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CLAUDE FRANÇOIS (CLOCLO) PARTIT TROP TÔT.

Claude François, surnommé « Cloclo », né le 1er février 1939 à Ismaïlia en Égypte et mort accidentellement le 11 mars 1978 à l’âge de 39 ans à Paris, était un chanteur populaire et producteur français des années 1960 et 1970.

Tout au long de ses seize années de carrière, il fut l’un des artistes français les plus appréciés du public. Son succès et sa popularité ne se sont pas démentis après sa disparition. Nombre de ses chansons sont restées dans les cœurs et les mémoires, comme  Belles ! Belles ! Belles !, Cette année-là, Le Lundi au soleil, Le téléphone pleure, Magnolias for Ever, Alexandrie Alexandra ou encore Comme d’habitude (My Way en version anglaise).

Origines et enfance

La famille paternelle de Claude François est lyonnaise. Ses arrière-grands-parents Nicolas Joseph François, nés à Saint-Maurice-sur-Moselle (Vosges) en 1835, et Marie Anne Delphine Callon, née à Mars (Ardèche) en 1845, se sont mariés en 1872 à Port-Saïd (Égypte)), où Nicolas Joseph François était télégraphiste pour la Compagnie du canal de Suez. Leurs trois enfants, Gustave, Élisa et Adolphe voient ainsi le jour successivement à Port-Saïd, Suez et Ismaïlia.

Adolphe François, grand-père de Claude François, caporal-fourrier au 52e régiment d’infanterie, est tué à Tahure, dans la Marne, le 25 septembre 1915, lors de la Première Guerre mondiale, alors qu’il n’a que trente-cinq ans1. Il laisse trois fils, dont Aimé François, lesquels travailleront comme chefs du trafic du canal de Suez.

Aimé François épouse une Italienne, Lucia Mazzei, dite « Chouffa ». La famille de Lucia est originaire de Calabre en Italie. Lucia s’occupe du foyer familial et a longtemps joué du piano. Ses deux frères, l’un violoniste, l’autre pianiste, accompagnaient les films muets, puis ont joué pour le Five o’clock tea de l’armée britannique qui occupait le canal de Suez.

Le couple a deux enfants :

  • Marie-Josée François, dite « Josette », née en 1934, la fille aînée, qui écrira ses mémoires en 2008.
  • Claude Antoine Marie François, né le 1er février 1939 : il est de tradition chez les François d’appeler les garçons par un prénom commençant par un A, mais sa mère imposa le prénom de « Claude ». Antoine lui fut donc attribué en deuxième prénom et Marie, le prénom de la Vierge, en troisième pour protéger l’enfant.

Claude François et sa soeur Marie-Josée (Josette).

L’enfance de Claude se passe dans une des belles villas de la Compagnie du canal de Suez à Ismaïlia. Sa famille, qui a des domestiques, mène un train de vie très aisé. Cependant, durant la Seconde Guerre mondiale, Ismaïlia est bombardée par les Allemands et la villa de la famille François est détruite. Le jeune Claude et sa sœur sont alors recueillis par leur grand-mère paternelle qui habite une vieille maison proche des quartiers populaires : Claude s’y mêle aux jeunes enfants d’origines diverses (grecs, maltais, italiens, arabes), il y reste jusqu’à l’âge d’aller à l’école.

Ses parents le placent en internat dans une école confessionnelle. Puis ils l’inscrivent au lycée français du Caire comme externe (1953-1954). La chambre qu’il loue est en face de Radio le Caire si bien qu’il y est toujours fourré, écoutant en avant-première les disques français ou américains. Il décroche la première partie du vac, mais non la seconde. À cette époque, le jeune Claude assiste aux répétitions de ses oncles maternels et fait une première année de violon.

En 1956, la famille François est expulsée d’Égypte (avec de nombreux Français et Britanniques) à la suite de la nationalisation du canal de Suez par le président égyptien Nasser. Sur fond d’un déchaînement soudain d’hostilité envers les étrangers occidentaux, le départ d’Égypte s’effectue en catastrophe sous les coups, les crachats, les injures, les humiliations (la mise à nu lors du passage à la douane) et les jets de pierres. Le navire accoste au Havre, d’où ils gagnent Paris.

Après un séjour dans une chambre d’hôtel, les François, fatigués de quémander quelques subsides auprès de la Compagnie du canal de Suez, partent en train pour Monte-Carlo où réside, depuis son mariage l’été précédent, leur fille Josette. Ruinée, la famille s’installe d’abord à Monaco dans un appartement acquis grâce à la prime de réinstallation donnée par la Compagnie du canal de Suez (Claude étudie au lycée Albert-Premier), puis à Nice. Ils vivent dans une certaine pauvreté : Claude dort par terre sur le sol de l’appartement, vole à l’étalage, se nourrit de pain trempé dans de la vinaigrette, ce qui lui cause un ulcère à l’estomac et l’exempte du service militaire.

Carrière

Débuts

En 1958, Claude, à la recherche d’un travail, devient employé de banque. Il se délasse en jouant du tuba dans un petit orchestre qu’il a formé avec quelques copains. Il finit par trouver un emploi dans le grand orchestre du Sporting Club de Monte-Carlo, dirigé à l’époque par Louis Frosio : d’abord percussionniste, il en devient ensuite chanteur (il gagne 1 000 francs par soirée), avec à son répertoire Colette Deréal, Charles Aznavour, Mouloudji, Ray Charles. Il fait un tabac en interprétant en arabe la chanson de Bob Azzam, Mustapha. Parallèlement, il s’inscrit à l’Académie nationale de musique dans toutes les classes (clarinette, flûte, chant classique, timbales et percussions, harmonie) et prend des leçons particulières pour former sa voix. En 1959, il fait partie, en tant que chanteur, de l’orchestre de Marcel Blanchi à l’hôtel provençal à Juan les Pins. Si sa rémunération lui permet enfin de vivre et de faire vivre sa famille, il est désapprouvé dans son choix par son père qui aurait voulu qu’il devienne comptable. Sa mère le soutient toutefois dans sa passion pour la musique.

