle. Il fut promptement enfermé au For-l’Évêque, puis exilé sur ses terres, en Gascogne, d’où il ne sortit presque plus jusqu’à sa mort.

Favorite du Roi-Soleil.

Louis XIV, roi de France (1638-1715).

On s’aperçut bientôt de la liaison devenue intime qui existait entre elle et le roi. Elle eut un appartement à peu de distance de celui du monarque et les courtisans clairvoyants n’eurent pas de peine à expliquer pourquoi l’un et l’autre se dérobaient en même temps au cercle de la reine. La sensible La Vallière ne fut pas la dernière à s’apercevoir qu’elle n’occupait plus seule le cœur de Louis. Il n’y eut que la reine qui ne voulut pas s’en douter.

Madame de Montespan avait su la persuader de sa vertu. Ce fut en 1670 que sa faveur éclata officiellement lors d’un voyage aux Pays-Bas où elle fit une partie du voyage dans la voiture du roi et de la reine. Et lorsqu’elle montait dans la sienne, quatre gardes du corps entouraient les portières.

En 1674, Louise de La Vallière quitta la cour. Mme de Montespan devint alors la favorite en titre de Louis XIV. « Beauté à faire admirer à tous les ambassadeurs », écrit Madame de Sévigné, « Junon tonnante et triomphante ». Une faveur traversée de crises, car la marquise était capricieuse, autoritaire, dépensière, brûlante d’ambition et de jalousie. Elle faisait même des scènes au roi. De son côté, Louise de La Vallière ne voulait pas céder la place. Par amour, l’ancienne favorite supporta tout : les rebuffades de son amant, les railleries de sa rivale triomphante, le mépris des courtisans. Mme de Montespan fit supprimer la présence des filles d’honneur de la reine, tant par la crainte qu’elle avait devant le goût de la nouveauté de son amant – elle pouvait trouver plus d’une rivale parmi les jeunes personnes qui se succédaient rapidement – que par le souci de cacher la naissance des enfants nés de leur passion.

Les enfants.

Ils eurent en effet sept enfants, parmi lesquels six furent légitimés (sans jamais nommer leur mère, mariée à un autre homme) et quatre atteignirent l’âge adulte :

  • 1- Premier enfant tenu secret (1669-1672), selon les sources, ce serait un garçon de prénom inconnu (biographie de Jean-Christian Petitfils) ;
  •  2- Louis Auguste de Bourbon, duc du Maine, duc d’Aumale, prince souverain de Dombes et comte d’Eu (1670-1736), marié à Anne-Louise Bénédicte de Bourbon-Condé (1676-1753) dite Mademoiselle d’Enghien puis Mademoiselle de Charolais, comtesse de Dreux et duchesse du Maine ;
  • 3- Louis-César de Bourbon, comte de Vexin, abbé de Saint-Denis (1672-1683) jamais marié et sans postérité ;
  •  4- Louise Françoise de Bourbon, Mademoiselle de Nantes, duchesse de Bourbon et princesse de Condé (1673-1743), épousa Louis III de Bourbon-Condé, duc de Bourbon, 6ème prince de Condé, duc de Montmorency, duc d’Enghien ;
  • 5- Louise Marie Anne de Bourbon, Mademoiselle de Tours (1674-1681) ;
  • 6- Françoise Marie de Bourbon, la seconde Mademoiselle de Blois (1677-1749), qui épousa Philippe d’Orléans, futur régent ;
  • 7- Louis Alexandre de Bourbon (1678-1737), comte de Toulouse.

Elle confia alors leur éducation à Mme Scarron, la future Madame de Maintenon, qui devint par la suite sa rivale. Mais, avec le temps, la marquise, fatiguée de cette gênante pudeur, s’en débarrassa et ne prit plus la peine de dérober au public ses enfants.

Depuis 1683, Mme de Montespan n’avait plus de titre mais elle demeura cependant à la Cour, ne pouvant se résoudre à s’éloigner du roi. Elle suivait le train de vie, donnant de grandes fêtes, vivant toujours sur un grand pied. En 1685, sa fille Mlle de Nantes épousait le duc de Bourbon, Louis III de Bourbon-Condé. En 1692, son fils le duc du Maine se mariait avec une petite-fille du Grand Condé et sa fille Mlle de Blois devenait l’épouse du duc de Chartres, neveu du roi. Elle était fière des brillants mariages de ses enfants. Le roi lui-même a d’ailleurs envisagé que le duc du Maine monte sur le trône en cas d’extinction des Bourbons et, à sa mort, il souhaita que celui-ci et son frère, le comte de Toulouse, assurent la Régence du futur Louis XV. En 1691, Madame de Montespan se retira à Paris où elle vécut dans la dévotion, la générosité et la volonté d’expier ses torts passés. Elle se disait toujours malade, sans l’être véritablement, et elle montrait constamment la crainte la plus vive de mourir. Son appartement restait éclairé pendant la nuit, et on la veillait toute la nuit au cas où son sommeil vînt à s’interrompre. Sa vie s’acheva en une longue pénitence. Elle retrouva l’humilité chrétienne, chercha à racheter ses péchés et le scandale de l’adultère par une vie de jeûne, de prière et de charité. Elle mourut en 1707, lors d’une cure à Bourbon-l’Archambault, après avoir fait une confession publique. Elle fut inhumée dans la chapelle des Cordeliers de Poitiers.

Adaptations à l’écran et sur scène

  • Claudette Colbert incarne la marquise de Montespan dans Si Versailles m’était conté… de Sacha Guitry (1954) ;

  • Danielle Darrieux a également joué Madame de Montespan dans L’Affaire des poisons d’Henri Decoin (1955) ;

  • Dans L’Allée du Roi (1995), adaptation du roman de Françoise Chandernagor pour la télévision par Nina Companéez, le rôle de la rivale de Madame de Maintenon échoit à Valentine Varela ;

  • Madame de Monstespan est interprétée par Lysa Ansaldi dans le spectacle musical Le Roi Soleil mis en scène par Kamel Ouali.

RÉFÉRENCES :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Madame_de_Montespan

IDA SAINT-ELME (1776-1845).

Femme d’errance intrépide, Ida de Saint-Elme était une courtisane, aventurière, actrice et auteure des Mémoires célèbres d‘une contemporaine. Pour sa liberté (toujours revendiqué) et ses relations avec des officiers français, dans la controverse constante et la concurrence avec Napoléon (1769-1821), elle a attiré l’antipathie des deux autant des légitimistes que des bonapartistes. De nombreux problèmes sur la véracité de sa biographie, l’exactitude de l’orthographe du nom, de l’originalité des œuvres en raison de la rareté des documents.

Napoléon 1er Bonaparte (1769-1821). Empereur des français.

Selon ses mémoires qu’elle a signé comme Ida de Saint-Elme, elle est née en Vallombrosa (Florence) sur les rives de l’Arno le 27 septembre 1778, où la famille aurait fui pour des raisons politiques. Son père était le duc Léopold Ferdinand hongrois, déshonoré par Tolstoï et noble héritière de sa mère néerlandaise Alida van Aylde-Jonghe. Enfant précoce, elle a étudié l’escrime, l’équitation, le billard, elle a appris de sa mère six langues et avec son père écoutait des poèmes en latin et en italien. Installé à Amsterdam après la mort de son père et à juste quinze ans, elle a épousé un noble sympathisant néerlandaise des français. Difficile d’évaluer combien de romance elle a eu dans ce cadre. Selon d’autres chercheurs, en fait, la naissance de Marie Elselina s’est produite en 1776 à Lith, un village dans la partie orientale du Brabant (Pays-Bas), la plus jeune fille du vicaire après six frères de Gerrit Versfelt (1735-1781) et Alida de Jong (1738- 1828), fille d’un gouverneur de Kamperland, après la mort de son père et le transfert de la mère veuve à Amsterdam avec leurs enfants, marié en 1792 à Jan Nicolaas Ringeling Claasz (1768-1801), fils d’un marchand, ils eurent deux enfants, Klaas Ringeling (1793-1831) et Alida Maria Ringeling ( 1794-1798) qui sont confié au père après le divorce en 1795 causé par l’adultère avec l’officier français Jean Victor Marie Moreau (1763-1813), un rival de Napoléon.  Dans les années 1796-1797, elle a quitté les Pays-Bas pour visiter la France révolutionnaire. Sa beauté séduit beaucoup d’admirateurs et elle suivit Moreau dans des campagnes militaires vêtus de vêtements pour hommes, imprudentes et avide de gloire, mais elle n’a jamais effectuer de service militaire. L’amour des voyages et du déguisement la rapproche de George Sand et d’autres personnalités : dans la période révolutionnaire ses déguisements exaltés et l’égalité des femmes, comme indiqué dans la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne d’Olympe de Gouges (1748-1793 ), et l’androgynie de tous les êtres humains, mettant en évidence tant la relativité de l’identité sexuelle et de ses constructions culturelles et le charme de cette ambiguïté.