À l’été 1961, il monte à Paris sur les conseils de Brigitte Bardot et de Sacha Distel, rencontrés sur la Côte d’Azur (Claude a donné des cours de danse à Brigitte Bardot dans la boîte de nuit le Papagayo à Saint-Tropez) ; il est accompagné d’une jeune danseuse d’origine anglaise, Janet Woollacott, rencontrée en 1959 lors d’un spectacle et épousée le 5 novembre 1960 à Monaco. Son père, qui ne lui parlait plus depuis deux ans, était malgré tout venu au mariage, avant de mourir d’une maladie des poumons le 19 mars 1961.

Claude François et sa première femme Janet Woollacott qu’il a épousé le 5 novembre 1960 à Monaco. Sa femme l’a quitté après 18 mois car ils divorcent le 13 mai 1967.

À l’époque, la variété française connaît un grand bouleversement avec les débuts de l’émission de radio Salut les copains, la vogue du rock’n’roll puis du twist et l’avènement de ceux que l’on ne tardera pas à appeler les yéyés.

Claude se fait engager dans la formation d’Olivier Despax, les Gamblers, au poste de percussionniste, mais les cachets sont maigres. Le 16 septembre 1961, il passe une audition aux disques Fontana, mais ne convainc pas le directeur artistique Jean-Jacques Tilché, qui accepte toutefois une deuxième audition.

En 1962, Claude François, sous le pseudonyme de « Kôkô », enregistre son premier disque, Le Nabout twist (en version française et en version arabe) : si la chanson est bien reçue en Afrique, elle ne remporte pas le succès escompté en France. En attendant une nouvelle occasion, il rejoint Les Gamblers et joue pendant tout l’été 1962 au Papagayo à Saint-Tropez. De son côté, Janet est engagée comme danseuse à l’Olympia, où elle rencontre Gilbert Bécaud, pour qui elle va quitter Claude.

Janet Woollacott a quitté Claude François pour Gilbert Bécaud.

De retour à Paris, Claude signe un contrat de cinq ans avec les disques Fontana. À l’automne 1962, il obtient son premier succès, avec Belles ! Belles ! Belles !, adaptation de Girls Girls Girls (Made To love), composée par Phil Everly, des Everly Brothers, et interprétée initialement par Eddie Hodges, dont il s’est inspiré pour la version française et dont il cosigne les paroles avec Vline Buggy. Ayant fait le siège du bureau de Daniel Filipacchi à Europe 1, il obtient que son 45 tours passe deux fois par jour dans l’émission, Salut les copains tout au long de la semaine. Sa carrière est lancée : le disque s’écoule à 1,7 million d’exemplaires. Belles ! Belles ! Belles ! est son premier scopitone, réalisé par Claude Lelouch : il chante dans la neige, dans un bois de la région parisienne, au milieu de jeunes filles dans une tenue hors de saison. Sa participation à plusieurs émissions de télévision lui permet de se faire connaitre auprès d’un large public. Il passe à l’Olympia le 18 décembre, en première partie de Dalida et des Spotnicks.

Reconnaissance

Claude François au Grand Gala du Disque, en 1965.

Paul Lederman l’imprésario de Claude François.

Pris en main par l’imprésario Paul Lederman, sa carrière démarre véritablement. Les tournées s’enchaînent au rythme de ses succès : Marche tout droit, adaptation de la chanson Walk right in des Rooftop Singers, Pauvre petite fille riche, Dis-lui et Si tu veux être heureux, adaptation de If you wanna be happy de Jimmy Soul. Avec son allure de jeune homme de bonne famille, ses chansons aux paroles agréables, il séduit un public féminin de plus en plus nombreux. Il demande à Michel Bourdais, portraitiste et documentaliste au magazine Salut les copains, de dessiner son portrait. Ce dessin hyperréaliste sera pour Claude le point de départ d’une longue réflexion sur l’image qu’il doit donner de lui.

Le 5 avril 1963, il est pour la deuxième fois à l’Olympia, où il participe à un gala consacré aux jeunes chanteurs, surnommés à l’époque «l’idoles des jeunes ».  À noter, parmi ses musiciens : Michel Cassez, dit Gaston, futur Compagnon de la chanson, et le pianiste de jazz René Urtreger. En octobre, il sort  »Si j’avais un marteau », version française de If I had a Hammer, composé par Pete Seeger, et repris avec succès par Trini Lopez. Le titre reste plusieurs semaines no 1. Le 29 octobre, après avoir participé à un spécial Musicorama, Claude reçoit, des mains du comédien Maurice Biraud, ses deux premiers disques d’or.

Avec le succès, l’argent est au rendez-vous, à telle enseigne qu’après l’acquisition d’un appartement à Paris, au 46, boulevard Exelmans, dans le 16e arrondissement, il achète en 1964 l’ancien moulin communal de Dannemois dans l’Essonne pour en faire sa résidence secondaire. Il y installe sa mère et sa sœur qui dès lors retrouvent l’aisance et la sérénité de leur vie en Égypte. Quelques semaines plus tard, il interprète La Ferme du bonheur. L’été venu, il fait une tournée triomphale, qui donne lieu à un film de Claude Vernick, au titre éloquent, L’été frénétique.

Le moulin de Dannemois ou Claude François habitait.

En septembre, Claude François fait à nouveau l’Olympia, mais cette fois c’est en vedette qu’il chante chez Bruno Coquatrix. Il enchaîne de nouveaux succès : Donna, Donna, J’y pense et puis j’oublie. Il bat tous les records de recettes établis par Édith Piaf et Gilbert Bécaud et à chaque apparition déclenche des scènes d’hystérie collective.

Côté sentimental, il fait la connaissance de France Gall, jeune chanteuse de 17 ans (lui en a 25). C’est le début d’une liaison qui durera jusqu’en 1967.

Claude François et France Gall.

Le 25 février 1965, Claude est blessé au cours d’un gala à Abbeville, la scène s’étant effondrée sous ses pieds alors qu’il dansait. Ayant plusieurs côtes fracturées, il reste immobilisé cinq semaines durant. Au cours de l’année 1965, il enregistre une quinzaine de titres, dont Les Choses de la maison et Même si tu revenais.

L’année 1966 voit l’apparition des Claudettes (ou Clodettes), ses danseuses attitrées, dont l’idée lui a été soufflée par Michel Bourdais. Le 25 décembre, son premier Olympia avec quatre d’entre elles est un événement, qui séduit et déchaîne le public. Claude utilise alors le dessin qu’a fait de lui Michel Bourdais trois ans plus tôt pour en faire le symbole de sa mutation artistique. Il redonne l’original à son auteur en marque d’amitié et de reconnaissance en y inscrivant les mots « Bravo… c’est merveilleux ».

Claude et ses Clodettes.

En 1967, il est coauteur avec Jacques Revaux pour la musique, et Gilles Thibaut, du titre Comme d’habitude, dont le texte s’inspire de sa rupture avec France Gall. Le succès est au rendez-vous et la chanson, bientôt reprise par Paul Anka puis Frank Sinatra sous le titre My Way, devient un succès mondial qui connaît de multiples reprises (notamment par Elvis Presley, Nina Hagen, Nina Simone, Sid Vicious).

Le 13 mai 1967, Claude François et Janet Woollacott divorcent.

Consécration

Claude François photographié en scène par Erling Mandelmann en 1976.

Claude François et les Claudettes, en 1976, photographiés par Erling Mandelmann.

Claude François en 1976, photographié par Erling Mandelmann.

Son contrat chez Philips arrivant à son terme, Claude fonde sa maison de disques, Flèche, acquérant ainsi son indépendance artistique. La chanteuse belge Liliane Saint-Pierre est la première artiste qui enregistre sous ce label. Après une « histoire de cœur » avec la chanteuse Annie Philippe, rencontrée en tournée, mais qui refuse de l’épouser, il se console avec Isabelle Forêt, blonde aux yeux bleus et mannequin de son état, qui devient sa compagne. Elle donne le jour à Claude junior, le 8 juillet 1968. Sa naissance n’est révélée à la presse que quelques mois plus tard.

Claude François, Isabelle Forêt sa conjointe et Claude Jr. qui naîtra le 8 juillet 1968.

L’année 1968 est celle de sa première tournée en Afrique noire, qui le mène, en dix jours, de Fort Lamy (Tchad) à Dakar (Sénégal) en passant par Yaoundé et Douala (Cameroun), Libreville (Gabon), Abidjan (Côte d’Ivoire), et Niamey (Niger). À Libreville, il donne un concert devant 15 000 personnes au grand stade de la ville et est reçu officiellement par le président Albert Bongo, sa famille et ses ministres.

Claude François sa conjointe Isabelle Forêt, Claude Jr. à gauche et Marc à droite qui est né le 15 novembre 1969. Ils seront ensemble de 1967 à 1972.

L’année 1969 est une année faste sur le plan familial et le plan professionnel. Le 15 novembre 1969, sa compagne, Isabelle Forêt, lui donne un second garçon, Marc, mais il décide là encore d’en taire la naissance pour le protéger. Le même mois, son passage à l’Olympia – seize jours à guichets fermés – est un nouveau succès avec son spectacle à l’américaine, où il est accompagné de quatre danseuses, huit musiciens et l’orchestre de l’Olympia. Il travaille désormais avec Jean-Pierre Bourtayre comme directeur artistique et installe son quartier général au 122, boulevard Exelmans à Paris. Ses nouveaux disques, Éloïse en début d’année et Tout éclate, tout explose en fin d’année, sont des succès.

En 1970, sa chanson Parce que je t’aime mon enfant est adaptée en anglais et reprise l’année suivante par l’acteur Richard Harris puis par Elvis Presley sous le titre My Boy. Le  14 mars 1970, un malaise le surprend pendant un concert à Marseille, salle Vallier. On apprendra plus tard qu’il s’agissait d’un coup monté en accord avec son producteur. Il part se reposer aux îles Canaries, mais à son retour, le 17 mai, il est victime d’un accident de voiture sur l’autoroute près d’Orange. Le nez fracturé, les pommettes éclatées, il doit subir une rhinoplastie. À peine remis, il repart en tournée avec Dani et C. Jérôme.

En mai 1970, la jeune star est victime d’un grave accident de la route lorsqu’un pneu de sa berline américaine éclate, à près de 180 kilomètres à l’heure. Sa Lincoln Continental coupe les quatre voies et termine sa course contre le talus : Claude traverse le pare-brise et s’en tire miraculeusement avec un nez cassé. Après une rhinoplastie, il repart de plus belle ! Trois ans plus tard, en 1973, deuxième coup dur lors d’un concert au palais des sports de Marseille. La salle est surchauffée, trop peut-être, un fan l’agresse en lui lançant violemment au visage une canette de bière. Claude François tombe K.-O., on croit le pire arrivé, il s’en sort avec une arcade sourcilière ouverte. Rapatrié d’urgence à Paris, il en est quitte pour des points de suture et une belle frayeur.

En 1972, il enregistre aux États-Unis le titre C’est la même chanson dans les studios de la Tamla Motown à Détroit. Il se sépare de la mère de ses enfants, avant de rencontrer  Sofia Kiukkonen, une mannequin finlandaise de 19 ans, avec qui il reste quatre ans.

Claude François et Sofia Kiukkonen une manequin de 19 ans. Il seront ensemble de 1972 à 1975.

Le 20 janvier 1973, Maritie et Gilbert Carpentier consacrent à Claude François leur émission télévisée Top à… . Il y retrouve Dalida, avec qui il chante en duo Ciao ciao bambino, Come prima et Volare. Durant toute l’année, il est omniprésent à la télévision, participant quatre fois à l’émission de divertissement Cadet Rousselle. Au cours de l’enregistrement d’une de ces émissions, le 14 mars, il se retrouve en insuffisance respiratoire en raison de la déviation de la cloison nasale dont il souffre. Il est hospitalisé et opéré de toute urgence.

Claude François victime d’un malaise le 15 mars 1970, photo du bas le 17 mars 1970.

En juillet, à Marseille, lors du premier concert de sa tournée d’été, un fan éméché lui lance une canette de bière au visage. Blessé à l’arcade sourcilière, le chanteur doit jeter l’éponge au bout de trois quarts d’heure.