Jean Victor Marie Moreau (1763-1813). Un général français de la Révolution, également feld-maréchal de Russie et maréchal de France à titre posthume.

Marie voyage avec Moreau à travers le sud de l’Allemagne, puis a vécu avec lui à Paris pour assister à la beauté du monde et elle se mit à moitié nue pour le sculpteur François-Frédéric Lemot (1772-1827) prenant le surnom de : La marbre contemporaine de l’opéra exposé au Salon avec le titre La femme endormie, agent voulu capturer dans le mythe néoclassique son favori. Après un voyage à Milan, en 1799 elle a rompu sa relation avec Moreau, puis a commencé à être appelé Ida de Saint-Elme parce qu’elle avait épousé le comte Alfred de Saint-Elme (1780- ?), officier napoléonien, ou peut-être un simple alias, puisqu’elle avait rejoint une compagnie de comédiens ambulants voyageant en Italie et en France, en essayant en vain de faire avancer sa carrière après un début positif au Théâtre Français en 1800 à Paris. Elle a commencé une relation avec le français le maréchal Michel Ney (1769-1815), qui a duré jusqu’à ce que le tournage de personnes recherchées par les Bourbons pour trahison. Après l’abdication de Napoléon, Ney avait en effet rejoint la monarchie de Louis XVIII (1755-1824) et avait ensuite suivi à nouveau l’empereur qui luttait héroïquement à Waterloo. Ney ne voulait pas qu’elle le suive pendant ses campagnes militaires. En 1807, lors de la bataille d’Eylau en Prusse, aujourd’hui en Pologne, elle a été blessé par un coup de sabre au-dessus de l’œil gauche ayant son « baptême de la gloire. » En 1809, à l’initiative de Napoléon elle a été nommé maître de conférences de la cour pour Élisa Baciocchi (1777-1820), grande-duchesse de Toscane et la sœur de l’empereur, et elle a été en charge d’une mission diplomatique à la cour de Naples, l’autre sœur Caroline (1782- 1839) et son mari Joachim Murat (1767-1815). Elle a intégré le réseau complexe des relations familiales de Bonaparte avec les missions de confiance et était probablement aussi l’informatrice de la police pour Joseph Fouché (1754-1820).

Maréchal Michel Ney (1769-1815). 1er duc d’Elchingen, 1er Prince de la Moskowa.

À Milan, elle a rencontré le poète Vincenzo Monti (1754-1828). Elle a quitté bientôt son emploi pour suivre Ney dans la campagne de Russie à venir à Moscou avant l’incendie provoqué par les Russes. Après la mort de Ney, une véritable tragédie pour elle, il était souvent à partir de 1820 à Londres, sachant nombreuses personnalités dont l’acteur Edmund Kean (1787 à 1833). En 1824, elle était de retour à Paris où elle vivait avec un certain Léopold qui a été présenté comme un enfant adoptif alors qu’il était probablement son amant. Dans les années suivantes, elle se consacra à la rédaction de ses mémoires, les Mémoires d’une contemporaine, Souvenirs d’une femme sur les principaux personnages de la République de Consulat et de l’Empire de la Restauration, probablement avec la révision des journalistes travaillé pour l’éditeur Ladvocat. La rivière opéra, publié en huit volumes à partir 1827-1828, est inséré dans la veine de souvenirs féminins comme celui de Madame De Stéphanie Félicité Genlis (1746-1830) avec des révélations audacieuses sur la société de l’époque. La biographie de courtisane insouciante, pleine d’anecdotes et de références à des personnages qui vivaient encore à l’époque, fut un énorme succès. C’est après la hauteur de ces exotiques campagnes égyptiennes lancées par Napoléon et après une rencontre avec l’archéologue Giovanni Battista Belzoni (1778-1823), qu’elle a eu l’idée d’écrire La contemporaine en Égypte, Smyrne, Malte et Alger, publié en six volumes avec moins de succès dans les années 1829 à 1830 sous la Restauration, suivis par d’autres livres encore moins de chance. Ses mémoires témoignent dans un roman de l’esprit et non conventionnelles qui a provoqué des accusations de diffamation même, les événements et les personnages de la Révolution à la Restauration lui ont valu les épithètes de « Casanova femme» et «Veuve de la Grande Armée. » Elle est morte dans la misère à l’hospice des Ursulines à Bruxelles le 19 mai 1845.