En septembre, il sort Le téléphone pleure, titre qui à l’origine était prévu pour Joe Dassin, mais repéré par son nouveau directeur artistique Gérard Louvin, qui s’écoule à plus de 2,5 millions d’exemplaires et qu’il reprend l’année suivante en anglais (Tears on the telephone)) et en espagnol (Llora el telefono). Le 15 décembre, il chante devant 20 000 spectateurs survoltés au Parc des expositions de la porte de Versailles au profit de la fondation Perce-neige en faveur de l’enfance handicapée.

Le 30 juin 1975, le journaliste Yves Mourousi organise un concert de Claude François au profit de la recherche médicale, devant un public de 30 000 personnes rassemblées au Jardins des Tuileries à Paris. Claude ne peut attaquer sa première chanson qu’au bout de dix minutes de hurlements frénétiques. Après divers débordements de ses admiratrices, le spectacle se termine par un feu d’artifice et sous une pluie de confettis et de ballons à l’effigie du chanteur. Ce sera son dernier concert dans la capitale. Le 17 décembre, il se produit au palais de l’Élysée pour le Noël des enfants et chante en duo avec le président Valéry Giscard d’Estaing.

En 1976, Claude François sort un album destiné aux enfants de « 7 à 77 ans », ainsi que les chansons Cette année-là et La solitude, c’est après, qu’il enregistre aussi en Italien. Pour Antenne 2, il enregistre l’émission La bande à Cloclo, à laquelle il convie ses amis chanteurs et comédiens et dont il est entièrement l’auteur. Diffusée le 11 juillet, elle conquiert un large public. En septembre 1976, à l’occasion d’un cocktail organisé pour le lancement du parfum Eau noire qu’il a créé, devant un parterre de quelque quatre cents invités, il arrive avec au bras Kathalyn Jones, sa nouvelle compagne, rencontrée dans l’avion, en juillet, au retour d’un voyage du chanteur aux États-Unis. Elle se rendait à Paris pour y faire des photos de mode. Cette année-là, il enregistre avec Martine Clémenceau le duo Quelquefois.

Claude François et sa deuxième femme Kathalyn Jones. Ils seront ensemble d’octobre 1976 à la mort de son mari le 11 mars 1978.

Durant l’année 1977, Claude François écoule de nombreux succès : Je vais à Rio, Toi le soleil, C’est comme ça que l’on s’est aimé enregistré en duo avec Kathalyn Jones. Avec les chansons Magnolias for Ever et Alexandrie Alexandra, écrites par Étienne Roda-Gil, le chanteur affiche sa volonté de renouveler quelque peu son répertoire.

Carrière internationale

Il arrive, sur le marché anglais en 1976 avec l’adaptation anglaise de Le téléphone pleure (classé 35e au Top 40). Pour ses titres, il s’adjoint la collaboration d’un imprésario britannique, Richard Armitage, et fait appel à Norman Newell et Roger Greenaway pour réécrire en anglais plusieurs de ses chansons (Monday morning again, Love will call the tune, My boy) ou pour composer des titres originaux (I’m leaving for the last time, Keep on driving).

Richard Armitage son imprésario britannique.

En octobre 1977, il est la covedette d’une émission franco-britannique, tournée à Honfleur et Deauville, et présentée par Cliff Richard. Il y interprète une adaptation en anglais de Chanson populaire (Love Will Call the Tune), My Boy (chantée en 1973 par Elvis Presley, laquelle est une adaptation de la chanson de Claude Parce que je t’aime mon enfant) et So Near and Yet so Far.

Le 16 janvier 1978, il donne un concert au Royal Albert Hall à Londres, devant 6 000 spectateurs. Il commence son spectacle par My Way, qu’il doit bisser. Au terme de sa prestation, après huit rappels et avoir terminé par un solo de batterie déchaîné, il quitte la scène épuisée, mais comblée. Les 3 et 4 février, il retrouve son public belge au Forest National, la plus grande salle de concerts de Bruxelles, puis à Charleroi, à Liège et à Wavre. Le 18 février, il participe à l’émission La Grande Parade sur RTL, présenté par Michel Drucker en direct de Lyon. Il donne son tout dernier concert le 24 février 1978 à Lyon.

Les 9 et 10 mars 1978, la BBC l’accueille dans ses studios suisses de la station de Leysin, dans le canton de Vaud pour y enregistrer Snowtimes, une émission spéciale qui doit être diffusée en deux parties : en mai 1978 et à Noël 1978 sur la BBC et qui constitue une nouvelle étape de sa carrière internationale. Avec les Clodettes, il enregistre ses dernières compositions : The Vagabon, Bordeaux rosé (chanson du groupe britannique Kaléidoscope), Alexandrie Alexandra le 9, Day Dreamer, une adaptation franco-anglaise du Mal aimé, et deux versions d’I Believe in Father Christmas (chanson de Greg Lake), une chanson inédite de circonstance, le 10, pour la BBC à Leysin.

L’homme d’affaires

Parallèlement à ses activités de chanteur, Claude François, éternel touche à tout, s’est investi dans diverses activités. C’est ainsi qu’en 1972, il reprend le magazine Podium,  qui devient rapidement la plus grosse publication pour les jeunes, supplantant même le célèbre Salut les copains. La même année, il crée une agence de mannequins, Girls Models.

Son attirance pour les jolies femmes le pousse, au printemps 1974, à racheter une revue de charme, Absolu. Il se transforme, pour l’occasion, en photographe, signant ses photos du pseudonyme de François Dumoulin. Les clichés sont tous pris au Moulin.

En septembre 1976, il lance son parfum Eau noire.

Décès

Sépulture de Claude François au cimetière de Dannemois, surmontée d’une statue de bronze à l’effigie du chanteur.

Claude François meurt le samedi 11 mars 1978, à 15 heures, à son domicile parisien du 46, boulevard Exelmans, d’un œdème pulmonaire provoqué par une électrocution accidentelle dans sa salle de bain alors qu’il prenait une douche. En redressant pour la énième fois, en maniaque du détail qu’il est, l’applique électrique murale de travers située au-dessus de sa baignoire, ses doigts restent collés au cuivre, les fils étant en partie dénudés. Ironie du sort, un électricien était venu le mardi matin précédent pour des problèmes électriques dans son appartement, mais n’avait pu accéder à la salle de bain : il aurait fallu, pour l’atteindre, qu’il traverse la chambre dans laquelle dormait le chanteur, ce que sa secrétaire Françoise avait exclu pour éviter de le réveiller, aussi un autre rendez-vous avait-il été pris le 13 mars. Malgré l’intervention de Kathalyn qui, protégée par des semelles en bois, arrache Claude François de l’applique, malgré la ventilation assistée des pompiers et le massage cardiaque du médecin, le Dr Noël, son cœur, qui s’est remis à battre, s’arrête au bout de deux minutes. Le pompier, le major Bernard Jacquinot, annonce la nouvelle à Kathalyn et à l’attachée de presse du chanteur. Claude François devait, dans l’après-midi, participer à l’enregistrement de l’émission Les Rendez-vous du dimanche, présentée par Michel Drucker. À 16 heures, la radio et la télévision annoncent son décès par bulletin spécial. Sa disparition tragique cause une grande émotion à travers la France.

Le journal Libération titre le surlendemain « Claude François : a volté. Le chanteur préféré des moins de dix ans s’est électrocuté dans sa salle de bains » (le jeu de mots « a volté » étant une allusion aux élections législatives du dimanche 12 mars).

Le 15 mars 1978, son nouveau 45 tours Alexandrie Alexandra arrive chez les disquaires, le jour même de ses obsèques, qui ont lieu en l’église d’Auteuil, à Paris, tandis que des milliers d’admirateurs pleurent à l’extérieur.

À la demande de ses proches, le chanteur est embaumé, à l’instar de son idole Elvis Presley, et vêtu d’un costume en velours bleu nuit et d’une simple chemise blanche, avant d’être enterré au cimetière de Dannemois.

Vie privée

Famille

  • Janet Woollacott, sa première épouse.
  • Isabelle Forêt, qui fut sa compagne de 1967 à 1972 et lui donna deux enfants :
    • Claude François Jr., surnommé enfant Coco, né le 8 juillet 1968,
    • Marc François, né le 15 novembre 1969.

Marc, le fils caché de Claude François

Claude François dissimule durant six années l’existence de son second fils, Marc, selon la version officielle pour le protéger. Son existence est révélée à la presse en 1975. Une autre version est parfois avancée pour expliquer cette dissimulation : Claude François aurait tu la naissance de cet enfant pour protéger sa carrière, pour ne pas donner à son public l’image d’un homme rangé. Un fait que confirme Josette, la sœur du chanteur, lors d’un entretien en 2012.

Sofia Kiukkonen, sa compagne à l’époque, révèle en 2008 que l’artiste lui a caché l’existence de ce fils trois années durant. Selon elle, « Claude François voulait conserver son image de séducteur, d’homme libre pour ses admirateurs. Pour sa carrière. La seule chose qui comptait à ses yeux ».

Marc à gauche et Claude Jr. à droite avec une statue de cire de leur père.

Justice et administration fiscale

Le 4 avril 1973, les journaux titrent : « Claude François inculpé de fraude fiscale », la direction générale des impôts lui reprochant d’avoir pendant trois ans dissimulés ses bénéfices personnels ainsi que les profits de deux sociétés de production et de ventes de disques dont les dirigeants, sont sa sœur et son beau-frère, tous deux étant précédemment inculpés de complicité. Le 24 juin, il est condamné à huit mois de prison avec sursis et 25 000 francs d’amende. Il doit également s’acquitter d’un arriéré d’impôts de quelque 500 000 francs. Il apprend par la suite qu’il a été dénoncé et que c’est son comptable qui a fraudé sur la comptabilité des différentes entreprises; Claude n’y serait donc pour rien.

Faits divers

Le 24 juin 1973, une dépendance de sa propriété de Dannemois est la proie d’un incendie. Sont présents Isabelle et leurs deux enfants. Grâce à l’intervention des jeunes du village, tous les occupants sont évacués. Claude, qui est en tournée, ne se rendra compte des dégâts que quelques jours plus tard. Il est d’autant plus persuadé que l’incendie est d’origine criminelle qu’un cocktail Molotov a été jeté dans ses bureaux du boulevard Exelmans au début du mois. L’affaire ne sera jamais tirée au clair.

Le 5 septembre 1975, il est la victime collatérale d’un attentat à l’hôtel Hilton de Londres, revendiqué par l’IRA provisoire et qui fait deux morts et 63 blessés. Il doit la vie à une cliente qui, étant devant lui, le protège involontairement de la déflagration d’une première bombe cachée sous une table. Il en réchappe, mais avec les deux tympans crevés.

Le 25 juin 1977, il enregistre une émission télévisée avec Michel Sardou et y présente sa fiancée, Kathalyn Jones. Le tournage terminé, passé minuit, il file, sur l’autoroute du Sud, vers sa résidence de Dannemois avec sa compagne, son chauffeur, son habilleuse et une programmatrice d’Europe no 1. Il double une voiture, qui n’apprécie pas et le double à son tour, et ainsi de suite. Lors du dernier dépassement, il fait une queue de poisson à l’autre voiture, qui une dernière fois le double et se perd dans le noir. À quelques kilomètres du village, la voiture, qui les attend, reprend Claude en chasse. À près de 230 km/h, celui-ci essuie plusieurs coups de feu (pneu crevé, feux brisés, carrosserie trouée, une balle se loge même dans le tableau de bord). Les tireurs abandonnent lorsque le chanteur s’engage dans la petite route qui mène au moulin. Le chanteur et ses passagers s’en sortent indemnes. Quelques jours plus tard, les auteurs des coups de feu sont retrouvés : ils étaient fichés au grand banditisme.

Neuf balles dans sa Mercedes.

Mais c’est en 1977 qu’il faillit y rester pour de bon. Dans la nuit du 25 au 26 juin, tandis qu’il rejoint son moulin de Dannemois, dans l’Essonne, sa voiture est prise en chasse par des malfrats qui ouvrent plusieurs fois le feu, manquant de le tuer – une balle lui frôle la tempe. Jalousie, rodéo qui tourne mal ? Les poursuivants finissent par abandonner leur proie lorsque Claude atteint les abords du moulin. La police relève tout de même onze points d’impact de 9 mm sur la Mercedes ! Dès lors, une sourde anxiété ne va plus le quitter. « On a prédit trois fois à mon frère qu’il allait mourir jeune, a confirmé sa soeur Josette. Claude était très angoissé les mois qui ont précédé sa mort. Il avait peur qu’il n’y ait plus rien, Il espérait une vie après la vie. »

Statue de la sépulture de Claude François à Dannemois.