MATA-HARI (1876-1917).

MATA HARI (1876-1917) de son vrai nom Margaretha Geertruida « Grietje » Zelle, était une danseuse et courtisane, née le 7 août 1876 à Leeuwarden (Pays-Bas), et morte le 15 octobre 1917 à Vincennes (France), fusillée pour espionnage pendant la Première Guerre mondiale.

À 18 ans, le 11 juillet 1895, à la suite d’une annonce matrimoniale, elle se marie avec un officier de la marine néerlandaise de dix-neuf ans son aîné, Rudolf MacLeod (1856-1928), avec qui elle part vivre aux Indes néerlandaises, où le capitaine MacLeod est nommé chef de garnison à Malang, dans l’est del’île de Java.  Comme c’était l’usage des femmes européennes à l’époque, elle s’habille à la javanaise, parle un peu le javanais, apprend la danse javanaise. Ils auront deux enfants, un garçon Normand-John et une fille Louise-Jeanne. Son fils est empoisonné par l’infirmière, qui est la maîtresse de son mari, et qui, jalouse, se venge en essayant d’empoisonner les deux enfants en 1899. Selon Jean-Marc Loubier, il serait mort d’une méningite foudroyante.

Rudolph MacLeod et sa femme Margaretha, la future Mata Hari, à Malang en 1897.  Ses enfants, Louise Jeanne et Norman-John, ici avec son père, Rudolf.

En 1902, de retour en Europe, elle divorce à La Haye de son mari, qui était un homme violent et alcoolique. Elle obtient la garde de sa fille et une pension alimentaire, qui ne lui sera jamais versée. Rudolf MacLeod enlève sa fille, jugeant son ex-femme indigne et dangereuse. En novembre 1903, elle fait une arrivée peu remarquée à Paris, elle a 27 ans. Jouant sur le patronyme écossais de son mari, elle se fait appeler « Lady MacLeod » et, pour survivre, se fait entretenir par les hommes : dans le Paris de la Belle Époque, cette cocotte tient sa place entre la courtisane et la prostituée. Début 1905, elle se fait embaucher en tant qu’écuyère dans le « Nouveau cirque » d’Ernest Molier, qui lui propose d’évoluer en danseuse dénudée ; elle commence dès lors à composer son rôle de danseuse orientale. Le 13 mars 1905, Émile Guimet, orientaliste fortuné et fondateur du musée du même nom, l’invite à venir danser dans la bibliothèque du musée, transformé pour l’occasion en temple hindou : elle y triomphe dans un numéro de danseuse érotique exotique sous le nom de Mata Hari, signifiant « soleil » en malais : sous les apparences d’une princesse javanaise habillée d’un collant couleur chair et entourée de quatre servantes, elle rend hommage au dieu hindou Shiva, et s’offre à lui lors de la troisième danse.

Le lieutenant des hussards Alfred Kiepert.