Succession

Alain-Dominique Perrin, homme d’affaires réputé et l’un des amis du chanteur disparu, est nommé exécuteur testamentaire. Chargé d’apurer les dettes (15 millions de francs) et de gérer l’héritage, le temps que Claude Jr et Marc François soient majeurs, il met plusieurs années à redresser les finances et doit vendre pour ce faire son moulin de Dannemois et le magazine Podium. En mai 1978, le matériel de scène et des vêtements (chemise, costume) avaient d’ailleurs été rapidement vendus aux enchères. En mars 1982, 3 500 bouteilles de la cave du chanteur sont à leur tour vendues aux enchères à Drouot pour un total de 570 000 francs.

Alain-Dominic Perrin son exécuteur testamentaire avec la Mercedes 450 SEL de Claude François vendue à 97 500 euros.

L’ancien moulin de Dannemois, dont Claude François était propriétaire, est aujourd’hui partagé entre un musée et un club qui reçoit des chanteurs de l’époque. Sur le sol du hall parsemé d’étoiles et sur les poignées de porte de la partie américaine du moulin, dessinées par Claude, on peut lire les initiales « CF ».

Droits d’auteurs

Le chiffre d’affaires de Jeune Musique SA (une quarantaine de chansons, dont Comme d’habitude, sa version anglaise, My Way, Alexandrie Alexandra et Magnolias Forever) oscille entre 500 000 et 1 million d’euros. Il existe plusieurs dizaines de versions de Comme d’habitude, et plusieurs centaines de reprises de My Way, la version anglaise, dont Claude François est le coauteur (en français), le co-compositeur et le coéditeur. My Way, à lui seul, génère un chiffre d’affaires annuel de 1 million d’euros, partagé entre tous les ayants droit.

Dans un premier temps, Coco, le fils aîné de Claude François, installé aujourd’hui à Bruxelles, et Marc François touchent un seizième des droits d’auteurs provenant des titres du catalogue de Jeune Musique SA. Par contre, ils ont cédé le catalogue d’Isabelle Music (Chanson populaire, Viens à la maison, etc.) au début des années 2000, à EMI.

Marc François cède par la suite ses parts dans Jeune Musique SA à son aîné. En échange, il devient le seul propriétaire de l’hôtel particulier parisien de leur père.

Fin novembre 2009, en association avec un groupe d’investisseurs comportant notamment Xavier Niel, le label français Because rachète Jeune Musique SA à Coco, qui conserve néanmoins une participation minoritaire.

Discographie

La discographie de Claude François comporte un peu plus de 450 titres (près de 500 chansons avec les versions en public). Il en a commercialisé près de 400 et 50 sont en l’état de maquettes inédites.

Sa discographie en langues étrangères comporte des titres en anglais, en italien, en espagnol et en japonais.

L’ensemble de sa discographie se partage entre trois majors du disque : Universal (ex-Philips) pour les titres de 1962 à 1972, Sony-BMG (ex-C.B.S.) pour la période 1972-1975 et Warner (ex-Carrère) pour 1976-1978.

Discographie française

  • Claude François a édité une quarantaine d’albums de 1962 à 1978 et commercialisé au moins 350 titres en français. La liste du lien ci-dessous concerne environ 370 titres différents commercialisés et un relevé exhaustif des essais et répétitions.

Trois de ses chansons originales ont été reprises et adaptées en anglais :

  • Comme d’habitude : My Way, adapté par Paul Anka et repris notamment par Frank Sinatra et Elvis Presley,
  • Parce que je t’aime mon enfant : My boy, adapté par Phil Coulter et Bill Martin, chanté par l’acteur Richard Harris (1971) et par Elvis Presley (1973),
  • Plus rien qu’une adresse en commun : Do I love you, adapté et chanté par Paul Anka.

Discographie étrangère

  • Claude François a enregistré près de 60 chansons en anglais dont une dizaine sont restées des essais (voire des maquettes de chansons qu’il allait adapter en français), une vingtaine en italien, quatre en espagnol, une en arabe en 1961 et une en japonais en 1965.

Chansons préférées des Français

Selon un sondage de 2003, les cinq chansons de Claude François préférées des Français sont :

  1. Belles ! Belles ! Belles !
  2. Comme d’habitude
  3. Alexandrie Alexandra
  4. Cette année-là
  5. Le Lundi au soleil

Style

L’interprète

Claude François est avant tout un interprète. Il ne compose et écrit que très peu de chansons, mais elles sont un indice de ses préoccupations personnelles. Dans la première partie de sa carrière, comme tous les chanteurs français de sa génération, il fait surtout des adaptations en français de titres américains et/ou anglais, ceux-ci n’étant pas diffusés ou étant tout simplement cédés directement à l’exportation pour adaptation. Parmi les chansons qu’il a composées lui-même – seul ou en collaboration – il y a : Geordie (1965), Mais combien de temps (1966), Dans les orphelinats (1968), Comme d’habitude (1967), Seule une romance (1971), En attendant (1972), Dors petit homme (1976). Claude François préfère faire appel à des paroliers qui lui écrivent du sur mesure. Parmi eux, Vline Buggy, qui fut la première et à laquelle il resta attaché ; puis, plus tard, Gilles Thibaut, Eddy Marnay, Jean-Michel Rivat, Michèle Vendôme, Yves Dessca (lequel devient producteur de Gloria Gaynor), Jacques Plante, Pierre Delanoë, Jean-Loup Debadie (Je danse en 1971 et Nina nana en 1972), mais aussi Norman Newell pour la traduction de ses chansons en anglais. En 1977, il marque sa volonté de donner un sens plus pointu à son répertoire en sollicitant Étienne Roda-Gil.

Si Claude François s’inspire souvent de la Motown, et en particulier du compositeur Lamont Dozier, associé aux frères paroliers-producteurs Brian & Eddie Holland, il fait également appel à des compositeurs étrangers (le Suisse Patrick Juvet pour le titre Le lundi au soleil, le Britannique Roger Greenaway pour des titres en anglais) ou français comme Éric Charden (Mais quand le matin, Aida), Alice Dona (C’est de l’eau, c’est du vent, Un peu d’amour, beaucoup de haine, Gens qui pleurent, gens qui rient), Alain Le Govic (plus connu sous le nom d’Alain Chamfort), Jacques Revaux (Comme d’habitude) et plus exceptionnellement Serge Gainsbourg (Hip Hip Hip Hurrah en 1967), Didier Barbelivien (Dimanche après midi et Mandy en 1976)… Mais Jean-Pierre Bourtayre qui, s’inspirant des sources de la Motown, lui compose ses plus grands succès.

Son sens de la précision lui fait modifier toutes les partitions et paroles qui lui sont présentées. L’exemple le plus connu est celui de Comme d’habitude. Autre exemple, la modification du titre de Belles ! Belles ! Belles !, que Vline Buggy avait initialement intitulé Rien rien rien (Belles ! Belles ! Belles ! est une adaptation d’un morceau des Everly Brothers intitulé Made To Love).

Concerts

Claude François s’est produit 1 188 fois sur scène (entre le 18 décembre 1962 et le 24 février 1978, date de son dernier concert, au palais d’Hiver de Lyon) et est apparu 313 fois à la télévision (France, Belgique, Canada, Italie, Espagne, Angleterre), du 21 janvier 1963 au 10 mars 1978.

Sa maison de disques Flèche et le journal Podium font découvrir de nouveaux talents comme Alain Chamfort et Nicolas Pinelli, ce dernier assurant la première partie de nombreux concerts de Claude à travers la France et la Belgique.

Les Claudettes ou Clodettes.

Claude François et les Claudettes en 1976.

Les Claudettes (ou Clodettes) sont les danseuses mythiques de Claude François, les premières à avoir dansé en petite tenue devant les caméras de la télévision française.

Les Fléchettes

Catherine Welch, Francine Chantereau, Martine Latorre et Dominique Poulain furent les choristes attitrées de Claude François sous le nom de groupe Les Fléchettes.

Perceptions et postérité

« Le mal-aimé » de la presse d’opinion

En dépit de son succès auprès du grand public et du soutien de la presse populaire, Claude François a longtemps été peu apprécié par la presse d’opinion et par une certaine élite intellectuelle dédaigneuse, lui reprochant les paillettes, le strass sur ses costumes et dans ses spectacles, ses danseuses court-vêtues et le peu de profondeur de ses chansons.

En avril 2012, dans une analyse psychologique du film Cloclo, une chroniqueuse culturelle du journal Libération, Marcela Iacub, ignore ou rejette l’implication véritable de Claude François dans la composition musicale de My Way (seule la musique est commune à Comme d’habitude et à son adaptation en anglais), pour faire de la carrière artistique du chanteur une imposture, voire une escroquerie, et assimiler ce faisant sa mort à un suicide inconscient.

Carrière posthume

Selon Bertrand Dicale, l’image et le répertoire de Claude François sont singulièrement réévalués à partir des années 1990, réconciliant la France de Guy Lux et des Carpentier avec celle de Jacques Chancel. Le développement réussi de cette carrière posthume est redevable à la gestion consciencieuse de son patrimoine artistique par ses fils, mais aussi à la gestion de son image par Fabien Lecoeuvre, qui parvient en quelques années à faire de Claude François une référence branchée, effaçant sa relative ringardisation des années 1980, commune à plusieurs chanteurs de variété des années 1970. Assimilé à une icône populaire, comme peuvent l’être dans leur genre le paquebot France ou le Concorde, il est devenu un symbole de la France des années 1960 et 1970 et pour certains, le souvenir d’une jeunesse insouciante.

Production

Ventes de disques

Entre le début de sa carrière artistique, entamée le 27 septembre 1962, et le début de l’année 1978, Claude François enregistre un peu plus de 350 chansons en français et une petite centaine en langues étrangères et vend plusieurs millions de disques et d’albums.

Il aurait vendu 61 millions de disques (35 millions de son vivant et 26 millions depuis sa mort). À l’occasion du trentième anniversaire de sa mort, le journal Libération qualifie l’artiste d’« androgyne à paillettes » et conteste le chiffre annoncé de 61,7 millions de disques vendus (dix fois moins selon le journal, citant le Syndicat national de l’édition phonographique). Dans son article du 11 mars, le quotidien ironise sur les émissions télé qui lui rendent hommage ainsi que sur ses 400 chansons « composées aux trois quarts d’adaptations ».

Selon une estimation réalisée sur une période couvrant les ventes par artiste de 1955 à fin 2009 (45 tours et albums), Claude François serait le cinquième plus gros vendeur de disques en France derrière Johnny Hallyday, Michel Sardou, Jean-Jacques Goldman et Sheila.

Édition

Claude François a fait la couverture de 219 magazines de son vivant et de 186 autres entre mars 1978 et mars 2006 et a été l’objet de 73 livres et biographies depuis sa mort.