Devant le succès du spectacle parisien, Gabriel Astruc devient son imprésario pendant dix ans, faisant jouer la troupe en août 1905 à l’Olympia, puis à travers toute l’Europe, elle gagne alors 10 000 francs français par soirée. Couronnée d’aigrettes et de plumes, elle se produit d’une capitale à l’autre, guettée par les échotiers qui comptent ses chapeaux, ses chiens, ses fourrures, ses bijoux, ses amants (notamment le lieutenant allemand Alfred Kiepert avec qui elle reste plusieurs mois à Berlin, ayant arrêté son spectacle, cette liaison lui sera vivement reprochée lors de son procès), son numéro d’effeuillage sous prétexte de danse orientale a fait d’elle une égérie de la Belle Époque, une femme moderne qui lève le tabou de la nudité dans une société encore marquée par le rigorisme du XIXe siècle. Elle aide les échotiers à créer autour de sa personne une légende, elle serait née à Java où les prêtres de Shiva l’ont initiée aux secrets de son culte et de ses danses. Son père était baron. Son mari, un officier supérieur dont elle est séparée, était jaloux comme un tigre (Mata Hari aurait même affirmé qu’il lui avait arraché un téton en la mordant, laissant une vilaine cicatrice mais elle a inventé ce fait pour ne pas avoir à avouer que les coupelles d’argent qui masquaient ses seins lors des spectacles étaient utilisées pour masquer sa petite poitrine). Elle est aussi une courtisane qui se préoccupe trop peu de la nationalité de ses conquêtes. Personnalité flamboyante, elle s’invente ainsi un personnage et une histoire mais sa carrière a du mal à redémarrer depuis sa liaison avec Alfred Kiepert en 1907 : endettée, elle est réduite à des rôles peu reluisants dans des spectacles non plus mondains mais populaires, allant jusqu’à se prostituer dans des maisons closes. En 1910 et 1911, après avoir atteint le sommet de la célébrité à Paris, elle séjourna au Château de la Dorée à Esvres, qui était loué à la Comtesse de La Taille-Trétinville par son amant le banquier Xavier Rousseau. En 1915, elle vend son hôtel luxueux de Neuilly et loue une modeste maison à La Haye où elle reçoit la visite du consul d’Allemagne Carl H. Cramer qui lui propose de rembourser ses dettes en échange de renseignements stratégiques pour l’Allemagne en retournant à Paris. A-t-elle rempli cette mission en tant qu’agent H21?

Procès et exécution

L’exécution de Mata Hari (film de 1920)

Accusée d’espionnage au profit de l’Allemagne dans le cadre d’une enquête sommaire, Mata Hari passe du statut d’idole à celui de coupable idéale dans une France traumatisée par la guerre et dont l’armée vient de connaître d’importantes mutineries après l’échec de la bataille du Chemin des Dames. Son avocat et ancien amant Édouard Clunet (1845-1922) n’a le droit d’assister qu’aux premiers et derniers interrogatoires. L’instruction est assurée par le capitaine Pierre Bouchardon, rapporteur au Troisième conseil de Guerre. À ce titre, il instruira toutes les grandes affaires d’espionnage du premier conflit mondial. Son procès, dont le substitut du procureur est André Mornet (1870-1955), un ancien amant, ne dure que trois jours sans apporter de nouveaux éléments. Elle est même, lors du procès, abandonnée par son amoureux Vadim Maslov qui la qualifie tout simplement « d’aventurière ».

Le procureur André Mornet (1870-1955).

Elle est condamnée à mort pour relation avec l’ennemie en temps de guerre sur réquisitoire de l’avocat général André Mornet et sa grâce rejetée par le Président Raymond Poincaré, qui laisse la justice suivre son cours. Son exécution a lieu le 15 octobre 1917 par fusillade, au polygone de tir de Vincennes. Selon son médecin, le docteur Léon Bizard, qui relate les faits dans son livre Souvenirs d’un médecin de la préfecture de police et des prisons de Paris (1914-1918), elle a refusé le bandeau qu’on lui proposait et aurait lancé un dernier baiser aux soldats de son peloton d’éxécution. Juste avant d’être fusillée, Mata Hari s’écrie : « Quelle étrange coutume des Français que d’exécuter les gens à l’aube ! ».