Filmographie

Cinéma

Hommages au cinéma

Télévision

Principales émissions télévisées

  • 1964 :
    • 16 millions de jeunes – reportage diffusé le 5 novembre 1964
  • 1966 :
    • Cendrillon
  • 1967 :
  • 1968 :
    • Georges De Caunes reçoit
    • Studio 102 – 3 émissions présentées par Claude François et diffusées le 28 janvier, le 3 février et 3 décembre 1968
  • 1970 :
    • D’hier et d’aujourd’hui – émission de Pierre Tchernia diffusée le 3 juillet 1970
    • Télé Dimanche – émission diffusée le 6 décembre 1970 sur la première chaine de l’ORTF
  • 1971 :
    • Les étoiles de la chanson – émission diffusée le 13 avril 1971
    • Aujourd’hui Madame – émission diffusée le 24 juin 1971 (reportage au moulin de Dannemois)
  • 1972 :
    • Avec le cœur – émission produite et présentée par Claude François, et Michel Drucker, diffusée le 24 mai 1972 (rediffusée en avril 1978)
    • Samedi Soir – émission de Philippe Bouvard diffusée le 9 décembre 1972
  • 1973 :
  • 1974 :
  • 1975 :
  • 1976 :
    • Numéro Un Claude François de 8 à 88 ans – émission diffusée le 13 mars 1976 sur TF1
    • La bande à Cloclo– émission diffusée le 11 juillet 1976 sur Antenne 2
    • Aujourd’hui madame de Valentino à Cloclo – émission diffusée le 11 août 1976
    • Midi-Première – émissions diffusées le 25 septembre et le 16 novembre 1976 sur TF1
    • Mosaïque – émission diffusée le 17 novembre 1976 sur la TSR
    • Midi-Première – émission diffusée le 25 décembre 1976 sur TF1
    • Les rendez-vous du dimanche (spécial Noël) – émission diffusée le 26 décembre 1976 sur TF1 (avec notamment Henri Salvador et les 2 fils de Claude François)
  • 1977 :
    • Midi-Première – émissions diffusées le 14 février 1977, le 22 et 23 avril 1977, le 14 mai 1977
    • Midi-Première – émission réalisée à Palavas les Flots et diffusée le 15 juillet 1977 sur TF1
    • Music-hall à Provins – émission diffusée le 16 juillet 1977 sur TF1
    • Midi-Première – émissions diffusées le 20 et 21 septembre 1977 sur TF1
    • Seaside 1977– émission franco-britannique diffusée le 22 octobre 1977 sur TF1 et diffusé sur la BBC

  •  Numéro Un Claude François – émission diffusée le 26 novembre 1977 sur TF1
  • Midi-Première – émission diffusée le 19 décembre 1977 sur TF1
  • Je veux être toi – reportage diffusé le 21 décembre 1977
  • L’école des fans – émission diffusée le 25 décembre 1977 sur Antenne 2
  • Les rendez-vous du dimanche (spécial Noël) – émission diffusée le 25 décembre 1977 sur TF1 (avec notamment Jodie Foster et les 2 fils de Claude François)
  • 1978 :
    • La bonne franquette – émission diffusée le 21 janvier 1978 sur RTL TV
    • Chansons à la carte – émission diffusée le 22 janvier 1978 sur la RTBF
    • Musique and Music – émission diffusée le dimanche 28 février 1978 sur Antenne 2 (dernière émission télévisée française à laquelle participe Claude François avant sa mort)81
    • Snowtime Special – Spéciales vacances blanches – émission franco-britannique réalisée les 9 et 10 mars 1978 à Leysin en Suisse et diffusée en deux versions sur TF1 le 13 mai et sur la BBC le 22 décembre 1978
    • Numéro Un Claude François – émission hommage diffusée en septembre 1978 sur TF1 et rediffusée en juillet 1984

Posthume

  • 1979 :
    • Claude François notre ami – Émission hommage de Guy Lux, diffusée le 12 mars 1979 et rediffusée le 8 mars 1983
  • 1987 :
    • Champs-Élysées spécial Claude François – Émission hommage de Michel Drucker, diffusée en mars 1987 et mars 1988
  • 2008 :
    • Spéciale Claude François : 30 ans déjà… – Émission hommage de Mireille Dumas, diffusée sur France 3 le 5 mars 2008 et rediffusée le 29 février 2012
  • 2012 :
    • Claude François: une chanson populaire – Hommage produit par Jean Paul Boucheny et réalisé par Frédéric Fiol, diffusé sur France 3 dans l’émission Discographie le 5 mars 2012.
  • 2017 :
    • Cette soirée-là – M. Pokora, entouré de nombreux artistes sur la scène du Zénith de Paris, propose un hommage à Claude Francois. Diffusé sur TF1 le 14 janvier 2017.

Hommages et évocations

  • En 1974, Annie Cordy fait allusion à Claude François dans la chanson La Bonne du curé : « car les cantiques, ça n’vaut pas Claude Françoué. »
  • En 1975 Noam chante Lollipop où il fait allusion à Claude François : « Claude François m’a invité, à chanter. »
  • En 1979, Michel Sardou chante Je ne suis pas mort, je dors, chanson implicitement dédiée, selon Marie-Christine Pouchelle, au chanteur disparu l’année précédente.

  • En juin 1980, Alain Turban sort un 45 tours sous le nom de « Allain » avec, en face A, Et je t’aime et, en face B, une chanson en hommage à Claude François, Tout le monde a pleuré, avec un texte composé des titres de chansons de Cloclo.
  • En 1982, Didier Barbelivien, Jean-Claude Petit et Humbert Ibach composent une chanson intitulée, Je me souviens, en hommage à Claude François et interprétée par Karen Cheryl.
  • Johnny Hallyday confie, en 1985, avoir enregistré la chanson Le Chanteur abandonné en pensant à Claude François.

  • En 1998, Pascal et Marie-Claude Lescure, couple d’admirateurs inconditionnels du chanteur, achètent le moulin de Dannemois laissé à l’abandon, le restaurent et l’exploitent avec succès en tant que musée des souvenirs et hôtel-restaurant à dîners-spectacles.
  • Le 11 mars 2000, à l’occasion du 22e anniversaire de sa mort, une place Claude-François est inaugurée à Paris, boulevard Exelmans, dans le 16e arrondissement, au pied de son ancien domicile parisien. Plusieurs rues sont baptisées de son nom dans d’autres communes de France, notamment à Montpellier et aux Herbiers. En 2005, une rue d’Ismaïlia, en Égypte, est également baptisée en son honneur.
  • En novembre 2003, a lieu à l’Olympia la première de Belles belles belles, comédie musicale rendant hommage aux titres de Claude François.

  • En 2014, sa chanson Stop au nom de l’amour (reprise de Stop! In the Name of Love) illustre le fond sonore d’une discothèque à Paris en 1973 dans le film américain X-Men: Days of Future Past.
  • Le 14 mars 2015, une plaque commémorative est apposée sur la façade du 46 boulevard Exelmans dans le 16e arrondissement de Paris où le chanteur a vécu pendant 15 ans et où il est décédé. Étaient présents ses fils, le maire du 16e arrondissement, la compositrice Vline Buggy, l’animateur radio André Torrent, le biographe officiel Fabien Lecœuvre, ainsi que les Clodettes, les Fléchettes, des collaborateurs de Claude et des admirateurs.

RÉFÉRENCES :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Claude_Fran%C3%A7ois