« Tandis qu’un officier donne lecture du jugement, la danseuse, qui a refusé de se laisser bander les yeux, très crâne, se place d’elle-même contre le poteau, une corde, qui n’est même pas nouée, passée autour de la ceinture… Le peloton d’exécution, composé de douze chasseurs à pied, quatre soldats, quatre caporaux, quatre sous-officiers, est à dix mètres d’elle. Mata Hari sourit encore à sœur Léonide agenouillée et fait un geste d’adieu. L’officier commandant lève son sabre : un bruit sec, suivi du coup de grâce moins éclatant et la Danseuse rouge s’écroule tête en avant, masse inerte qui dégoutte de sang. »

— Léon Clément Bizard

Le médecin précise que l’autopsie a révélé qu’une seule balle avait traversé le cœur de part en part pour causer la blessure mortelle.

Sa famille ne réclame pas le corps, qui est confié à la faculté de médecine de Paris.  Il est disséqué par des étudiants en médecine, puis incinéré. Enfin, ses cendres sont déposées dans une fosse commune. Il ne reste donc aujourd’hui plus rien de la dépouille de Mata Hari.

Après sa mort

En 1917, Margaretha Zelle, l’espionne mieux connu comme Mata Hari, a été exécuté par un peloton d’exécution. Son crâne est devenu une partie de la collection du Musée d’anatomie à Paris. En 2000, les archivistes du musée ont découvert que le crâne avait disparu, probablement volés. Le cas n’as jamais été résolu.

Entre les deux grandes guerres, un livre lui est consacré presque chaque année.

Dès la fin de la guerre, l’Allemagne la présente d’abord comme une innocente victime, n’ayant jamais collaboré avec les services de renseignements allemands. En 1931, dans un important ouvrage collectif L’Espionnage pendant la guerre mondiale auquel ont notamment collaboré des historiens, des officiers et des anciens agents des services secrets, il est fait mention que « Mata Hari a fait de grandes choses pour l’Allemagne ; elle fut le courrier pour nos informateurs installés à l’étranger ou en pays ennemis. Mata Hari était parfaitement au courant des choses militaires, puisqu’elle avait été formée dans l’une de nos meilleures écoles d’information.  Elle était un agent de marque. »

En 1937, « Mademoiselle Docteur », Fräulein Schragmüller, qui dirigeait le centre d’espionnage allemand, à Anvers, publie ses mémoires. Elle y révèle à propos de Mata Hari : « Pas une des nouvelles qu’elle a envoyées n’était utilisable, et ses informations n’ont eu pour nous aucun intérêt politique et militaire. » Elle reconnaîtra cependant : « La condamnation était méritée et conforme à l’esprit du code militaire. »

L’historien Alain Decaux témoignera lors d’une de ses recherches sur Mata Hari avoir interrogé le procureur André Mornet sur l’enjeu réel que présentait le cas de cette présumée espionne. Celui-ci répondait « qu’on n’avait finalement pas grand chose à lui reprocher » mais que son cas était évoqué « sous le feu de la presse dans un contexte politique tel » que la raison d’État ne pouvait que l’emporter.

Selon le journaliste Russel Warren Howe, Mata Hari fut une « cocotte » naïve et vénale manipulée par les services secrets. Le chef des services du contre-espionnage français Georges Ladoux avait engagé de tels frais qu’il n’aurait jamais voulu avouer qu’il avait avancé de telles sommes pour une simple courtisane. De plus, les services secrets français ne pouvaient révéler tout de l’affaire Mata Hari car cela aurait montré qu’ils avaient percé les codes de chiffrement allemand.

Depuis 1996, le musée Frison de sa ville natale Leeuwarden présente une exposition permanente de sa vie dans une salle qui lui est entièrement consacrée.

Le 19 octobre 2001, grâce aux travaux de Léon Schirmann qui épluche les archives françaises, allemandes et hollandaises depuis 1992, la fondation néerlandaise Mata Hari et la ville natale de la danseuse, Leeuwarden, engagent l’avocat Thibault de Montbrial pour déposer une requête en révision du procès de Mata Hari auprès de Maryse Lebranchu, ministre de la Justice, seule habilitée à donner suite à la requête puisqu’elle n’émane pas des descendants de la condamnée. La demande est rejetée.

Me Thibault de Montbrial (1968 – ).

Au cinéma et à la télévision

Cinéma :

Télévision :

SECRET D’HISTOIRE

RÉFÉRENCES :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Courtisan

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